AccueilLa UNEL’homme qui a détruit l’investissement!

L’homme qui a détruit l’investissement!

Les intentions d’investissement en Tunisie, pour les projets dont le coût dépassent 15 MDT, ont connu une baisse de 42% durant l’année 2021 par rapport à 2020, passant de 2818,05 MDT à 1620,8 MDT et une baisse de 26% par rapport à la même période de 2019. Le nombre de postes d’emploi a connu une baisse (ar) de 24% par rapport à l’année 2020 et une baisse de 27% par rapport à l’année 2019.

On pourrait certes temporiser, comme on l’indique dans cet autre article sur nos colonnes, et dire même que la Tunisie revient dans le viseur des investisseurs. Il n’en demeure pas moins vrai que, selon les données statistiques obtenues par « African Manager » auprès de l’Autorité tunisienne des investissements, le taux d’attraction des investissements au cours de l’année écoulée a enregistré une baisse de 26 % par rapport à la même période en 2019. Et que le nombre d’emplois créés, quant à lui, a diminué de 24 % par rapport à 2020 et de 27 % par rapport à 2019.

–          La preuve par le chiffre, et le lien par la courbe

Force est de constater aussi que la courbe des intentions d’investissement avait réagi positivement à l’annonce du 25 juillet 2021 du chef de tout l’Etat tunisien. A l’image d’ailleurs d’un  grand nombre de Tunisiens, la courbe de l’évolution des intentions d’investir est remontée en flèche en août (Voir le graphique).

Cette euphorie des intentions d’investissement était portée par l’espoir de changement que suscitait alors le coup du 25 juillet. Changement surtout dans le climat de l’investissement en Tunisie, comme l’attendait certainement, en août dernier, cette délégation de l’équipementier automobile français Faurecia. En août 2021, les intentions d’investissement culminaient alors subitement à presque 700 MDT.

Le 22 septembre 2021, le chef de l’État devenait chef de tout l’Etat tunisien, en promulguant des dispositions renforçant ses prérogatives au détriment du gouvernement et avec lesquelles il s’arroge le droit de légiférer par décrets. Les intentions d’investissement s’affaissaient au plus bas (Moins de 50 MDT), et remontent un tout petit peu en novembre pour ensuite faire un sursaut de fin d’année.

Toute l’euphorie pour une action qui devait être porteuse de changements, était donc  tombée  en septembre, tant au niveau des intentions d’investissement des locaux, qu’à celui des IDE comme le démontrent les chiffres officiels de la Fipa. Plus sensibles que les autres aux changements politiques et économiques, les investissements étrangers de portefeuille baissaient de 62,1 % en 2021, après une baisse de 87,9 % en 2020. Les IDE (Investissements directs étrangers), passaient de 1,898 Milliard DT en 2019, à 1,365 Milliard DT en 2021.

–          Que disent les autres de l’investissement en Tunisie ?

Dans son dernier rapport, intitulé « Où investir en Afrique », la Rand Bank sud-africaine classait la Tunisie à la 17ème position après l’Algérie 11ème, l’Ethiopie 12ème, le Sénégal 13ème et le Maroc 2ème dans l’attractivité de l’investissement.

Depuis octobre, la dette souveraine tunisienne a été classée C (investissement spéculatif) avec perspectives négatives. Fitch ratings a aussi dégradé la notation souveraine de la Tunisie en juillet à B-, aussi avec perspectives négatives.

Dans son tout dernier rapport sur la Tunisie, la Banque Mondiale attirait l’attention sur les difficultés à investir dans certains secteurs en Tunisie. Elle prend ainsi l’exemple du « secteur de l’électricité  fermé aux investissements privés, sauf pour la production à partir de sources d’énergie renouvelables, mais la STEG contrôle la transmission et la distribution. Même en l’absence de restrictions à l’investissement, les nouveaux entrants ne seraient pas en mesure d’opérer, car aucune réglementation n’est mise en place pour favoriser la concurrence. Par exemple, l’accès aux infrastructures par des opérateurs tiers n’est pas légalement garanti et il n’y a aucune obligation de dissocier la production, les infrastructures et la vente au détail ». Des faits, et d’autres encore plus dans le domaine de l’environnement de l’investissement, que les opérateurs, tant locaux qu’étrangers, s’attendaient à voir changer avec Kais Saïed.

Mais c’est uniquement de politique que parle depuis bientôt deux ans le désormais chef de tout l’Etat tunisien. Et l’investissement, dont on dit officiellement qu’il est libre, reste cannibalisé par les autorisations et les restrictions administratives et douanières. « Un climat des affaires assez rigide peut expliquer aussi la faible réactivité de l’économie tunisienne dans la mesure où il étouffe l’allocation des ressources », souligne le même rapport de la BM.

–          Voici le résultat de plus de 2 ans, de paroles et d’inaction 

On jurerait presque que Kais Saïed ne lit jamais ce genre de rapport. Et quand bien même il le ferait, dire comme il l’avait fait en mai dernier chez France 24, que « le climat politique est malsain et n’incite pas à l’investissement », c’est l’art de se tirer une balle dans le pied de son propre pays, que pratique le chef de tout l’Etat tunisien. Dire aussi de son propre pays, comme il l’a fait à plus d’une reprise en Conseil des ministres ou devant des invités locaux, que derrière chaque loi en Tunisie, il y a un voleur, ou l’intention de légaliser un vol », n’est certainement pas de nature à apaiser les peurs et les appréhensions des investisseurs locaux, qui font l’objet de cabales judiciaires depuis le 25 juillet 2021, et étrangers qui voient, depuis des mois, la note souveraine dégringoler et les lois du pays où ils compteraient investir ainsi décrites. Voici tout en chiffres Mr le président, le résultat de vos paroles !

La cheffe de ce qui reste de l’Etat, un gouvernement dont elle ne préside même pas le Conseil des ministres, et qui devait s’occuper de tout cela, n’en fait rien et maintient tout une économie dans le noir, comme généralement celui de ses accoutrements .

Et même lorsqu’elle arrive à fabriquer une loi des finances, « on n’y décèle aucune vision, peu de cohérence et une mosaïque de mesures, si mal assemblées qu’elles ne prêteraient à aucune conséquence d’intérêt, si peu pertinent soit-il ». Et surtout, comme l’a estimé le président de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), Taïeb Bayahi, « elle reste irréaliste par rapport aux changements qui s’opèrent au niveau mondial et comporte de nombreuses contradictions dans les hypothèses sur la base desquelles elle a été adoptée ». Et Zied Jawadi de la chambre syndicale des SCI de l’Utica (ar) d’ajouter que « le millier d’entreprises du commerce international s’apprêtent à quitter définitivement la Tunisie, ou à changer la nature de leur activité qu’elles exercent depuis de nombreuses années, en raison des procédures contenues dans l’article 52 de la loi LF 2022 », ce qui engendre déjà une perte de 375 MDT en exportations. L’exportation qui est l’un des moteurs de la croissance en Tunisie.

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3 Commentaires

  1. les problèmes de la Tunisie ne datent pas depuis un 25 juillet 2021 mais ils résultent depuis 2011 lorsque les islamistes et leurs differents alliés ont pris le pouvoir certes par les urnes donc les problèmes d’aujourd’hui sont les conséquences d’une mauvaise gestion des differents gouvernements depuis 2011 la pauvre cheffe de gouvernement actuel ne peut rien faire sans l’aide de son chef et les organisations sociales surtout le syndicat UGTT qui a ruiné en partie le pays par ses revendications de salaires depuis 2015 .

    • Et que pensez-vous cher Monsieur des 23 ans de Ben Ali et des 30 ans de Bourguiba ? Si la situation était bonne pourquoi alors le peuple tunisien s’est révolté ? J’espère que les considérations purement « idéologiques » ne ferment pas nos yeux sur la réalité.

      • C’est juste mais les islamistes ont joué le même rôle sous Bourguiba et Ben Ali aujourd’hui ils avancent à visage découvert
        L’UGTT empêche les énergies renouvelables de se développer alors que la centrale de Rades est opérée par le Qatar
        Même L’UGTT est islamiste
        La cia s’amuse bien en Tunisie et ça date de l’indépendance

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