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BCT

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Le déficit budgétaire s’est aggravé, à fin juillet 2017, pour atteindre 3 177 millions de dinars -MD (environ plus de 3% du PIB de la Tunisie), alors que la Loi de Finances 2017 (LF) table sur un déficit budgétaire, pour toute l’année, de 5 345 MD ( 5,4% du PIB). L’année dernière, il s’est élevé à 2 755 MD au cours des 7 premiers mois, d’après un document sur ” les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat – juillet 2017 “, publié, au mois de Septembre, par le ministère des Finances.
Selon le document, cette aggravation est due à la hausse des dépenses, notamment les dépenses de gestion, et plus spécialement celles réservées au paiement des salaires de la fonction publique, qui ont enregistré un bond de 11,4%, à fin juillet 2017, alors que les prévisions de la LF, limitaient cette progression à 4,1% pour toute l’année en cours.
Pis encore, le ministère des Finances a fait état de la non réalisation de recettes non fiscales prévisionnelles, étant donné que les recettes collectées jusqu’à juillet (789 MD) ne représentent que le 1/3 des recettes prévues pour toute l’année (2195 MD). En fait, alors que les prévisions tablaient sur des recettes à hauteur de 200 MD, provenant de la vente de biens confisqués, et de 250 MD, provenant de dons extérieurs, pour l’année 2017, nous avons comptabilisé 0 millime pour ces deux rubriques, jusqu’à ce jour, mais la donne peut encore, changer d’ici la fin de l’année.
De même, les revenus des participations des sociétés publiques n’ont pas dépassé, durant les sept premiers mois de l’année, les 19 MD, alors qu’on tablait sur des recettes à hauteur de 220 MD pour 2017.
Par ailleurs, la LF 2017 ciblait la réalisation de revenus provenant de la commercialisation de carburants de l’ordre de 500 MD, à fin décembre, alors que jusqu’en juillet nous n’en avons collecté que 200 MD.
A cela, s’ajoute les prévisions erronées relatives au remboursement des intérêts de la dette, puisque nous avons remboursé 1502 MD jusqu’à fin juillet, alors que les estimations dans la Loi de Finances tablaient sur un total d’intérêts à payer pour 2017, de 2215 MD. Ceci est du notamment au phénomène de la dépréciation du dinar par rapport aux devises étrangères, notamment l’euro et le dollar, surtout que l’emprunt étranger constitue la principale composante de nos sources de financement. En fait, depuis le début de l’année jusqu’au 19 Septembre courant, le dinar a chuté de 18% par rapport à l’euro, et de 10% par rapport au dollar.
Dans ce contexte, les tirages budgétisées ont atteint 4478,8 MD, sur un total prévu jusqu’à la fin de l’année de 5246,6 MD.
D’après le département de Finances, ce déficit est comblé, jusque-là, moyennant des financements extérieurs à hauteur de 2 618 MD et des financements intérieurs, de l’ordre de 558 MD.

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“Tout le monde s’accorde à considérer que le principal défi pour la Tunisie aujourd’hui est celui relatif à sa situation économique dangereuse et à la crise aiguë de ses finances publiques. Cette situation économique et financière constitue aujourd’hui une menace sérieuse pour la vie du citoyen tunisien et pour la démocratie tunisienne naissante, et par définition fragile”, c’est ce qu’a indiqué l’expert économique, Ezzedine Saidane dans un statut qui vient d’être posté sur sa page Facebook.

Dans sa description de la situation économique actuelle, il a fait remarquer que les chiffres, pourtant officiels car publiés par l’INS, la BCT ou l’Administration en général, sont tournés, retournés, tordus parfois pour refléter des améliorations de situation qui tout simplement n’existent pas. “Est-ce de l’inconscience, ou alors s’agit-il simplement d’un refus de voir la vérité en face. Le premier pas sur la voie de la résolution de n’importe quel problème n’est-il pas de reconnaître d’abord qu’il y a un problème?. Continuons à nier nos difficultés, et nous n’en résoudrons aucune”, s’est-il interrogé.

“Maintenant que le remaniement ministériel est fait et approuvé par l’ARP (nous savons pertinemment que l’essentiel se passe en dehors de l’ARP qui fonctionne parfois comme une simple boîte de résonance) une question se pose : ce remaniement reflète-t-il la moindre volonté, la moindre vision, la moindre stratégie de sauver l’économie et les finances publiques tunisiennes” a indiqué Saidane avant d’assurer que “la réponse est NON. Les quelques objectifs chiffrés annoncés par le Chef du gouvernement lors du discours pour obtenir la confiance de l’ARP dans le nouveau gouvernement (taux de croissance économique, taux d’endettement public, taux de déficit budgétaire, etc.) ne constituent nullement une stratégie, et ne peuvent pas être le résultat d’un diagnostic réel de la situation. La feuille de route annoncée par le chef du gouvernement, n’en est pas une et elle est simplement irréalisable”, a-t-il dit.

L’expert économique a sous un autre angle indiqué que les quelques informations qui ont filtré concernant le budget de l’État et la loi des finances 2018 vont dans le même sens. Selon lui, la loi des finances 2018 ne comporterait aucune volonté, aucune vision et aucune stratégie pour sauver l’économie et les finances publiques tunisiennes. Dans tous les pays du monde, la loi des finances est supposée refléter la politique et les choix du gouvernement. “Ce n’est plus le cas en Tunisie. Le gouvernement devient un simple comptable qui affecte les maigres ressources de l’Etat selon le modèle d’un budget atteint par le syndrome de la calcification. Lorsque les salaires de la fonction publique représentent 50% du budget, et les dépenses courantes + le service de la dette + le déficit de la caisse de compensation représentent plus de 40% du budget, que reste t-il pour exprimer les choix et la politique du gouvernement: rien ou presque. La marge de manœuvre du gouvernement est ainsi quasiment nulle”.

Et Ezzedone Saidaine de s’exclamer : “Dans ces conditions pourquoi s’inquiéter de la valeur du Dinar. En effet, le Dinar a perdu plus de 60% de sa valeur depuis 2010, et près de 20% de sa valeur depuis le début de 2017. Le Dinar n’est que le miroir qui reflète la situation économique et financière. Tant qu’on n’a pas engagé une véritable stratégie de sauvetage de l’économie, le Dinar continuera à glisser. L’Euro pourrait en effet valoir jusqu’à 3D200, voire même 3D300 d’ici le milieu de l’année 2018 si rien n’est fait dans le sens du sauvetage de l’économie et des finances publiques tunisiennes. Dans ce même sens, le FMI a considéré, lors de sa dernière revue de la situation, que la Tunisie doit adopter une politique de change souple (comprenez il faut laisser le Dinar glisser encore) considérant que le Dinar est encore surévalué de 17,6% !”, a-t-il ajouté.

 

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Sur une échelle allant de « A » (Performance excellente) à « F » (Echec total), le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a obtenu la note «B» dans le «Global Finance’s Banker Report Cards 2017″. Cette note n’a pas changé par rapport à celle de 2016. Cela confirme, malgré toutes les critiques dont il fait périodiquement l’objet et toutes les demandes de son départ, la bonne réussite d’Ayari dans la gestion de la politique financière tunisienne, malgré la crise financière par laquelle passe la Tunisie et la crise économique qui constitue un sérieux handicap pour les finances tunisiennes. La note prend en compte, selon le GFB report, «la réussite dans des domaines tels que le contrôle de l’inflation, l’économie, les objectifs de croissance, la stabilité de la monnaie et la gestion des taux d’intérêt. Ayari (et derrière lui toute la politique financière tunisienne) qui, pour ceux qui attendraient son inconfortable fauteuil, devrait partir en juillet 2018, aura eu une bonne note. Comme lui, dans la région MENA, il y a l’Omanais Hamood SangourAl Zadajali, le Qatari Abdallah Ben Saoud Al Thani. Mieux que lui, il y a le Jordanien Ziad Fariz, le Libanais Riadh Salemeh, le Marocain Abdellatif Jouhari. Pire qu’Ayari, il y a le Bahreïni  rasheed Al-Maraj, le Sud-Africain Lasteja Kganygo. L’Algérien Mohamed Loukal n’est pas noté.

Les chefs des banques centrales d’Australie, du Honduras, d’Israël, du Liban, du Maroc, du Paraguay, de la Russie, Taïwan et les États-Unis, ont reçu une prestigieuse note “A” cette année. En outre, les banquiers centraux du Brésil, de la République dominicaine et de la Jordanie ont obtenu des notes «A-». Pour la première fois, les banquiers centraux des pays suivants ont été ajoutés à la liste : République dominicaine, El Salvador, Honduras, Jamaïque, Nicaragua, Myanmar, Népal, RD Congo et la Tanzanie.

L’éditeur et directeur de la rédaction de Global Finance, Joseph Giarraputo, note que  «les banques centrales entrent dans une phase de resserrement, essayant de reculer l’assouplissement quantitatif et les économies ont plus de rigueur, mais il n’est pas facile de faire tourner le navire de la finance de l’État. Les ajustements de politique permettent désormais plus d’options, mais plus tard si la reprise mondiale naissante faiblit. Nos examens de rendement pour ces leaders financiers montrent que certains parviennent à rester en avance de la courbe, même dans des circonstances difficiles, tandis que d’autres sont entravés par des réalités économiques ».

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La Tunisie vient d’achever et de publier conformément à la première Recommandation du GAFI (Groupe d’Action Financière), son évaluation nationale des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Un plan d’action national a été arrêté en vue de minimiser ces risques, indique un communiqué de la Banque centrale de Tunisie.
Cette précision intervient en réaction à une information, relayée par certains médias, selon laquelle la Tunisie occupe désormais la 59ème place dans le ” classement Bâle III ” relatif au risque de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, reculant de 70 places par rapport au classement de 2016. Selon cette même information, par ce recul la Tunisie peut rejoindre “la liste des pays et juridictions accusant des “déficiences stratégiques” telle que établie par le GAFI.

La Banque centrale de Tunisie a, à ce titre, précisé que Bâle III n’a jamais procédé à un classement des pays selon leur risque de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Les accords de Bâle (Bâle I, Bâle II et Bâle III) ne sont, en effet, que des règles prudentielles qui visent à garantir un niveau minimum de capitaux propres, afin d’assurer la solidité financière des banques. ” Le classement auquel la dite information fait allusion est celui de l’Institut de Gouvernance de Bâle (Basel Institute on Governance) qui est une Organisation Non Gouvernementale établie à Bâle mais qui n’a aucun rapport avec les accords de Bâle. D’ailleurs d’autres ONG, comme ” Know Your Country “, publient également des indices ou des classements en matière de LBA/FT selon des méthodologies différentes ” lit-on dans le communiqué de la BCT.

Toujours selon la même source, l’indice LBA/FT de l’Institut de Gouvernance de Bâle classe les pays évalués selon un ordre de risque décroissant. Il est important de signaler que le classement de 2017 a pris en considération, pour certains pays dont la Tunisie, les résultats de leur évaluation conformément à la nouvelle méthodologie du GAFI qui couvre désormais non seulement, l’évaluation de la conformité technique mais également celle de l’efficacité.
” La Tunisie étant l’unique pays de la région MENA à être évalué conformément à cette nouvelle méthodologie du GAFI, ne peut en aucun cas être comparé aux autres pays, notamment ceux de la région MENA qui ne sont pas encore évalués. Aussi, le nouveau classement de la Tunisie et sa comparaison avec d’autres pays, notamment de sa région, ne seront pertinents qu’au terme du 2ème Round de l’évaluation mutuelle des pays de la région MENA, prévu en 2023 ” estime encore la BCT.

La BCT signale aussi que l’évaluation du dispositif national LBA/FT en 2016 s’est basée sur la loi n°2003-75 telle que modifiée en 2009 puisqu’à la date de la visite sur place des évaluateurs, la nouvelle loi organique n’a pas encore été publiée. Les insuffisances révélées par le Rapport ont été comblées par la nouvelle loi au plan de la conformité technique. D’ailleurs, le premier rapport de suivi de la Tunisie ; discuté lors de la 25ème Plénière du GAFIMOAN tenue au Koweït en avril 2017 ; a salué le progrès accompli par la Tunisie depuis l’adoption du rapport d’évaluation en 2016.

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Le ministre des Technologies et de l’Economie numérique, Anouar Maârouf, a évoqué, ce mercredi 30 août 2017 sur Shems FM, l’épineux dossier Paypal. Il a déclaré que son département avait soumis à PayPal une solution technique et lui a transmis, par le biais de la Banque centrale de Tunisie, une note de confort qui contenait des engagements forts de la part de l’institution d’émission. Il a ajouté que la société n’a jamais fermé la porte, officiellement, à la Tunisie. PayPal s’est borné à dire que le pays, dans l’état actuel des choses, était incapable de présenter un niveau de prestation adaptée à une telle opération, du fait de la législation et de la maturité du marché local, d’après le ministre…

Il a assuré que son ministère était en quête de solutions de remplacement, avec d’autres partenaires ou acteurs du même calibre que Paypal. Parallèlement ses collaborateurs étudient des solutions tunisiennes. Parmi les opérateurs locaux susceptibles d’endosser ce projet, il y a la Poste tunisienne, qui vient d’être propulsée hub régional dans toute l’Afrique du nord par l’Union mondiale du commerce électronique, toujours selon Maârouf. Mais il y a également sur l’affaire d’autres grands noms bien tunisiens, indique-t-il…

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L’économie tunisienne est en crise. Tout le monde est d’accord sur cet affligeant constat. Quelques 16 Milliards DT de masse salariale qui représentera 14,7 % du PIB, un endettement qui représentera bientôt plus de 70 % du PIB et qui a engendré cette année un peu plus de 5 Milliards DT de service de la dette et plus de 8 Milliards DT pour l’exercice 2018. En face, ce ne sont que quelques 5 Milliards DT d’investissement et une croissance atone, à chaque fois mise à mal par les mouvements sociaux divers et l’instabilité politique qui deviendrait presque une demande populaire. En sept ans de transition, politique et économique, la Tunisie a connu 8 gouvernements, avec un âge moyen d’une année.

Une croissance aussi du budget de l’Etat qui va, à plus des deux tiers, aux salaires et à la compensation des produits de consommation. Des ressources propres qui s’amenuisent, soit par déni de la fiscalité et parfois refus de la payer comme ce fut le cas de quelques professions libérales, soit par la mauvaise utilisation de ces ressources fiscales, comme cela a été dernièrement le cas en concédant à l’UGTT une énième augmentation salariale sous forme de crédit d’impôt.

Un territoire national poreux où tout le monde, ou presque, fait contrebande de tout. La dernière mode est l’importation des moutons de Libye ou d’ailleurs. On nous raconte même le cas de ce petit homme d’affaire vivant en France qui revient en Tunisie, une fois l’an, faire commerce transfrontalier de moutons pour l’Aïd et rentrer tout de suite avec son pécule.

Des frontières où d’énormes quantités d’or et de devises sont chaque année saisies. Il va sans dire que ce qui est saisi ne représente que très peu dans le volume de ce qui passe à travers les mailles du filet. Des frontières et un arsenal juridique impuissant qui laisse entrer des flux de marchandises écoulées sur un marché parallèle pléthorique et qui devient même une institution dans plus d’une région du pays.

La demande d’argent frais se fait croissante dans les banques qui font toutes des bénéfices toujours en hausse, avec des injections de la BCT qui ont dépassé parfois les 11 Milliards DT, des banques qui s’enrichissent en investissant le refinancement de la BCT dans l’achat des BTA de l’Etat et des entreprises qui se font plein de sous grâce aux placements. Des banques pourtant vouées à toutes les gémonies par toute la classe politique et quelques «analystes économiques» de bas étages.

La Tunisie de l’après révolution, c’est aussi un consommateur qui ne recule plus devant rien, gonflé à bloc par les augmentations salariales et les rappels incessants dans les allocations de retraite, allant jusqu’à s’endetter pour assouvir ses envies consommatrices de tout et de rien. 20,8 Milliards DT, est le volume d’endettement bancaire de 800 mille familles tunisiennes en 2017, avec 854 MDT d’impayés. Le citoyen moyen s’endette, pour faire des voyages organisés, pour aller passer ses vacances d’été en hôtel et même pour acheter le mouton de l’Aïd qu’il considère comme une impérieuse nécessité «pour ses enfants». L’autre jour, un employé d’une recette de finances nous raconte le nombre important de ceux qui viennent réclamer l’attestation d’impôt «Néant». Et lorsqu’on lui demande pour quoi faire, il répond qu’il vient d’acheter une voiture. Va comprendre comment être capable d’acheter une voiture si on n’a pas de revenus, ce qui est le cas lorsque votre feuille d’impôt comporte la mention Néant.

Au Sud tunisien, un banquier nous raconte que «chez vous les piscines sont remplies d’eau. Chez eux, c’est des Dinars qui se comptent au mètre linéaire et des devises, de quoi vous faire le change, immédiatement et où vous voulez qu’il arrive». Au Sud tunisien, les trafiquants se défendent désormais aux armes à feu et ne reculent devant rien, quitte à écraser des agents de la Garde Nationale, pour sauver leurs petits commerces. Petits trafiquants deviendra grand et quitte généralement les sables du désert pour venir habiter au Lac ou dans les quartiers huppés de la capitale, à Ennasser et autres. Sur certaines grosses artères de la capitale, le commerce parallèle des coffres forts est même florissant.

Au Nord, c’est un marché de voiture, toujours florissant et qui s’ouvre sur toutes les marques, des Françaises jusqu’aux Chinoises et aux Coréennes, en passant par les Allemandes et «tutti quanti». Tout ce qui s’importe, légalement ou illégalement, est vite écoulé, des plus grosses cylindrées aux plus petites et même les plus gourmandes en carburants, comme les «Hummer» qu’on croyait disparues avec Imed Trabelsi. On se demande d’où tout ce monde, qui déclare juste ce qu’il faut au Fisc, apporte les centaines de milliers DT pour acheter ces bolides, parfois sur les stands même d’exposition ?

Encore au Nord et même au Sahel et dans les grandes villes, les consommateurs font la queue devant les Super et Hypermarchés, où ils rentrent avec un simple panier et ressortent aux commandes d’un chariot. Les Mall, hauts lieux de toute société de consommation, poussent comme des champignons. Un nouveau sera bientôt d’ailleurs construit à Tunis et un autre à Sousse. Comment tout ce beau monde peut-il tant acheter et crier au scandale à la moindre hausse des prix ou du taux de l’inflation ? A l’esprit nous vient cette anecdote, réelle, d’un citoyen qui s’arrête devant un boucher, demande le prix du kilo, et lorsque le vendeur le lui annonce, il s’écrie au voleur, mais commande tout de suite deux kilos !

Toujours au Nord, les nouveaux immeubles envahissent les terres agricoles, les uns plus «Haut standing» que les autres, à des prix «défiant toute concurrence» en centaines de milliers de Dinars, sans qu’il y ait même le frémissement d’un quelconque crash immobilier ou bulle immobilière. Les promoteurs sont de toutes professions, du ministre au médecin, en passant par l’avocat. Tous font ou financent des projets de promotion immobilière et tout est vendu, parfois par le biais de crédits bancaires pour mieux cacher l’origine des fonds.

Partout les cafés, les Lounges, les Salons de thé et autres commerces de boissons, les gargotes, et autres restaurants sont pleins à craquer, avec des facturettes où l’addition peut remonter à 56 DT pour quelques boissons et gâteaux, toutes aux origines subventionnées et la Chicha parfois même à plus de 40 DT, et même parfois… 2044 DT comme dans cette facturette en photo. Partout les poubelles regorgent de nourritures gaspillées et des camions qui ramassent des tonnes de pain à donner en nourriture au bétail ! La bière est religieusement prohibée, mais ses ventes et sa consommation augmentent d’année en année et à des prix enivrants !

C’est tout cela la Tunisie, endettée jusqu’à la moelle, consommatrice à satiété et qui crie à qui veut l’entendre qu’elle n’a pas d’argent et qu’elle est pauvre sauf de ses ressources humaines qui ne sont même pas contentes de ce qu’elles ont et migrent clandestinement par dizaines. En définitive, disons- le, c’est l’Etat qui est en banqueroute et pas encore le citoyen !

 

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Les échanges effectués par les sociétés résidentes (selon l’optique change), durant le 1er semestre de 2017 ont engendré un niveau de déficit dépassant 10,8 Milliards de dinars, et c’est ce qui rend l’aggravation du déficit commercial durant cette période davantage préoccupante, dénote une Analyse des échanges commerciaux de la Tunisie du Premier Semestre 2017, qui vient d’être publiée par la Banque centrale de Tunisie.

La même analyse a précisé que la part des exportations des non-résidents demeure toujours supérieure à celle des ventes des résidents (60%/40%). Par contre, la part des importations des résidents est prépondérante (72%).
Face à cette situation, les analystes de la BCT estiment que la mise en œuvre de la stratégie visant la promotion des exportations effectuées par les sociétés résidentes, qui se traduisent par un impact direct sur le niveau des avoirs en devises, doit se poursuivre et s’accompagner par des mesures efficaces visant la maitrise des importations, notamment celles débridées et non-essentielles (sous franchise, non conformes aux normes techniques et sanitaires…).

Il est à rappeler que le déficit commercial s’est aggravé de 1,5 milliard de Dinars (+24,9%), durant le 1er semestre de 2017. Le niveau du déficit a atteint au terme du 1er semestre de l’année en cours 7,5 milliards de Dinars (soit un déficit mensuel moyen de 1256 MDT contre 1006 MDT lors du 1er semestre 2016). Lequel déficit est dû à la progression des importations à un rythme plus accentué que les exportations, soit +16,4% et +12,7%, contrastant avec les baisses des exportations et des importations (respectivement -1,3% et -1,5%) enregistrées lors du 1er semestre de 2016.
Faits saillants de l’évolution des échanges commerciaux durant le 1er semestre de 2017

Le boulet des importations de produits alimentaires

On en retient, à titre de résultats positifs, une poursuite de la bonne tenue des exportations des secteurs des industries manufacturières, (+13,2%), qui a concerné tous les secteurs exportateurs, (industries mécaniques et électriques (+16,1% contre +11,7% lors du 1er semestre 2016), le textile, habillement et cuir (+10,6% contre +4,6%) et les autres industries manufacturières (+7,3% contre 5%). A noter une augmentation des ventes du secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires de 11,3% en relation, notamment, avec la hausse des ventes des produits de la pêche (+62,3%) et des dattes (+17,5%).

Parmi les résultats négatifs, l’analyse de la BCT a cité la forte hausse de 29,8% des achats des produits alimentaires, qui a touché principalement les produits de base (blé tendre, huiles végétales, sucre, café…), l’augmentation des importations des biens de consommation de 13,1% en lien surtout avec la hausse des achats des produits pharmaceutiques (+ 55,7%), des produits de textile et habillement (+15,7%) ainsi que les appareils électriques et mécaniques destinés à la consommation (+4,1%), le creusement cumulé des déficits de la balance énergétique et de la balance alimentaire a contribué pour plus de la moitié dans l’élargissement du déficit commercial global et le repli des ventes du secteur des mines, phosphates et dérivés de 19,9% par rapport au premier semestre de 2016, en dépit de la reprise confirmée de la production au cours de ces derniers mois, en lien avec l’amélioration du climat social.

Ainsi, outre la nécessité de promouvoir les exportations effectuées par les sociétés résidentes, l’analyse de la BCT recommande d’adopter une politique commerciale pour le secteur des phosphates de manière à reconquérir les anciens marchés et de cibler de nouveaux débouchés pour ces produits, de mettre en place un plan d’action visant l’amélioration de la valeur ajoutée des industries manufacturières, dont l’intégration dans l’économie reste faible, malgré la confirmation de la bonne performance de leurs exportations lors du 1er semestre de l’année en cours.

TAP

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Les réserves en devises sont considérées comme un filet de sécurité financier et sont utilisées pour subvenir aux besoins stratégiques de liquidité de l’économie en cas de pressions sur les comptes extérieurs. Elles jouent également le rôle d’une garantie pour les créanciers et les investisseurs étrangers sur la capacité du pays à payer ses dettes et à assurer la continuité des transferts avec l’extérieur ce qui leur confère un rôle stabilisateur très puissant. La Banque centrale utilise aussi les réserves pour lisser les fluctuations des taux de change de la monnaie nationale.

La convention communément admise pour l’adéquation du niveau des réserves en devises est que ces dernières devraient couvrir les besoins de financement en devises d’une économie sur un horizon d’un an.

Le niveau adéquat des réserves en devises peut être apprécié au regard d’un ensemble de références calibrées à partir de l’expérience collective des pays lors des crises antérieures ou modélisées en se basant sur une analyse coûts-bénéfices. Parmi les indicateurs les plus usuels dans l’appréciation du niveau des réserves, on cite le nombre de jours d’importations (JI), indicateur basé sur le critère commercial censé jauger la vulnérabilité du compte courant, avec un seuil conseillé minimum d’environ 3 mois.

Comme il apparaît dans le graphique infra, le niveau des avoirs en devises de la Tunisie est resté jusqu’en 2003 globalement en deçà de la barre des 3 mois d’importations. La moyenne des JI sur la période 1987-2004, soit 17 ans, a été d’environ deux mois, avec par moments, au début des années 90, un stock des réserves en dessous de un mois d’importations.

A partir de 2004, ce ratio a sensiblement progressé pour atteindre plus de 186 jours d’importations en 2009, suite à la consolidation des avoirs en devises grâce à l’afflux massif d’IDE dans le cadre d’opérations de privatisation, notamment la cession de 35% du capital de la société TunisieTélécom en 2006 pour une enveloppe de 2 250 millions de dollars.

Toutefois, ce ratio a fortement baissé à partir de 2010, pour revenir vers les 90 jours au troisième trimestre 2012 sous l’effet, d’une part, de la crise d’endettement dans la zone euro, et d’autre part, des évènements sociopolitiques qu’a connus la Tunisie depuis janvier 2011 et qui ont pesé sur les secteurs pourvoyeurs de devises. Grâce aux financements extérieurs subséquents, ce ratio a pu revenir à des niveaux supérieurs à 100 jours d’importations (la moyenne étant d’environ 110 JI sur la période décembre 2012 à ce jour).

En 2017, le niveau des réserves a bénéficié notamment de l’encaissement de l’émission de EUR 850 millions en février qui a porté le stock en devises de 99 à 116 JI. Toutefois, le stock des avoirs en devises a reviré de nouveau à la baisse sous l’effet :

– des pressions continues sur la balance commerciale,

– des règlements au titre du service de la dette extérieure,

– et du tarissement des entrées en devises liées d’une part aux perturbations de la production du phosphate et du pétrole, et d’autre part à la baisse des recettes en billets de banques étrangers malgré l’amélioration de l’activité touristique à cause de la prolifération du marché parallèle en devise.

Le stock des avoirs en devises a atteint 90 JI à la mi-août notamment après le remboursement en principal et intérêts de l’émission Samurai VI (12,7 milliards de yens).

L’encaissement de l’emprunt Banque Mondiale de 456 millions d’euros le 22 août 2017 a permis de rétablir le niveau des réserves en devises à 103 JI.

Il convient de souligner à cet égard, outre le caractère cyclique de l’évolution des réserves en Tunisie lié à l’activité économique, la gestion du stock des avoirs en devises connaît, comme ce fut le cas récemment, un certain décalage entre les dépenses arrivant à échéance et les recettes programmées, ce qui induit parfois des baisses relativement prononcées, mais momentanées de ce stock que la Banque Centrale de Tunisie œuvre à maintenir au-dessus d’un niveau stratégique permettant de répondre aux objectifs dévolus aux réserves en devises.

Ceci étant, le maintien des avoirs en devises à des niveaux adéquats nécessite la maîtrise du rythme d’accroissement du déficit commercial, et surtout le rétablissement de l’activité des secteurs pourvoyeurs de devises et l’éradication de toute activité économique parallèle qui est de nature à aspirer d’une manière incontrôlable les ressources qu’il s’agisse en devises ou en dinar.

BCT

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Les distributeurs automatiques de billets (DAB) ont été en panne en moyenne 57,21 minutes par jour en 2016, selon l’Observatoire de l’Inclusion Financière relevant de la Banque centrale de Tunisie (BCT), qui évalue la qualité des services bancaires et ceux de la monétique en exploitant des informations et des statistiques de la Société Monétique Tunisie (SMT).
Le rapport de l’observatoire pour l’année 2016, publié en juillet 2017, a indiqué que la durée des pannes a atteint son maximum au mois d’Août pour se situer à 70,54 min/jour.
Le taux de disponibilité des DAB a atteint, en 2016, une moyenne mensuelle de 96%, soit en légère hausse par rapport à la moyenne de l’année 2015, estimée à 95% .
Par ailleurs, le rapport a expliqué que les principales causes des pannes des DAB sont liées à des problèmes d’ordre technique ou relatif au système de sécurité.
En Tunisie, 2470 distributeurs automatiques de billets sont en service (jusqu’au 31 juillet 2017).

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Le niveau des avoirs nets en devises de la Tunisie a atteint, le 14 août, 11,538 milliards de dinars ou 90 jours d’importation, contre 120 jours d’importations à la même date en 2016. Cette chute pourrait, selon Fatma Marrakchi Charfi, professeure universitaire en Economie, avoir de lourdes conséquences sur la notation de la Tunisie, sur ses chances d’emprunter sur les marchés internationaux, mais également sur sa capacité à payer les importations et à défendre la parité du dinar contre les devises étrangères.

Interrogée par l’agence TAP, au sujet de cette dégringolade, elle rappelle que “ le nombre de jours d’importations est un indicateur qui évalue le niveau des réserves de change et est très utilisé car facilement comparable entre pays et dont le suivi chronologique est aisé pour un pays. En Tunisie, les autorités, les bailleurs de fonds et même les agences de notation le suivent de très près et au quotidien parce qu’il reflète d’abord la capacité du pays à pouvoir payer ses importations, à honorer ses engagements, à défendre la parité du dinar et parer aux chocs exogènes négatifs éventuels“.
En effet, nous avons besoin de devises pour importer des biens pour la consommation finale (médicaments, voitures, etc …) ainsi que pour la consommation intermédiaire, c’est-à-dire des biens qui serviront d’input pour fabriquer des biens finaux locaux. Nous avons aussi besoin de devises pour payer le service de la dette (intérêts et principal sur l’année). Par ailleurs, la Banque Centrale peut utiliser une partie de ces devises pour défendre la parité du dinar et freiner la dépréciation de ce dernier. En outre, les devises peuvent aussi être utilisées pour affronter des chocs exogènes tel qu’une augmentation du prix international du pétrole ou une augmentation du prix international du blé …“, a-t-elle encore mentionné.

On a atteint le seuil critique

Et de poursuivre : “Ceci pour dire l’importance de disposer de ” suffisamment ” de réserves de changes pour que l’économie puisse tourner normalement. Souvent, on parle de cette barre symbolique qu’il ne faut pas atteindre ou qu’il ne faut pas passer en-dessous. Les uns parlent de la barre de 90 jours, d’autres parlent de 100 jours d’importations. Bref, aujourd’hui nous y sommes ! En examinant les statistiques de la BCT, on observe qu’au 14 août, nous sommes bel et bien à 90 jours d’importations, contre 92 jours d’importations le 13 août (la veille) par exemple. Cette diminution de l’équivalent de 2 jours de réserves de change est due principalement à un paiement d’un crédit Samouraï (japonais) arrivé à échéance, d’environ 12,7 milliards de yens japonais (JPY), équivalent à environ 270 millions de dinars, ce qui équivaut à deux jours d’importations à peu près“.

Sur le site de la BCT, nous avons une autre information très intéressante concernant cet indicateur, c’est la diminution des réserves de change en jours d’importations de 30 jours en une année, c’est-à-dire entre le 14 août 2017 et le 14 août 2016. Cette perte en réserves est le résultat normal du gap qui existe entre les activités qui peuvent générer des recettes en devises pour le pays tel que les exportations de phosphate, de l’huile d’olive, les rentrées en devises provenant de la diaspora à l’étranger ou des TRE, les investissements directs étrangers, etc … et la sortie de devises nécessaires pour les importations. Tant que la demande de devises pour payer les services de la dette et les importations n’est pas compensée par des entrées en devises sous une forme quelconque (exportations, recettes touristiques, endettement, etc …), les réserves de change ne peuvent que diminuer “, a ajouté Mme Charfi.

Tous ces constats amènent l’universitaire à déduire que “le suivi de l’évolution de cet indicateur très important dans le futur est primordial car sa diminution peut nous amener à rationaliser nos importations en biens non nécessaires mais qui peuvent aussi toucher nos importations en biens nécessaires (médicaments, pièces de rechange, pétrole etc.).
Leur diminution peut aussi abaisser la note de la Tunisie chez les agences de notation et dans ce cas, il nous sera très difficile de sortir pour emprunter sur les marchés internationaux. Même, s’il nous est possible de sortir sur les marchés internationaux, le taux d’intérêt sera très élevé, étant donné l’élévation de la prime de risque, puisque la capacité de remboursement sera réduite. Or, visiblement l’Etat aura besoin de plus de ressources d’emprunt rien que pour combler le budget 2017, et aura donc, probablement besoin d’aller lever des fonds sur le marché international, sans parler de l’exercice 2018“.

Charfi estime également que “la réduction de la capacité à payer les importations, réduira la capacité de la BCT à utiliser les devises pour défendre la parité du dinar contre les devises étrangères. Si cela est le cas, le dinar aura tendance à se déprécier de plus en plus et si on n’arrive pas à redresser la barre et donc à avoir des rentrées conséquentes en devises, l’économie tunisienne subira de plein fouet les conséquences négatives de la dépréciation du dinar sur l’inflation, sur le déficit budgétaire (notamment par la caisse générale de compensation), sur l’alourdissement de l’endettement“.

En bref, l’idéal serait de relever le niveau des exportations tunisiennes, notamment celles des phosphates, ou nous avons perdu des parts de marchés. Si on n’arrive pas à impulser assez rapidement les exportations, il faudrait songer d’une manière sérieuse à réduire les importations, que ce soit par l’interdiction de certains biens non essentiels, avec des mesures d’accompagnement, pour protéger l’économie de la contrebande, ou en relevant les droits de douane pour d’autres. La BCT, peut aussi réduire les crédits octroyés aux consommateurs, si ces crédits sont destinés à l’achat de produits importés de consommation finale“, a-t-elle conclu.

TAP

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Dans un communiqué, la Banque Centrale de Tunisie porte à la connaissance du public que, conformément au décret n°2011-4248 du 24 novembre 2011, les billets de banque de cinquante dinars (type 2008), de trente dinars (type 1997) et de vingt dinars (type 1992) ont cessé d’avoir cours légal et perdu tout pouvoir libératoire à partir du 1er janvier 2013.

Toutefois, ils seront échangés aux guichets de la Banque Centrale de Tunisie jusqu’au 31 décembre 2017 inclus. A l’expiration de ce délai, les billets de banque dont les types sont indiqués ci-dessus et qui n’auront pas été présentés à la Banque Centrale de Tunisie ne seront plus acceptés à l’échange et leur contre valeur sera versée au Trésor.

Les principales caractéristiques de ces billets sont les suivantes :

I) Billets de 50 dinars type 2008

Couleurs dominantes : Vert, violet et bleu

Dessins : – recto : Portrait d’Ibn Rachik, « la cité de la culture »

– verso : aéroport d’enfidha, pont de Rades

II) Billets de 30 dinars type 1997

Couleurs dominantes : Jaune et marron

Dessins : – recto : Portrait d’Abou El Kacem Chebbi

– verso : Thèmes agricole et industriel

III) Billets de 20 dinars type 1992

Couleurs dominantes : Mauve et rouge

Dessins : – recto : Portrait de Kheireddine Ettounsi, coupoles de la mosquée de Sidi Mehrez

– verso : Thèmes agricole et industriel

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La Tunisie est utilisée comme pays de transit pour de grandes quantités d’or vers la Turquie et des pays asiatiques, où cet or est travaillé puis acheminé vers des pays voisins, via le territoire tunisien, a révélé la Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF). A cet égard, les circuits de transit illégal d’or entre la Turquie et la Tunisie sont très actifs et les quantités d’or transitant illégalement via le pays ont atteint 19,4 tonnes entre 2012 et 2014.

Dans son rapport intitulé ” Évaluation Nationale des Risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme/ Avril 2017 “, la CTAF a souligné la nécessité de mettre en place un guide de procédures relatif à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement de terrorisme dans le secteur bancaire et les métiers non financiers avant la fin de 2017, vu l’ampleur prise par les affaires relatives au trafic de métaux précieux dont les quantités saisies (or) ont atteint en 2015, 43 kg d’une valeur de 15,387 millions de dinars.

La CTAF a également évoqué, selon la TAP, les dépassements relatifs à la commercialisation de l’or mélangé avec du cuivre, du fer et d’autres matières, à la falsification du poinçon de Maître et au non-respect des différents standards de mesure et de vente d’or aux particuliers.
Elle a par ailleurs considéré que le secteur de l’or en Tunisie est exposé à de” grandes menaces” dues essentiellement à la mauvaise organisation du secteur, à la fragilité de la situation géopolitique régionale, et à l’ampleur prise par le phénomène de la contrebande d’or par rapport au niveau des réserves nationales de cette matière, lesquelles ne dépassent pas les 6,8 tonnes.
Selon les données du conseil Mondial de l’Or, la Tunisie occupe le 78ème rang mondial et 12ème rang arabe, avec des réserves de 6;8 tonnes, tandis que l’Algérie occupe la troisième place arabe et 25ème mondiale (173,3 tonnes), la Libye est classée 31ème mondiale et 4ème arabe avec des réserves de 116,6 tonnes, alors que la Turquie dispose de 516,7 tonnes de réserves.
La commission a souligné que le secteur de l’or qui compte 6 mille artisans et 400 collaborateurs, lesquels s’approvisionnent en or auprès de la BCT, fait face à l’absence du contrôle et de suivi des opérations suspectes ainsi que de la vérification de l’identité du bénéficiaire outre l’absence des déclarations et le recours aux transactions cash d’où des difficultés à avoir la traçabilité de l’argent .

La CTAF a dans le même cadre annoncé la transmission à la justice d’un nombre de déclarations de soupçons de corruption dans le marché financier, recueillies notamment par des banques et l’exploitation de la bourse pour l’intégration de recettes de corruption qui ont atteint dans certains dossiers une valeur de 300 mille dinars.
Le même rapport a souligné qu’ une réelle menace existe sur l’exploitation de la Bourse de Tunis dans des crimes financiers et ce malgré le faible nombre des déclarations, rappelant que 23 sociétés intermédiaires en bourse (2015) opèrent sur le marché financier (2015) dont la capitalisation boursière a atteint 21,1% du PIB.
La CTAF a fait également savoir que les intermédiaires en bourse ont seulement déposé 12 déclarations de présomptions de corruption entre 2005 et 2017, soit 0,58% des déclarations reçues par la commission, ajoutant que la majorité de ces déclarations dont le rythme a régressé, au cours des dernières années, concernent des opérations en relation avec l’ancien régime.
Parmi les points faibles de la bourse de Tunis soulevés par le rapport les opérations de contrôle, la faible connaissance des professionnels du secteur des moyens de lutte contre la corruption et l’absence d’un code de bonnes pratiques des intermédiaires en bourse.

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Les avoirs nets en devises de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) à la date du 3 août 2017, ont poursuivi leur baisse, pour se situer, à seulement 93 jours d’importation, soit 11904 MDT. Une situation qui ne peut être qualifiée que de catastrophique surtout que cette baisse se poursuit depuis plusieurs mois pour atteindre aujourd’hui des niveaux alarmants et jamais atteints depuis plusieurs années et ce, malgré les interventions massives de la banque centrale pour réguler le marché. Un constat qui dénote la situation catastrophique de la devise et l’incapacité de la banque centrale à maîtriser la situation et à remettre le pays sur les rails. C’est à partir de ce constat qu’on peut avouer l’urgence pour la Tunisie de relancer vigoureusement son tourisme et ses exportations afin de reconstituer son matelas de devises et s’échapper à cette situation chaotique. Ce qui aurait aussi automatiquement pour effet de réduire sensiblement le recours à l’emprunt extérieur, avec un service de la dette qui dévore le stock de devises.

Les avoirs en devises n’ont cessé toutefois, depuis le début de cette année, de dégringoler pour devenir beaucoup plus importants, comme en témoignent les derniers indicateurs de la Banque centrale arrêtés à la date du 1er août 2017 et selon lesquels les avoirs nets en devises ont atteint 11795 MDT couvrant ainsi 94 jours d’importation. Quant au billets et monnaies en circulation, ils ont atteint 11184 MDT.

À la date du 7 juillet de cette année, les avoirs nets en devises ont atteint 12.646 MDT, soit 101 jours d’importation, un chiffre qui demeure en deçà des prévisions et des attentes des acteurs économiques eu égard aux sommes colossales injectées par la Banque centrale pour réguler le marché. Le volume global de refinancement a toutefois atteint jusqu’à la date du 10 juillet de cette année 10.164 MDT.

Cette tendance à la baisse des avoirs nets en devises à la BCT a été observée depuis le début de cette année. Jusqu’à la date du 26 janvier 2017, les avoirs en devises se sont situés à 12,3 milliards de dinars, contre 13,3 milliards de dinars à la même date de l’année écoulée, soit 106 jours d’importation (contre 121 jours d’importation en janvier 2016).

Ainsi, la Tunisie se situe sur le seuil d’insécurité en termes de réserves en devises, étant donné que ce seuil est normalement fixé, selon les spécialistes, à 110 jours d’importation.

A rappeler aussi qu’à fin décembre 2016, les réserves en devises de la Tunisie couvraient 114 jours d’importations contre 127 jours à la même période en 2015.

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“La  BCT est confrontée à un dilemme, soit relever son taux pour maintenir la stabilité du dinar, ce qui augmente le coût du crédit des ménages et des entreprises soit le diminuer pour favoriser la reprise éventuelle de l’investissement et la croissance économique”. C’est ce qui a été indiqué dans le billet économique de l’intermédiaire en bourse Mac Sa. Néanmoins, l’appréciation du dollar suite à la hausse récente du taux d’intérêt directeur américain aura principalement deux effets : primo, accroissement de la dette en dollars. En effet, on estime que pour chaque appréciation du dollar face au dinar de dix millimes correspond à un coût additionnel du service de la dette de 20 millions de dinars du fait que le tiers de l’encours est libellé en dollars américains.
Secondo, un accroissement des subventions et du déficit budgétaire : Dans ce cadre, les experts prévoient une hausse du prix des matières premières et des hydrocarbures en 2017. Le prix moyen du baril de pétrole dépassera celui adopté par la loi de finances, 50 dollars. On estime que pour chaque hausse d’un dollar du prix du baril, le budget décaissera 48 millions de dinars, ce qui est l’équivalent de 8% de la facture des subventions dédiées aux hydrocarbures.

Dans cette note, il a été également indiqué que globalement notre économie sera moins impactée que les pays dont la monnaie est rattachée directement au dollar. Les prévisions de la BCT postulent que la croissance économique suivra une trajectoire ascendante. La progression du PIB, aux prix constants de 2010 sera de 2,2% en 2017 et 2,8% en 2018.

La croissance hors agriculture s’établirait autour de 2,2% en 2017 et 2,6% en 2018. Cette faiblesse attendue s’explique par l’instabilité politique et la baisse de la récolte des olives en 2017. Les prévisions de l’inflation poursuivront une  tendance haussière pour atteindre une moyenne annuelle de 5% en 2017 et de  4,2% en 2018. Cette tendance est expliquée par la persistance des pressions sur le taux de change et la hausse des prix mondiaux des matières premières.  L’inflation sous-jacente reste élevée.

“Les États-Unis ont renoué avec la croissance et l’inflation depuis 2015, quand la zone euro a demeuré dans le bas du cycle. Ce constat prouve que les cycles économiques en Europe et aux États-Unis ne sont  pas synchronisés (retard de 2 à 4 années). Cette solidité relative de l’économie américaine donne des arguments au FED pour remonter ses taux pour les années à venir entraînant une attractivit  du dollar et son appréciation”, lit-on dans cette note.

En outre, l’Europe devient plus compétitive, c’est-à-dire la production et les exportations augmentent. A l’inverse, les importations du pétrole seront plus  chères car les règlements se font en dollar. En revanche, les pays émergents seront en difficulté car lorsque les taux américains étaient proches de zéro, ces pays ont attiré des capitaux du fait que les obligations américaines étaient moins rentables. L’évolution future des taux de la FED entraînera un reflux des investisseurs vers les États-Unis. En outre, l’appréciation du dollar risque d’augmenter les déficits budgétaires suite à la hausse du prix des matières premières et des hydrocarbures, de grever davantage le déficit de la balance des paiements et d’accroître le coût de la dette en dollars.

Mac Sa

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Le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a affirmé, dans une déclaration ce jeudi 16 mars 2017, à Africanmanager, que la poste ne sera pas transformée en banque et ce, faute de non obtention d’une autorisation de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Il a par ailleurs expliqué que la Poste n’a pas pu répondre aux conditions éligibles puisque c’est un établissement public et non une société anonyme.

Moez Chahchouk a par ailleurs indiqué que la Poste Tunisienne a signé quatre accords avec Microcred, Enda, Tayssir et Advance Tunisie et ce, dans l’objectif de d’instaurer l’intégration financière en offrant de nouveaux services financiers aux catégories sociales qui ne sont pas concernées par les services bancaires traditionnels.

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Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) réuni mercredi 1er février 2017 à Tunis, a décidé de maintenir inchangé son taux d’intérêt directeur.

Lors de cette réunion, le conseil a procédé à l’examen de l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour, qui s’articulent autour des développements récents de la conjoncture économique internationale et l’analyse des principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers ainsi que des principales évolutions de la situation économique  au plan national, outre le suivi de l’évolution des indicateurs de l’activité du secteur bancaire, de la liquidité et des transactions sur le marché monétaire et sur le marché des changes.

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Le conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) réuni le 1er février 2017 a décidé, avoir examiné la position de la liquidité et des disponibilités monétaires ainsi que le déroulement des opérations de paiement, d’émettre un nouveau billet de banque de la valeur de 20 dinars.

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Lors de sa réunion périodique tenue en date du 1er Février 2017, le Conseil a procédé à l’examen de l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour, qui s’articulent autour des développements récents de la conjoncture économique internationale et l’analyse des principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers ainsi que des principales évolutions de la situation économique  au plan national, outre le suivi de l’évolution des indicateurs de l’activité du secteur bancaire, de la liquidité et des transactions sur le marché monétaire et sur le marché des changes, indique un communiqué de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Le Conseil a également pris connaissance de l’introduction de la cotation de la monnaie chinoise (yuan chinois) contre le dinar tunisien à compter du 1er Février 2017 et ce, pour les opérations au comptant et les billets de banque étrangers.

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Nous l’écrivions dans notre édition du 18 décembre dernier, la Tunisie fait commerce avec 172 pays, et son déficit affiche un montant total de 11,628 Milliards DT. Trois pays représentent plus de la moitié de cet énorme déficit (6,014 milliards DT). Il s’agit, par ordre d’importance, de la Chine avec plus de 3 Milliards, de la Turquie avec plus de 1,33 Milliards DT et de la Russie avec plus de 1,21 Milliards DT en moins d’une année.

Ce que nous avons pu confirmer, c’est que la BCT au moins, a de gros soucis à ce sujet. «Qu’il faille revoir notre position commerciale avec la Turquie et la Chine, cela me paraît essentiel. Le déficit de la balance commerciale avec la Chine n’est pas normal. Cela, je l’avais dit au gouverneur de la banque centrale de Chine, lorsque je l’avais rencontré et il m’avait donné raison», dit à Africanmanager le Gouverneur Chedly Ayari, lorsque nous l’interpellons à ce sujet. «Je constate et je dénonce le déficit commercial et je dis que c’est mauvais pour les comptes du pays. Je n’ai d’autorité, ni sur les importations, ni sur les exportations qui sont du domaine du ministère», avoue le premier responsable de l’institution qui finance le commerce extérieur. Pour lui, «il faut trouver des solutions, sans pour autant diminuer le commerce avec ce pays, et j’avais alors découvert que 70 % de nos achats de ce pays sont des équipements et non de la pacotille et que nous n’aurons jamais une balance commerciale positive avec la Chine».

–          Un MOU à transformer en convention pour que le Swap démarre

La BCT (Banque Centrale de Tunisie), est en train de trouver une solution à ce problème et d’essayer de donner une réponse, financière et monétaire, au problème du déficit de la balance commerciale, notamment avec la Chine d’où vient le plus grand déficit, bien que la Tunisie ne représente certainement qu’une goutte dans l’océan des échanges chinois avec le reste du monde. «On est en train de trouver des solutions pour cela. Nous pouvons, ainsi par exemple, passer par un accord Swap entre le Dinar et le Yuan (Un Yuan = 0,33 DT). Le principe est acquis et signé». Cet accord Swap est généralement adossé à une ligne de crédit, financée par le gouvernement chinois. Ces comptes seront gérés directement par les banques.

Le 12 décembre 2016, Chedly Ayari signait avec le Gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiachuan, un mémorandum d’entente et de coopération, favorisant une plus grande ouverture entre les deux secteurs bancaire et financier des deux pays. «Les deux gouverneurs s’étaient mis d’accord sur le principe de conclure une convention portant sur le swap du yuan contre le dinar tunisien dans le but de régler une partie des opérations commerciales et financières en monnaie nationale, ce qui permettra d’atténuer les risques de change pour les deux parties et d’intéresser davantage les importateurs chinois aux exportations tunisiennes», disait alors un communiqué de la BCT. «Nous estimons que les Swap de change, dont la Chine par exemple a signé 36 avec beaucoup de pays comme l’Egypte et le Maroc, permettra à l’importateur de payer avec la monnaie du pays en question, la Livre turque ou le Yan chinois», a précisé Chedly Ayari à Africanmanager.

Actuellement, par exemple, la Tunisie passe par le Dollar US pour payer les Chinois et les Turcs. Les Swap de change auront ainsi pour effet de fournir directement des lignes de crédit qui permettront de financer le déséquilibre de la balance commerciale sur le court terme. Le Dinar tunisien sera ainsi accepté comme collatéral et comme garantie et devient donc une monnaie de paiement, au cas où les Chinois voudraient importer des marchandises de Tunisie. «La Chine a donné son accord et nous sommes en train d’étudier la question».

C’est ainsi, par exemple, qu’un concessionnaire qui voudrait importer des voitures chinoises s’adressera à sa banque qui paiera ses importations en Yuan par le DT que convertira le banquier tunisien, à travers la ligne de crédit chinoise. Pour le Gouverneur Chedly Ayari, «un accès facile au paiement pourrait augmenter le déséquilibre des échanges, certes. Mais dans tous les cas de figure, les accords de Swap n’éliminent pas le besoin d’une gestion, au plus près, du commerce extérieur par les Etats en place pour regarder ce qu’on importe. Mais c’est surtout le moment de développer un courant d’exportation vers ces pays». Force est de constater que la Tunisie achète beaucoup de Chine, mais ne vient que rarement à ses foires pour essayer d’y vendre, comme pour le cas de l’excédent d’agrumes pour un marché chinois qui entre de plain-pied dans l’ère de la consommation.

La symbolique est importante. Le Yuan est convertible et pourrait même devenir une monnaie de paiement avec d’autres pays et notamment la zone Yuan qui existe déjà et pourrait même renforcer les réserves de change de la Tunisie. «On pourrait même utiliser ce biais pour engager un processus, hors commerce, d’investissement chinois en Tunisie. L’idée qui me trotte en tête et que j’ai déjà soumise aux Chinois, c’est de créer un fonds d’investissement sino-tunisien pour des projets communs d’infrastructure, de tourisme et autres. Le yuan deviendra un moyen de paiement, à court terme j’espère, un moyen d’investissement et un moyen de renforcement des réserves de change», se prend ainsi à rêver le Gouverneur Chedly Ayari.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas et douteraient de la possibilité de passer du rêve à la réalité, le Yuan est convertible et même considéré comme monnaie de réserve. Malgré les quelques restrictions qui le frappent encore, il fait partie des DTS (Droits de Tirages Spéciaux) du FMI depuis octobre dernier. Actuellement, dans le calcul de la valeur des DTS, il y a le Yuan.

–          Le Swap avec la Turquie n’est pas encore possible, mais on y pense

Le problème de l’énorme déficit est aussi valable, bien qu’à moindre importance en sommes d’argent, pour la Turquie. «Pour la Turquie, le déficit est tout aussi important, au point qu’il nous faut revisiter le commerce extérieur entre les deux pays. Il est hors de question de fermer les frontières. Les accords de l’OMC nous en empêcheraient. Autrement, les procédures sont longues et les mesures doivent être limitées dans le temps. C’est une mesure qu’un ministre du Commerce doit avoir en tête, mais c’est un recours de dernier ressort. L’idée, à mon sens, est de conforter ce déséquilibre par des lignes de crédit qui te fournit de l’argent dans la monnaie du pays avec lequel tu es déficitaire», reconnaît encore le Gouverneur de la BCT.

Reste à savoir si la solution que la BCT est en train d’essayer avec la Chine, pourrait être appliquée au pays avec lequel la Tunisie enregistre le 2ème grand déficit commercial. Il semble que non. «Le modèle chinois que nous sommes en train de mettre en place, ne pourra pas s’appliquer à la Turquie. Avec ce pays, nous pourrions développer la question des lignes de crédit à caractère commercial qui financeront les importations tunisiennes de ce pays et proposer le Swap. Nous n’en avons pas encore discuté avec ce pays, mais on l’envisage dans le cadre d’un nouvel accord monétaire et commercial», conclut pour nous le Gouverneur de la BCT.

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De formation journalistique, diplômé de l’institut technique de banque à Paris, Slah Kanoun a fait une longue carrière à la banque STB, sans oublier...

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