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Mais à qui, de qui et de quoi, parlait le Sphinx de Carthage ?

Toujours égal à lui-même, véritable sphinx politique et Robocop du verbe. Incompris et incompréhensible animal politique qui résiste à tous les sondages, malgré le peu, le très peu de  réalisations- les siennes- et le flot indécodable de paroles. Tel était apparu encore, hier mercredi à Carthage, le chef de l’Etat tunisien Kais Saïed qui recevait le SG de l’UGTT.

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–          Qui sont ces pécheurs en eaux troubles ?

Sans que l’on sache à qui il s’adressait, puisqu’à un moment, il quitte son invité des yeux et s’adresse directement (genre où est la caméra de Nabil Karoui) à la caméra et attaque tout de go, que « ceux qui pèchent en eaux troubles, car ils ne peuvent vivre qu’en eaux troubles, et qui tentent de nous y entraîner, se trompent d’adresse », dit ainsi le chef de l’Etat tunisien, comme s’il ne le faisait pas lui-même en parlant de l’indéfini dans l’indéfini. Et de nouveau, son parler dans l’indéfini encore, de ceux qui comploteraient, sans qu’on ne sache de qui il parle.

Tout aussi perdu que ceux qui regarderont plus tard la vidéo mise en ligne sur le site de la présidence de la République qui devient ainsi son unique moyen de s’adresser à la population, Noureddine Tabboubi jetait un regard d’incompréhension de derrière son masque anti-Covid, à un Kais Saïed qui s’échauffait comme un moteur Diesel, jusqu’à devenir incapable de maintenir le sien sur tout son visage et lui descendait jusqu’au cou, dévoilant ses narines béantes  de fureur.

Et de nouveau, les menaces de « recourir à tous les moyens légaux disponibles », sans jamais dire contre qui et sous quelle accusation, les yeux rivés sur le focus de la caméra qu’il cherchait toujours du regard, sans jamais fixer  son interlocuteur comme s’il n’a jamais existé, même lorsqu’il parlait de ses « relations personnelles » avec l’UGTT. S’adressait-il à ceux qui auraient émis un doute sur ces relations ? Ou alors à ceux qui douteraient que le chef de l’Etat accepte l’initiative du « Himar Watani » comme appelait un avocat, par lapsus linguae le « Dialogue national ».

–          Qui sont ces justiciables que le chef de l’Etat ne dénonce pas ?

Et de se poser, comme toujours, la question de qui parlait-il lorsqu’il disait qu’il est prêt à discuter avec tous, « mais que ceux qui sont demandés par la justice, leurs places sont dans les palais de justice, jusqu’à ce chacun prenne son dû ». On se demandait, en visionnant son intervention enflammée d’impuissante rage, pourquoi il ne dénonce pas tous ces « ombres » à la justice, et pourquoi même cette justice ne réagit-elle pas et ne déclenche pas enquête sur ces graves propos d’un chef d’Etat président du conseil national de la sécurité ?

–          Qui sont ces traîtres, fortunés, cachés derrière des allégeances étrangères, dont il tait les noms ?

Le regard plein d’incompréhension du SG de l’UGTT, assis en face de lui les bras sur les accoudoirs du fauteuil de Carthage, résumera tout, face à un chef de l’Etat qui répète toujours qu’il sait tout, et ajoute que « aucun ne peut se soustraire, par sa fortune ou par allégeance à l’étranger et traîtrise », mot qu’il prononçait en l’appuyant de toute sa frêle silhouette. Le Sphinx ne dira pas à qui il s’était adressé ce jour-là, sauf qu’il sont nombreux.

Est-ce sur cet homme que la Tunisie pourra compter pour terminer paisiblement sa transition politique ? Est-ce sur ce président que la Tunisie pourra compter pour dissiper le brouillard dont il a enveloppé sa personne et sa personnalité, menaçant tout le monde de tout et ne faisant rien du tout et n’entendant rien du tout ?

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