Les bons projets de Battikh, pour Radès, Bizerte et Sfax où ça...

Les bons projets de Battikh, pour Radès, Bizerte et Sfax où ça baigne parfois en eau trouble

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L’OMMP, office de la marine marchande et des ports, est l’une des rares entreprises publiques qui restent bénéficiaires, malgré un effectif de 1363. En 2017, l’office a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 200 MDT, dont 7 MDT de bénéfice net. L’office est aussi l’investisseur de référence en matière d’infrastructure portuaire, si importante pour le commerce extérieur tunisien. Et ses projets sont nombreux. Africanmanager en a parlé avec le PDG Sami Battikh, qui n’a pas peur de parler aussi des difficultés que trouvent certains investissements. Interview :

Que prévoyez-vous à Sfax, autre important pôle commercial pour la Tunisie ?

Nous y avons lancé des travaux de réhabilitation à l’instar du port de Sousse. A priori, nous disposons d’un fond foncier s’étalant sur 13 hectares à proximité de la région de «Taparura» (un ancien site pétrolier), dont nous allons exploiter 600 mètres de linéaire de quai, derrière les terre-pleins.

Nous avons des problèmes dans cette région. Il y a en effet, une tierce partie qui veut prendre une partie de ces terre-pleins afin de construire un chott à Sfax. Pour nous, notre première orientation est de construire un terminal à conteneurs là-bas. Après une série de réunions organisées dans le gouvernorat de Sfax en présence de la société civile et du gouverneur, il a été décidé de construire une nouvelle gare maritime de Sonotrak qui représente une pression au niveau de transit dans cette région. En plus, il y a un danger pour les navires Sonatrak qui entrent dans le port. Donc l’idée est de transférer la gare maritime de Sonotrak (Société Nouvelle de Transport de Kerkennah) vers la région de «Taparura». Nous construirons d’autres quais, une gare maritime, une route ; au moins, nous réalisons quelque chose moderne dans cette région pour y faire face à l’encombrement, et pour réduire les files d’attente. Donc l’étude a bel et bien commencé en 2019, et nous espérons que l’exécution de ce projet maritime démarrera en 2020.

Combien coûte la réalisation de ce projet ?

Pour l’office des ports, il est estimé à 30 MDT et pour la Sonatrak, c’est entre 10 MDT et 20 MDT.

Est-ce que la société Sonotrak a les moyens financiers pour ce projet ?

Nous avons entamé le plan directeur tout en coordonnant avec la société Sonotrak, et en tant qu’office des ports, nous sommes prêts à lancer les travaux. Je précise encore que les études techniques commenceront cette année.

Est-ce qu’il s’agit de Sonotrak de Kerkennah ?

Oui bien sûr. En ce qui concerne le second projet et lorsqu’on parle du port de Sfax, nous comptons faire une liaison avec celui de Skhira, où il y a les usines de NPK, dont nous allons exploiter 23 hectares. Le projet de l’office consiste à transférer les activités des usines de NPK vers Skhira. On va récupérer les terre-pleins et postes à quai qui seront consacrés pour le trafic vrac solide.

S’agit-t-il de votre propre vision ?

Oui, c’est la vision de l’OMMP. Nous avons présenté cette approche au ministère de tutelle. D’ailleurs, nous avons une étude pour la Skhira, mais elle est bloquée par les syndicats de la société de transport par pipe-line Sahara (Trapsa).

Le port de Skhira sera dédié au trafic des hydrocarbures et des produits chimiques, y compris le chimique de Sfax et, bien sûr, nous voulons développer le port en question pour avoir des terminaux là-bas, de conteneurs et général cargo…Donc c’est notre vision pour Skhira.   

Que veulent les syndicalistes ?

Ils veulent que la concession du port Skhira reste chez la Trapsa et non pas chez l’office OMMP. Ils veulent que l’Etat accorde la concession à la Trapsa, alors que nous leur avons précisé que c’est l’office des ports qui accorde la concession pour le terminal hydrocarbures Trapsa. Je rappelle que la Trapsa est une institution publique(…) à mon avis, les choses n’ont pas avancé depuis un an et quatre mois.

Où est le problème exactement ?

Ils veulent rester seuls dans cette zone, parce que les salaires chez la Trapsa sont plus élevés, en comparaison avec ceux de l’office des ports, parce que si elle sera chez l’office des ports, l’autorité portuaire (la capitainerie, les remorqueurs, le pilotage…) sera chez l’office et ces employés veulent garder les avantages de la Trapsa.

L’usine de la NPK est prête pour la délocalisation ?

L’étude du plan directeur du port de Skhira est cofinancée par le Groupe chimique où il compte délocaliser ses activités. Le seul problème est d’ordre syndical. Est-ce qu’ils vont accepter de sortir de Sfax pour se déplacer à Skhira ou non ? Le groupe chimique est conscient de tout cela. La preuve est qu’il finance l’étude. Les terre-pleins à récupérer, soit 23 hectares, seront utilisés pour créer un terminal général cargo. Reste toute la rive Nord du port de Sfax qui sera réservée pour le trafic des conteneurs et unités roulantes. Nous allons construire un terminal céréalier dans les anciens quais de Sfax. Pourquoi ? Parce que le terre-plein étant situé devant les anciens quais de Sfax, la municipalité va bénéficier de 18 mètres pour élargir la route devant le port. Donc il n’y aura pas de grandes superficies et c’est pour cela qu’on va exploiter les terre-pleins pour un terminal céréalier avec des silos. C’est le projet du port de Sfax. Mais actuellement, les terre-pleins sont dans un bon état, nous avons tout refait et c’est la même chose pour celui de Gabès, Zarzis (remise en état des quais et création d’une gare maritime).

Je note que des réunions quotidiennes ont été tenues à Zarzis, et nous allons amener des lignes régulières pour le port de Zarzis, qui renforceront le trafic dans ce port. Nous espérons ainsi confirmer notre réussite pour lancer une deuxième ligne de rouliers entre l’Italie et Zarzis d’ici fin du mois en cours.

A part le port d’Enfidha, quels sont les projets qui seront bientôt exécutés par l’OMMP ?

Pour moi, le plus grand projet, c’est le port de Radès, comme l’avait ordonné le chef du gouvernement, donc nous sommes en train de travailler sur les quais huit et neuf, ils sont importants parce que tout simplement le problème du port de Rades c’est qu’il a été spécialement conçu pour le trafic roulier.

Depuis sa création, le port de Radès traite plus de conteneurs que d’unités roulantes. Il y a lieu donc de séparer ces deux trafics, donc l’importance des quai 8 et 9 tout en ajoutant le 6 et le 7, nous allons avoir un terminal roulier 1 à 5 et un terminal à conteneurs 6, 7 ,8 et 9, de plus pour atteindre la rentabilité internationale. Il faut donc utiliser des grues portiques et on ne peut pas actuellement équiper les postes à quais 6 et 7 de grues portiques, leurs résistance ne le permettant pas.

Le projet consiste donc en la construction de 530 mètres de linéaire de quai et le renforcement de l’actuel quai 7. Ainsi nous aurons un total de 680 mètres de linéaire de quai équipées de 6 grues portiques type Panamax. Les terre-pleins seront équipés de 21 RTG, ce qui permettra d’atteindre un rendement horaire par poste à quai de 50 conteneurs et de tripler la capacité de stockage du port tout en rapprochant les aires de stockage des postes à quai et en automatisant la gestion.

Les deux quais 8 et 9 seront construits ?

Le dépouillement des offres est terminé. Le contrat de construction sera signé courant mois de février et les travaux débuteront fin avril début mai.

Et le financement ?

C’est pour l’office des ports OMMP.

Ils seront accordés en concession bien sûr ?

Pour nous, les lois sont bien claires, pour chaque appel d’offres, on doit faire jouer la concurrence. Une étude auprès de la Banque mondiale et confirmée par une autre étude chez l’AFD, montre la nécessité d’avoir un seul exploitant du terminal à conteneurs et que la concession doit être octroyée à la STAM qui doit s’associer avec un partenaire privé.

Les investissements pour la création de ce terminal à conteneurs sont de 200 millions de Dinars pour l’office des ports et de 300 MD pour le futur exploitant (Grues portiques, RTG et aménagement des terres pleins).

Donc vous ne pouvez pas vous débarrasser de la STAM ?

Non, on ne peut pas. Si le programme sera exécuté et avec la présence d’un partenariat public-privé et construire des grues portiques, le rendement sera multiplié par 6.

Elle n’a pas les moyens financiers ?

C’est pour cela que j’ai dit qu’il faut trouver un partenariat public-privé. La STAM est performante surtout à Sfax, elle existe et elle a un portefeuille client.

Le second projet, c’est la flotte de l’office des ports qui est très ancienne (les remorqueurs et les pilotins). Nos remorqueurs sont anciens et ils sont âgés entre 36 et 45 ans, ce qui constitue un danger pour l’accostage navire, donc nous avons un programme pour acquérir 6 nouveaux remorqueurs avec un coût de 135MD. L’appel d’offres est achevé, il sera présenté à la haute commission des appels d’offres, et début février, nous allons signer le contrat.

Il y a aussi deux autres projets au port de Radès : un quai multi-vrac et nous allons construire un nouveau quai vrac d’une longueur de 200 mètres pour un coût de 37MD et l’appel d’offres est en cours.

Troisième chose. On a un quai pétrolier à Radès, et nous sommes en train de le refaire complètement. Les travaux ont commencé depuis deux semaines. Le dernier projet sera lancé sous format BOT pour construire un quai céréalier sur un terrain de deux hectares. Devant ce terrain, on peut construire un quai céréalier de 200 mètres linéaires. Nous allons lancer un appel d’offres national et international en BOT. Donc le futur concessionnaire aura le droit de construire un quai de 200 mètres et deux hectares de terre-plein. Il doit aussi avoir des chargeuses, des bandes transporteuses et construire un silo de 50 mille tonnes. L’objectif est d’éliminer les surestaries et faire des économies d’échelle et diminuer ainsi le coût d’import de céréales.

L’appel d’offres sera lancé quand ?

Dans les jours à venir, nous allons présenter un dossier au conseil ministériel. Et dès que nous recevons l’accord, nous lancerons l’appel d’offres en BOT.

Et que comptez-vous faire à Bizerte qui prépare un nouveau pont ?

Pour le port de Bizerte, nous avons le projet d’un deuxième quai pétrolier. Nous attendons juste l’achèvement des études techniques et nous lancerons l’appel d’offres pour un projet à 70 MDT. Nous aurons ainsi deux quais pétroliers et non pas un seul, à la disposition de notre client la STIR. Il nous restera alors encore quatre projets. Un projet en dessous du nouveau pont qui sera construit, nous avons 13 hectares à proximité de la cimenterie de Bizerte. Nous voulons construire deux postes à quais et deux terminaux. Nous sommes en train d’achever les études, le business plan et ils seront accordés en BOT pour celui qui veut exploiter les 13 hectares. Le choix l’activité est ouvert pour la personne intéressée et nous allons étudier toutes les propositions. L’appel d’offres en BOT concernera le poste à quais, les terre-pleins et les équipements. Un deuxième projet en BOT concernera la gare maritime côté Zarzouna, pour un terminal qui accueillera les navires Ropax, pour réduire la pression au niveau du port de la Goulette. Le port de Bizerte va nous permettre d’accueillir des navires venant de Marseille ou de Gênes, tout en gagnant quatre heures par rapport à la Goulette. L‘endroit est attractif.

Le dernier projet, c’est d’élargir le port de Bizerte de trois hectares et de faire un autre poste à quai. Nous avons demandé à la STS (Société Tunisienne du Sucre) de nous dévoiler son orientation future dans cette activité, nous attendons le plan directeur.

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