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samedi 31 octobre 2020
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Tunisie-Covid-19 : Une gestion en gruyère … presqu’à la Fakhfakh

On avait, un moment, reproché à l’ancien chef de gouvernement, Elyes Fakhfakh, de copier son ancien président [A supposer qu’il ait réellement abandonné sa nationalité française] dans tout ce qu’il faisait en matière de gestion de la pandémie du Coronavirus. Une gestion, celle de Fakhfakh, où on disait déjà qu’il y avait beaucoup à boire et à manger. Il prenait alors, presque les mêmes mesures, sans presqu’aucun décalage dans le temps, mais sans aucune commune mesure en matière d’application des mesures, du contrôle et des amendes, et surtout en matière de financement des mesures prises pour diminuer l’impact sur le tissu industriel et entrepreneurial tunisien.

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Depuis septembre dernier, les gouvernements ont changé, mais pas la politique de gestion de la seconde vague du Coronavirus. Les insuffisances constatées chez le Fakhfakh, sont répétées par son successeur, mais dans une nouvelle conjoncture plus contraignante. Lors de la première vague, en effet, il y avait très peu de décès, très peu de contaminations dont le nombre quotidien était loin, très loin, de ce qui se voit depuis quelques semaines.

Absorbé par les luttes intestines des deux têtes de l’Exécutif, dans sa recherche d’une possible ceinture politique sur une scène plus que fragmentée malgré les apparentes coalitions, et beaucoup moins d’une ceinture économique pour des réformes qui ne sont pas les siennes, Hichem Mechichi ne faisait qu’observer l’évolution de la pandémie en Tunisie. Insouciant, ou logiciel « virussé » depuis l’hivers dernier ?

  • Une gestion Kafkaïenne, ou plutôt « Fakhfakhienne »

A sa première sortie médiatique, tard et au pied levé, le chef du gouvernement met le pays en paraplégie, sans aucun regard à l’impact de ses décisions sur le tissu industriel et entrepreneurial, qui attendait déjà encore de recevoir les aides du gouvernement Fakhfakh. Et comme s’il voulait éviter, encore, l’affrontement avec un Kais Saïed qui avait à deux reprises écorné son autorité, Hichem Mechichi délègue certaines décisions de santé aux gouverneurs. Une délégation mise entre des mains tremblantes, car pas encore habituées à l’initiative et à la décision directe après des décennies d’application de directives venues d’en haut. C’est ainsi que le gouverneur de Sousse annonce une suspension des cours d’écoles pour deux semaines et s’y ravise après quelques jours, « sous la pression des syndicats » diront les mauvaises langues, et pour les besoins de la stérilisation des classes, dit le gouvernorat. Une 1ère polémique est née. Elle sera suivie de celle de la décision du gouverneur de Tunis d’instaurer le couvre-feu sur le Grand Tunis. L’autorité régionale, empiétait-elle ainsi sur les prérogatives du chef de l’Etat ? Non, diront certains. Oui, diront d’autres. Suivra une autre polémique sur l’horaire de ce couvre-feu, et les mesures de distanciation pour les cafés de catégorie A qui ont été refusées par les cafetiers.

La position des cafetiers repose en fait sur un fondement plus économique et financier que sanitaire. Ils ont peur de ne pas être capables de payer les salaires, comme leur patron l’avait dit sur une radio privée. Une question qui soulève, de fait, un autre volet de la gestion de la phase 2 de la crise du Covid-19, qui est l’absence de toute mesure économique ou financière de soutien.

Une absence qui reste pourtant compréhensible, pour un gouvernement qui n’arrive toujours pas à boucler le budget 2020 et à mettre au point un budget équilibré et bancable pour 2021. Pour les deux, le « trou » serait de 10 Milliards DT selon des sources parlementaires proches du dossier.

Ajoutez à tout cela les problèmes nés, encore une fois, de la distribution et les prix des masques de protection, et aussi et surtout tout ce qui se raconte sous cape sur les entourloupettes en matière de tests Covid-19 et leurs différentes tarifications, depuis que le gouvernement a autorisé le secteur privé à en faire. Le tout, dans l’absence de réaction des autorités, surtout sanitaires, mais aussi réglementaires et judiciaires. Et on se poserait presque la question : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

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