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La BCT parle des prix, et ce n’est pas rassurant pour 22 !

Nous sommes à la mi-janvier 2022, et la dernière note de conjoncture de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) fait analyse sur la base des chiffres de septembre 2021. A sa décharge, il faut dire que la BCT ne produit pas ses propres chiffres, et dépend étroitement de ceux de l’INS notamment, qui n’a toujours rien publié sur le taux de croissance de 2021, et du ministère des Finances, qui n’a pas non plus publié les résultats de l’exécution du budget 2021, qui seront toujours par lui appelés chiffres provisoires. Il est bon aussi, de rappeler que l’un des objets principaux de l’action de la BCT est de veiller à la maitrise de l’inflation.

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–          La désinflation, c’est fini !

La trajectoire désinflationniste, observée depuis le début de l’année 2019, s’est interrompue en 2021 avec une inflation qui est passée de 4,9 % en G.A (Glissement Annuel) en janvier 2021 à 6,6 % en décembre 2021, pour s’établir en moyenne +5,7% sur l’ensemble de l’année, après +5,6 % durant l’année 2020, et devrait avoisiner 6,8% en 2022.

La BCT explique cette évolution par le rebond du rythme de progression des prix des produits alimentaires frais et de la légère accélération de l’inflation sous-jacente, après que les prix administrés ont connu une certaine détente.

Tout a augmenté en fait. Les produits alimentaires frais, (+9,5% en décembre 2021 contre  +7,9% un mois auparavant), les légumes (+9,8% après +4,0%), et les fruits (+13,4% après +12,7%). En face, les produits administrés (prix fixés par l’administration publique), le taux d’inflation est revenu de 6,8% (en G.A.) en novembre 2021 à 6,5% en décembre. La BCT explique cette détente par l’apaisement des prix des produits pharmaceutiques (+5,9 % après +8,5 %) et qui devraient au moins se stabiliser, sinon baisser, sous l’effet des mesures fiscales de la LF 2022. Mais aussi par la décélération des tarifs du transport (+3,9 % après +4,9 %), particulièrement ceux du transport aérien de passagers internationaux (+38,4% après +60,3%), et qui ne tardera pas à rebondir vers le haut dès la prochaine hausse des prix des carburants).

–          Matériaux de construction, meubles, voitures, à la hausse et pas que de peu

S’agissant de la principale mesure de l’inflation sous-jacente (inflation hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés), elle s’est maintenue sur une tendance haussière pour atteindre 6,1% en G.A, en décembre 2021, après 6,0% le mois précédent et contre 5,0% une année auparavant. Cet accroissement porte la marque de l’affermissement des prix des produits manufacturiers libres (+6,7% après +6,4%), tiré, essentiellement, par l’accélération des prix des matériaux de construction et d’entretien,  des logements (+13,4% après +12,5%), des équipements ménagers (+4,8% après +4,4%), ainsi que ceux des voitures (+2,0% après +1,6%) et des produits d’ameublement (+5,5% après +4,6%).

De son côté, la mesure de l’inflation sous-jacente, « hors produits alimentaires et énergie », a légèrement décéléré, en décembre 2021, tout en se maintenant sur des niveaux relativement élevés, soit de 6,4% et ce, après 6,5% le mois précédent et contre 5,9% un an auparavant

–          Les prix internationaux s’envolent, et risquent d’attiser les prix à la production

Sur un autre volet, l’accélération, notamment, des prix internationaux des produits de base et des matières premières s’est transmise aux prix à l’importation. Ces derniers ont progressé à un rythme soutenu depuis le mois d’avril 2021 pour atteindre 21,5% en G.A en octobre 2021 (contre +20,8% en septembre 2021 et -5,2% une année auparavant), portant la marque d’un accroissement quasi-généralisé des prix au niveau des différents secteurs d’activité, à savoir, les secteurs, minier (+52,7% contre +41,2%) et agro-alimentaire (+40,0% contre +28,3%), ainsi que ceux des industries mécaniques et électriques (+17,0% contre +16,0%) et du textile, habillement et cuir (+14,2% contre +12,4%).

De l’autre côté, les prix ont connu une décélération au niveau des secteurs de l’énergie (+30,3% contre +31,2%) et des industries manufacturières diverses (+12,1% contre +16,9%).

Sachant que l’industrie exportatrice en Tunisie, est essentiellement une industrie transformatrice, « cette accélération des prix risque d’attiser les pressions sur les coûts de production et raviver l’inflation domestique au cours de la période à venir », conclut la 1ère note de conjoncture de la BCT.

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