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Une réunion de travail a été tenue ce jeudi 16 août 2018 entre Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et le président de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), Samir Majoul.

Cette rencontre a porté sur le financement des PME, des artisans, des projets de développement régionaux ainsi que la résolution des problèmes économiques de nombreuses entreprises.

De même, les deux hauts responsables ont passé en revue les moyens susceptibles de lutter contre la dépréciation du dinar tunisien et le renforcement des exportations des entreprises tunisiennes.

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Certains députés devraient, à notre sens, se taire lorsqu’ils parlent. Ils devraient, pour ne pas qu’on le leur rappelle, lire les documents officiels que la BCT livre à l’ARP comme elle en envoie copies au chef de l’Etat et au chef du gouvernement.

Un de ces députés n’a pas trouvé mieux, pour meubler sa page sur les réseaux sociaux qu’ils savent utiliser à toutes les sauces, que d’apostropher le gouverneur de la BCT, lui demandant «d’exposer publiquement les raisons de la baisse des réserves en devises (…) alors que les entrées touristiques et les exportation, notamment celles de l’huile d’olive et des dattes, ont sensiblement progressé».

  • Extrait du rapport annuel de la BCT que le député n’a manifestement pas lu !

Petit rappel donc, pour commencer, des raisons de la dépréciation du dinar, qui aurait peut-être touché le pouvoir d’achat du député. Il y a ainsi, selon ce qu’avait déjà écrit Marwen El Abassi dans le dernier rapport de la BCT qui était devenu public depuis le 19 juillet dernier, à partir de la page 5, le «dérapage des déficits budgétaire et de paiement courant (6,1% et 10,2% du PIB respectivement en 2017), doublé d’une recrudescence des tensions inflationnistes (7,7% à fin mai 2018 contre 6,4% en 2017 et 4,2% en 2016) ». Ces dérapages «ont des effets répressifs qui pénalisent la situation monétaire et financière du pays ainsi que sa capacité à mobiliser les ressources de financement nécessaires, aussi bien sur le marché local qu’au niveau des marchés extérieurs ». Et la BCT de rappeler, à ceux qui voudraient bien lire les documents auxquels ils ont accès, avant d’aller alimenter leurs pages officielles, que «ces déséquilibres, qui s’entretiennent mutuellement et qui prennent plus d’ampleur, d’année en année, continuent à affecter l’activité économique, dont le recul de la productivité globale des facteurs persiste, impactant davantage les ressources propres du budget de l’Etat. Pour sa part, le secteur extérieur continue à se dégrader en raison du manque d’offre exportable et d’un rythme effréné des importations. La baisse des réserves en devises, l’accroissement de l’endettement extérieur (63,5% du Revenu national disponible brut en 2017), notamment public, en plus de la dépréciation accrue du dinar constituent, sont des conséquences inévitables de cette évolution».

Et certainement pour se prémunir contre des questions, comme celles de l’honorable député qui ne révise pas ses leçons, le Gouverneur de la BCT avait déjà répondu, depuis qu’il avait rencontré le chef de l’Etat, que «la Banque Centrale a été amenée à suivre une politique monétaire et de change prudente face à des épisodes de stress récurrents induits par l’exigence de concilier des objectifs antagonistes. Ceux-ci exigent à la fois un monitoring adéquat des agrégats monétaires et des marchés, le maintien des réserves en devises à un niveau permettant la pérennité des transactions sur ces marchés, et la garantie d’un bon dénouement des engagements de notre pays au titre des opérations commerciales et financières avec l’Extérieur. La politique monétaire a également été constamment sollicitée pour couvrir le besoin de liquidité des banques, besoins émanant aussi bien des opérateurs économiques que du Trésor Public, et intervenir activement sur le marché des changes pour financer les importations stratégiques, notamment l’énergie».

Marwen El Abassi avait aussi rappelé au député, qui le connaissait d’ailleurs très bien, que «les secteurs exportateurs, en particulier ceux liés à l’industrie extractive, n’ont pas, à cet égard, apporté la contribution souhaitée à la reconstitution des réserves de change ». Mais aussi que «la dépréciation du taux de change du dinar en relation avec l’accroissement continu du déficit commercial (…).Pour préserver le stock des avoirs en devises, l’intervention sur le marché des changes s’est, en outre, faite dans le respect des forces du marché, et ce, en veillant à son approvisionnement convenable, sans affecter, outre mesure, l’évolution du taux de change du dinar».

S’il avait ainsi lu le rapport, le député aurait su que la situation du DT est strictement liée à celle de l’économie tunisienne qui est structurellement défaillante, que pour relever le cours du DT il faudrait soit avoir des devises pour faire des opérations de rachat comme les cotées lorsqu’elles interviennent à la BVMT pour acheter leurs propres actions, soit aussi, et c’est plus facile, remettre le pays au travail et aller dire aux fonctionnaires de la société «Phosphate Gafsa» d’arrêter de priver leur Etat des devises que leur rapportait l’exportation du phosphate. Cela est, normalement, un boulot de député.

  • Voici ce que représentent, réellement, les recettes du tourisme dans les réserves !

Au 31 juillet 2018, la Tunisie avait accueilli 4.362.576 touristes étrangers. Un chiffre d’arrivées aux frontières en hausse de 22,7 % par rapport à la même période de 2017. Le nombre de visiteurs européens, 1.311.436 selon le ministère du Tourisme qui puise ses chiffres auprès de la direction des frontières du MI (ministère de l’Intérieur), était en hausse de 54,9 %. Les arrivées des Français haussaient ainsi de 41,4 %, celle des Allemands de 63,9 % et celles des Russes grimpaient même de 83,8 % par rapport aux réalisations de l’année dernière. Sur la frontière Ouest, ils étaient 1.073.448 Algériens, en hausse de 14,6 %, à choisir la destination tunisienne pour leurs vacances estivales. La Tunisie avait aussi reçu 16.620 touristes chinois, un chiffre en hausse de 51,6 % malgré son petit nombre.

Nuitées globales par région Nombre de nuitées Ecart 18/17 en %
Djerba-Zarzis 3.147.763 +73,9
Sousse 2.217.975 +47,6
Nabeul Hammamet 1.791.573 +41,3
Yasmine Hammamet 1.169.984 +17,3
Monastir Skanes 1.283.254 +49,5
Tunis-Côtes de Carthage 884,148 +3,7

Tout ce beau monde a laissé une recette de 1,747.9 Milliards DT. Cette recette était au 31 juillet 2018 en hausse de 41,1 % par rapport à celle de pareille période en 2017. Traduite en devises, la recette touristique ne dépassait pas jusque-là les 578 M€, ce qui ne faisait qu’une amélioration de 7,8 % en monnaie européenne et une recette de 698,5 M$, ce qui ne faisait qu’une hausse de 16,9 % en Dollar américain. Tout cela donne une idée, plus claire, sur la contribution du secteur touristique dans les réserves tunisiennes en devises étrangères.

Sur la base d’un simple calcul, à partir des chiffres de la BCT sur les réserves en devises au 7 août 2018 qui étaient de 10,883 Milliards DT, une journée d’importation coûterait quelque 155,479 MDT pour les réserves tunisiennes en devises. Ainsi calculées, les 1,747 Milliards DT de recettes touristiques avérées et engrangées par la BCT ne vaudraient pas plus de 11,24 jours d’importation pour le pays. C’est dire le peu d’importance des recettes touristiques, qui font jaser et baver quelques députés, dans toutes les réserves tunisiennes en devises. Il est tout aussi bon de rappeler au député que les recettes du tourisme ont été fortement affectées par les attentats terroristes des années de braise, 2012-2015, et le laisser deviner qui était aux gouvernements et aux postes de ministère de l’Intérieur. (Ndlr pour Noureddine Bhiri : Pour plus de détails et éviter une interruption du congé parlementaire à ses amis députés pour entendre Marwen Abassi relire son propre rapport, lire la page 73 et suivantes du rapport de la BCT pour l’année 2017).

  • Les questions que devrait poser Noureddine Bhiri

Le député devrait aussi savoir que tout l’argent du tourisme ne rentre pas dans les caisses de la BCT sous forme de devises, car l’Etat ne permet pas aux hôteliers de libeller leurs contrats d’allotement en devises. En tant que député, il aurait dû poser cette question au gouvernement.

Denrée rare, la devise sert aussi à importer le blé pour nourrir les Tunisiens et ses prix internationaux se sont envolés. Elle sert aussi à importer l’essence pour la voiture du député qui devrait se demander où est le pétrole acheté et payé en devises, puisqu’à la grève des contrebandiers de l’essence, le Sud dont il est issu s’est dernièrement retrouvé à sec.

Jadis gros fournisseur de devises, le secteur des phosphates n’en fournit presque plus. Noureddine Bhiri aurait ainsi dû poser la question à l’UGTT pour connaitre les raisons des grèves qu’elle appuie et qui terrassent tout le budget de l’Etat. Il pourrait aussi engager une enquête parlementaire sur les circuits, hors agriculteurs, qui stockent l’huile d’olive et limitent ainsi les quantités exportées, ou encore sur les entreprises qui assèchent les réserves pour importer des produits de consommation et stockent celles que la loi leur permet de garder chez eux sous forme de comptes spéciaux en devises. Il aurait dû, aussi, demander des comptes au ministère du Commerce : Pourquoi il tarde à limiter encore plus la liste des produits libres à l’importation, pour limiter la sortie des devises dont il se soucie ? Cette liste avait déjà été révisée à la baisse après une première hausse du nombre des produits interdits à l’importation. Il aurait pu aussi demander à l’ARP dont il est membre pourquoi tarde-t-elle à adopter le projet de loi organique N°49-2015 et relatif à la réconciliation financière et qui aurait pu considérablement booster les réserves en devises de la BCT. Une version améliorée de ce projet de loi avait été adoptée en commission depuis juillet 2017. Depuis il dort à l’ARP. Le même Noureddine Bhiri qui a pondu le statut fb est pourtant membre de cette même commission de la législation générale.

On ne parlera pas de la dette extérieure, en grande partie contractée entre 2011 et 2014, au temps de la Troïka.

Tout cela, aurait pu lui éviter le populisme de son dernier Statut. Mais ne dit-on pas aussi qu’on a les députés qu’on mérite !

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Noureddine Bhiri, leader d’Ennahdha et président du bloc parlementaire du parti, a apostrophé, sur sa page Facebook, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, en lui demandant d’exposer publiquement les raisons de la baisse des réserves en devises. Il estime qu’il est de son devoir, en tant qu’élu de la nation, de mettre en relief la gravité de la situation du pays et le fait que les citoyens sont en droit de connaitre les raisons du glissement du dinar et du bas niveau du stock de devises, alors que les entrées touristiques et les exportations, notamment celles de l’huile d’olive et des dattes, ont sensiblement progressé.

Rappelons que les réserves de change ont encore fondu le mois dernier, l’équivalent de 70 jours d’importations, le seuil le plus bas depuis une vingtaine d’années. Bhiri s’accroche aux déclarations du gouvernement pour justifier sa requête ; en effet on nous avait annoncé qu’il y avait une petite embellie dans l’économie du pays, surtout les secteurs du tourisme et de l’agriculture. Par ailleurs le Fonds monétaire international a décaissé dernièrement, ce qui, théoriquement, aurait dû gonfler les réserves en devises, d’après Bhiri…

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Les réserves en devises de la Tunisie se sont réduites jusqu’à jeudi à 10742 millions de dinars (MD), ce qui a entraîné une compression de la capacité de l’Etat à couvrir les importations à 70 jours seulement, selon les données publiées par la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
Ainsi, la capacité du pays à couvrir ses importations en devises est passée de 101 jours en 2017 à 70 jours actuellement, un nouveau seuil que la Tunisie enregistre, sachant que le Fonds Monétaire International (FMI) a décaissé, le 6 juillet 2018, une nouvelle tranche de crédit en sa faveur d’un montant de 250 millions de dollars au titre du mécanisme élargi de crédit.
Selon les données de la BCT, les billets et les monnaies en circulation ont atteint, le 30 juillet dernier, la barre de 12200 MD, alors que le volume global de refinancement s’est élève au 1er août à 15296 MD.

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Le stock des avoirs nets en devises de la Tunisie, chez la Banque centrale, se maintient , depuis plusieurs mois, à un niveau moins que les convenus 90 jours d’importation. Selon les derniers indicateurs de la Banque centrale, les avoirs nets en devises de la Banque ont atteint 10.862 Millions de dinars à la date du 30 juillet 2018, couvrant seulement 71 jours d’importations contre 11.090 MDT à la date du 3 mai 2018 (76 jours d’importation) et 89 jours d’importation à la date du 24 janvier de la même année. Avec ce niveau, la Tunisie se situe ainsi au dessus du seuil de l’insécurité en termes de réserves en devises, étant donné que ce seuil est normalement fixé, selon les spécialistes, à 110 jours d’importation.

Sur le même sujet, la Banque centrale a indiqué, dans une note de conjoncture récente, que le niveau des avoirs en devises de la Tunisie est en fait resté jusqu’en 2003 globalement en deçà de la barre des 3 mois d’importations. La moyenne des JI sur la période 1987-2004, soit 17 ans, a été d’environ deux mois, avec par moments, au début des années 90, un stock des réserves en dessous d’un mois d’importations.

Toujours selon les chiffres de la BCT, les billets et monnaies en circulation ont atteint 12.177 MDT à la date du 30 juillet 2018 alors que le volume global de refinancement au 31/07/2018 est de 15.449 MDT.

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Bien que la croissance enregistrée, en 2017, soit encore modérée avec un taux de 2% aux prix constants de 2010, les tensions sur les prix observées durant la deuxième moitié de 2016 se sont exacerbées en 2017. En effet, l’inflation globale qui a débuté l’année au niveau de 4,6% est allée crescendo, culminant à 6,4% en décembre. Anticipant la résurgence des tensions inflationnistes, la Banque centrale a durci sa politique monétaire, en relevant, à deux reprises, son taux directeur, le portant de 4,25% à 4,75% en avril 2017, puis à 5% en mai“, indique la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans son dernier rapport relatif à l’année 2017.

Toujours selon le rapport, à partir du mois de juillet, la Banque centrale a entamé un resserrement quantitatif, visant à limiter à 7 milliards de dinars ses opérations principales de refinancement, sous forme d’appels d’offres hebdomadaires et a procédé, fin décembre, à l’élargissement du corridor de fluctuation des taux du marché monétaire de 150 points de base, portant sa largeur à 200 points de base. En conséquence, le taux de la facilité de dépôts à 24 heures, qui constitue le plancher du corridor, a été ramené à 4% tandis que le taux de la facilité de prêt marginal, limite supérieure dudit corridor, s’est établi à 6%. L’élargissement du corridor n’était qu’un signe précurseur d’un relèvement imminent du taux directeur, qui a d’ailleurs été porté, début mars 2018, à 5,75%, à un moment où l’inflation a culminé à 7,1% en février 2018 et menace de poursuivre son trend haussier.

En réalité, ces évolutions ne sont que la conséquence des derniers développements à l’échelle internationale et nationale. Au niveau international, l’orientation vers la normalisation des politiques monétaires de la BCE et de la FED, sur fond de reprise de l’activité et d’un début de convergence des taux d’inflation vers leurs niveaux-cible, devrait impacter les taux sur les marchés financiers internationaux et par conséquent les coûts de mobilisation des ressources. Par ailleurs, l’augmentation des prix de la plupart des produits de base et l’environnement géopolitique encore hostile resteront les principaux défis auxquels l’économie tunisienne devrait faire face.

A l’échelle nationale, la croissance économique a été tirée, entre autres, par la bonne tenue du secteur touristique et des industries manufacturières exportatrices, et à un moindre degré par une faible reprise de l’activité dans le secteur agricole. Elle aurait été bien meilleure n’eussent été les difficultés persistantes dans les activités extractives. Sur un autre plan, le déficit courant de la balance des paiements a culminé à 10,2% du PIB, un plus haut sur deux décennies. Pour sa part, le déficit budgétaire s’est situé à 6,1% du PIB et a nécessité, pour son financement, un recours accru aux ressources extérieures, portant l’encours de la dette publique au voisinage de 70% du PIB. In fine, l’ampleur des déficits jumeaux a non seulement mis davantage de pression sur le marché des changes et la liquidité bancaire, mais devient de plus en plus menaçante pour la soutenabilité de la dette.

Pour 2018, la stabilisation du cadre macroéconomique s’avère nécessaire pour renouer avec une croissance saine et durable, et cela ne pourrait être accompli qu’à travers la maîtrise de l’inflation et des déficits jumeaux, et la poursuite des réformes structurelles.

La BCT a sous un autre angle indiqué que la conjoncture économique difficile qui a prévalu, en 2017, a contribué à un resserrement plus prononcé de la liquidité bancaire. En effet, l’importante baisse des avoirs en devises, du fait du niveau exceptionnellement élevé du déficit courant et de l’importance des besoins de financement domestique du Trésor, continue à exercer des effets restrictifs sur la liquidité bancaire. En revanche, les Billets et monnaies en circulation (BMC), en dépit de leur augmentation notable, en 2017, n’ont eu qu’un effet modéré sur la liquidité bancaire. C’est qu’une bonne partie de la fiducie se trouve en dehors du circuit bancaire.

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“L’amélioration, quoique légère de l’activité économique en 2017 n’a que peu soulagé les finances publiques qui demeurent parmi les préoccupations majeures du pays”, note la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans son dernier rapport relatif à l’année 2017. En effet l’économie nationale a enregistré, en 2017, une croissance de 1,9%, soit un taux bien en deçà des prévisions initiales (2,5%). Cette situation a restreint la marge de manœuvre de l’économie tunisienne pour mieux maîtriser les équilibres macroéconomiques, particulièrement le maintien du déficit budgétaire à un niveau soutenable pour ainsi réduire le niveau de l’endettement public.

“La hausse des dépenses à un rythme plus rapide que celui des ressources propres a engendré un creusement du déficit budgétaire de 475,9 MDT pour atteindre 6,1% du PIB, ce qui a eu pour conséquence l’accélération de l’endettement public qui s’est situé à 69,9%, ajoute la BCT.

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Après une année de stagnation, l’épargne nationale a enregistré une hausse de 5,3% en 2017, se traduisant néanmoins par une légère baisse du taux d’épargne qui est passé, d’une année à l’autre, de 9,4% à 9,2% du RNDB”, indique le rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT) relatif à l’année 2017.

La progression de l’épargne, en 2017, a reflété l’amélioration de la croissance économique, outre la contribution du secteur extérieur, notamment, les transferts des tunisiens à l’étranger qui se sont accrus de 16,9% pour s’élever à 4.574 MDT ou 4,7% du PIB, indique le même communiqué.

Il est à souligner que le niveau de l’épargne, structurellement faible par rapport à la moyenne de la région MENA, connaît un cycle baissier amorcé depuis 2011 et reflétant, notamment, l’impact des conditions économiques moroses et l’aggravation des déséquilibres financiers sur le comportement des différents agents économiques.

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“La conjoncture économique mondiale pour l’année 2018 est favorable pour la consolidation de la reprise de la croissance économique en Tunisie. L’année 2018 semble être un pic de croissance pour nos partenaires. Cependant des éléments de vulnérabilités – qui sont en fait des menaces immédiates – persistent.

Les finances publiques sont le talon d’Achille de la croissance future de l’économie tunisienne.”, indique l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) dans une note de conjoncture récente. Les corrections budgétaires devraient être axées sur l’optimisation (la réduction ou du moins la limitation) des dépenses improductives. L’expérience internationale suggère que la réduction des dépenses de 1% du PIB entraîne un recul d’environ un demi-point de pourcentage par rapport à la croissance moyenne d’un pays. En revanche, les corrections budgétaires axées sur la hausse des impôts de 1% du PIB s’accompagnent d’un recul du PIB de 2%. Cet effet de récession a tendance à durer plusieurs années. La réduction des dépenses est de ce point de vue la solution de moindre mal. Il est également souhaitable d’examiner la composition des recettes fiscales et d’orienter les taxes vers les segments les moins nocifs pour la croissance (taxes récurrentes et sur la propriété).

L’inflation devrait être corrigée par des politiques structuralistes (et non monétaristes comme le fait actuellement la BCT). Ces politiques consistent à corriger les imperfections du marché. Une identification précise, après étude, des goulots d’étranglement est donc nécessaire. Le traitement de l’inflation devrait donc se faire, dans l’immédiat, selon une approche sectorielle et non globale.

Au niveau sectoriel, les actions urgentes concernent le marché des biens et services, les secteurs du bâtiment et le phosphate.
Le faible niveau de l’investissement (national et étranger) nécessite l’amélioration du climat des affaires. Le décret gouvernemental n° 2018- 417 relatifs aux mesures d’amélioration du climat des affaires devrait, théoriquement impacter positivement notre classement. Un regain de confiance de la part des investisseurs étrangers est donc envisageable, mais en particulier d’attirer de nouveaux investisseurs.
Les déficits jumeaux (déficit budgétaire et déficit commercial) entraînent la dépréciation du Dinar et l’épuisement des réserves de change. Notre déficit commercial prononcé (28%) par rapport à la Chine et la Turquie (15%) s’explique essentiellement par la dépréciation compétitive des monnaies nationales de ces pays. L’amélioration de la compétitivité nationale pour résorber les déficits jumeaux passe inévitablement par l’amélioration de la productivité du travail et du capital.

Le rythme de croissance des crédits aux particuliers (crédits consommation et logement) a continué leur décélération amorcée depuis 2017. Il est passé de 5% en 2014 à 1% en 2018. Cette décélération s’explique d’une part par le renchérissement du coût de financement (en raison des relèvements successifs du taux directeurs de la BCT) et des dispositions fiscales qui ont freiné la demande notamment pour le financement des logements et de l’acquisition des voitures. Cette décélération pourrait se traduire par une contraction de la consommation et se répercuter in fine sur la croissance.

Par ailleurs, les crédits aux professionnels ont continué à augmenter à un rythme soutenu depuis 2016 (entre 14% et 15% en 2018), notamment dans le secteur de l’industrie et des professionnels. Cette tendance s’explique essentiellement par l’accroissement des besoins de financement (investissement et exploitation) tirés par les effets de la dépréciation du dinar tunisien. Quant aux secteurs des professionnels, nous pensons que cette évolution traduit un repositionnement stratégique de la majorité des banques de la place vers ce segment en raison de la contraction de la demande du segment des particuliers.

En effet, au sujet du financement de l’économie, la note de l’Ites précise que le rythme de croissance des crédits aux particuliers (crédits consommation et logement) a continué leur décélération amorcée depuis 2017. Il est passé de 5% en 2014 à 1% en 2018. Cette décélération s’explique d’une part par le renchérissement du coût de financement (en raison des relèvements successifs du taux directeurs de la BCT) et des dispositions fiscales qui ont freiné la demande notamment pour le financement des logements et de l’acquisition des voitures. Cette décélération pourrait se traduire par une contraction de la consommation et se répercuter in fine sur la croissance.

Par ailleurs, les crédits aux professionnels ont continué à augmenter à un rythme soutenu depuis 2016 (entre 14% et 15% en 2018), notamment dans le secteur de l’industrie et des professionnels. Cette tendance s’explique essentiellement par l’accroissement des besoins de financement (investissement et exploitation) tirés par les effets de la dépréciation du dinar tunisien. Quant aux secteurs des professionnels, nous pensons que cette évolution traduit un repositionnement stratégique de la majorité des banques de la place vers ce segment en raison de la contraction de la demande du segment des particuliers.

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“En se situant à 1,9% au cours de l’année 2017, la croissance économique a pratiquement doublé par rapport à 2016. Toutefois et en dépit de ce raffermissement, le rythme de la reprise de l’activité économique demeure faible, sept ans après la Révolution, au regard des défis du développement intégré, de la création d’emplois et de la maîtrise des équilibres macroéconomiques”, a indiqué Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans le rapport annuel de la Banque relatif à l’année 2017.

“Il importe, en revanche, de relever que la croissance gagne en qualité comparativement aux années passées, avec un repli de la contribution des services non marchands au profit des secteurs productifs, en particulier l’agriculture et la pêche, les industries manufacturières et les services marchands. Cette inflexion positive semble, du reste, se consolider depuis le début de l’année 2018 grâce à une saison touristique prometteuse et dont les indicateurs sont de nouveau au vert, une saison agricole satisfaisante et à la reprise des exportations des industries manufacturières. Elle est d’ailleurs corroborée par une reprise de la croissance économique au cours du premier trimestre 2018, enregistrant un taux de 2,5% en glissement annuel”, a-t-il déclaré.

El Abassi a toutefois indiqué qu’une telle reprise demeure fragile à cause des vulnérabilités persistantes liées, en particulier, au dérapage des déficits budgétaire et des paiements courants (6,1% et 10,2% du PIB respectivement en 2017), doublé d’une recrudescence des tensions inflationnistes (7,7% à fin mai 2018 contre 6,4% en 2017 et 4,2% en 2016), et dont les effets répressifs pénalisent la situation monétaire et financière du pays ainsi que sa capacité à mobiliser les ressources de financement nécessaires, aussi bien sur le marché local qu’au niveau des marchés extérieurs. Ces déséquilibres qui s’entretiennent mutuellement et qui prennent plus d’ampleur, d’année en année, continuent à affecter l’activité économique, dont le recul de la productivité globale des facteurs persiste, impactant davantage les ressources propres du budget de l’Etat.

“Pour sa part, le secteur extérieur continue à se dégrader en raison du manque d’offre exportable et d’un rythme effréné des importations. La baisse des réserves en devises, l’’accroissement de l’endettement extérieur (63,5% du Revenu national disponible brut en 2017), notamment public, en plus de la dépréciation accrue du dinar constituent, à cet égard, des conséquences inévitables de cette évolution. Face à cette situation, des résolutions adéquates à même de rompre avec cet enchaînement préjudiciable doivent être adoptées de manière urgente pour accompagner une relance de l’économie sur des bases saines. Tout report à ce niveau des réformes indispensables ne peut qu’aggraver la situation économique et rendre plus difficile la mise en œuvre d’un plan de redressement viable.”, a–il précisé.

Et d’ajouter qu’à cet effet, les différentes mesures fiscales prises dans le cadre des lois des Finances au titre des années 2017 et 2018, associées à une maîtrise des dépenses, contribueront à atténuer le déséquilibre budgétaire, même si elles ont été diversement perçues par les opérateurs économiques. Les incertitudes de ces opérateurs et des investisseurs potentiels gagneront à être levées par une meilleure visibilité fiscale pour améliorer le climat des affaires, affecté par ailleurs par une série de classements négatifs appliqués au pays, notamment en ce qui concerne notre dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, outre la dégradation de la note souveraine décidée par les agences de notation financière.

Selon ses déclarations, la politique monétaire a également été constamment sollicitée pour couvrir le besoin de liquidité des banques, besoins émanant aussi bien des opérateurs économiques que du Trésor Public, et intervenir activement sur le marché des changes pour financer les importations stratégiques, notamment l’énergie. Les secteurs exportateurs, en particulier ceux liés à l’industrie extractive n’ont pas, à cet égard, apporté la contribution souhaitée à la reconstitution des réserves de change.

Ainsi, les interventions massives de la BCT pour réguler la liquidité se sont, en fin de compte, traduites par un accroissement du refinancement accordé au système bancaire à un rythme accéléré, et une baisse des réserves en devises. La dépréciation du dinar qui en a découlé a, en conséquence, contribué à alimenter les tensions inflationnistes, lesquelles pourraient poursuivre leur tendance haussière au cours des prochains mois. Ainsi et selon les données statistiques disponibles et les indicateurs avancés de la BCT, l’inflation risque de se maintenir à un niveau élevé d’ici la fin de l’année en cours.

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“Les premiers mois de 2018 présentent des prémices d’amélioration de certaines activités et du solde courant avec néanmoins une aggravation des pressions sur les réserves en devises, les besoins en liquidité du système bancaire et sur l’inflation. Sur l’ensemble de l’année, il est attendu une poursuite du redressement progressif de la croissance économique qui passerait à 2,4% contre 1,9% en 2017 sur la base de l’affermissement de la plupart des secteurs clés, en dehors des hydrocarbures”, précise la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans son rapport annuel publié, ce vendredi 20 juillet 2018.

Ainsi, la croissance devrait bénéficier d’une bonne saison agricole, du dynamisme de la demande en provenance de la Zone Euro, outre la bonne tenue des services, notamment le tourisme avec le retour de confiance des marchés traditionnels dans le marché tunisien. Aussi, la croissance devrait-elle être tirée davantage par un redressement de ses principaux moteurs, à savoir l’investissement et les exportations, contre une poursuite du ralentissement de la consommation.

Les prévisions au titre de l’année 2018 tablent sur une maîtrise relative du déficit de la balance courante pour se situer à 9,7% du PIB, sur la base notamment de la poursuite de la progression de l’activité touristique et celle du transport. Les exportations de biens devraient bénéficier, pour leur part, des mesures décidées par le Conseil Supérieur des Exportations, de l’amélioration de la demande adressée aux industries manufacturières exportatrices outre la hausse prévue des ventes d’huile d’olive.

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” La Tunisie est actuellement à mi-chemin, il faut juste du courage pour accomplir les réformes et réussir à relancer la croissance “, a déclaré Bjoern Rother, Chef de mission du Fonds Monétaire International (FMI) pour la Tunisie, ajoutant que le pays ” est sur la bonne voie “.

Intervenant lors d’une conférence de presse tenue, mercredi, au siège de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), sur la conclusion de la troisième revue de l’accord en faveur de la Tunisie au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), le responsable s’est dit ” optimiste “, estimant que notre pays a finalement commencé à laisser derrière lui une période très difficile.

” La croissance est aujourd’hui de retour, notamment, dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie manufacturière, de l’investissement… “, a-t-il encore fait savoir.

Dans le même contexte, il s’est félicité de l’amélioration du niveau de concrétisation des réformes économiques structurelle qui vont bon train, surtout en ce qui concerne la politique monétaire, avec des mesures ciblant l’inflation.

Il s’est dit satisfait, également, des efforts déployés en vue de réduire le déficit, et par conséquence l’endettement et d’assurer une meilleure équité fiscale.

En ce qui concerne les réformes structurelles, Rother a salué les mesures entreprises pour la lutte contre la corruption, à travers notamment le lancement du guichet unique et la protection des franges les plus vulnérables de la population, grâce à l’augmentation des allocutions sociales, à l’élargissement de la couverture sociale et au lancement de la base de données des familles nécessiteuses à travers toute la république, ce qui est en mesure d’assurer un meilleur ciblage de cette population.

Toutefois, le responsable a estimé que la Tunisie fait face à plusieurs défis, notamment l’inflation qui reste le problème le plus important. Il s’agit, également, d’après lui, de réduire le taux de chômage qui reste élevé (15%), et ce, en créant des emplois soutenables via le secteur privé, ainsi que de réduire l’endettement public externe, d’encourager l’investissement, maîtriser le pouvoir d’achat et assurer les importations critiques (énergie, médicaments…).

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Lors d’un point de presse tenu mercredi 11 juillet 2018 à Tunis, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouan Abassi a indiqué que le taux de croissance de la Tunisie serait de 3% au cours du deuxième trimestre de cette année, soulignant que le plus important est que cette croissance se base essentiellement sur l’amélioration des activités productives, ainsi que sur le secteur touristique et la relance des activités extractives, notamment, le phosphate.

Il a en outre indiqué que l’approbation du FMI de verser à la Tunisie, la 4ème tranche du programme des prêts relatifs aux réformes économiques, le gouverneur a estimé que le montant de la tranche en lui-même n’est pas important (250 millions de dollars), mais il représente un message rassurant pour les autres bailleurs de fonds et investisseurs sur le rétablissement en cours de l’état de l’économie du pays.

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Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances a indiqué, lors de son passage, mardi 10 juillet 2018 sur Express Fm, qu’une augmentation du taux d’intérêt de la BCT, ne peut avoir un impact sur l’inflation, mais plutôt va freiner l’investissement dans le pays. « Si on continue d’augmenter continuellement le taux d’intérêt, le coût des crédits va devenir plus cher et plusieurs investisseurs vont hésiter ou s’abstenir à investir », a-t-il ajouté.

Il a en outre indiqué que le niveau des dépenses budgétaires du pays a largement dépassé son niveau programmé dans le budget de l’Etat de 2018.

Toujours, selon ses déclarations, le dépassement des dépenses budgétaires de leur niveau programmé dans le budget de l’Etat de 2018 est dû, essentiellement, à « l’augmentation des dépenses de compensation surtout pour les carburants et aux négociations sur l’augmentation salariales dans la fonction publique », a-t-il ajouté.

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Jusqu’où ira le refinancement des banques auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) ? A la date du jeudi 05 juillet 2018, les banques ont pioché dans le trésor de la BCT plus de 15 Milliards de dinars, un seuil jamais atteint. A titre indicatif, on en était “seulement” à 10,1 Milliards DT à la même date l’an dernier.

Quant aux causes de cette envolée qui donne le tournis, et bien ce sont toujours les mêmes : Les banques tapent frénétiquement à la porte de la BCT pour s’acheter des devises afin de couvrir les transactions extérieures des opérateurs économiques. Toujours ces importations, à un niveau trop élevé alors qu’elles sont censées baisser… En tout cas les décisions avaient été prises dans ce sens. Qu’est-ce qui cloche alors ?

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Lors d’un atelier de travail organisé ce vendredi 29 juin 2018 à l’initiative de la commission de la réforme administrative, de la bonne gouvernance de l’ARP sur le thème “Suivi des résultats du programme de restructuration des banques publiques”, Ahmed El Karam, le président du directoire d’Amen Bank, a appelé à la privatisation des banques publiques. Il a souligné que le développement des régions n’est pas seulement l’affaire du secteur public mais aussi du privé.”La Banque centrale de Tunisie (BCT) a suffisamment de circulaires qui obligent toutes les banques à financer des secteurs sensibles dans les régions“, a-t-il dit.

Enfin il a affirmé que la situation financière des banques publiques commence à s’améliorer et qu’il est temps d’oser la privatisation…

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La dernière hausse du taux directeur de la BCT, expliquée par la logique du «Tout sauf l’inflation» qu’on retrouve en filigrane du communiqué de la BCT en date du 14 juin 2018, fait encore polémique et ses détracteurs mettent surtout l’accent sur les répercussions de cette seconde hausse en quelques mois sur l’investissement.

Africanmanager croit pourtant savoir, de sources financières concordantes, que la négociation pour cette hausse avec les équipes du FMI qui auraient estimé que la situation financière tunisienne est aujourd’hui accommodante plus que par le passé malgré les pressions budgétaires, était sur la base de 300 à 500 points de base. Ce seuil est jugé nécessaire par le principal bailleur de fonds international de la Tunisie, pour réussir à casser définitivement la spirale de l’inflation, assécher les crédits à la consommation et arrêter les importations non nécessaires, tous sources d’inflation. A l’instar du bombardier qui lance des contre-mesures, les autorités tunisiennes mettent en place depuis peu une batterie de mesures pour adoucir les effets de la hausse du TMM sur l’économie réelle.

  • Guichet PME, fiscalité de croissance et bonification

Et à ceux qui proposaient la mise en place de taux d’intérêt différenciés selon l’utilisation et des taux multiples, les sources financières d’Africanmanager ont estimé que les institutions financières n’y ont pas droit et agissent donc par le biais du refinancement du secteur bancaire auprès de la BCT.

En effet, pour cause de problèmes de liquidité et manque de ressources en épargne, les banques s’adressent à la BCT pour se refinancer, et nous croyons savoir que la Banque centrale de Tunisie mettra bientôt à leur disposition ce qui est déjà convenu d’appeler le «guichet PME », lequel devrait entrer en activité d’ici la semaine prochaine au plus tard. On leur permettra ainsi l’accès à une facilité préférentielle de refinancement proche de 6,75 %, sur une période de 6 mois, mais seulement au titre du financement des PME, obligeant ainsi les banques à ne financer que la petite et moyenne entreprise et donc à financer la production et la création de l’emploi et non plus la consommation ou les situations de rente.

On rappelle à ce sujet qu’à l’initiative de lAPTBEF, la hausse du TMM épargnera les crédits de logement et que la nouvelle «fiscalité de croissance» devrait être annoncée à l’occasion de la prochaine LF complémentaire, pour une mise en œuvre à partir de l’exercice 2019. On devrait ainsi s’acheminer, sans impact budgétaire notable, vers l’institution de 3 taux de l’IS, c’est-à-dire 35, 25 et 13 % et affirmer que ces taux ne seront pas changés après 2019.

Nos sources évoquent aussi une ligne de crédit de 200 MDT sur 5 ans, dont 20 à 25 MDT serviront à la bonification de 2 points, pour les crédits aux PME et aux entreprises en difficulté. Ces ressources seront soit d’origine internationale à travers un pool financier dont ferait partie l’AFD et qui pose le problème du risque de change qui crée un problème au ministre des Finances, soit dans le budget de la prochaine loi de finances complémentaire. Couplée au resserrement du financement pour qu’il aille dans le secteur productif, la mesure pourrait avoir un bon effet sur l’économie tunisienne et endiguer le crédit à la consommation,lequel baissera beaucoup.

  • Inflation & Prévisions 2018

Sous l’effet des deux dernières hausses du taux directeur de la BCT, la Tunisie escomptait une baisse de l’inflation au 4ème trimestre 2018, n’eut été la hausse du prix de baril de pétrole. Les autorités espéraient ainsi terminer l’année en cours à 7,2 % d’inflation, on la terminera peut-être à 8,2 % d’inflation, selon des sources financières concordantes, la baisse restant la première des priorités de la BCT.

Force est de constater qu’il faut désormais que les Tunisiens s’habituent au fait que si l’inflation augmente, le taux directeur suivra. Ancrer l’anticipation de l’inflation, devrait aussi être une ligne directrice majeure dans l’intervention de la BCT en matière de politique monétaire. Certains experts estiment même que La BCT avait géré l’instabilité politique et avait quelque peu retardé des hausses qui devaient être faites. Elle devrait ainsi désormais faire montre de son indépendance et agir sur le taux directeur, dès que l’inflation montera.

L’ARP devra aussi laisser passer le projet de loi sur l’amnistie fiscale et l’amnistie de change. L’Etat devra frapper un peu plus fort sur le secteur informel par le biais de la Douane. Il faudra aussi que toute la classe politique et tous les partenaires sociaux intègrent le coût de la non-réforme et de la non-prise de décisions dans leurs calculs, politiques et économiques.

La marge de manœuvre devenant de plus en plus restreinte, une certaine maturité se développe à l’ARP. On le constate comme pour la question des NPL et le passage des 3 DG de banques publiques devant les députés, et qui devrait faire que plus d’une réforme passera comme celle des caisses sociales.

  • Ce que la Tunisie aura et ce qu’il lui faudra faire

Il faudra aussi faire pression sur les circuits de distribution pour baisser les prix. Il faut encore bien étudier l’impact de l’inflation sous-jacente, hors prix administrés et produits frais, qui tire les prix vers le haut. S’occuper aussi des situations de rente de certains hommes d’affaires et tout mettre en œuvre pour recréer les conditions de la résilience et y pousser tout le monde, pour ne pas arriver à un scénario de rupture si rien ne change dans la conjoncture et le refus de toute transition économique. Il faut savoir se confronter à nos propres démons et y réussir.

Sauf complication politique qui brouillerait la visibilité politique pour les bailleurs de fonds qui l’ont ainsi signifié aux autorités financières et monétaires tunisiennes, la Tunisie devrait recevoir, le 26 juin 2018, 500 MDT en appui budgétaire de la Banque Mondiale au rebours de tout ce qui se dit de contraire en Tunisie et recevoir aussi les 250 MDT du FMI en juillet prochain suite à la conclusion de la dernière Revue.

A Tunis, on reste malgré tout optimiste et on escompte terminer 2018 avec un déficit budgétaire en baisse d’un point. «On est à 6.2 et on devrait terminer à 5.2 », assure une source financière à Africanmanager. On devrait aussi assister à une nouvelle hausse des prix de l’essence et des carburants en général, dont l’électricité et le gaz avant la fin 2018 aussi.

La Tunisie devrait également, sauf nouvelle hausse du prix du baril ou complication sécuritaire, terminer avec un taux de croissance de 3 %, malgré la prévision de seulement 2.5 du FMI, après 2.5 sinon plus pour le second trimestre 2018, ce qui confirmera un maintien de la croissance. C’est ce qu’affirment nos propres sources.

  • Remettre les pendules à l’heure de la priorité économique absolue

Jusqu’ici, le politique a primé sur l’économique et même les bailleurs de fonds, comme le FMI et la BM, s’étaient laissé aller à cet état des choses, ne mettant pas assez de pression sur la Tunisie et même bloquer les aides dès 2012, pour pousser le pays à réaliser les réformes qui deviennent désormais, non plus urgentes mais vitales.

En ces temps-là, on était bien soutenus par nos partenaires, comme les deux garanties américaines de 500 M$ du temps d’Obama, car tout le monde pensait que la transition politique s’achèverait en 2014 et que le pays s’occupera dès lors de réussir sa transition économique. Le pétrole coûtait alors moins cher et une entrée, dès 2014, dans les programmes de transition énergétique aurait pu sauver la situation. Ce reproche a été fait aux bailleurs de fonds, qui en sont conscients et l’acceptent amèrement, mais n’entendraient plus s’y plier, ce qui explique par exemple le durcissement des conditions du FMI lors de la dernière Revue et sa menace même, non officielle, de renvoyer la Revue au mois d’octobre 2018 et donc le décaissement d’une nouvelle tranche du crédit, si la stabilité politique venait à être ébranlée par un nouveau changement de gouvernement.

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En réaction aux récentes campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux suite à ses déclarations sur le recours à la planche à billets de la part du ministère des Finances et de la Banque centrale, l’expert en économie Ezzeddine Saidane a publié sur sa page officielle Facebook des informations encore plus précises pour justifier ses propos :

«  Je remercie tous ceux qui ont écrit des commentaires méchants à mon égard. Voici maintenant les chiffres (sources exclusives BCT, Ministère des Finances, INS) :

* Encours des crédits accordés par les banques tunisiennes et les assurances à l’Etat : Plus de 21 milliards de Dinars (21 mille milliards de millimes), Sur les 21 milliards de Dinars 15 milliards de Dinars ont été refinancés par la BCT,

* Sur quelles ressources la BCT refinance-t-elle les banques. Evidemment par la création monétaire c’est-à-dire par la planche à billets, c’est-à-dire par de l’inflation 4- 45% des dépenses de l’Etat sont des salaires.

* Les salaires sont pour une grande partie payés par la planche à billets.

* Si la journaliste (qui est brillante par ailleurs) n’a pas pu saisir la notion de création monétaire “ex-nihilo” par la BCT et a interprété cela comme de l’impression de billets de banque, ceci ne change rien à la réalité et à la situation triste et misérable du pays.

*J’avais déjà annoncé que le 6 mars que l’Etat avait emprunté aux banques 600 millions de Dinars, totalement refinancés par la BCT pour payer les salaires. Personne n’avait nié ou commenté.

* J’avais aussi annoncé que le 10 avril l’Etat avait emprunté aux banques 475 millions de Dinars, toujours refinancés par la BCT pour payer les salaires, toujours pas de commentaires ou dément.

* Même scénario en juin. Je vous remercie tous pour votre méchanceté à mon égard. Vous savez très bien que je sais ce que je dis. Vous savez très bien que les postes, quels qu’ils soient, ne m’intéressent pas. Je vous les laisse avec plaisir. Et je vous mets au défi de me contredire ou de contester ces chiffres. Allez voir les sites de la BCT, du Min des Fin et de l’INS», a-t-il conclu.

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Abdelkader Boudrigua, expert en économie, a déclaré lors de son intervention sur les ondes d’Express Fm que l’augmentation du taux directeur pourrait avoir des répercussions sur le pouvoir d’achat du consommateur tunisien vu que les prêts sont essentiellement contractés par les particuliers, notamment les crédits à la consommation et les crédits immobiliers (qui ne sont pas impactés pour le moment) qui sont indexés en général sur le TMM. Donc une montée de l’échéance de la mensualité du remboursement des prêts par les particuliers est à craindre.

Selon Boudrigua, l’augmentation du taux directeur affectera également les PME, surtout celles opérant dans des secteurs qui ont recours aux banques tels que l’immobilier et les concessionnaires automobiles.

L’expert en économie a, par ailleurs, émis le souhait que la décision de la BCT aura l’effet escompté, à savoir la baisse ou la stabilisation du taux d’inflation qui est la condition sine qua non de l’appui du FMI .

Abdelkader Boudrigua a en outre indiqué qu’en se référant à l’ensemble des indicateurs, et à la situation macroéconomique, il faut attendre les résultats de la première augmentation de 75 points de base effectuée en avril 2018 pour pouvoir établir un diagnostic. Et de conclure que le taux d’inflation pourrait augmenter en fin d’année 2018 et pourrait se stabiliser en 2019.

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Le président de la CONECT

La CONECT a exprimé, lundi, “sa grande inquiétude”, face aux graves conséquences la décision de la BCT d’augmenter le taux directeur de 100 points de base le portant de 5,75% à 6,75%.

L’organisation patronale a lancé un appel au Gouvernement et aux autorités compétentes pour instaurer une concertation large et préalable avec les milieux professionnels et économiques concernés afin que les mesures décidées soient adaptées aux exigences réelles de la situation et s’insèrent dans le cadre d’une approche globale et inclusive en harmonie avec les nombreux défis stratégiques auxquels se trouve confronté le pays.

Elle a fait remarquer, dans un communiqué, que cette nouvelle hausse aura un impact sur le coût de financement des entreprises et sur leur compétitivité tant au niveau local qu’à l’échelle internationale surtout que leurs concurrents étrangers bénéficient de taux largement inférieurs et de grandes facilités d’accès au financement.

“Ces augmentations successives et sensibles du taux directeur de la BCT au moment où le pays a besoin de relancer les investissements et les exportations pour remédier aux graves déséquilibres commerciaux et financiers et répondre aux besoins urgents de création de nouvelles opportunités d’emplois ne peuvent qu’affecter les possibilités de reprise économique et aggraver la crise”, estime l’organisation patronale.

Elle considère que l’augmentation de 35% en trois mois du taux directeur, même si elle répond à des considérations de lutte contre l’aggravation de l’inflation, ne peut constituer la solution.
Le vrai remède réside, selon la CONECT, dans l’accélération de la mise en œuvre des réformes stratégiques, l’amélioration de l’environnement des affaires dans le pays, la lutte contre l’informel et le commerce parallèle, la mise en œuvre de mesures adéquates pour lutter contre la dépréciation du dinar et assurer l’accroissement de la productivité et du degré de compétitivité des entreprises tunisiennes.

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