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La Banque centrale de Tunisie (BCT) a informé que la photo d’un billet de 20 dinars qui circule dans les réseaux sociaux n’a rien à voir avec le nouveau billet qui sera prochainement lancé.

La BCT a par ailleurs annoncé qu’on sondage d’opinion devrait être réalisé avant la mise en place de ce nouveau billet.

Il convient à ce propos de rappeler que la direction de la BCT avait annoncé le 1er février dernier, la création d’un nouveau billet de 20 dinars.

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Réagissant à Mosaïque FM, à la demande des étudiants tunisiens à l’étranger suite au gel de leurs bourses d’études, un responsable au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a accusé, «après enquête a-t-il dit, la BCT d’être la cause du retard du virement des fonds nécessaires à la poursuite de leurs études”. Pour éclairer l’opinion publique et le responsable au cabinet du ministre Khalbouss, un communiqué de la BCT, dont nous avons reçu copie, affirme que «deux ordres de paiement instruits, le 22-06-2017, par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique en faveur de la mission universitaire tunisienne à Paris et de l’Ambassade de Tunisie à Bruxelles ont été transmis à la Banque Centrale de Tunisie par la Paierie Générale relevant du Ministère des Finances le 06-07-2017 après clôture de la journée. Les Services de la Banque Centrale de Tunisie ont exécuté les ordres de paiement en question sous valeur 12/07/2017 selon l’usage bancaire. Les 08 et 09/07/2017 étant deux jours non-ouvrables ». Il semble ainsi, à bien comprendre la BCT, que l’argent a déjà été viré, avant que le responsable du Cabinet de Khalbous n’en parle à la radio

 

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Chedly Ayari, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), s’est entretenu aujourd’hui, lundi 10 juillet 2017 au siège de la Banque Centrale, avec S.E. Mr Olivier Poivre D’ARVOR, Ambassadeur de France en Tunisie, indique un communiqué de la BCT.

L’entretien a porté principalement sur la coopération bancaire et financière entre la Tunisie et la France et les perspectives de son développement.

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Suite à la hausse des dépenses globales hors service de la dette à un rythme plus élevé que celui des ressources propres, le déficit primaire hors privatisations
et dons a atteint 3.505,4 MDT ou 3,9% du PIB. En prenant en considération les intérêts de la dette, le déficit budgétaire hors privatisations et dons s’est creusé pour se situer à 5.491,9 MDT ou 6,1% du PIB contre 4.094,4 MDT ou 4,8% en 2015. C’est ce qui a été indiqué dans le rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT), relatif à l’année 2016.

Il a été de même noté dans ce rapport que le financement du déficit a été assuré aussi bien par des emprunts extérieurs (52,6%) et des emprunts d’origine intérieure (35,5%) que par les revenus des biens confisqués, de privatisations et dons à raison de 12%. Pour l’année 2017, le déficit budgétaire prévu est estimé à 5.345 MDT ou 5,4% du PIB, un taux qui reste relativement élevé malgré son léger fléchissement par rapport à celui de l’année précédente.

La BCT a par ailleurs indiqué que le recours de plus en plus massif à l’endettement pour financer le budget de l’Etat a engendré une accentuation de la tendance haussière de l’encours de la dette publique en 2016, enregistrant ainsi une augmentation de 19,2% pour se situer à 55.915,8 MDT (contre 46.922 MDT en 2015). Cette enveloppe étant constituée à hauteur de 65,1% de dette extérieure. En conséquence, le taux d’endettement public a augmenté de 6,5 points de pourcentage du PIB, passant de 55,4% en 2015 à 61,9% en 2016.

Pour l’année 2017, les prévisions tablent sur un taux d’endettement public de 63,7% du PIB, niveau en hausse de 1,8 point de pourcentage, et ce malgré la baisse du déficit budgétaire prévue pour 2017.

‘D’une manière générale, la faiblesse de l’activité économique en 2016 s’est traduite, entre autres, par une baisse des ressources propres de l’Etat nécessaires pour le financement de l’investissement, d’où le recours accru à l’endettement, ce qui a engendré une accélération du rythme de croissance de l’endettement total, aussi bien au niveau intérieur qu’extérieur.

Ainsi, l’endettement total a repris, en 2016, une tendance haussière après une légère décélération enregistrée au titre de l’année 2015 (13,4% contre 9,9%). Ladite accélération a été constatée, particulièrement, au niveau de l’endettement des autres agents économiques non financiers dont le rythme de croissance a doublé, d’une année à l’autre,en passant de 5,7% à 10,2%

De même, l’endettement total de l’Etat a évolué à un rythme légèrement supérieur à celui de l’année écoulée soit, 18,5% en 2016 contre 17,4% en 2015. En effet, l’Etat en tant qu’agent économique non financier continue à s’endetter à une cadence soutenue tant auprès d’institutions financières nationales qu’internationales afin de financer les dépenses, principalement, du titre de son budget. S’agissant de l’origine de financement et conformément à la tendance dégagée les années précédentes, l’endettement total dont l’encours s’élève à 132.640 MDT à fin 2016 est constitué à près de 68% des financements d’origine intérieure, le reliquat est financé sur des ressources extérieures.

S’agissant de l’endettement intérieur, la banque centrale a noté qu’après une décélération de son taux de croissance durant l’année 2015, l’endettement intérieur a enregistré, en 2016, de nouveau une accélération, en augmentant de 11% contre 7,8% en 2015 reflétant ainsi celle aussi bien de l’Etat (15,8 % contre 14,3%) que des autres agents économiques non financiers (9,6% contre 6,1%). Par source de financement, cette évolution traduit l’effet conjugué de la poursuite de la prédominance du système financier dans la prise en charge des besoins accrus de tous les agents économiques en augmentant de 11,3 % contre 8,6% une année auparavant et la reprise du financement par recours aux marchés de capitaux qui s’est accru de 3,4% en 2016 après des baisses constatées depuis plusieurs années.

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Avec un taux de croissance de 1% en 2016, la performance de l’économie tunisienne s’est située largement en deçà de celle prévue initialement (2,5%) et même par rapport aux réalisations de 2015 (1,1%), ce qui n’a pas aidé à atténuer les déséquilibres macro-économiques“. C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT) relatif à l’année 2016.

Toujours selon le rapport de la Banque centrale, sur le plan sectoriel, les services marchands et non marchands ont été les principaux secteurs contributeurs à la progression du PIB, avec des taux de croissance respectifs de 2,7% et 2,6%. Néanmoins, ces évolutions ont été contrebalancées par le fléchissement aussi bien du secteur énergétique (-8,4%), suite à la baisse de la production nationale de pétrole brut et de gaz naturel, que du secteur de l’agriculture et de la pêche (-8,1%), en relation notamment avec une nette régression de la production d’huile d’olive au cours de la saison 2015-2016.

La demande intérieure est demeurée le principal moteur de la croissance économique, malgré la décélération de la consommation globale (3,1% aux prix constants contre 3,5%), en lien avec le ralentissement de la consommation publique (2,5% contre 4,4%) et la faible évolution de la consommation privée (3,3% contre 3,2%) en dépit de la détente de l’inflation. Parallèlement, la FBCF a enregistré une certaine reprise (2,4% contre -0,4%).
Par ailleurs, la croissance économique a été affectée par le repli des exportations de biens et services (-0,3%), alors que les  importations ont connu une augmentation (+3,1%).

La détérioration des échanges avec l’extérieur est due au recul des exportations du secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires, particulièrement celles de l’huile d’olive (-53,9%), et à la régression des exportations du secteur de l’énergie (-17,3%) attribuable principalement au fléchissement des prix moyens des hydrocarbures sur le marché international conjuguée à la poursuite du repli de la production nationale de pétrole  brut. De même, les recettes touristiques ont accusé une baisse de 1,7% (-9,3% sans l’effet change). Quant aux importations, tous les groupes de produits ont connu une progression à l’exception des produits énergétiques (-19,2%), en ligne avec la baisse des prix sur les marchés internationaux.

Parallèlement à l’élargissement du déficit commercial et au repli des recettes des services, l’excèdent de la balance des revenus des facteurs et des transferts courants a diminué, malgré la légère hausse des revenus de travail, entraînant ainsi une aggravation du déficit courant qui s’est élevé à 7,9 milliards de dinars, soit 8,8% du PIB.

La contraction des tirages sur les capitaux d’emprunt à MLT, la forte hausse des dépenses engagées au titre du remboursement du principal de la dette extérieure à MLT et la baisse des recettes au titre des investissements étrangers ont entraîné une détérioration du solde général de la balance des paiements (-1.143 MDT en 2016 contre +783 MDT en 2015). Par conséquent, les avoirs nets en devises ont régressé pour revenir à 12.935  MDT ou 111 jours d’importation à fin 2016 contre 14.102 MDT et 128 jours une année auparavant“.

Dans ce contexte et dans le sillage d’un déficit courant toujours élevé, d’une hausse des billets et monnaies en circulation et d’un recours plus accru du Trésor aux ressources intérieures, les pressions sur la liquidité bancaire se sont intensifiées se traduisant par une accentuation des interventions de la Banque Centrale sur le marché monétaire, qui ont atteint leur plus haut niveau en décembre 2016, soit 7.476 MDT contre 5.385 MDT en décembre 2015.
Ces interventions ont permis de réguler le marché et de réduire les fluctuations du taux du marché monétaire autour du taux directeur de la BCT.
Face à la persistance des pressions continues sur la balance des paiements, le taux de change du dinar s’est déprécié vis-à-vis des principales devises, soit 8,6% par rapport au dollar américain en termes de moyennes annuelles et 8,3% à l’égard de l’euro”, lit-on dans le rapport.

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Le rythme de progression de l’endettement extérieur n’a cessé d’augmenter depuis l’année 2010, passant de  11,6% en 2014  à  14,9% en 2015 et enfin à 18,6% en 2016. C’est que l’endettement extérieur de l’Etat, qui demeure prépondérant avec une part de plus de 75% du total, a évolué, au terme de l’exercice sous-revu, dans une proportion comparable à celle de l’année 2015 (20,2% contre 19,4%)“. C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT), portant sur l’année 2O16.

En raison de l’accroissement des besoins en ressources, essentiellement d’origine extérieure pour combler son déficit budgétaire, l’Etat Tunisien a eu à mobiliser, en 2016, des ressources étrangères sous forme de tirages sur prêts extérieurs  accordés, notamment, par la BAD (448 MEUR) dans le cadre d’un programme de soutien du Budget de l’Etat, le FMI (653 MDT) au titre du «mécanisme élargi de crédit (MEDC)» ainsi que l’emprunt obligataire garanti par les Etats-Unis (500 MUSD) encaissé au mois d’août. Toutefois, malgré l’importance des ressources mobilisées qui ont largement couvert les dépenses engagées au titre du remboursement de la dette extérieure publique, ces dernières demeurent conséquentes et supérieures à celles décaissées en 2015.
“S’agissant des bons du Trésor assimilables (BTA) souscrits par les étrangers et/ou les non-résidents qui représentent aussi un financement extérieur du Budget de l’Etat, leur encours demeure très faible avec un taux de participation aux adjudications pour l’acquisition de ces titres de 0,0056% ou l’équivalent  de 0,1 MDT à fin 2016 contre 0,06% et 1,207 MDT, respectivement en 2015“, explique le rapport.

Il est à signaler que le taux maximum des BTA pouvant être souscrits par  les  étrangers et/ou les non-résidents est de 20% du  montant global indicatif des émissions semestrielles.
L’envolée du rythme de progression de l’endettement extérieur des autres agents économiques non financiers en 2016 (13,9% contre 3% en 2015) est imputable, notamment, à la mobilisation d’un emprunt syndiqué contracté par Tunisie Télécom auprès du «Crédit Suisse» dans le cadre du financement de l’acquisition de l’opérateur de télécommunication GO Malta (195,5 MEuros, soit 455 MDT).

Le ratio d’endettement total par rapport au PIB  aux prix courants a continué sur sa  lancée haussière entamée depuis trois ans, en passant de 131,7% en 2014 à 138,2% en 2015 et 146,8% en 2016. Cette évolution reflète l’augmentation simultanée des ratios de l’endettement intérieur et extérieur par rapport au PIB qui sont passés, d’une année à l’autre, de 95,2% et 43% à 99% et 47,8%,  respectivement. L’analyse par agent économique laisse apparaître également un accroissement des ratios d’endettement aussi bien de l’Etat (59,2% contre 53,3%) que des autres agents économiques non financiers (87,6% contre 84,9%).

Par ailleurs, le ratio de l’endettement extérieur par rapport au RNDB s’est accru de 4,7 points de pourcentage en passant, d’une année à l’autre, de 42,2% à 46,9% et ce, suite à l’accélération du rythme de progression de l’endettement extérieur à une cadence supérieure à celle du RNDB. Il est à signaler que le niveau de ce ratio demeure soutenable permettant ainsi à l’Etat de recourir, en cas de besoin, à l’endettement extérieur pour financer son déficit budgétaire au titre de l’année 2017.

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Très actif en ce moment sur les thèmes tels que le déficit budgétaire, l’endettement extérieur, la croissance molle et le volume des deniers publics injectés dans les banques, l’expert en économie Ezzeddine Saidane a remis ça ce mercredi 5 juillet 2017, sur sa page Facebook. Il s’est encore exclamé à la vue des quantités de sous décaissés par la Banque centrale de Tunisie pour maintenir à flot le tissu bancaire.

Le 04 juillet 2017, le refinancement des banques a affiché le chiffre record de 9,995 milliards de dinars. Saidane a écrit ceci à ce propos : «la planche à billets se déchaine littéralement. Elle semble échapper désormais à tout contrôle. Même tonalité pour l’argent liquide en circulation : “la masse de billets et monnaies en circulation a, elle aussi, atteint un record absolu: 11,054 milliards de Dinars. L’économie parallèle, ou plus exactement l’économie hors la loi basée principalement sur du cash, est en train de dévorer l’économie organisée !!!».

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A lire le dernier rapport annuel de la Banque centrale, surtout le « mot du Gouverneur » on ne s’interdirait pas d’y trouver quelque apparentement avec cet aphorisme vaguement lénifiant : « ça va mieux mais ça ne va pas bien ». Mais convenons que ce chiche accès d’optimisme de Chedly Ayari ne vaut que pour le premier trimestre de l’année en cours. Pour le reste, c’est encore et toujours la galère pour la Tunisie qui « continue, six ans après la Révolution, à vivre les mêmes difficultés économiques, voire avec plus d’acuité ». Un état des lieux tempéré, début 2017, par une croissance de 2,1%, une saison touristique prometteuse, la reprise de la production dans le bassin minier et le déblocage dernièrement de la deuxième tranche du crédit du FMI.

En dehors de cette relative éclaircie, le diagnostic est désolant. La Tunisie, se lamente le gouverneur de la BCT, « n’a pas réussi jusqu’à maintenant à inverser la donne et à redresser une situation économique et sociale qui reste fondamentalement préoccupante dans un contexte d’instabilité politique (pas moins de six gouvernements depuis 2011), d’attentisme prolongé du milieu des affaires et de velléités d’agitation sociale qui se manifeste de façon, certes sporadique, mais néanmoins récurrente, dans les régions défavorisées ». Et Chedly Ayari de s’en explique par le menu détail avec l’essoufflement voire d’arrêt des principaux moteurs de la croissance, en l’occurrence, l’investissement privé et la productivité, et par voie de conséquence l’exportation, alors que l’économie parallèle, omniprésente, continue à asphyxier le secteur manufacturier et obérer les ressources de l’Etat, annihilant toute possibilité d’en dégager la marge budgétaire indispensable à la relance de l’investissement public. Ce faisant, déplore-t-il, « ni le niveau de la croissance économique enregistré jusqu’ici, ni sa structure, dominée par la consommation -trop gourmande en importation- et d’un secteur public budgétivore, lesté d’effectifs pléthoriques, ne permettent d’atteindre, dans un horizon raisonnable, les objectifs de la révolution en termes d’emploi et d’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population ».

Vulnérabilités et contre-performances

Surtout, le gouverneur de l’institut d’émission insiste sur l’aggravation en 2016 des vulnérabilités internes et externes que reflètent les principaux indicateurs macroéconomiques de l’année écoulée : une croissance économique anémique (1% contre 1,1% en 2015) doublée de déséquilibres macroéconomiques accrus, dont les plus nocifs concernent le déficit du budget de l’Etat (6,1% du PIB) et celui de la balance des paiements courants (8,8 % du PIB) et notamment le commerce extérieur, sa principale composante. Des contre-performances qui ont gagné la sphère monétaire, contribuant, de concert, à entretenir une spirale néfaste – qui persiste en 2017 – avec à la clé une résurgence des tensions inflationnistes, une dépréciation manifeste du dinar et un accroissement du poids de l’endettement extérieur, qui, à leur tour, pèsent de plus en plus sur les réserves en devises et la liquidité bancaire. Résultat : le mouvement de réformes structurelles reste bridé malgré les efforts des autorités.

Pour y remédier, il est proposé la mise en place d’une nouvelle dynamique dans la mise en œuvre, dans des délais raccourcis, des réformes déjà arrêtées par les autorités en coopération avec les institutions internationales partenaires, susceptible de répondre aux exigences d’un climat des affaires assaini, offrant les conditions adéquates de retour de la confiance et l’amorce d’une reprise tangible de l’activité économique Il s’agit d’accélérer les réformes du secteur financier pour jouer pleinement son rôle de financement de l’économie et d’allocation des ressources, finaliser la réforme fiscale engagée pour renforcer les ressources de l’Etat, et dynamiser la politique budgétaire, avancer dans la réforme des institutions publiques afin d’en améliorer la qualité des services et optimiser les coûts salariaux et sociaux et in fine assurer la soutenabilité des finances publiques, persévérer dans le renforcement de la gouvernance et la lutte contre la corruption, et mettre en œuvre rapidement le projet de loi d’urgence économique déjà adopté par le conseil des ministres en 2016, en vue du lancement effectif des grands projets d’investissements.

Une politique proactive et prudente

Déjà, la Banque Centrale s’est investi dans une politique proactive et prudente, sur le terrain monétaire et de change, guidée en cela par la nécessité de veiller à la stabilité des prix, et de pourvoir aux besoins de liquidité de l’économie, sous peine d’un blocage du paiement des engagements extérieurs commerciaux et financiers, et d’un dérapage des taux d’intérêts et de change du dinar. Le taux d’inflation a été contenu à 4,2% en 2016 contre 4,1% en 2015 et les autorités monétaires ont laissé inchangé le taux directeur jusqu’à fin avril 2017.

Chedly Ayari ne s’est pas gardé d’avertir qu’une dégradation continue du secteur extérieur associée à l’expansion des dépenses de consommation publiques (et des ménages) et à la résurgence des pressions inflationnistes, ne peuvent être durablement compatibles ni avec la stabilité du taux de change du dinar, ni avec des taux d’intérêts réels négatifs. Il souligne la nécessité d’aligner le loyer de l’argent ainsi que le taux de change sur les fondamentaux de l’économie pour jouer pleinement leur rôle dans l’allocation optimale des ressources -rares- du pays.

Toutefois, ces mesures et bien d’autres prises par la BCT, aussi importantes soient-elles, risquent d’être de portée limitée si elles ne sont pas rapidement relayées par des actions améliorant plus globalement le climat des affaires et surtout la stabilité dans ses multiples dimensions: politique, sociale, sécuritaire et financière, prévient Chedly Ayari . En conclusion, il estime que 2017 devrait être, selon les premiers indices, une année de reprise de l’économie nationale. Elle reste néanmoins sous la menace de la persistance, voire l’accentuation des vulnérabilités de la position extérieure et des finances publiques. Le relèvement de ces défis doit constituer, insiste-t-il l’une des priorités majeures et donc tout doit être mis en œuvre pour en réunir les exigences : accélérer la mise en œuvre des réformes indispensables pour libérer l’initiative et renforcer la gouvernance économique tout en raffermissant la coopération avec les institutions internationales partenaires, et remettre à niveau le climat des affaires dans sa globalité en tant que matrice de la croissance et du développement.

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Selon les indicateurs monétaires et financiers journaliers publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT), les BMC (billets et monnaies en circulation) ont établi un nouveau record le 22 juin 2017. La BCT situe la masse des BMC à 11,029 milliards de dinars ce jour-là, presque le double du chiffre enregistré en 2010, qui était 5.790 milliards. C’est incontestablement le symptôme de deux maux bien plus profonds et pour lesquels il faut d’urgence des remèdes : l’explosion de l’économie informelle et le peu d’appétit des citoyens pour le paiement électronique, précise le bulletin de la BCT.

Le cash, comme on le sait, fait la loi dans le secteur informel, lequel se porte comme un charme dans le pays ; l’argent liquide est également le moteur de l’évasion fiscale, un autre fléau en Tunisie. Autre phénomène handicapant pour l’économie : La faiblesse des moyens de paiement modernes. Là la frilosité accrue des commerçants pour les chèques et les TPE est indexée.

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Selon des sources dignes de foi citées par Express fm, PayPal refuse officiellement la demande de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

Le principal point de litige réside dans l’insistance de PayPal sur la condition suivante : le virement de l’argent d’un compte tunisien vers n’importe quel compte dans le monde.

Condition inacceptable pour la BCT puisqu’elle ne s’accorde pas avec le Code du Change tunisien qui interdit les virements en devises vers des comptes étrangers.

Le ministère des TIC et de l’Economie numérique aurait décidé de contacter les autres institutions financières qui concurrencent Paypal, telles que Stripe ou Skrill.

La même source a aussi insisté sur le fait qu’il n’y aura accord avec ces institutions que si la Banque Centrale accepte la libre circulation des capitaux entre tous les comptes bancaires, indépendamment de la nationalité du titulaire du compte.

Une conférence de presse sera tenue la semaine prochaine par le ministre Anouar Maarouf pour donner plus d’informations sur ce sujet.

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En vue de permettre le bon déroulement des transactions à l’occasion du congé de la fête de l’Aïd El Fitr, il est décidé que :

  • les Banques assurent au public, le samedi 24 juin 2017, de 9 heures à 12 heures, un service de caisse et de change manuel ;
  • la Banque Centrale de Tunisie assure, le même jour, de 9 heures à 12 heures, un service de paiement à son siège à Tunis et dans ses Succursales.

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Le 22 mai dernier, quelques semaines après que les autorités tunisiennes avaient gelé les avoirs de huit hommes d’affaires soupçonnés de corruption, le gouvernement a lancé une opération anti-corruption massive baptisée Mains Propres.

L’initiative venait en réponse à la fragilité de l’économie tunisienne, où les banques publiques et privées représentent près de 50% de la capitalisation du marché financier du pays. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles la Banque Centrale de Tunisie est en train d’ examiner une série de projets de textes de loi visant à libérer les comptes de capital pour stimuler les investissements étrangers et développer l’ investissement par des résidents à l’étranger, explique le site « Econo Times » destiné aux investisseurs, dans un article au titre interrogatif : « Pourquoi les banques sont-elles la principale faiblesse économique de la Tunisie ? ».

La faible gouvernance institutionnelle existait bel et bien avant soulèvement politique de 2011 en Tunisie, et il y avait eu, par le passé, plusieurs tentatives de restructurer le secteur bancaire. En 1994, une loi a été adoptée portant réorganisation du marché boursier sous l’égide des bailleurs de fonds, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Union européenne, dont les crédits étaient subordonnés aux réformes exigées. En 2005, une loi sur le renforcement de la sécurité financière a été adoptée à l’effet de mieux harmoniser le cadre législatif et d’améliorer la gouvernance d’entreprise.

Une gouvernance « immature »

En dépit de ces efforts, la gouvernance dans le secteur bancaire continue de pâtir de problèmes structurels profondément ancrés. En 2009, une note de Fitch Ratings « la gouvernance d’entreprise: le point de vue tunisien », explique que « les pratiques de gouvernance d’entreprise en Tunisie sont encore immatures malgré les réformes institutionnelles successives. (…) Le principal obstacle à la diffusion des bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise est la structure « familiale » (capital verrouillé) de la plupart des entreprises tunisiennes, dont les fondateurs et les actionnaires continuent d’exercer des rôles de gestion ».

La nécessité de promouvoir la gouvernance bancaire devient évidente au vu de certaines statistiques mettant en relief le nombre élevé de prêts non performants accordés par les banques publiques , par exemple, et la proportion importante des membres du conseil d’administration de la banque qui exercent des fonctions politiques.

La révolution tunisienne a ouvert des perspectives prometteuses. En théorie, une nouvelle démocratie, la liberté et la bonne gouvernance ont encouragé l’esprit d’entreprise et l’investissement. En lieu et place, cependant, la croissance économique a stagné en 2011, provoquant une augmentation du chômage et soulignant la croissante nécessité d’une aide extérieure pour couvrir le déficit budgétaire de l’État. Les attaques terroristes qui ont frappé la Tunisie au cours des dernières années, aggravées par des épisodes de violence dans le pays voisin la Libye, ont fait le reste.

Les écueils et problèmes datant d’avant 2011 se sont également détériorées, particulièrement l’explosion de l’économie informelle, la contrebande et l’irradiation de la corruption.

Grâce à la politique monétaire suivie par la BCT depuis la Révolution, les banques ont accès à la liquidité nécessaire pour financer l’activité économique du pays. La crise a eu un effet limité sur les entreprises tunisiennes en allégeant leurs obligations financières et le système bancaire tunisien a été en mesure de conserver sa fiabilité.

Mais les banques elles-mêmes sont demeurées fragiles et sous-performantes, entravées par des niveaux élevés des créances improductives alors qu’elles continuent de développer de nouveaux produits et services, tels que l’accès aux comptes à distance et les applications smartphone. S’y ajoutent d’autres problèmes comme la faible capitalisation, la médiocre qualité des actifs et l’insuffisance de fonds propres pour couvrir le risque de défaut. Il ne fait aucun doute que le niveau élevé de la dette publique de la Tunisie, qui devrait dépasser les 60%, joue également un rôle central dans les problèmes du pays.

De plus, les retraits bancaires ont atteint de nouveaux sommets, mettant encore à mal l’insuffisance de liquidités déjà massive du secteur bancaire. Depuis la révolution, les citoyens et les entreprises privées privilégient les investissements et les fonds liquides, ce qui leur permet de conserver leur argent dans des comptes de dépôt.

Ce déficit structurel a nécessité l’intervention de la BCT sous la forme d’importantes injections de capitaux qui ont augmenté son exposition au crédit et conduit à une baisse importante des réserves en devises étrangères.

La BCT a réduit l’exigence de réserve obligatoire pour les dépôts de moins de trois mois, de 12% à 2%, et de 1,5% à 0% pour les dépôts entre trois et 24 mois, ce qui permet une réduction du solde du compte courant ordinaire des banques supervisé par la BCT.

Les citoyens ordinaires trinquent

Aussi les banques se sont-elles rabattues sur les prêts hypothécaires et les prêts pour les particuliers. Dans le même temps, elles exigent des primes de risque de plus en plus élevées et donc des taux d’intérêt qui le sont tout autant. Pris entre leur pouvoir d’achat en chute libre et des taux d’intérêt sur les prêts bancaires incroyablement élevés, les Tunisiens ordinaires n’en d’autre choix que d’en payer le prix.

Selon l’Institut national de la statistique, l’inflation a atteint 5% en mai 2017, l’indice des prix à la consommation pour l’alimentation et les boissons est en hausse de 5,2% et les prix de l’habillement ont augmenté de 8,4%. Au regard de cette situation alarmante, les efforts de régulation existants ont tourné court. Parmi les autres politiques qui pourraient améliorer leur gouvernance, les banques ont besoin de conseils d’administration avec des membres compétents, indépendants et responsables, des visions stratégiques et le courage de prendre des décisions appropriées à des moments critiques.

Les administrateurs devraient être tenus de donner des conseils et exercer le contrôle nécessaire pour que les banques fonctionnent correctement, tout en respectant les exigences réglementaires des pays dans lesquels elles opèrent.

Le chemin du retour à l’équilibre sera long pour la Tunisie, un petit pays avec des ressources limitées. Sa propre instabilité politique et d’agitation, combinée à la menace du terrorisme alentour , rendent la tâche encore plus problématique.

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Les avoirs nets en devises de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) ont régressé de 41,9 millions de dinars (MD), ce qui correspond à une perte de 13 jours d’importation, à la date du 14 juin 2017, par rapport à la même période de 2016, pour se situer au niveau de 99 jours d’importation.
Selon les indicateurs monétaires et financiers, publiés jeudi, par la BCT, les avoirs en devises ont chuté de 12 343,4 MD (112 jours d’importation) à mi-juin 2016 à 12 301,5 MD (99 jours d’importation) actuellement.
Ainsi, la Tunisie se situe au seuil d’insécurité en termes de réserves en devises, étant donné que ce seuil est normalement, fixé, selon les experts économiques, à 110 jours d’importation.
La BCT a fait état également de l’accroissement des services de la dette extérieure cumulés de 50% entre 2016 et 2017 pour se situer au niveau de 3 117,9 MD, à la date du 10 juin 2017, contre 2 084,2 MD en 2016.
En ce qui concerne les recettes touristiques cumulées, elles se sont accrues de 7,7% en juin 2017 pour se situer au niveau de 744 MD (690,4 MD, en juin 2016).
Pour ce qui est du volume global de refinancement des banques, il a atteint, jeudi, 9 542,7 MD, contre 6 723,8 MD, durant la même période de l’année écoulée, ce qui correspond à une hausse de 42%.

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Lui, c’est le DG de l’ATB, l’homme dont l’image collerait presque à celle de l’Arab Tunisian Bank. C’est aussi le DG qui reste alors que changent les présidents de conseils d’administration de la banque et le responsable qui fait face aux escrocs et gagne en justice.

Issu, comme beaucoup de ses pairs, de la BCT, il a fait les beaux jours de la banque, tant par les résultats que par la conduite du changement. Avec Ferid Ben Tanfous, Africanmanager a parlé, bien sûr des résultats de la banque, mais aussi de son environnement et de ceux qui voudraient lui faire du mal, sans jamais y parvenir. Interview.

Pourquoi le résultat de la banque pour l’exercice 2016 s’est-il un peu affaissé ?

Ce qui est important à constater, c’est que les fondamentaux de la banque ne se sont pas dégradés. Au contraire, ils se sont même améliorés. Nous avons misé sur la consolidation des structures de la banque et de ses ratios prudentiels. Nous avons ainsi privilégié la couverture des risques et une application plus stricte des règles de classification des créances, ce qui nous a amené à faire plus de provision, pour la 2ème année consécutive.

Peut-on ainsi dire que la baisse du résultat net était un choix délibéré ?

On peut en effet le dire, dans la mesure où nous n’avons pas voulu privilégier l’expansion aux dépens du risque. Deux éléments ont en fait pesé sur le PNB. D’abord notre conservatisme au niveau du marché des Bons de Trésor et pour mieux maîtriser notre portefeuille crédit. Ensuite, un plus grand effort en matière de provisions et continuer à consolider nos actions en matière de couverture des risques.

Ce souci de renforcer la couverture des risques ne serait-il pas dû à une possible qualité détériorée de votre portefeuille ?

Au contraire, notre portefeuille reste parmi les meilleurs de la place, avec un taux de créances non-performantes stabilisé à 8% contre 7,8 % pour l’exercice précédent. Augmenter les provisions, cela peut aussi être par un simple déclassement de certaines créances. On a ainsi gardé le même taux de créances classées que l’année dernière et nous sommes largement au-delà des 70 % en matière de couverture. Le plus de provisions, on le retrouvera d’ailleurs dans les résultats de l’année prochaine

Vous évoquiez plus haut ce conservatisme sur les Bons de Trésor. Avez-vous baissé vos investissements dans ce genre de papier ?

Nous avons plutôt reconstitué notre portefeuille, sans pour autant l’augmenter.

Vous avez pourtant gagné assez d’argent sur cette niche d’investissement qui s’avère être une véritable manne financière pour plus d’une banque !

Nous sommes restés au même niveau de l’exercice 2015. Nos gains, contrairement à d’autres banques, se sont plutôt stabilisés.

Parlez-nous justement de 2017. Quelles sont vos prévisions à ce propos et est-ce que le résultat net va augmenter de nouveau ?

J’espère bien. Avec une meilleure politique de recouvrement et moyennant une meilleure production, nous devrions y arriver sans problèmes et même être à des chiffres largement supérieurs à ceux de 2015 (un PNB de 200,1 MDT et un RN de 57,6 MDT).

La dernière décision de la BCT, d’augmenter pour la seconde fois successive en une année son taux directeur, pourrait-elle avoir un impact sur l’activité bancaire, dont l’ATB ?

Peut-être aura-t-elle cette année un effet positif par l’augmentation des revenus des intérêts de la banque. La quasi-totalité de nos crédits sont indexés sur le TMM. Si ce taux augmente, nos revenus aussi. Bien entendu il devrait y avoir aussi une augmentation des charges mais avec un effet légèrement décalé. Mais à mon sens, cette décision n’impactera pas cette année l’activité bancaire. Peut-être l’année prochaine, tout en rappelant que le taux d’intérêt n’influe pas forcément sur la décision d’investissement. C’est l’une des composantes certes, mais pas l’essentielle.

Que prépare l’ATB à ses clients pour 2017 qu’ils ne savent déjà à travers ses indicateurs trimestriels ?

2017 devrait être l’année de la consolidation à l’ATB, surtout au niveau des produits basés sur la digitalisation. Nous avions déjà lancé le Mobile Banking dans un format plus sécurisé et qui a été le 1er à recevoir la certification Iso 27003. Consolidation aussi de certains produits au niveau Retail. Mais la nouveauté pourrait être la consolidation du segment PME qui sera redéfini sous la forme d’un métier à part, des produits à part, une organisation et des procédures à part.

Est-ce à dire que l’ATB évoluera de banque des particuliers à une banque des PME ?

Au contraire. On restera dans tous les segments, mais on donnera beaucoup plus d’importance à la PME avec plus d’innovation pour ce segment.

Et donc plus d’argent alloué aux PME ?

Oui certainement, car c’est un segment très porteur et qui mérite une nouvelle approche, plus de fonds, plus de ressources humaines et de nouveaux produits spécifiques. Ça sera ainsi notre prochain cheval de bataille pour 2017 et 2018.

L’ATB est-elle, comme le reste du secteur bancaire, en demande croissante de liquidité auprès de la BCT et pourquoi ?

Oui et cela va de soi. La pression sur la liquidité n’est plus un secret chez toutes les banques de la place. Cela est d’abord du au marché parallèle. Il y a beaucoup de liquidité qui circule en dehors des circuits réguliers du secteur bancaire, mais aussi un tas d’autres éléments, dont la baisse des exportations, qui ont contribué à l’assèchement de la liquidité et ramené ainsi, pour toutes les banques, le ratio de liquidité à 80 % alors qu’il devrait être à 100 %.

Sept ans après la révolution et plusieurs années après la restructuration du secteur bancaire, financière pour le public et juridique par la nouvelle loi bancaire, trouvez-vous que le secteur bancaire est enfin assaini ?

Assaini à 100 % non. On a toujours besoin de nouvelles mesures, ne serait-ce que pour le taux des créances classées qui est d’une moyenne de 15 % pour le secteur ou même de 8 % pour l’ATB, qui reste élevé par rapport aux standards internationaux où le taux varie entre 3 et 5 %.

Mais, faut-il le rappeler, la situation des banques est le reflet de l’économie et de la situation des entreprises. Il reste donc des actions à mener, tant au niveau du secteur bancaire que celui de l’entreprise et de toute l’économie réelle du pays et qui sont du ressort du gouvernement. Vouloir assainir les banques, c’est d’abord assainir toute l’économie.

Comment vous la trouvez, justement, cette entreprise. On parle, macro-économiquement, de prémices de reprise. Les voyez-vous pointer chez les entreprises tunisiennes ?

Les entreprises sont trois catégories. D’abord celles qui sont saines, dans des secteurs porteurs et dont les dirigeants sont des professionnels. Bon an mal an, elles s’en sortent, se sont développées après la révolution et s’en sortiront.

Il y a ensuite des entreprises, publiques et privées, qui doivent disparaître, car impossible à remettre en selle quels que soient les efforts pour y parvenir. Il faudra, au contraire, accélérer le processus de leur disparition. Or, la réglementation actuelle ne le permet malheureusement pas et n’aide pas à ce processus de mise en faillite, de cession ou de disparition. Contrairement à la croyance générale, le ratio de faillite est un indicateur de bonne santé économique. Plus vite elles disparaissent, plus vite il y aura recyclage, car la disparition juridique de l’entreprise ne veut pas dire disparation de l’outil de production, mais un simple transfert. Le processus, judiciaire notamment et qui dure dans le temps avec une moyenne de 10 ans, n’aide pas à résoudre ce genre de problème.

La 3ème catégorie d’entreprise est celle qui a un marché porteur, dispose d’un potentiel de développement mais manque de fonds propres, d’organisation fiable ou présente d’autre faiblesses et pour lesquels les moyens, la technique et l’expertise de sauvetage ne sont pas encore développés dans nos banques.

Il y a quelques mois, l’Arab Tunisian Bank a été l’objet d’une campagne sur FB à répétition, de dénigrement de la part d’un ancien client de la banque qui affirme même avoir fait saisie sur certains biens de la banque. Qu’en est-il au juste ?

Lorsque quelqu’un essaie d’obtenir des crédits auxquels il n’a pas droit, ou d’en obtenir d’autres sans honorer les anciens, ou pire encore renier ses engagements les plus clairs, la banque qui se respecte doit résister et défendre ses droits, surtout face à des personnes qui font du contentieux avec les banques une stratégie en amont et en aval. Cette stratégie n’aboutit à rien en fin de parcours et l’issue est une impasse. Les attaques par des moyens bas sont des formes d’intimidation punissables pénalement qui n’aboutissent à rien et le public sait bien distinguer entre le bon grain et l’ivraie.

L’ATB est convaincue qu’elle obtiendra gain de cause en raison de la solidité de ses arguments et de son honnêteté. Elle n’a jamais perdu à la fin une affaire en justice en raison de sa droiture et elle a une confiance absolue en la justice tunisienne avec ses différents degrés. On a commencé dans le contentieux auquel vous faites allusion à obtenir des jugements en notre faveur.

 

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L’Etat s’endette. Ce n’est plus un secret, cela devient même une nécessité. Il s’endette, tant de l’extérieur que de l’intérieur. Pour l’exercice 2017, le budget prévoyait de lever un peu plus de 6 Milliards DT sur les marchés financiers internationaux. Mais aussi d’en lever 2,4 Milliards DT sur le marché local. L’outil utilisé dans ce cas est le BTA, ou Bon de Trésor qui sont exclusivement achetés par les banques de la place. Un outil qui ne fait pas que le bonheur du ministère des Finances, mais aussi et surtout celui des banques.           En effet, on retrouve l’effet de ce papier dans les bilans des banques et certaines en font un des moyens les plus prisés de réaliser des bénéfices, presque «le doigt dans le nez».

  • La manne des BT de l’Etat, pour les banques

A bien y regarder en effet, le PNB (produit net bancaire) des banques tunisiennes est essentiellement constitué de taux d’intérêt, «à mon sens encore relativement bas, avec un coût de l’argent qui n’est pas en phase avec sa rareté», commente le gouverneur de la BCT lors d’une précédente interview. Dans cette même rubrique du PNB, il y a cependant l’apport de la manne des bons de trésor.

En effet, aujourd’hui lorsque l’Etat a besoin d’aller sur le marché domestique pour emprunter de l’argent ou pour combler une partie de son déficit commercial, il le fait par le biais des Bons de Trésor (BT). Les seules à les acheter sont les banques.

Il est cependant bon de remarquer qu’elles achètent à 7,5 % et même parfois à 8 % d’intérêt, un risque souverain et hautement garanti qui ne souffrirait presqu’aucune possibilité de non-paiement, celui de l’Etat. Ce qu’on sait moins, c’est qu’une fois acquis, les banques, qui ont par ailleurs ont un accès illimité au crédit de la BCT, présentent les BT comme collatéral ou garantie à la BCT, pour accéder au refinancement de la BCT. Elles empruntent alors au taux de 4 %.

Ce faisant, les banques échangent les BTA en liquide avec 4 points de différence en taux d’intérêt. Dans le langage des économistes, on appelle cela le «Carry Trade». Une manne maintes fois dénoncée par la BCT qui n’y fera pourtant rien, le besoin de l’Etat étant le plus fort.

  • Des dizaines de sanctions et des amendes en MDT contre les banques

Depuis la nouvelle loi bancaire, la BCT a repris en main les banques. Elle contrôle désormais, de manière stricte, tout et rien ne s’y passe en dehors de ses directives et sans son assentiment. La BCT a désormais un droit de regard sur la nomination des directeurs ou même des commissaires aux comptes. Tout y est passé au crible, comme les bilans et les rapports des commissaires aux comptes, sans compter les inspections régulières qui passent tout à la loupe et prennent des sanctions. «Nous prenons des dizaines de sanctions, facilement une quarantaine par an, mais on n’en parle pas». Des sanctions, par exemple, pour une liquidité qui est insuffisante, lorsqu’elles donnent des prêts en dehors des normes fixées par la BCT, si elles sont super-concentrées en matière de crédit, en cas de non-respect du ratio de solvabilité. «J’ai des Cerbères à la BCT et tout le temps nos inspecteurs sont sur le terrain, pour les inspections sur place et sur pièce. Les rapports d’inspection, j’en signe une dizaine par jour et il y a quelques fois de grosses amendes, en millions de dinars, qui leur sont imposées et qui restent conséquentes même par rapport à la taille d’une banque. Des amendes qui vont au Trésor».

Manifestement, la BCT règne et fait régner la loi dans les rangs du secteur bancaire. Les banques ne font pas ce qu’elles veulent et sont sanctionnées chaque fois qu’il le faut.

 

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Le système bancaire tunisien est atomisé et comprend un nombre important de petites institutions qui dépasse le besoin réel de l’économie“. C’est ce qui ressort du billet économique de l’intermédiaire en bourse Mac Sa. L’auteur de cette note, Ghazi Boulila, universitaire et administrateur à la Société tunisienne des Banques (STB), a par ailleurs indiqué qu’en dépit de ce nombre important, le secteur n’a pas pu contribuer au financement du développement des régions de l’intérieur et du Sud. Plusieurs raisons sont avancées dont celles liées à la rentabilité, à la centralisation, à la prise de risque, à la gouvernance et surtout à la fidélisation de leurs anciens clients, généralement de grands industriels et hôteliers. Ce système comprend la Banque Centrale de Tunisie (BCT), vingt et un établissement de crédit, deux banques d’affaires, huit banques off-shore, huit bureaux de représentation de banques étrangères, trois sociétés de factoring et dix sociétés de leasing. Malgré cette fragmentation, le taux de bancarisation de la population et l’accès aux services financiers et bancaires restent faible. Les estimations élaborées par la BCT montrent que le taux de bancarisation est proche de 50%.

Aujourd’hui et face à la crise économique, souligne la note, le mal développement des régions de l’intérieur et du Sud et l’effritement de la confiance des Tunisiens vivant dans les régions envers le système bancaire actuel centralisé, il est opportun de réfléchir sur le redéploiement des banques publiques existantes et/ou la création de nouvelles banques régionales différentes et proches de la réalité rurale et des attentes de la population.

L’expérience de plusieurs pays comme la France, l’Italie, l’Allemagne ou encore le Maroc montre, selon cette note, que les banques régionales populaires mutualistes sont fermement ancrées dans leurs régions et leurs territoires et ont énormément contribué au développement de l’agriculture et des PME. La Tunisie qui s’est engagée de plain-pied sur la voie de la décentralisation et le besoin urgent de financer l’économie locale et rurale nous conduisent à réfléchir sur la mise en œuvre d’une politique qui favorise le financement local basée sur le développement des banques mutualistes. Dans ce cadre, le modèle marocain qui est inspiré de celui allemand nous parait le plus adapté pour le cas de notre économie.  On peut envisager la reconversion d’une banque publique en une banque centrale populaire et la création d’un réseau de banques mutualistes coopératives. La stratégie sera basée sur deux piliers, lit-on dans cette note.

La restructuration du secteur bancaire tunisien devrait se poursuivre, selon cette note, afin de contribuer davantage au financement local et à l’amélioration de la rentabilité des autres banques classiques. Cette reconfiguration passe par trois directions. La première est basée sur la création des réseaux de banques régionales et mutualistes dans le but de réduire l’exclusion bancaire, d’augmenter le taux de bancarisation et d’aider efficacement le  développement local. Les  banques  populaires mutualistes bénéficient de la connaissance de leurs clients et de leurs besoins. La deuxième direction est de faire associer la STB et la BH avec un partenaire technique ou stratégique étranger en cédant une partie du capital (20 à 30%). Ce montage permet de financer le budget de l’État et surtout d’augmenter la compétitivité des banques publiques par le développement de nouveaux produits, l’amélioration de la qualité des services bancaires et du système d’information, la bonne gestion des risques et l’internationalisation. La troisième consiste à céder les participations de l’État des sept banques à participations non stratégiques (STUSID Bank, BTK, BTE, NAIB, BTL, Al Baraka et Banque Zitouna) aux privés locaux et étrangers.

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S’endetter pour un logement, une bagnole, des meubles, de l’électroménager, etc., est monnaie courante en Tunisie. En fait, plus la situation économique se tend, plus le citoyen se fait cigale, au lieu d’être une fourmi. Et bien entendu les sous qu’il n’a pas, il va les cueillir tout bonnement dans les banques. Quand je dis cueillir, c’est un doux euphémisme : en fait il assiège littéralement son banquier pour obtenir les précieux billets, le sésame de la béatitude de consumériste. Les banques au passage se servent généreusement sur les revenus des clients, avec des taux d’intérêt qui expliquent qu’elles se portent si bien alors que l’économie va si mal…

Les crédits accordés par les banques aux familles tunisiennes ont doublé pour passer de 10,7 milliards de dinars en décembre 2010 à 20,8 milliards de dinars fin mars 2017, selon les derniers chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Ces crédits sont destinés à hauteur de 85% (17,7 milliards de dinars) à l’acquisition d’un nouveau logement ou l’amélioration d’une habitation, alors que 12,8% des crédits (2,6 milliards de dinars) sont orientés vers la consommation. Les crédits destinés à l’achat de voitures sont évalués à 2,93 millions de dinars (MD).
Le directeur général de l’institut national de la consommation, Tarek Ben Jazia, a indiqué dans un entretien avec l’Agence TAP, que l’évolution moyenne annuelle de l’encours des crédits a atteint 15% depuis 2010, alors que les crédits destinés à la consommation ont progressé de 7% par an, au cours de cette période.

Ces chiffres montrent le développement exponentiel du phénomène de l’endettement familial en Tunisie , ils reflètent le souci du consommateur tunisien d’améliorer ses conditions de vie en achetant un logement ou en l’aménageant.
D’après Ben Jazia, “une part importante des crédits est désormais consacrée à la consommation quotidienne surtout ces dernières années“. Il explique cela par la fréquence des périodes de consommation et le changement de mode de consommation de tunisien qui devient plus consumériste et plus attaché aux loisirs.
Et de rappeler que la croissance a été portée depuis l’année 2011 par la consommation en Tunisie, en raison du blocage de l’investissement et de l’exportation.

Les voies de l’emprunt se multiplient!

Ben Jazia a évoqué la diversification des sources de l’emprunt familial à l’instar des caisses sociales et des fonds sociaux des entreprises. Le Tunisien achète par facilité dans les grandes surfaces, alors que dans régions intérieures notamment, il achète à crédit chez l’épicier. Il a même recours à ses proches et à ses amis pour emprunter de l’argent.
Afin d’améliorer la qualité des données relatives à l’endettement familial, Ben Jazia a proposé aux services spécialisés de la Banque Centrale de Tunisie de collecter les données liées à ce phénomène, au niveau de la centrale des risques de la banque, notamment celles relatives à la vente par facilité, aux crédits contractés auprès des fonds sociaux et aux facilités bancaires (entrée dans le rouge).

Selon les indicateurs présentés par le DG de l’Institut national de la Consommation, 800 mille familles tunisiennes, sur un total de 2,7 millions de familles (recensement général de la population et de l’habitat 2014), bénéficient d’un crédit bancaire.
Toujours selon lui, une étude réalisée par l’Institut en 2015 sur un échantillon représentatif de 1022 familles a démontré que 36% des familles tunisiennes comptent au moins un membre qui rembourse un crédit.
Il a aussi considéré que l’ampleur de l’endettement familial a négativement impacté le taux de l’épargne familiale, qui a régressé de 11,3% en 2010 à 8,8% en 2014.
Ben Jazia a par ailleurs fait savoir que l’Institut envisage la réalisation d’une étude sur l’endettement familial en Tunisie durant la deuxième moitié de l’année 2017, pour mieux appréhender la réalité de l’endettement dans ses aspects quantitatifs, analyser ses raisons sociales et économiques et proposer les mécanismes juridiques et procédurales à même de traiter ce phénomène.

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Un projet de loi, encore dans les tiroirs du 1er ministère, introduira bientôt de nouvelles mesures qui devraient révolutionner la politique de change en Tunisie. Des nouveautés, en partie déflorées par le gouverneur de la BCT lorsqu’il annonçait le 16 mai courant devant l’ARP un projet de loi sur les bureaux de change.

Ce que n’avait alors pas dit Chedli Ayari, c’est d’abord que ces nouveautés devraient faire partie intégrante d’une loi, plus spécifique et qui devrait faire polémique, par le seul fait qu’elle portera une amnistie de change, la 3ème tentative du genre en Tunisie et qui ont presque toutes fait choux blanc. Le gouvernement de Youssef Chahed, dont les finances sont à court de devises, y travaille et améliore chaque jour son projet pour s’assurer les conditions d’un plus large attrait de cette denrée financière rare et dont pourtant, selon les chiffres de la douane, il s’en trouve des milliards DT dans le circuit informel tunisien. Selon les chiffres de la douane, rien que pour les 6 premiers mois de l’année 2016 et après soustraction des importations des exportations, il est resté en Tunisie l’équivalent de presque 2,5 milliards DT.

Cette masse d’argent en devises qui circule en Tunisie, en dehors des circuits légaux, est donc en violation flagrante du code de change. Beaucoup aimeraient certainement déclarer ces devises sans faire l’objet de soupçons à la Ctaf (Commission des analyses financières au sein de la BCT). Selon la dernière version, faite en étroite collaboration entre la BCT (Banque Centrale de Tunisie) et le gouvernement, le simple fait de déposer cet argent en devises, dans un compte bancaire tunisien, accompagné d’une simple déclaration sur l’honneur quant à la saine origine de cet argent, devrait ouvrira les portes d’un quitus fiscal, après un impôt libératoire de 5 % de ce montant.

  • Statut offshore, ou de financier de l’Etat. A vous le choix

Une fois dans le compte bancaire et l’argent en devises rentré dans le circuit légal, on pourrait proposer au dépositaire de l’investir dans un projet quelconque en Tunisie avec le statut d’investisseur non-résident au même titre qu’une personne étrangère venue investir en Tunisie, lui permettant de récupérer ses dividendes en devises dans son compte bancaire.

La même chose s’il décidait de liquider son affaire et user de ses divises, même pour ses besoins en Tunisie et comme bon lui semble pour aller à l’étranger, y acheter un appartement ou y organiser les études de ses enfants. On pourrait aussi lui proposer de faire le commerçant en import-export et lui accorder la licence d’un commerçant étranger domicilié en Tunisie.

Un CMR du GUN, dédié au sujet sans en faire un objet de communication, aurait même accepté d’ouvrir la possibilité aux Tunisiens qui acceptent de rapatrier leurs devises et de les intégrer dans le circuit officiel en Tunisie d’acheter les Bons de Trésor, en devises mais aux mêmes conditions accordées aux banques et aux prix concédés aux banquiers, c’est-à-dire à 7 % et même à court terme, c’est-à-dire sur une période de moins de cinq ans à déterminer. Tout cela suppose, bien sûr, des conditions d’éligibilité à ces nouvelles offres de statuts alléchants, dont le volume du montant en devises régularisé !

  • Rapatriez vos devises et faites en commerce

On va plus loin, dans ce projet de loi en préparation à La Kasbah, pour jouer la totale liberté de disposition de l’argent en devises déclaré et mis dans un compte bancaire en Tunisie. L’objectif est d’installer celui qui se décide à rapatrier ses devises dans la confiance pour éviter qu’il ne reparte avec son argent après l’avoir fiscalement blanchi et qu’il n’aille l’investir ailleurs. Le projet qui sera présenté devrait retenir cette direction du libre usus et fructus.

L’idée, aussi acceptée par le GUN, pour mieux appâter le dépositaire et éviter qu’il ne dépense ses devises ailleurs, serait de lui accorder la possibilité d’ouvrir et de tenir bureau de change. Il pourra ainsi, en dehors des circuits traditionnels et au même titre que les banques, faire commerce de devises selon la loi de l’offre et de la demande et là où il le choisira. Cette opportunité devrait aussi être ouverte tant aux personnes physiques qu’aux personnes morales.

Et s’il ne veut rien de tout cela, il pourrait se voir offrir de laisser ses devises dans un compte, de simple dépôt à court ou à moyen terme, rémunéré à 3 ou même 4 % en dinar convertible. Toujours plus loin, le différentiel par rapport au taux ambiant pourrait même être financé par l’Etat. Le but est de s’assurer que ces devises restent en Tunisie et qu’elles soient utilisées dans des projets qui profitent tant à l’investisseur qu’à l’Etat. On nous assure enfin que toutes ces offres pourraient être aussi faites aux Tunisiens disposant de devises, non pas dans des comptes ou coffres à l’étranger, mais aussi dans des coffres en Tunisie. Restera alors le détail des conditions d’éligibilité. Wait & See donc !

 

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Bien que ce fut nécessaire pour la Tunisie afin de minimiser les dangers de l’inflation, la deuxième augmentation du taux d’intérêt directeur de Banque centrale de Tunisie (BCT) ne cesse de susciter la polémique. Son effet sur l’investissement, la croissance et le développement économique du pays a été fortement contesté. Aujourd’hui, ce sont les députés qui n’ont pas manqué de dénoncer cette décision qui ne pourra en aucun cas résoudre les problèmes financiers, selon leurs dires.

Présent lors de la réunion, ce mercredi 31 mai 2017, de la commission des finances de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le député de Nidaa Tounes Mohamed Fadhel Ben Omrane a fortement critiqué la décision de la Banque centrale d’augmenter son taux d’intérêt directeur deux fois en un seul mois. “C’est une politique mauvaise et illogique, surtout que le problème financier auquel fait face la Tunisie aujourd’hui est d’ordre structurel et il n’est plus monétaire”, a assuré Ben Omrane.

Monsieur le gouverneur de la Banque centrale, vous êtes en train de fragiliser l’entreprise et lui rendre la situation encore plus difficile avec ces mesures arbitraires. Vous devez arrêter ! Aujourd’hui la situation économique devient de plus en plus grave...”, a martelé le député de Nidaa, appelant ainsi à auditionner le patron de cette institution d’émission, Chedly Ayari. “Où va-t-on ? Pour quels objectifs?” s’est interrogé l’élu.

Outre l’audition de Chedly Ayari, Ben Omrane a appelé à changer la composition du Conseil d’administration de la BCT. “Ce n’est pas normal d’augmenter le taux directeur de la banque deux fois en un seul mois alors qu’il n’y a ni de l’investissement, ni de nouveaux emplois“, a-t-il ajouté.

Un point de vue partagé par Hedi Ben Brahim, député et vice-président de ladite commission, qui a indiqué que de telles décisions, partout dans le monde, “nécessitent une longue période de discussions et de concertations entre les différentes parties concernées, alors que ce n’est pas le cas pour la Tunisie. L’augmentation du taux directeur de la BCT est un dossier très sensible eu égard à son effet sur l’inflation et sur l’économie en général“,  a-t-il dit.
Il a par ailleurs précisé que l’augmentation du taux directeur n’encourage pas les banques et les institutions financières à investir et à écouler de nouveaux produits financiers sur le marché, soulignant que la consommation de la Tunisie en termes de nouveaux produits ne dépasse pas les 20% de ce qui se commercialise aujourd’hui dans le monde. Du coup, l’augmentation deux fois en un seul mois du taux directeur de la banque sera un handicap pour l’économie, la croissance et le développement, d’après lui.

Ben Brahim a fait remarquer dans cet ordre d’idées que cette décision va aussi impacter les petits crédits comme ceux octroyés par Enda, accusant ainsi de telles organisations d’abus en appliquant, d’après lui, des taux d’intérêt compris entre 30 et 35% alors que le taux d’intérêt maximal convenu en Tunisie est de 7%.  “Là nous exigeons l’intervention de la Banque centrale pour régler les choses“, a-t-il dit.

La décision de la Banque centrale d’élever son taux d’intérêt directeur de 25 points, d’autant plus qu’il s’agit d’une deuxième augmentation en un mois, après l’augmentation de 50 points, le 26 avril dernier, a également suscité la colère de l’UTICA. Dans un communiqué récent, il a été indiqué que cette décision est intervenue “après l’apparition de prémices d’une détente économique, et des indicateurs positifs en matière de taux de croissance“.

Le patronat considère aussi que cette décision revêt de “réels dangers pour l’entreprise, aura des répercussions négatives sur sa compétitivité, et constitue un message négatif pour les investisseurs, dans la mesure où elle va augmenter le coût de l’investissement.

L’organisation patronale déplore que l’entreprise soit désormais “victime de nombreuses décisions arbitraires, et n’a eu de cesse de subir coup après coup, à l’instar de l’impôt sur les sociétés dans la loi de finances 2017, la majoration salariale, l’effondrement de la valeur du dinar, la hausse des taxes douanières et des taux de la TVA. A cela s’ajoute, l’instabilité des législations et décisions, la dégradation du climat des affaires, avec notamment la propagation du commerce parallèle et de la contrebande“.

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“Le dinar a enregistré, du 1er au 22 mai 2017, sur le marché interbancaire, une dépréciation moyenne de 7,5%, vis-à-vis du l’euro et de 5,1% vis-à-vis du dollar américain, contre une dépréciation de seulement 0,6% (contre les deux devises) une année auparavant”, selon le rapport de la Banque Centrale de Tunisie sur les “évolutions économiques et monétaires”, publié en Mai 2017.
La BCT a précisé que les tensions sur le taux de change du dinar se sont intensifiées sensiblement, depuis la deuxième quinzaine du mois d’avril 2017, en induisant une dépréciation importante du dinar vis-à-vis des principales devises.
L’accentuation récente du déficit commercial a amplifié les pressions à la dépréciation du dinar sur le marché interbancaire, qui est structurellement déficitaire.
Du 1er au 20 mai 2017, les importations se sont accélérées sensiblement et d’une manière quasi-généralisée. La BCT a noté, ainsi, que la poursuite de ce rythme de progression des importations risque de maintenir le taux de change du dinar sous tension, rendant sa gestion à travers les interventions sur le marché des changes une tâche de plus en plus compliquée.
Dans ce contexte, et en vue d’atténuer les fluctuations excessives de la valeur du dinar, la BCT a procédé à la mobilisation des ressources en devises disponibles pour améliorer la liquidité du marché des changes.

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«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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