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Des DG payés mieux que le chef de tout l’Etat

Ce sont les nababs d’une économie qui se financiarise de plus en plus, et payés pour certains en milliers de dinars par jour, pour créer de l’argent avec celui des autres. Même en brut comme l’indiquent les bilans publics de ces institutions financières, les rémunérations des DG et Pdg de banques en Tunisie  soulèvent des questions. Non pas parce qu’ils  sont, et de loin, à quelques exceptions près, la caste la mieux payée du pays, cultivant  des compétences que nul ne peut mettre en doute, mais parce que  certaines de ces rémunérations ne semblent pas obéir à la règle de la taille de la banque, et celle du « prorata lucrum » où les plus rentables sont toujours les mieux payés.

Force est aussi de rappeler que ce n’est pas toujours le bénéfice qui fait la bonne réputation de la banque, mais parfois même la perte qui, dans certains cas, signifie une volonté de privilégier la solidité et la résilience financière de l’entreprise contre la distribution de bénéfices aux actionnaires. Et ce n’est pas toujours une mauvaise chose, comme pour le cas de l’ATB qui signait courageusement un déficit pour mieux provisionner, faire le ménage et repartir sur de bonnes bases.

  • Les rémunérations des banquiers 2021 en brut, de Carthage à Tunis

Au sommet de la chaîne alimentaire bancaire en Tunisie, ou de la pyramide, une banque qui ne se trouve pas au Top 10 des plus grands résultats nets du secteur, et s’était même déclarée déficitaire en 2019. Elle rémunère pourtant son premier responsable à  presque 6000 DT … par jour, y compris les dimanches. Cette rémunération est certes en brut, mais reste sans aucune commune mesure même avec tout le salaire mensuel du Gouverneur de la banque de toutes les banques qui est de presque 6.000 DT par mois pour le gouverneur, et c’est carrément dix fois, en total par an, tout le salaire annuel du chef de tout l’Etat (204 mille DT forfaitaires).

Il est vrai que les résultats financiers de ce dernier n’encourageraient aucun conseil d’administration à le recruter, ou même à lui confier une « شركة أهلية » simple entreprise citoyenne ou « kolkhoze » à la tunisienne comme il voudrait en voir proliférer.

A quelques encablures financières derrière la filiale de la QNB, une banque qui est loin de faire des étincelles en matière de bénéfices. Les voies de la finance islamique sont certes impénétrables ! Première banque à pratiquer la finance islamique, la banque Zitouna a été créée par l’ancien gendre de l’ancien chef d’Etat tunisien, Sakher El Materi, et privatisée après ladite révolution de 2011.

La DG de l’imposante QNB qatarie à la tunisienne (1 Mds USD de bénéfice au seul premier trimestre 2022), est Lotfi Dabbabi, ancien Dg de la STB publique. La DG de Banque Zitouna est entre les mains de Nabil El Madani, nommé en janvier 2020, pour un mandat de 3 ans : 2020-2021-2022. Formé à l’Ifid à Tunis où il avait obtenu un DESS en finances en 1989, durant sa carrière longue d’une trentaine d’années, El Madani avait été aussi Pdg de la Poste Tunisienne en 2013 et qui n’aurait pas ainsi su retenir une telle compétence financière. Les deux banquiers sus-cités, manifestement des compétences de gros calibre, sont les seuls dont la rémunération annuelle en brut dépasse les 2 Millions DT. Plus que les deux plus grosses banques privées de la place, la Biat et l’Amen chez qui le résultat et les nouvelles perspectives dessinées justifient amplement le résultat dans un Groupe qui en connaît très bien la valeur. On notera aussi pour l’Amen, que 803 mille DT du montant total de la rémunération de 2021, représentaient les charges brutes relatives à la rémunération servie à l’ancien Président du Directoire.

  • Plus performants, mais pas tous, et dévoués au secteur public, mais moins rémunérés

Loin derrière eux, les banques publiques où le mieux classé est le DG de la BH Bank, leader du crédit à l’habitat qui « poursuit son plan de développement avec confiance et détermination ». Encore plus loin malgré ses résultats, le DG de la BNA qui applique le proverbe américain du « Rêver grand, travailler dur et réaliser (ar) », ou encore la première des banques publiques, la STB qui tenait récemment une « AGO sous le signe de l’accomplissement des objectifs stratégiques » avec un PNB de 650,6 MDT et un RN de 115,5 MDT qui est presque le double de la banque dirigée par le plus rémunéré que le chef de tout l’Etat. Au bas de l’échelle des meilleures rémunérations, se trouvent les anciennes banques mixtes, comme la BTE mise en difficulté par trois groupes en difficulté, ou encore la TSB (banque tuniso-saoudienne). Une ancienne banque de développement qui ne décolle pas, qui aurait actuellement de gros problèmes avec son syndicat, et où la colère gronde face à un DG de plus de 65 ans que le ministère des Finances traîne le pas à changer depuis des années malgré  les mauvais résultats, avec si ce n’est des déficits, c’est un résultat d’exploitation perdant et raccommodé avec le fruit de cession de l’une de ses filiales. 

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