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vendredi 26 février 2021
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Le gouvernement Fakhfakh part vent debout !

Après maintes péripéties et circonvolutions de haut vol, le gouvernement composé par Elyès Fakhfakh appareille enfin vers un mandat dont nul ne sait combien il va durer ni de quoi il sera fait. Ce ne sera toutefois pas un saut dans l’inconnu, car le nouveau locataire de la Kasbah sait, à son échelle, ce qu’il est tenu de faire, et il a établi, à cette fin, une hiérarchie de priorités qu’il a exposées à un parlement dont on ne peut pas conclure qu’il lui est acquis. Des députés qui tirent d’ores et déjà a hue et à dia, donnant peut-être le la de ce que pourraient être les relations entre un Législatif si fragmenté et un Exécutif dont le vote de confiance s’apparenterait à une victoire à la Pyrrhus.

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C’est d’autant plus incertain que la deuxième force politique du Parlement, le parti Qalb Tounès, ne donne pas cher de la peau d’un gouvernement dont il a été sentencieusement écarté mais dont il ne cherchait paradoxalement pas la chute. « Le gouvernement du Fakhfakh a une base fragile », a déclaré l’un des caciques du parti, Oussama Khelifi. « Avec le peu de soutien qu’il a, il ne peut pas faire grand-chose », a-t-il déjà pronostiqué, comme sûr de son fait.

Symptôme d’un échec programmé !

Le constitutionnaliste Aymen Zaghdoudi, abonde dans le même sens, en déclarant au Middle East Eye que le gouvernement, peuplé d’islamistes, ne parviendrait pas à surmonter plusieurs obstacles, notamment l’adoption de lois visant à modifier la constitution, qui requièrent une majorité des deux tiers au Parlement. « Un symptôme de l’échec du gouvernement peut être repéré dans la disparité entre les membres de la coalition, dont certains sont sociaux-démocrates et d’autres libéraux », a-t-il expliqué pour arriver à la conclusion que «  cette situation constituera un véritable obstacle à la réalisation des réformes, notamment dans les domaines sociaux et économiques ».

C’est à se demander si, quelque part, le gouvernement désormais en place emboîterait le pas à ceux qui l’avaient précédé,ayant été tiraillés entre des luttes politiques internes et des protestations qui se sont multipliées, pour une variété de motifs, le plus souvent discutables et en dernière analyse, évitables. Mais il est vrai , dans la même temps, que le pays est en proie à un taux de chômage de 15 %, une dette publique importante et des services publics inadéquats, autant de problèmes qui ont poussé les électeurs à rejeter l’establishment politique lors des élections présidentielles et parlementaires de l’automne dernier.

« Mettre en avant un programme politique cohérent et décisif sera un défi pour ce gouvernement, un autre sera de reconstruire la confiance du public dans son appareil parlementaire et d’écarter l’impression de transactions en coulisses et d’arrangements clientélistes », a déclaré Max Gallien, analyste de la Tunisie et chercheur à l’Institut d’études du développement (IDS) au Royaume-Uni.

« Mais l’unité du gouvernement n’est pas la seule question intéressante, il sera également important d’observer comment les acteurs de l’opposition sont capables de se positionner face au gouvernement, et d’essayer de gagner du terrain en tant que véritable alternative programmatique, ce avec quoi de nombreux partis ont lutté dans le passé », ajoute-t-il, cité par MEE ».

Et les grandes réformes !!!

Les analystes affirment qu’avec Qalb Tounes dans l’opposition au gouvernement, le gouvernement de Fakhfakh pourrait avoir du mal à obtenir la forte majorité parlementaire nécessaire pour résoudre les problèmes économiques de longue date du pays. « La coalition de Fakhfakh sera plus cohérente sur le plan idéologique que l’alliance Ennahdha-Nidaa Tounès de 2015, en ce sens que ces partis seront avant tout pro-révolution et anti-corruption », a déclaré Sharan Grewal, chercheur à la Brookings Institution au même MEE. « Cela dit, il n’y a guère d’accord sur les grandes réformes économiques, Tahya Tounes et Achaab n’étaient pas d’accord publiquement sur la question de savoir s’il fallait autoriser la privatisation des entreprises publiques ». Le spécialiste des affaires tunisiennes pense que « la coalition se concentrera d’abord sur la principale réforme économique qui les unit- la lutte contre la corruption – et reportera encore les réformes structurelles du secteur public jusqu’à ce que la coalition puisse trouver un accord interne ».

LM

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