Coupures d’eau : Les responsabilités des uns et des autres, officiellement

Coupures d’eau : Les responsabilités des uns et des autres, officiellement

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Le pic de consommation de l’eau potable, la chaleur exceptionnelle ainsi que les gros besoins des établissements touristiques sont les causes des coupures d’eau durant les trois jours de l’Aïd, selon le rapport de la commission d’évaluation de la gestion de l’eau potable.

 Présidée par l’expert et ancien ministre de l’Agriculture Amer Horchani, la commission a été formée suite aux nombreuses plaintes des habitants, en particulier la fermeture de l’autoroute Tunis-Bizerte par les habitants assoiffés de la région d’Ennahli durant l’Aïd.

Le rapport de la commission indique que 112 coupures d’eau ont été enregistrées durant les trois jours de l’Aïd, dont 64 durant le premier jour, affectant la vie de près de 105 milles habitants.

Le président de la commission a déclaré à African Manager que la consommation durant l’Aïd a connu un pic de 20% par rapport à la consommation régulière, il a ajouté que les températures ont contribué à l’élévation de la demande.

Horchani a ajouté que les pays en voie de développement connaissent régulièrement ce genre de crise, tout en estimant sur le fait que l’expansion rapide des villes nécessite une réflexion à long terme et plus d’efforts pour innover et créer des solutions, notamment au niveau de la recherche scientifique, de l’administration et du génie civile.

Les agents et cadres de la SONEDE ont fait ce qu’ils pouvaient durant la crise” a indiqué Horchani; il a tout de même critiqué l’inexistence d’une salle d’opération pour faciliter la détection des problèmes et la rapidité des intervention, une faille admise également par le ministre de l’Agriculture, Samir Bettaieb.

Ce dernier a rappelé que le citoyen a également sa part de responsabilité dans la crise, du fait que beaucoup égorgent et nettoient les tripes des moutons durant la même période (de six heures à midi), cela a contribué à l’insuffisance au niveau de la distribution de l’eau potable.

 Il a ajouté que le travail de son département pour prévenir cette crise avait commencé deux mois avant l’Aïd, et qu’il avait à maintes reprises insisté sur la nécessité de modérer la consommation; le ministère avait même suggéré aux imams d’évoquer le sujet durant les prières des vendredis précédant l’Aïd.

Malgré le travail et les consignes de la commission, les vrais responsables de la crise n’ont pas été dévoilés, tout en sachant que la saison pluviométrique 2018/2019 est bonne et que les réserves en eau dans les barrages sont à 1811 millions de m3, au 31 mai 2019, contre 1040 millions de m3 au cours de la même période de l’année 2018, ce qui représente 80% de la capacité totale des barrages. Donc en principe il ne devrait pas y avoir de problèmes d’approvisionnement quel que soit le niveau de la demande…

Le fait de résumer les causes de la crise à l’irresponsabilité des citoyens, à la forte demande et la chaleur intense, et de ne pas identifier/dévoiler d’autres facteurs nous rappelle d’autres commissions d’enquête comme celle sur le décès des nouveau-nés de l’hôpital Rabta ou celle sur les événements du 9 avril 2012. Maquiller certaines vérités et une certaine culture de l’impunité deviennent, hélas, une habitude en Tunisie.

1 COMMENTAIRE

  1. vous semblez douter de l’honnête de Mr Horchani en l’accusant de participer a maquiller les faits. si les résultats de l’enquête ne vous plaisent pas tant pis pour vous , mais respectez les membres de la commission qui ne sont pas a vendre.
    les élections c’est dans quelques semaines faites le bon choix !!!!

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