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jeudi 25 février 2021
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L’autre manière de parler des 10 ans de ladite révolution

Ce 14 janvier 2020 signe dix années d’une dite révolution qui n’a rien réalisé de ses desseins, ni contenté personne, tant sur le plan national qu’international. Plusieurs tentatives de putsch avortées d’un Ben Ali qui ne fuit pas et qu’on éloigne. Une révolution sur ordonnance, détournée par les Islamistes qui la chevauchent depuis 10 ans sans arriver à la dompter. Des jasmins fanés par les désillusions sociales, asséchés par l’incapacité de trois présidents, qui n’ont jamais été en harmonie avec les onze gouvernements formés à changer quoi que ce soit de la condition sociale des dits-révoltés. Un pouvoir divisé, qui se fait concurrence, et même la guerre à couteaux tirés, et ne réussit qu’à faire chaque année une nouvelle révolution, dans de la simple rotation.

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Une classe politique décimée par une justice, pas toujours juste et surtout pas pressée. Une classe économique décimée aussi, d’abord confisquée par une liste confectionnée par le 1er président élu de l’après changement de régime, et ensuite mise en miettes par une certaine justice qui n’a réussi qu’à tuer ses entreprises et les séparer de leurs enfants placés  sur une liste internationale de recherche malgré leur petit âge. On n’oublie pas la longue liste, et qui demeure secrète, des hommes d’affaires, interdits de voyage sans être jugés, et même interdits de voir leurs enfants, car recherchés sous l’accusation d’être nés avec leurs parents accusés.

Beaucoup, énormément, d’argent dilapidé. Des finances publiques détruites. Les pauvres, plus appauvris, et une nouvelle classe de riches qui surgit des draps de ladite révolution. Une parole, certes libérée. Mais une autorité de l’Etat, complètement effritée.

–          Une réconciliation morte sous les coups de la « justice » !

Dix ans de dite révolution, 2020 a connu un été meurtrier pour les Hommes d’Etat de l’ancienne Tunisie. Le tout premier ancien responsable du temps de Ben Ali à succomber au stress d’une justice de l’après révolution qui avait alors engagé une cabale sans merci contre tout ce qui touchait de près ou de loin à Ben Ali, Ahmed Mahjoub.

L’homme avait été celui qui avait négocié la vente des 35 % de Tunisie Télécom pour le montant de plus de 3 Milliards DT, consignés alors par l’ancien régime dans un fonds dit « fonds des générations » et qui sera par la suite vite dilapidé par le gouvernement. Mahjoub avait succombé à une crise cardiaque dans sa voiture, alors qu’il se dirigeait vers la capitale, sur convocation d’un juge d’instruction.

On passera sur le cas de l’homme d’affaires Jilani Daboussi, mort après quelques jours de sa sortie de prison où il était en détention dans l’attente d’un procès qui n’aura jamais lieu, pour accusation de corruption. On passera, aussi, sur les cas de plusieurs des membres des familles Trabelsi et Ben Ali, les uns décédés pour manque de soins en prison, ou pour refus de levée de l’interdiction de voyage pour aller se faire soigner à l’étranger.

Second, mort sous les coups de la justice tunisienne de l’après révolution, Abdelaziz Ben Dhia, membre du RCD dissout, plusieurs fois ministre sous Ben Ali, pour terminer Conseiller spécial auprès du président de la République. Il avait été l’un des premiers, avec Abdelwaheb Abdallah, à être détenu à la caserne militaire d’El Aouina, puis transféré à la prison civile d’El Mornaguia. On se rappelle l’abattage médiatique fait autour de leur première comparution, sous les quolibets populaires et sous surveillance policière qui laissait faire dans un indescriptible tohu-bohu. Après 3 années de prison dans des conditions dégradantes, il est libéré en février 2014 sur ordonnance de la chambre de mises en accusation du tribunal de Tunis. Une année plus tard, il succombe « suite à une longue maladie » pouvait-on seulement lire sur les journaux.

Des morts, presque des assassinats, qui ont tué toute politique de réconciliation. Une tuerie, celle de la réconciliation, où le rôle d’une IVD que le dernier rapport de la Cour des Comptes a démystifié, mis à nu ses dérapages, et sa mauvaise gestion, administrative et financière et passé ses dossiers en justice.

–          Mort après une sentence de 6 ans, pour une réorientation universitaire

Le 21 mars 2017, la chambre criminelle au tribunal de première instance de Tunis condamne Lazhar Bououni, natif du bassin minier, à six ans de prison pour « abus de pouvoir et gains illicites qui ont touché aux intérêts de l’administration ». Condamné pour une affaire, où il était accusé d’avoir autorisé une réorientation universitaire, ordonnée par Ben Ali, de la fille de Sahbi Amri, un ex-conseiller de Ben Ali, dira l’avocat Adel Kaaniche et en application de l’article 96 du code pénal.

Il mourra six mois après, le 14 octobre de la même année à la suite d’une crise cardiaque, alors que son procès était encore en appel. Comme lui, beaucoup ont été traînés dans la boue de la justice, juste pour être humiliés, faute de justes arguments pour les inculper. Ils ont été ,entretemps, remplacés par d’autres personnalités, qui ont plus que profité d’un « système Ben Ali », que ladite révolution avait pris soin de ne pas démonter, et ses hommes en ont profité à leur tour et à leur manière, jusqu’à voir un ancien ministre, aujourd’hui disparu, qui signe ses propres compensations pour les années de lutte contre Ben Ali, un chef de gouvernement accusé de conflit d’intérêts et qui est dernièrement passé devant les juges du pôle financier, des poste d’emplois distribués selon l’appartenance partisane et des partis accusés de financement délictueux de leurs campagnes.

–          Une confiscation, qui n’a presque rien rapporté

La confiscation a été lancée par le défunt chef d’Etat Béji Caïed Essebssi, et dont l’actuel successeur Kais Saïed voudrait récupérer ce qui reste d’un argent, toujours pas démontré. « Cachée » dans un ancien local d’une des entreprises de Belhassen Trabelsi, elle gère les entreprises confisquées aux anciennes familles du défunt président tunisien Ben Ali. Tout ce qui avait été confisqué n’a pas toujours été de son ressort, comme les grosses voitures ou les grands palais. Beaucoup de ces biens confisqués, et notamment l’immobilier, ont été « vendus » dans la discrétion des couloirs de l’administration de la commission de gestion des biens confisqués qui relève directement de la Primature tunisienne. Des rumeurs, jamais confirmées et jamais démenties, font quelques fois état de biens invendus et d’autres vendus à des personnalités de l’actuel régime. Ce qui est sûr, c’est que cette commission n’a jamais communiqué sur son travail et ses résultats.

Tout ce qu’on sait, c’est que cette confiscation n’a que très peu rapporté à l’Etat. Un nouvel Etat de la révolution, dont le seul souci est de punir tous ceux qui s’étaient tus et ne les avaient pas aidés contre Ben Ali, et de leur enlever tout, pour se le redistribuer. Une confiscation donc, qui n’a servi, ni l’Etat ni son économie, ni ses citoyens, et une dite révolution qui n’a pas réussi à démontrer, ni à récupérer, les dites grosses sommes dérobées. Ladite révolution tunisienne n’a enlevé aucun privilège. Elle en a juste changé les bénéficiaires !

–          Le « Fassed », institué en mode de gouverner

Dix ans, pendant lesquels la lutte contre la corruption est érigée en mode de gouvernement, dans une République des juges, où la justice est divisée entre syndicat et association, qui se donne en spectacle sur les plateaux TV et y étale ses querelles à satiété. Une justice qui traîne le pas dans certains dossiers au choix (Comme ceux d’Imed Trabelsi ou Chafik Jarraya), même les meurtres politiques (comme ceux de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi), et met sur le gril ceux qu’elle veut (Comme de Sami Fehri ou Nabil Karoui).

Dix ans, pendant lesquels le syndicalisme est aussi devenu un 5ème pouvoir, qui fait et défait les gouvernements, qui détruit l’économie par le droit de grève et toutes les formes de protestations, même celles qui prennent en otage les vannes du pétrole, les rails du transport du phosphate, ou encore les entreprises de production du gaz domestique. Le tout, dans un pays qui vit à crédit, qui lutte sans moyens contre la pandémie du Coronavirus, et qui ne se décide pas à opter pour la vaccination massive, pour sauver son économie.

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