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jeudi 24 septembre 2020
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L’ère post-Fakhfakh a commencé. Elle est mal barrée !

Après la démission du chef du gouvernement tunisien, l’ère post-Fakhfakh a commencé mais, à y regarder de près, pas tout à fait. Le locataire de la Kasbah, sans vouloir s’y installer à perpétuelle demeure, ne semble pas près de lâcher une portion de ses pouvoirs si epsilon soit-elle. Il entend bien les exercer aussi longtemps que durera l’expédition des affaires courantes au grand dam du mouvement Ennahdha, dont le chef du groupe  parlementaire, Noureddine Bhiri, trouve « insensé » que Fakhfak limoge les six ministres du parti islamistes le soir même de sa démission et porte ainsi si « atteinte aux intérêts de l’Etat en faisant fi de la Constitution et de la loi ». « On ne peut pas être démissionnaire et limoger des ministres », a-t-il dit,  appelant le  président de la République, Kais Saied à œuvrer avec Ennahdha à mettre un terme à ces agissements et à respecter les dispositions de la Constitution et de la loi.

La quête du nouvel « oiseau rare »

On ne voit pas comment le chef de l’Etat va se débrouiller pour le faire, étant plutôt occupé à trouver un successeur à Elyes Fakhfakh. Une tâche qui ne devrait pas aller au-delà d’une semaine, à charge pour le nouvel « oiseau rare » de former, avant un mois, un gouvernement capable de recueillir une majorité au sein d’un parlement divisé. Si l’Assemblée des représentant du peuple  ne parvient pas à se mettre d’accord sur un nouveau gouvernement,  de nouvelles élections seront organisées dans les 90 jours.
Un scénario qui, malgré la complexité qui s’y attache,  a manifestement les faveurs du président de la République, soucieux de ne pas perdre la main et faire au mouvement Ennahdha le cadeau de désigner lui-même de conserve avec ses alliés, le prochain chef du gouvernement au cas où il y aurait motion de censure, un schéma que Fakhfakh semble avoir tenu à éviter en présentant sa démission, tirant ainsi le tapis sous les pieds de ses ennemis de Montplaisir.

« Il est peu probable que  Fakhfakh ait pu survivre en tant que chef du gouvernement au milieu des soupçons  de conflit d’intérêts », a déclaré au site  « The National »  le chercheur à la Brookings Institution, Sharan Grewal. « Le président et le gouvernement ont tous deux défendu des programmes de lutte contre la corruption. Le seul allié qui restait à Fakhfakh était le président Kais Saied, et toute l’image de Saied repose sur une personnalité propre et incorruptible », a-t-il expliqué au site « The National ».

La tâche qui attend maintenant le président de la République est peu enviable. La fracture avec le Parlement a rarement été aussi prononcée, et les sentiments de rancune sont profonds. Un sentier rocailleux dans lequel se trouve engagé le chef de l’Etat dans sa quête de nommer une  personnalité capable de s’assurer un large soutien auprès d’une Représentation nationale fragmentée, morcelée et instable.

Un écueil nommé perchoir

Si le parti Ennahdha peut espérer jouer un rôle déterminant au sein du  gouvernement projeté, il devra  d’abord faire face à la motion de censure contre son propre chef, et président de l’Assemblée des représentants du peuple et  surtout vaincre la  résistance hostile au sein d’une partie de l’hémicycle, notamment celle du Parti Destourien Libre  qui s’oppose farouchement à la présence de Ghannouchi au perchoir.

Soixante-treize députés ont déposé, ce jeudi, auprès du bureau d’ordre de l’ARP, une motion de retrait de confiance au président du Parlement. Le président du bloc démocratique, Hichem Ajbouni, a précisé que  l’élaboration de la motion qui  a commencé depuis lundi dernier, se  justifie par un « mauvais rendement du président de l’ARP et sa mauvaise gestion du parlement provoquant un climat tendu dans l’hémicycle ». Rached Ghannouchi agit en tant que chef du parti d’Ennahdha et non en tant que président de l’ARP, a-t-il expliqué.

« La pétition visant à retirer la confiance à Ghannouchi en tant que président du parlement va probablement se poursuivre, mais ces développements simultanés ont montré clairement à Ennahdha que les partenaires actuels de la coalition ne sont pas fiables », a déclaré le chercheur  Grewal,  en se référant au soutien apporté à la motion contre  Ghannouchi par presque tous les alliés d’Ennahdha au gouvernement.
« Ennahdha va probablement renforcer son alliance parlementaire avec la coalition  Al-Karama et Qalb Tounes, à la fois pour conserver le perchoir pour  Ghannouchi et pour former potentiellement le gouvernement », a-t-il  conclu.

LM

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