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lundi 6 juillet 2020
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Ghannouchi sauvera-t-il son perchoir ?

Encore une séance plénière marathonienne entrecoupée de fastidieuses prises de parole touche-à tout qui lestent un ordre du jour que l’on savait à tout le moins tumultueux C’était , mercredi, le cas pour le projet de motion rejetant toute ingérence étrangère en Libye , introduit par le groupe  parlementaire du PDL ( Parti destourien libre) présidé par Abir Moussi En milieu de soirée, pourtant, on s’était  pris à croire à un épilogue à la faveur d’une suspension d’une trentaine de minutes pour des consultations sur des amendements qui édulcoreraient la motion et la rendraient acceptables par la majorité des députés. Peine perdue, puisque les amendements n’ont pas eu l’heur de trouver grâce aux eux du groupe parlementaire d’Ennahdha.

Cet intermède dont on espérait un arrangement consensuel a été demandé par le député et président du bloc parlementaire Qalb Tounes, Oussema Khlifi, qui  a assuré que son parti votera la motion déposée par le PDL dans laquelle il rejette l’ingérence étrangère en Libye, s’il accepte de retirer les noms des pays du texte de la motion.

Il a expliqué que son parti a demandé au PDL de ne citer aucun pays dans la motion figurant à l’ordre du jour de la séance plénière qui sera l’occasion, selon lui, de « demander des comptes » au président du parlement Rached Ghannouchi. « Qalb Tounes estime que le président du parlement a enfreint les usages diplomatiques tunisiens », a-t-il expliqué, dans une allusion à l’entretien téléphonique que ce dernier a eu avec le chef du Gouvernement d’entente nationale de Libye Faiez Sarraj, le 19 mai dernier, suite à la libération de la base militaire d’Al Wattia. Il a dit rejeter « la politique des axes et de l’alignement ainsi que toute intervention étrangère en Libye ».

S’agissant du retrait de la confiance à Rached Ghannouchi, Khlifi a dit que c’est une mesure prévue par le règlement intérieur de l’ARP, affirmant que son parti pourrait y avoir recours si les intérêts de la Tunisie sont touchés.

Des débats très clivants


C’est dans une atmosphère pesante et marquée par de franches et parfois virulentes oppositions que se sont déroulées les discussions autour de ladite motion. Les députés qui ont pris la parole ont été unanimes pour refuser toute ingérence dans les affaires internes en Libye. Leurs opinions étaient toutefois partagées sur le contenu de la motion.
Le représentant du Groupe démocratique) a, dans ce sens, appelé le président de la République Kais Saied à proposer une initiative réunissant les pays du voisinage avec la Libye pour empêcher toute intervention étrangère dans ce pays. Il a mis en garde contre les partis pris dans ce dossier.

Son pair de Tahya Tounès a affirmé que, depuis Bourguiba, la Tunisie entretient des relations avec les différentes parties y compris celles intervenant dans le dossier libyen. Pour lui, la politique étrangère ne doit pas être un objet de conflit, mettant l’accent sur le besoin de tenir compte des intérêts du pays et des dizaines de milliers de Tunisiens résidant dans ces différents pays.

Un élu de la Réforme nationale) a, pour sa part, estimé que la solution pour la Libye réside dans la médiation de la Tunisie eu égard aux relations très anciennes liant les deux pays. Il a exprimé le refus des pratiques visant à diviser le peuple libyen.
 Un député d’Al Karama a critiqué le projet de motion, le jugeant proche de l’une des parties en conflit en Libye. De plus, dans sa motion, a-t-il dit, le PDL n’évoque pas l’intervention de pays tels que les Emirats, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la France, l’Allemagne, les USA, la Russie ou encore l’Italie dans les affaires libyennes, constate le député.

Pour le représentant du mouvement Ennahdha, la motion aurait fait l’unanimité si elle a contenu un refus de l’ingérence n Libye au lieu d’appeler à soutenir une partie du conflit en Libye. Il a relevé que l’intérêt national requiert de mobiliser tous les efforts pour parvenir à une solution pacifique en Libye.

Notons enfin que des députés ont estimé que l’adhésion au processus de retrait de la confiance au président de l’ARP Rached Ghannouchi reste toujours envisageable en cas de réponses non convaincantes ou non reconnaissance de l’erreur, alors que d’autres élus jugent  » inopportun  » le passage aujourd’hui à cette procédure en dépit de l’erreur  » grave  » commise par le président de l’ARP

Sur ces entrefaites, Ghannouchi arrivera-t-il à sauver son perchoir martelé par les coups de boutoir de l’opposition ?

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