Dans un post sur sa page des réseaux sociaux, le député Sahbi Ben Fraj raconte dans le détail terrifiant sa visite avec deux collègues députés, au Centre du «Palais Husseinite» où ont été temporairement placés les enfants qui avaient été soustraits aux griffes de la Medrassa du Rgueb, où ils apprenaient les principes du terrorisme religieux, sous couvert d’apprentissage du Coran.

«Alors que nous traversions, en compagnie du délégué régional de l’enfance, le jardin du Palais Al-Husseini qui accueille les enfants de «l’école terroriste du Regueb», la députée Houda Salim a essayé d’aborder gentiment un des enfants en disant : mon fils, pourquoi ne portez-vous pas de chaussettes. Il fait pourtant froid. Froidement, en toute confiance et avec défiance, l’enfant lui répond que «ce ne sont que quelques jours et on montera à la montagne !!!

Pendant ce temps, l’un des responsables murmure un avertissement à la députée Leila Chettaoui, du fait qu’elle était en train de parler à l’Emir des enfants et leur chef. Il l’avait averti auparavant, à travers un de ses lieutenants, que «si elle lui parlait, il lui briserait la figure. Et en effet, la collègue Abir Abdelli évite de justesse le jet d’une orange lancée de «la tour de contrôle», dans un message clair disant que nous sommes ici les maîtres des lieux et que vous n’avez aucun pouvoir sur les enfants.

Dans le Centre, vous avez l’impression de visiter un mini-Emirat de Salafisme, hors du temps et de l’espace. Des enfants et des adolescents qui se répandent dans les coins du Palais, souvent en robe afghane, occupés aux différentes activités du centre (football, jeux vidéo, théâtre…..), pendant que les enfants et l’équipe de la «tour de contrôle», placée dans un coin en haut du Centre, ne rate aucun mouvement des visiteurs et des employés qui les encadrent ou communication entre les enfants, les cadres et les visiteurs du centre (médecins, psychologues, animateurs)
L’Emir se déplace activement entre les différents groupes, pour jouer son rôle de contrôle et de direction sur ses “sujets”. Il interpelle les responsables du centre, lance un reproche à cet enfant, et rappelle à cet autre adolescent que sa façon de se raser ses cheveux à la manière des Marines, est une hérésie passible de sanctions. Il dirige les manifestations qui demandent de quitter les lieux, dialogue avec les visiteurs et donne instruction aux enfants de répéter la phrase «nous voulons retourner à l’école et non pas à nos familles »

Nous avons quitté le Centre, partagés entre un sentiment de fierté pour le haut niveau des institutions et des cadres de l’Etat tunisien et un sentiment de choc et de surprise, nous demandant comment l’idéologie terroriste s’est-elle infiltrés dans la société tunisienne pour prendre en otage une partie de la société et l’arracher des mains de l’autorité de l’Etat ?
Ici au centre de protection de l’enfance, l’image des institutions de l’Etat civil qui s’occupe de ses citoyens et les protège se confond avec l’incapacité de l’Etat à fournir des soins et une protection à une partie importante de ses citoyens [Ndlr : que sont les enfants] (développement, emploi, assistance psychologique et sociale…). Nous quittons le Centre, la tête pleine de pensées, d’appréhensions et de questions brûlantes qui se bousculent.

Premièrement, que faisons-nous après la fin du séjour des enfants au centre et que l’attention des médias sur la question de l’école du Regueb se réduit en peau de chagrin ? Comment faire pour garantir que ces enfants, à leur sortie du Centre, ne rentrent pas dans d’autres nids terroristes et non dans leurs villages et leurs villes,?

Deuxièmement, comment pouvons-nous autoriser en Tunisie pour de telles écoles ? Combien y a-t-il en Tunisie d’école ou d’académie terroristes sous l’alibi de l’apprentissage du Coran ? Elles sont des dizaines, me répond un responsable qui les cite même du nom et les lieux d’établissement, dans les quartiers populaires et même des quartiers de haut standing.

Troisièmement. Comment se fait-il que les responsables régionaux ont-il pu ne rien savoir de tout ce qui se passait dans cette Medrassa du Regueb. Un véritable centre de d’endoctrinement terroriste au vrai sens du terme ? Isolation de l’environnement familial et éducationnel, rédemption de toue la société, formation semi-militaire, endoctrinement idéologique et mobilisation à travers toutes les région de la République. Que faisaient-il depuis trois ans tous ces Délégués régionaux, ces Gouverneurs, ces responsables de directions de la Garde Nationale, de la police, des services de renseignement, des responsables de l’enfance et des affaires sociales et où étaient-ils tout ce temps ?

Enfin. Force est de constater que l’idéologie terroriste a ses politiciens, ses députés, ses hommes de lois et de droit, ses avocats et ses organisations tunisiennes et internationales. L’idéologie terroriste a ses partisans et ses défenseurs qui l’entourent et se mobilisent pour le protéger et terrorisent tous ceux qui seraient tentés de faire face et de combattre ce système. C’est ainsi que des enfants embrigadés dans une académie terroriste deviennent de simples enfants qui apprennent le Coran, enlevés par les ennemis de l’islam qui les séparent de leurs familles, les prennent en otages et s’en prennent injustement à eux à travers le mécanisme de dépistage anal.

Ainsi fonctionne le système «Islam en danger». Comment fonctionne alors le système de défense de l’Etat civil ? Est-ce avec la même unité, la même solidarité et la même coordination ? Il fonctionne en chœur ou en mode «chaque partie contente de ce qu’elle a ? Allez-vous réagir ou est-ce vous allez mettre des blocus sur vos cœurs ?»

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