35 C
Tunisie
jeudi 6 août 2020
Accueil La UNE Fakhfakh contre-attaque : « J’y suis, j’y reste » pour risque d’instabilité

Fakhfakh contre-attaque : « J’y suis, j’y reste » pour risque d’instabilité

« Le gouvernement restera en exercice pendant un mandat de quatre ans, soit jusqu’aux prochaines élections afin de bien veiller sur la stabilité politique du pays et assurer l’exécution des réformes ». C’est ce qu’a affirmé avec le sourire Elyes Fakhfakh, chef du gouvernement tunisien, lors d’une interview, les manches de chemise retroussées, publiée jeudi soir, par le site d’information arabophone « Nawat ».
Et Fakhfakh de parler au nom de l’Etat, comme s’il aurait parlé auparavant avant son chef, affirmant encore que « faire tomber le gouvernement actuel ne constitue aucunement l’une des priorités actuelles de l’Etat (…) le gouvernement doit d’abord focaliser sur le travail et les investissements pour booster l’économie », a dit Fakhfakh.

Il met, ainsi, ostentatoirement fin à toute la polémique naissante des suites de soupçons de conflit d’intérêts sur des contrats de plus de 45 MDT obtenus par des siennes entreprises lorsqu’il était devenu chef de gouvernement, et renvoie sine die tous ceux qui avaient commencé à bâtir des châteaux en Espagne et énumérer les différentes hypothèses sur son départ. Il met aussi, ainsi, son « Yabta Chwaya » ou « Tu peux attendre » qu’il jetait quelque jours auparavant à la face des députés venus l’entendre sur cette affaire et le plan de relance économique.
Et comme pour se défendre, encore une fois mais sans pourfendre, il se pose la question tout en sourire, « qui dit que j’ai outrepassé la loi ? C’est la justice. Actuellement le dossier est entre les mains de plusieurs juridictions, dont l’Exécutif qui est entre mes mains, la justice aurait entamé deux procédures, me dit-on, en plus de la commission d’enquête parlementaire ». Fakhfakh met ainsi en doute la parole du président de l’Inlucc Chawki Tabib, l’obligeant à se défendre, à son tour. « Je ne suis pas juge, mais l’Inlucc est mandatée pour contrôler les situations de conflit d’intérêts, et nous n’avons aucune mauvaise intention », a dit ce dernier. Réaction en chaîne, c’est la porte-parole du gouvernement qui tente de relativiser les accusations contre son patron en indiquant que « il y a confusion entre conflit d’intérêts et corruption ». Les juristes, qui pensent encore que Fakhfakh ne peut continuer [ar], apprécieront. En un mot, ladite « Fakhfakh-Gate » semble loin d’être terminée.

Entretemps, le « j’y suis, j’y reste » d’Elyes Fakhfak ne résout rien en matière de stabilité du gouvernement qui a été l’argument du chef du gouvernement pour justifier son refus de la démission. Beaucoup voient dans cette position un acquiescement muet du parti islamiste tunisien d’Ennahdha. Se taisant sur cette polémique de conflit d’intérêts, le principal parti du gouvernement d’Elyes Fakhfakh n’en a pourtant pas fini avec sa demande d’un élargissement de la coalition gouvernementale et n’a pas encore donné un blanc-seing à Fakhfakh. C’est ce qui aurait, peut-être, obligé le chef de l’Etat Kais Saïed, « symbole de son unité », de convoquer Fakhfakh et Ghannouchi à une rencontre à trois, dès le lendemain du refus de Fakhfakh de démissionner. Le communiqué officiel de cette rencontre ne dit rien sur le véritable objet de la rencontre. Il laisse ainsi planer un doute sur l’avenir de la stabilité gouvernementale dont Fakhfakh s’était prévalu pour dire non aux demandes de démission.
Pour l’instant, cette position du « j’y suis, j’y reste » du chef du gouvernement semble vouloir dire qu’il cherche à jouer la montre. En effet, entre une enquête administrative engagée par des structures du même Exécutif accusé, l’enquête judiciaire d’une structure de loi connue pour être lourde et d’une certaine manière « lente à la détente », et l’enquête parlementaire qui pourrait connaître le sort de toutes ses précédentes qu’est théoriquement l’enterrement, le sort de Fakhfakh restera suspendu. Il le sera certainement dans le temps qu’il pourrait utiliser dans l’engagement d’une action de restauration de la confiance en son ministère. Suspendu aussi, peut-être, dans l’espace et la marge de manœuvre de l’action du gouvernement d’Elyes Fakhfakh . Mais force est d’affirmer que l’image de Fakhfakh et de son gouvernement ne sortiront pas indemnes. On le verra certainement dans les résultats des prochains baromètres politiques !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

104,231FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,288SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles