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Sur le profil de Dali Ben Abdallah dans sa page officielle des RS, on ne trouve pas beaucoup d’informations sur la personne, sauf qu’il est de Tunis et y vit. Nous supposons donc que c’est un citoyen lambda, qui s’exprime de manière originale sur la situation du pays dans lequel il vit.

“Sept ans déjà depuis la «barwita», la charrette devenue symbole de démocratie.
– 3 présidents de la République
– 7 Premiers ministres
– 10 gouvernements
– 286 ministres
– 195 secrétaires d’État
– 218 conseillers 
– 217 députés X2 
– 1,00002 % de croissance annuelle
– 1euro= 3 dinars
– 208 partis politiques
– une ch..’tiiiiiiiit’ d’ONG
– 47 000 élèves inscrits dans 1668 écoles coraniques, potentiellement futurs terroristes
– 5236 mosquées X 4 haut-parleurs
– 12 milliards de dinars de dettes publiques
– Une autre ch…’tiiiiiiiit’ de problèmes ont été diagnostiqués par tout le beau monde de la politique, re-diagnostiqués et re-rediagnostiqués
-Toutes les solutions reposent sur ‘ «inchallah»’
………et toujours le même gouverneur de la Banque centrale.
Ça me rappelle une chanson de Michel Delpech de 1966 intitulée ‘’Inventaire 66’’ et dont les 2 refrains finissent par ‘’Et toujours le même président’’ (Charles de Gaulle).

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«Depuis le début de l’année et jusqu’au 19 septembre 2017, le taux de change du dinar s’est déprécié de 16,7% vis-à-vis de l’euro et de 4,1% vis-à-vis du dollar américain». C’est ce que nous apprend une note de la BCT, publiée à l’issue de la réunion de son dernier conseil d’administration. Et l’Institut d’émission de noter, comme pour dire qu’il ne peut que très peu de choses contre cette dépréciation, que «la persistance des déséquilibres extérieurs est de nature à induire davantage de pression sur les réserves en devises, rendant ainsi la gestion du taux de change, à travers les interventions de la BCT, une tâche de plus en plus ardue».

L’ex-ministre des Finances, Lamia Zrbi, avait à peu près dit la même chose sur l’impuissance de la BCT à enrayer l’érosion du dinar, ce qui lui avait valu une volée de bois de vert et la tonne d’ennuis qu’elle a eus par la suite, jusqu’à son éjection du gouvernement…

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Ezzedine Saïdane, expert économique a déclaré, lors de son passage ce mercredi 20 septembre 2017 sur Mosaïque Fm, que le dinar tunisien chutera davantage d’ici le printemps 2018 et que l’euro atteindra probablement plus de trois dinars suite à la détérioration de la situation économique et financière du pays.

Il a par ailleurs souligné que la politique monétaire de la banque centrale, la différence de la productivité économique et d’autres éléments sont parmi les composantes qui ont causé la dépréciation du dinar.

Saïdane a en outre indiqué que la dette publique a atteint 70 millions de dinars et que ceci est un danger pour la Tunisie, selon ses dires.

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“Tout le monde s’accorde à considérer que le principal défi pour la Tunisie aujourd’hui est celui relatif à sa situation économique dangereuse et à la crise aiguë de ses finances publiques. Cette situation économique et financière constitue aujourd’hui une menace sérieuse pour la vie du citoyen tunisien et pour la démocratie tunisienne naissante, et par définition fragile”, c’est ce qu’a indiqué l’expert économique, Ezzedine Saidane dans un statut qui vient d’être posté sur sa page Facebook.

Dans sa description de la situation économique actuelle, il a fait remarquer que les chiffres, pourtant officiels car publiés par l’INS, la BCT ou l’Administration en général, sont tournés, retournés, tordus parfois pour refléter des améliorations de situation qui tout simplement n’existent pas. “Est-ce de l’inconscience, ou alors s’agit-il simplement d’un refus de voir la vérité en face. Le premier pas sur la voie de la résolution de n’importe quel problème n’est-il pas de reconnaître d’abord qu’il y a un problème?. Continuons à nier nos difficultés, et nous n’en résoudrons aucune”, s’est-il interrogé.

“Maintenant que le remaniement ministériel est fait et approuvé par l’ARP (nous savons pertinemment que l’essentiel se passe en dehors de l’ARP qui fonctionne parfois comme une simple boîte de résonance) une question se pose : ce remaniement reflète-t-il la moindre volonté, la moindre vision, la moindre stratégie de sauver l’économie et les finances publiques tunisiennes” a indiqué Saidane avant d’assurer que “la réponse est NON. Les quelques objectifs chiffrés annoncés par le Chef du gouvernement lors du discours pour obtenir la confiance de l’ARP dans le nouveau gouvernement (taux de croissance économique, taux d’endettement public, taux de déficit budgétaire, etc.) ne constituent nullement une stratégie, et ne peuvent pas être le résultat d’un diagnostic réel de la situation. La feuille de route annoncée par le chef du gouvernement, n’en est pas une et elle est simplement irréalisable”, a-t-il dit.

L’expert économique a sous un autre angle indiqué que les quelques informations qui ont filtré concernant le budget de l’État et la loi des finances 2018 vont dans le même sens. Selon lui, la loi des finances 2018 ne comporterait aucune volonté, aucune vision et aucune stratégie pour sauver l’économie et les finances publiques tunisiennes. Dans tous les pays du monde, la loi des finances est supposée refléter la politique et les choix du gouvernement. “Ce n’est plus le cas en Tunisie. Le gouvernement devient un simple comptable qui affecte les maigres ressources de l’Etat selon le modèle d’un budget atteint par le syndrome de la calcification. Lorsque les salaires de la fonction publique représentent 50% du budget, et les dépenses courantes + le service de la dette + le déficit de la caisse de compensation représentent plus de 40% du budget, que reste t-il pour exprimer les choix et la politique du gouvernement: rien ou presque. La marge de manœuvre du gouvernement est ainsi quasiment nulle”.

Et Ezzedone Saidaine de s’exclamer : “Dans ces conditions pourquoi s’inquiéter de la valeur du Dinar. En effet, le Dinar a perdu plus de 60% de sa valeur depuis 2010, et près de 20% de sa valeur depuis le début de 2017. Le Dinar n’est que le miroir qui reflète la situation économique et financière. Tant qu’on n’a pas engagé une véritable stratégie de sauvetage de l’économie, le Dinar continuera à glisser. L’Euro pourrait en effet valoir jusqu’à 3D200, voire même 3D300 d’ici le milieu de l’année 2018 si rien n’est fait dans le sens du sauvetage de l’économie et des finances publiques tunisiennes. Dans ce même sens, le FMI a considéré, lors de sa dernière revue de la situation, que la Tunisie doit adopter une politique de change souple (comprenez il faut laisser le Dinar glisser encore) considérant que le Dinar est encore surévalué de 17,6% !”, a-t-il ajouté.

 

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La future monnaie commune de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) comme le sésame de la Tunisie, son graal, comme la fin des tourments, cauchemars et sueurs froides du gouvernement, entre dépréciations et dévaluations du Dinar. Il est permis de le penser, puisque c’est la suite logique du projet tunisien d’intégrer l’organisation ouest-africaine. En effet ambitionner de rejoindre une telle structure c’est en accepter avant tout la charte, les codes, et la monnaie unique sera à terme le poumon de la CEDEAO. Certes pas tout de suite, mais l’affaire est déjà dans les tuyaux. En tout cas le Maroc lui, autre candidat à la CEDEAO, est disposé à enterrer en première classe sa monnaie, le Dirham. Tout un bouleversement pour le royaume, un chamboulement de son économie et de ses finances. Mais une chose est sûre : Rabat ne perdra pas au change. Idem pour la Tunisie, dont l’érosion de la monnaie est, dit-on, inexorable parce que voulue par le FMI. La future monnaie unique de la CEDEAO pourrait très bien être le franc CFA, une monnaie solide que partagent déjà les 8 pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), une monnaie garantie par la France. Mais cette fois elle sera garantie par l’Union européenne, ce qui lui donnerait davantage de poids et de stabilité, et permettrait également d’abattre les réticences du Nigeria, du Ghana et du Maroc, à en croire les échos de la dernière rencontre entre les présidents français et ivoirien.

Les Tunisiens méconnaissent tellement leur continent qu’ils parlent des ressortissants de l’Afrique subsaharienne en disant les ‘Africains’, comme si eux, les citoyens tunisiens, appartenaient à une autre entité géographique. Mais cette bizarrerie n’est pas seulement imputable aux Tunisiens, les leaders du pays, de tout temps, ont une grosse responsabilité dans cette affaire. Du temps de Habib Bourguiba, on avait de la partie sud du continent une vision fantasmée, distanciée, au meilleur des cas romancée, et donc forcément fausse. Cela ne permettait pas une interpénétration culturelle, et encore moins le cadre pour bâtir un destin commun. Du temps de Ben Ali, on avait les yeux braqués sur l’Europe et le rêve d’une Union euro-méditerranéenne, une chimère longtemps entretenue par l’ancien ministre des Finances français Dominique Strauss-Kahn. L’idée a fait long feu et le projet a été flingué en plein vol par le péril terroriste qui a gagne l’Afrique du Nord. Le bilan de tous ces errements c’est un paquet d’années perdues par la Tunisie. Autant d’années durant lesquelles le berceau du printemps arabe a snobé son continent, lequel avait entre temps profondément changé, et pas toujours en mal, comme avaient tendance à le dire les afro-pessimistes….

La Tunisie vient à peine de changer son fusil d’épaule et commence à regarder différemment l’Afrique subsaharienne. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a fait quelques virées dans cette partie du continent, des voyages certes trop courts, ramassés, trop mal préparés pour espérer en ramener quelque chose de costaud – des contrats -, mais enfin c’est toujours mieux que le néant qu’on a connu durant des décennies. Par ailleurs c’est un premier pas que Chahed vient de bétonner et même amplifier avec “Tunisian African Empowerment Forum“. Certes la chose n’est pas allée de soi. Chahed, comme tous ses prédécesseurs, n’est pas un “mordu” du continent, sans doute par méconnaissance de son gros potentiel, que pourtant les “étrangers” – les Chinois, les Turcs, les Japonais, et maintenant les Emiratis et les Italiens – connaissent très bien. Alors il a fallu secouer Chahed, par moments lui forcer la main pour l’amener à s’intéresser enfin à ce continent qui peut, et le propos n’est pas exagéré, régler tous les problèmes de la Tunisie. La mayonnaise a vite pris. Jusqu’à donner, à la surprise générale, cette candidature à la CEDEAO.

Les gains pour la Tunisie

Quand le roi du Maroc disait dernièrement qu’il est attaché plus que jamais à ce continent et qu’il ne voyait pas l’avenir de son pays ailleurs qu’en Afrique, il y avait certes derrière cette déclaration enflammée de l’affect, des sentiments, un amour sincère pour ses “amis” africains, mais il y a aussi sans nul doute de la rationalité, de la logique, des intérêts. En effet Mohammed VI est sur un terrain dont il maitrise parfaitement tous les codes, toutes les subtilités et revient de chacun de ses périples africains les valisés bourrées de contrats. Des exploits ? Certainement pas. La chose est aisée dans un continent qui affiche la deuxième croissance la plus forte du monde (après l’Asie), qui regorge de richesses naturelles, et donc de capitaux et où tout est à faire en termes d’équipements industriels, de télécommunications, d’infrastructures routières, de santé, technologiques, etc. C’est sur ce terrain que le Maroc joue, et depuis des décennies. La Tunisie, qui présente les mêmes services et a le même savoir-faire que le Maroc, et même mieux dans certains segments, a tout à gagner en densifiant sa présence en Afrique.

On s’est longtemps demandé pourquoi Chahed, à la tête d’un Etat surendetté et aux finances très mal en point, n’allait pas cueillir l’argent là où se trouve : Son propre continent, où se bousculent les investisseurs du monde entier. Avec l’intégration dans la CEDEAO, la Tunisie ferait un grand bond en avant vers son rayonnement en Afrique. En effet la CEDEAO c’est l’une des organisations les plus solides et les plus prospères du continent, elle regroupe 15 Etats dont des poids lourds tels que le Nigeria, première économie d’Afrique, la Côte d’Ivoire, la championne de l’UEMOA,  le Sénégal, qui a découvert récemment d’énormes quantités de gaz et de pétrole, le Ghana… La CEDEAO c’est un marché de 340 millions de consommateurs. Le fait de commercer et d’échanger avec 15 nations, sans taxes, barrières ou tracasseries administratives, ouvre à la Tunisie, à n’en pas douter, de très larges horizons…

La Tunisie n’a pas encore candidaté à la CEDEAO, mais c’est un dossier qui peut aller très vite. En effet le Maroc a officiellement déposé sa demande le 04 juin 2017 et à peine 6 mois après, en décembre 2017, il aura, officiellement, son agrément. Il n’y a pas de raison de refuser à la Tunisie ce qu’on a accordé au Maroc. Reste à savoir comment le pays du jasmin va se dépatouiller avec son autre dossier du même type : la demande d’adhésion à la COMESA. Il faudra certainement faire un choix entre les deux. Quant à la monnaie commune de la CEDEAO, initialement prévue en 2009, elle a été repoussée à 2020. Aux dernières nouvelles, il faudra attendre encore une dizaine d’années. Cela laisse le temps à la Tunisie de se préparer à cette profonde mutation et aussi d’apprendre de la “science” du Maroc. En effet le roi a soigné sa cote Afrique subsaharienne en régularisant récemment près de 20 000 sans-papiers et en intégrant les immigrés légaux dans son dispositif d’emploi. La Tunisie est-elle prête à suivre ?

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C’est qui le coupable ? On a longtemps cherché celui, celle ou ceux qui sont derrière la fonte vertigineuse du dinar, face au dollar et à l’euro principalement. Certains ont vite regardé en direction de la banque centrale de Tunisie (BCT), le parfait candidat en quelque sorte. Puis les regards ont pointé vers le Fonds Monétaire International (FMI), responsable, aux yeux de certains (il n’y a pas que le Front populaire dans ce camp !), de tous les malheurs du monde. Puis, faut d’avoir quelque chose de tangible à se mettre sous la dent, on a sauté à bras raccourci sur l’ex-ministre des Finances, Lamia Zribi, qui a eu le malheur de déclarer que la dévaluation du dinar était inéluctable. Des propos qui ont sans doute accéléré son éjection du gouvernement. Pour une partie de l’opinion publique, Zribi était donc la coupable idéale, puisqu’il fallait bien un bouc émissaire, comme toujours dans ce genre de cataclysme. Mais pour l’Observatoire Tunisien de l’Economie (OTE), ça ne fait aucun doute : C’est bien le FMI qui est responsable de cette descente aux enfers du dinar. Il le dit clairement dans son rapport publié le 25 août 2017.

D’abord le constat, sans appel : Le dinar tunisien s’est érode de 49% en 4 ans face au dollar ; ce dernier, en août 2017, pesait 2,47 dinars, c’est tout simplement le seuil le plus bas jamais atteint par la monnaie nationale face à la devise américaine. Une plongée angoissante à bien des égards.

Maintenant venons en aux causes. L’OTE affirme “qu’à travers ses modèles mathématiques, le FMI exerce une pression constante sur la Banque Centrale Tunisienne (BCT) pour qu’elle laisse chuter le dinar tunisien“. Pour l’observatoire c’est la recette habituelle de l’institution de Bretton Woods, et qui est d’ailleurs clairement libellée sur les accords de prêt avec les pays dans le trou tels que la Tunisie. Mais seulement personne ne crie sur les toits cette potion amère qu’il faut boire en même temps que les emprunts. La dépréciation de la monnaie est le passage obligé pour voir la couleur des billets du FMI. Le Nigeria, l’Egypte et beaucoup d’autres pays ont dû subir le traitement de choc. Il n’ y a pas de raison que la Tunisie passe entre les gouttes.

L’OTE dévoile que “l’institution financière effectue des revues régulières qui donnent lieu à des estimations, notamment concernant la valeur ‘réelle’ du dinar telle que souhaitée par le FMI. A travers des modélisations complexes, ce dernier estime ce que devrait être la valeur idéale du dinar dans le futur afin d’atteindre un équilibre macroéconomique (balance courante).

Le FMI ne lâche pas d’une semelle la BCT!

L’Observatoire a indiqué “qu’après avril 2012 et l’abandon de la fixation de la valeur du dinar via un panier de devises, le FMI continue à exercer une pression constante sur la Tunisie, et plus particulièrement sur la BCT, pour que cette dernière cesse d’intervenir sur le marché des changes pour défendre la valeur du dinar“.

A chaque fois que le FMI fait une descente en Tunisie, révèle l’OTE, il tire la même conclusion : le dinar est trop fort, 10% de plus que sa valeur réelle. “Cette estimation a servi à mettre la pression sur la BCT pour qu’elle laisse la valeur du dinar chuter. Comme le montre la figure ci- dessous, quand le dinar atteint la valeur souhaitée par le FMI, ce dernier réalise une nouvelle modélisation qui estime que le dinar doit à nouveau baisser de 10%, et ainsi de suite” indique l’OTE.

Mais pour le cas de la Tunisie, le FMI n’a pas voulu en venir au remède de cheval administré à l’Egypte, une dévaluation d’environ 50% de la livre face au dollar américain, brutalement (en Novembre 2016). Pour la Tunisie, on y est allé en douceur. Mais in fine le plat servi est le même. L’OTE démontre que le dinar tunisien a quand même fini par perdre près de 50% de sa valeur entre le début du décaissement du premier prêt (juin 2013) et la dernière mission du FMI datant de juillet 2017. A cette date, le FMI estimait que la monnaie tunisienne était surévaluée de 16,7%, ce qui suggère par conséquent un taux de change de 1 USD pour 2,87 TND. A 2,47 dinars le mois dernier, le dollar a encore de la marge pour atteindre le seuil normal, aux yeux du bailleur de la Tunisie. Peut-on encore faire quelque chose pour enrayer cette érosion de la monnaie locale ? On pose la question au ou à la ministre des Finances qui va s’installer après l’Aïd…

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Les réserves en devises sont considérées comme un filet de sécurité financier et sont utilisées pour subvenir aux besoins stratégiques de liquidité de l’économie en cas de pressions sur les comptes extérieurs. Elles jouent également le rôle d’une garantie pour les créanciers et les investisseurs étrangers sur la capacité du pays à payer ses dettes et à assurer la continuité des transferts avec l’extérieur ce qui leur confère un rôle stabilisateur très puissant. La Banque centrale utilise aussi les réserves pour lisser les fluctuations des taux de change de la monnaie nationale.

La convention communément admise pour l’adéquation du niveau des réserves en devises est que ces dernières devraient couvrir les besoins de financement en devises d’une économie sur un horizon d’un an.

Le niveau adéquat des réserves en devises peut être apprécié au regard d’un ensemble de références calibrées à partir de l’expérience collective des pays lors des crises antérieures ou modélisées en se basant sur une analyse coûts-bénéfices. Parmi les indicateurs les plus usuels dans l’appréciation du niveau des réserves, on cite le nombre de jours d’importations (JI), indicateur basé sur le critère commercial censé jauger la vulnérabilité du compte courant, avec un seuil conseillé minimum d’environ 3 mois.

Comme il apparaît dans le graphique infra, le niveau des avoirs en devises de la Tunisie est resté jusqu’en 2003 globalement en deçà de la barre des 3 mois d’importations. La moyenne des JI sur la période 1987-2004, soit 17 ans, a été d’environ deux mois, avec par moments, au début des années 90, un stock des réserves en dessous de un mois d’importations.

A partir de 2004, ce ratio a sensiblement progressé pour atteindre plus de 186 jours d’importations en 2009, suite à la consolidation des avoirs en devises grâce à l’afflux massif d’IDE dans le cadre d’opérations de privatisation, notamment la cession de 35% du capital de la société TunisieTélécom en 2006 pour une enveloppe de 2 250 millions de dollars.

Toutefois, ce ratio a fortement baissé à partir de 2010, pour revenir vers les 90 jours au troisième trimestre 2012 sous l’effet, d’une part, de la crise d’endettement dans la zone euro, et d’autre part, des évènements sociopolitiques qu’a connus la Tunisie depuis janvier 2011 et qui ont pesé sur les secteurs pourvoyeurs de devises. Grâce aux financements extérieurs subséquents, ce ratio a pu revenir à des niveaux supérieurs à 100 jours d’importations (la moyenne étant d’environ 110 JI sur la période décembre 2012 à ce jour).

En 2017, le niveau des réserves a bénéficié notamment de l’encaissement de l’émission de EUR 850 millions en février qui a porté le stock en devises de 99 à 116 JI. Toutefois, le stock des avoirs en devises a reviré de nouveau à la baisse sous l’effet :

– des pressions continues sur la balance commerciale,

– des règlements au titre du service de la dette extérieure,

– et du tarissement des entrées en devises liées d’une part aux perturbations de la production du phosphate et du pétrole, et d’autre part à la baisse des recettes en billets de banques étrangers malgré l’amélioration de l’activité touristique à cause de la prolifération du marché parallèle en devise.

Le stock des avoirs en devises a atteint 90 JI à la mi-août notamment après le remboursement en principal et intérêts de l’émission Samurai VI (12,7 milliards de yens).

L’encaissement de l’emprunt Banque Mondiale de 456 millions d’euros le 22 août 2017 a permis de rétablir le niveau des réserves en devises à 103 JI.

Il convient de souligner à cet égard, outre le caractère cyclique de l’évolution des réserves en Tunisie lié à l’activité économique, la gestion du stock des avoirs en devises connaît, comme ce fut le cas récemment, un certain décalage entre les dépenses arrivant à échéance et les recettes programmées, ce qui induit parfois des baisses relativement prononcées, mais momentanées de ce stock que la Banque Centrale de Tunisie œuvre à maintenir au-dessus d’un niveau stratégique permettant de répondre aux objectifs dévolus aux réserves en devises.

Ceci étant, le maintien des avoirs en devises à des niveaux adéquats nécessite la maîtrise du rythme d’accroissement du déficit commercial, et surtout le rétablissement de l’activité des secteurs pourvoyeurs de devises et l’éradication de toute activité économique parallèle qui est de nature à aspirer d’une manière incontrôlable les ressources qu’il s’agisse en devises ou en dinar.

BCT

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L’infatigable expert en économie Ezzedine Saïdane est monté au front, une fois de plus, pour alerter l’opinion publique sur les périls économiques qui guettent la Tunisie. Il a déclaré, sur Shems FM ce mercredi 23 août 2017, que le pays file du mauvais coton depuis des années et que les signes annonciateurs de la dépréciation du dinar sont perceptibles depuis un certain temps…

Saidane a affirmé que l’amoncellement des difficultés économiques a fini par accoucher d’une grave crise économique laquelle pourrait déboucher sur une grosse crise sociale dont on pourra difficilement s’extirper. Il a ajouté que la plongée de la valeur du dinar n’est que le symptôme du naufrage de l’économie nationale à cause de la montée des prix des produits importés et de l’inflation. Ces phénomènes ont conduit à la fonte du pouvoir d’achat et à l’enflement de la dette.

L’expert recommande au gouvernement de dire la vérité aux citoyens, toute la vérité sur la situation catastrophique de l’économie du pays. Cela ne l’a pas empêché de tirer sur le discours de vérité tenu à l’ARP par le ministre du Développement démissionnaire, Fadhel Abdelkefi…

Enfin il a appelé de ses voeux un diagnostic exhaustif des problèmes du pays, auquel prendront part les signataires du pacte de Carthage. Ce travail pourrait ensuite servir de support à une stratégie économique, avec des décisions fortes pour le développement appuyées par la communauté internationale et le FMI.

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Les avoirs nets en devises de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) à la date du 3 août 2017, ont poursuivi leur baisse, pour se situer, à seulement 93 jours d’importation, soit 11904 MDT. Une situation qui ne peut être qualifiée que de catastrophique surtout que cette baisse se poursuit depuis plusieurs mois pour atteindre aujourd’hui des niveaux alarmants et jamais atteints depuis plusieurs années et ce, malgré les interventions massives de la banque centrale pour réguler le marché. Un constat qui dénote la situation catastrophique de la devise et l’incapacité de la banque centrale à maîtriser la situation et à remettre le pays sur les rails. C’est à partir de ce constat qu’on peut avouer l’urgence pour la Tunisie de relancer vigoureusement son tourisme et ses exportations afin de reconstituer son matelas de devises et s’échapper à cette situation chaotique. Ce qui aurait aussi automatiquement pour effet de réduire sensiblement le recours à l’emprunt extérieur, avec un service de la dette qui dévore le stock de devises.

Les avoirs en devises n’ont cessé toutefois, depuis le début de cette année, de dégringoler pour devenir beaucoup plus importants, comme en témoignent les derniers indicateurs de la Banque centrale arrêtés à la date du 1er août 2017 et selon lesquels les avoirs nets en devises ont atteint 11795 MDT couvrant ainsi 94 jours d’importation. Quant au billets et monnaies en circulation, ils ont atteint 11184 MDT.

À la date du 7 juillet de cette année, les avoirs nets en devises ont atteint 12.646 MDT, soit 101 jours d’importation, un chiffre qui demeure en deçà des prévisions et des attentes des acteurs économiques eu égard aux sommes colossales injectées par la Banque centrale pour réguler le marché. Le volume global de refinancement a toutefois atteint jusqu’à la date du 10 juillet de cette année 10.164 MDT.

Cette tendance à la baisse des avoirs nets en devises à la BCT a été observée depuis le début de cette année. Jusqu’à la date du 26 janvier 2017, les avoirs en devises se sont situés à 12,3 milliards de dinars, contre 13,3 milliards de dinars à la même date de l’année écoulée, soit 106 jours d’importation (contre 121 jours d’importation en janvier 2016).

Ainsi, la Tunisie se situe sur le seuil d’insécurité en termes de réserves en devises, étant donné que ce seuil est normalement fixé, selon les spécialistes, à 110 jours d’importation.

A rappeler aussi qu’à fin décembre 2016, les réserves en devises de la Tunisie couvraient 114 jours d’importations contre 127 jours à la même période en 2015.

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Malgré une stabilisation face aux principales devises qui a duré près de 4 jours, le dinar tunisien a reculé e nouveau, enregistrant ainsi une nouvelle baisse par rapport aux devises étrangères. L’euro est passé de 2.4650 dt à 2.4700 dt, alors que le dollar américain s’est échangé à 2.3380 dt contre 2.3350 dt le lundi, 11 janvier 2017. Les raisons de la baisse du dinar par rapport aux monnaies étrangères sont multiples et cette dégringolade pourra  facilement accentuer l’inflation,  réduire les réserves en devises du pays et alourdir la charge budgétaire destinée  au remboursement de la dette publique. La crise économique, la rareté des ressources financières du pays, l’endettement extérieur, la baisse de la productivité, la hausse de la masse salariale dans la fonction publique, l’accentuation du déficit budgétaire et la chute des entrées du secteur touristique et des mines ainsi que la détérioration du climat des affaires sont les principales causes derrière la dépréciation du dinar.

“La chute du dinar se poursuit inexorablement. Et c’est normal. Cette chute s’explique par deux phénomènes au moins: la situation, déjà difficile, de l’économie et des finances publiques tunisiennes s’aggrave. Tous les indicateurs se détériorent. Le Dinar n’est qu’un miroir qui reflète la situation économique et financière du pays.” c’est ce qu’a écrit Ezzedine Saidane dans un statut posté ce mercredi 11 janvier 2017 sur sa page Facebook officielle.

Cela s’explique également par le fait que la Banque Centrale n’a plus, ou presque, les moyens d’intervenir pour réguler, en essayant de lisser, le taux de change du Dinar. Chaque intervention coûte en effet cher à la BCT, et donc à la Tunisie, en termes de réserves de change et de pertes de change. Les réserves de change qui baissent sans cesse sont souvent alimentées par des emprunts extérieurs.

En fuise de  solutions, Saidane a appelé à redresser l’économie et les finances publiques pour redresser le Dinar. “Il n’ y pas d’autres solutions.
Si l’on n’arrive pas à redresser rapidement notre économie, la BCT pourrait se trouver dans l’obligation de laisser flotter le Dinar et ce serait dommage. Il suffit de voir ce qui s’était passé en Égypte il y a juste quelques semaines pour comprendre l’ampleur des dégâts que cela peut causer”, a alerté Ezzedine Saidane.

Pour rappel, l’Egypte a décidé, durant le mois de novembre de l’année 2016, de laisser flotter sa devise pour répondre à la crise monétaire aiguë qui affecte son économie et menace de relancer l’instabilité politique, plus de cinq ans après la révolution de 2011. Cette décision devrait provoquer de fait une forte baisse, de près de 50%, de la valeur de la livre égyptienne face au dollar.

Dans sa dernière note portant sur la conjoncture économique (novembre),  la Banque centrale de Tunisie (BCT) a par ailleurs relevé la persistance des pressions sur les réserves en devises qui pèsent  sur  le  taux  de  change du  dinar  vis-à-vis  des  principales  devises.
Sur  le marché  interbancaire,  et  depuis fin  décembre 2015,  le  dinar s’est déprécié de 9,4%  vis-à-vis du  dollar américain et  de 10,5% vis-à-vis  de l’euro. Les  tensions  sur  la  liquidité  bancaire,  observées au  cours  de  la période  (juillet  2016-septembre 2016) se   sont   quelque   peu   desserrées en octobre  2016, à  la  faveur  de l’atténuation  de l’effet  restrictif  des  Billets  et  Monnaie  en Circulation  (BMC). Cette situation s’est traduite par une   baisse des   opérations   de   politique monétaire  de la Banque  centrale à 7.184 MDT, en  moyenne, contre  7.404 MDT en  septembre dernier.

La BCT a noté que la  réduction  de  la  part  de l’intervention de la Banque centrale sous forme d’appels d’offres a  engendré un recours accru des  banques à la  facilité  permanente  de  prêt  à 24H (avec  un  taux  de  4,5%), ce  qui a exercé des pressions à la hausse sur le taux du marché monétaire (TMM).  Ce  dernier s’est  établi,  en octobre  2016, à 4,33% contre  4,26%  un  mois auparavant.

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Les Tunisiens ne se sont pas mis sur leur trente-et-un (décembre) pour joindre deux années, 2016 qu’ils avaient hâte et à cœur d’oublier et 2017 dont ils craignent qu’elle soit au mieux l’exacte réplique de la précédente. Des appréhensions qui tirent leur essence d’une situation économique si mauvaise qu’elle est tenue en l’état par une autre, politique, qui empoisonne la vie à un peuple qui peine à voir le bout du tunnel, bientôt six ans après une révolution dont il a célébré la survenance pour retomber presqu’aussitôt dans la désillusion.

2016 a été, économiquement parlant, une année affligeante sous tous les rapports, qui a vu quasiment l’ensemble des paramètres cligner au rouge, pour ne pas dire pire. Une croissance au plus bas, un chômage au plus haut, des déficits qui se creusent à vue d’œil, un endettement exponentiel, un investissement léthargique, avec, en filigrane, l’improvisation érigée en système de gouvernement. La tentation serait forte d’attribuer la responsabilité de ce sombre tableau à l’Etat, qui cherche encore l’introuvable vision qui lui permette de tracer une voie claire pour reprendre les choses en main pour affirmer son autorité partout où elle est bafouée, mais autant à ses partenaires sociaux pris des démons que l’on sait, et plus encore aux Tunisiens eux-mêmes qui n’ont pas pris la vraie mesure des défis qui les assaillent.

Avec un dérisoire taux de croissance de 1,5% au lieu des 2,5% prévus, il tiendrait mathématiquement du miracle de faire grand-chose et de ne pas échapper à la rituelle loi des finances complémentaire pour combler un trou de 3,3 milliards de dinars et bien davantage en 2017. Un exercice dont les gouvernements de l’après-Révolution sont invariablement coutumiers pour s’être heurtés en chemin à des « imprévus » dont le financement est d’autant plus inapproprié qu’il se répercutera sur l’exercice suivant, précipitant les caisses de l’Etat dans une spirale sans fin. C’est assurément dévastateur pour le chômage dont le taux de 15,5% demeure une plaie qu’il sera difficile de résorber alors que les universités déversent chaque année sur le marché du travail des centaines de milliers de diplômés qui ne trouvent pas acquéreur. Un écueil social de moins en moins gérable en raison de ses répercussions de divers ordres, notamment sécuritaire et sociétal.

S’y greffe un déficit budgétaire de 5,7% du PIB alors que la norme convenue est de 3% , nourri par un taux d’endettement public de 63,9% du PIB en 2016, soit 10 points de plus qu’en 2015, sans parler de l’endettement extérieur qui devrait grimper à 66,2% du PIB, un taux sans aucune mesure avec celui attendu en 2017, pas moins de 70%, avec les remboursements du service de la dette, ce qui pourrait placer la Tunisie dans la posture du pays tenu de demander le rééchelonnement de sa dette, une première dans son histoire.

L’inflation est de retour

Des tourments aussi avec le retour de l’inflation qui, après une parenthèse massivement saluée sous le gouvernement Essid, est en train de faire une inquiétante réapparition, atteignant 4% en novembre 2016, un symptôme patent de la dégradation du pouvoir d’achat, qui devrait abonder dans ce sens cette année avec le retour presqu’acquis des tensions inflationnistes et ipso facto de la flambée des prix.

2016, c’était aussi la dégringolade de la production pétrolière et du phosphate. Le bassin minier a toujours aussi mauvaise mine avec une crise qui dure depuis cinq années consécutives, occasionnant aux caisses de l’Etat des pertes de 5 milliards de dinars pour cause d’une chute de la production de 60%. Et ce qui s’y passe ne semble présager de rien de bon, avec des arrêts de travail récurrents, des grèves qui s’enchaînent, le plus souvent pour des causes obscures, notamment à l’occasion de la proclamation des résultats de concours de recrutement ou tout simplement de retard dans le paiement de primes. Une hémorragie qui n’est pas près d’être stoppée malgré les « gestes de bonne volonté » du gouvernement. S’agissant du pétrole et du gaz, la production n’est pas logée à meilleure enseigne avec une production qui s’amenuise pour une raison ou pour une autre, comme ce fut le cas de Petrofac qui n’arrive pas à se relever des graves convulsions qui n’ont de cesse de la secouer au point que la compagnie envisage sérieusement de quitter définitivement le pays dont la production gazière se trouvera, ce faisant, amputée de 12%.

La funeste question du Dinar

Plus grave encore est la situation dans le secteur du tourisme qui croule sous les effets des attentats terroristes de 2015, et dont les recettes sont en constante chute due aux interdictions de voyage décrétées par nombre de pays émetteurs, notamment la Grande-Bretagne. L’attaque de Berlin, dont l’auteur présumé est un ressortissant tunisien, n’est pas pour arranger les choses, même si un léger redressement est constaté suite aux flux, il est vrai épisodiques, des Russes et des Algériens.

Enfin, il y a la funeste question du Dinar et de sa descente aux enfers. Au 29 décembre, il s’est déprécié de -14,1% par rapport au dollar contre une régression de – 7,6% en 2015, de – 11,5% en 2014 et de -6,1% en 2013, selon les derniers chiffres de la Banque centrale de Tunisie. Et il y a fort à parier que la tendance ne sera pas près de s’arrêter là au regard de l’ordonnance générale de l’économie tunisienne toujours suspendue aux appréciations des agences notation qui enchaînent les dégradations souveraines.

2017 sera-t-elle moins mauvaise ? Le président de la République et le gouvernement sont affirmatifs : l’économie ira mieux et l’année qui s’ouvre sera celle du décollage économique, soutiennent-ils sans autre forme de procès. Ils invoquent en chœur et sans ambages les résultats de la conférence internationale pour l’investissement Tunisie 2020, les engagements financiers qui y ont été pris et les promesses faites. Attendons voir !

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Sans conteste, le dinar tunisien n’en finit pas d’accentuer sa descente aux enfers. A la date du 11 novembre, il s’échangeait à 2,2714 dollars US et à 2,4720 euros, selon le tableau des cours moyens des devises cotées en DT de la Banque centrale de Tunisie. La monnaie tunisienne a perdu 60% de sa valeur depuis 2011. Une dégringolade qui nourrit toute une littérature sur la moins mauvaise façon d’enrayer cette inexorable chute où les spéculations des analystes varient entre le régime des changes flottants, la dévaluation, la libéralisation voire la convertibilité totale.

Un faisceau de « remèdes » dont le plus banni est celui de la dévaluation, sentencieusement rejetée par le ministre du Développement économique et de la coopération internationale, Fadhel Abdelkéfi. « «Non, jamais de la vie ! Nous avons connu une dévaluation compétitive implicite, pas une dévaluation administrative. Mais la Banque centrale cote correctement le dinar. Nous ne sommes pas dans une logique de maintenir artificiellement le dinar fort. Une certaine dévaluation, qui a été glissante sur cinq ans, a rendu la Tunisie encore plus compétitive», a-t-il affirmé à l’hebdomadaire économique français « La Tribune ».

Et pour cause, la dévaluation serait pour la Tunisie la dernière solution à laquelle il faut recourir. Certes, en dévaluant, les exportations tunisiennes bénéficient d’un avantage égal au taux auquel le dinar baisse, mais il s’agit d’un avantage de courte durée. Cependant, là où le bât blesse le plus, c’est au niveau des importations qui sont pénalisées d’une majoration correspondante, et dès lors que les exportations couvrent moins de 70% des importations, on ne voit pas quel intérêt y a-t-il à dévaluer, d’autant que toute dévaluation n’a qu’un intérêt bénéfique temporaire. Surtout, la dépréciation du dinar serait impérativement une source d’inflation. C’est particulièrement le cas lorsqu’il n’existe aucun produit local de substitution à ceux importés. Dans le cas du pétrole et du gaz, par exemple, on ne peut pas facilement se tourner vers la production domestique, fortement malmenée. Moins spécifiquement, l’inflation étant sur un trend haussier, une dévaluation du dinar aura des conséquences perverses sur l’indice général des prix à la consommation familiale, sans parler de celles du creusement des déficits jumeaux, le budgétaire et le commercial.

Ce n’est point un remède !

Au demeurant, il est établi d’expérience que la dévaluation est une conséquence des difficultés économiques, et non un remède. Les difficultés restent après la dévaluation. Il en est ainsi de la dette tunisienne qui est contractée en devises étrangères. Dévaluer, c’est la rendre plus chère.

A la vérité, les difficultés économiques et financières de la Tunisie proviennent, au principal, des dépenses publiques qui sont trop importantes par rapport aux rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat, lequel devra donc emprunter. Et comme il est déjà très endetté, aux alentours de plus de 60% voire de 80% si on y inclut les dettes des entreprises publiques, de nouveaux emprunts sont difficiles. Autant dire et se convaincre que le problème restera entier après la dévaluation. Et donc la politique d’austérité, même si le mot n’est pas lâché, demeurera.

Les effets d’une dévaluation étant aléatoire, il ne sera pas non plus possible de fonder une politique économique sur une monnaie faible. D’abord, si la monnaie reste faible, c’est que l’économie reste faible. Une économie faible, dont la monnaie se déprécie constamment, c’est une économie qui se dégrade, dont le pouvoir d’achat et le niveau de vie diminuent.

Voilà pourquoi la solution d’une dévaluation doit être rigoureusement écartée pour que soit maintenue en l’état l’approche d’assouplissement du taux de change qui, estime-t-on, renforcera les réserves extérieures et réduira progressivement la surévaluation du dinar. Une réduction des interventions sur le marché des changes, des adjudications de devises périodiques et un approfondissement du marché des changes, rendus possibles grâce à la réduction récente des restrictions à l’utilisation des devises par les banques, contribueront à favoriser une plus grande flexibilité du taux de change et à améliorer la gestion des liquidités des banques. Ceci est primordial au vu du déficit élevé des transactions courantes et l’augmentation de la dette extérieure.

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Le dinar tunisien s’est légèrement repris face au dollar américain qui s’est échangé à 2.2560 dt, la fin de la semaine passée, dans un marché de change peu mouvementé. Par ailleurs, il poursuit sa stabilisation face à l’euro à 2.4640 dt, rapporte notre confrère Tustex.

Sur le marché de change international, l’euro est en baisse face au dollar lundi 31 octobre, à l’ouverture d’une séquence chargée en événements à risques aux Etats-Unis, avec une réunion de la Réserve fédérale et l’élection présidentielle. L’euro s’est échangé à 1,0963 dollar contre 1,0987 dollar vendredi.

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La valeur du Dinar tunisien (DT) n’arrête pas de s’effriter et le DT perd du terrain face aux devises, européenne et américaine, et même devant d’autres monnaies étrangères. Entre 2010 et 2015, le Dinar tunisien a perdu 14,8 % de sa valeur par rapport à la monnaie européenne (euro) et 36,9 % de sa valeur par rapport au Dollar américain (USD), 2,5 % de sa valeur face au Yen japonais et 3 % face à la monnaie marocaine Dirham.

Le DT se déprécie à pas presque de géant. En 2010, un euro valait 1,897 DT. Quatre années plus tard, en 2015, il fallait 2,177 DT pour avoir un euro. En août dernier, il faut 2,469 DT pour acheter un euro. Entre juillet et août 2016, le DT a perdu 0,7 % et de décembre 2015 à août dernier, la perte de valeur du DT a été estimée à 11,9 %.

Et c’est presque la même débandade face à la monnaie américaine. En 2010, le billet vert valait 1,433 DT. En 2015, il fallait presque deux DT pour avoir un Dollar. Janvier 2016 dépassait la barre fatidique de 2 DT (2,044) et 2,202 DT à fin août dernier. En un seul mois (de juillet à août dernier), le DT perdait 0,8 % de sa valeur face au USD. Entre la fin 2015 et août, c’est 8,6 % que perdait le DT, selon une note de conjoncture du ministère des Finances.

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Cette descente aux enfers du Dinar tunisien traduit en fait, selon les économistes et experts tunisiens, la détérioration de l’économie tunisienne et la crise structurelle qu’elle traverse depuis 2010. Une économie où tous les clignotants sont au rouge. Beaucoup de voix se sont alors élevées pour demander pourquoi la Banque Centrale de Tunisie n’intervient pas pour relever le taux de change et redonner des couleurs à la monnaie locale face au panier de monnaies des pays partenaires.

Africanmanager a posé la question au Gouverneur Chedli Ayari. «Pour un Gouverneur de la BCT, il est impossible à la fois d’assurer un stock de devises confortable et un taux de change stable» explique le Gouverneur, avant d’indiquer que «si on penche pour la stabilité du change, dans une conjoncture où la demande est plus forte que l’offre pour cause de baisse de l’exportation et de crise du tourisme, il faudra vendre la devise dont nous disposons pour stabiliser le taux de change du Dinar. Et si je le fais, nous devenons incapables de couvrir nos importations».

Le dilemme réside dans le choix de la priorité à engager. Un choix qui semble cependant avoir déjà été  fait, certes après un essai négatif, par l’Institut d’émission. Et son Gouverneur d’expliquer que «claquer des sommes énormes à jouer le Broker contre le marché pour gagner quelques petits pourcentages d’une stabilité qui reste éphémère » est impossible «car nous luttons contre les anticipations négatives des opérateurs». Et Chedli Ayari de dévoiler même que «nous avons joué à ce jeu,  nous avons injecté 4 Milliards DT, depuis le début et tout au long de 2016, sur le marché de change sans aucun effet». Cela confirme, si besoin est et comme c’est reconnu par tous les experts et économistes, que la crise économique en Tunisie est désormais structurelle. Aux grands maux les grands remèdes ?!

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Le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Sami Tahri a accusé mercredi le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari de laisser le dinar couler ».

Cité par Shems fm, il a affirmé que les déclarations du gouverneur de la BCT ont « nui au dinar tunisien et à l’économie nationale en général,  semant la peur parmi les investisseurs en évoquant une catastrophe », alors que le chef du gouvernement sortant, Habib Essid avait rassuré les Tunisiens en affirmant que l’Etat est en mesure de rembourser ses dettes au titre de 2017.

« Nous exigeons des explications à cet égard », a-t-il dit.

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Le marché de change a été caractérisé par un faible volume de transactions pour ce début de semaine, dans ce contexte le dinar tunisien s’est stabilisé face aux principales devises. L’euro s’est échangé à 2.4650 dt tandis que le dollar américain s’est maintenu à 2.21 dt, rapporte notre confrère, Tustex.

Sur le marché de change international, l’euro a légèrement avancé face au dollar, poursuivant un mouvement entamé avant le week-end à la suite de publication d’indicateurs américains décevants. La devise européenne s’est échangée à 1,1186 dollar contre 1,1165 dollar vendredi.

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Dans une note récente intitulée “Évolutions monétaires et conjoncturelles et” perspectives à moyen terme, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a noté la baisse persistante des recettes en devises a amplifié les pressions sur le taux de change, ce qui a engendré une dépréciation importante du dinar vis-à-vis des principales devises.

Durant le premier semestre  2016,  le  dinar  s’est  déprécié en moyenne de 5,5% aussi bien face au dollar que  vis-à-vis  de  l’euro  comparativement  à  son niveau une année auparavant, ajoute la BCT.

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Le directeur général de l’Institut National de la Consommation (INC), Tarek ben Jazeya, a assuré, lors de son intervention ce vendredi 1er juillet 2016 sur Shems Fm, que les prix des vêtements ont enregistré une augmentation entre 10 % et 15% par rapport à l’année dernière et ce, à cause de la dépréciation du dinar.
Il a précisé que les prix des vêtements des filles âgées entre 0 et 14 ans varient entre 84dt et 95dt, et les prix des vêtements des garçons varient entre 96dt et 119dt.
Le directeur général de l’INC a appelé les parents à vérifier les prix, surtout que l’institut a remarqué une certaine variation des prix pour les mêmes articles. Il a demandé par ailleurs à boycotter le marché parallèle.

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Dans une note publiée cette semaine, la Banque centrale de Tunisie a analysé les principaux facteurs ayant conduite à la chute sans précédent du Dinar et esquissé les mesures pratiques et urgentes qu’il importe de prendre pour mette fin à la dégringolade  de la monnaie nationale.

Elle a expliqué que cette baisse est due en partie à l’évolution des cours des principales devises mondiales, notamment le Dollar US et l’Euro, d’une part, et au creusement du fossé entre l’offre et la demande des devises sur le marché local , consécutif à la détérioration des échanges extérieurs.

L’Institut d’émission pointe l’élargissement du déficit commercial à 5,1 milliard de dinars durant les 5 premiers mois de l’année en cours, la chute des rentrées touristiques de 44,6%, celle des revenus de travail de 9,3%, la détérioration du déficit courant qui représente 4,3% du PIB, et le recul tangible des flux des investissements étrangers, qu’il s’agisse des investissements de portefeuille ou des investissements directs étrangers.

Ainsi, le déficit de la balance des paiements a dépassé les 2 milliards de dinars au cours de la période en question, alors que les réserves en devises ont baissé à 109 jours d’importations, fin mai 2016, contre 121 jours, un an plus tôt  et 128 jours, fin 2015. Ce faisant, le marché des changes est soumis à des pressions inédites qui ont gagné en acuité depuis le début du mois de juin 2016, se reflétant sur la valeur du Dinar qui a enregistré un important recul vis-à-vis des principales devises étrangères.

Ces développements jugés « préoccupants » par la BCT appellent un diagnostic précis s’agissant de leurs causes et des mesures préventives urgentes qu’il y a lieu de prendre sur le court terme pour en limiter les effets, et prévenir les dangereuses dérives qui menacent la situation économique et les grands équilibres financiers au cas où la situation extérieur continuerait de se détériorer au cours des mois à venir.

Pour 2016, la BCT prévoit que le déficit courant se stabilisera autour de 7205 millions de  dinars, soit 7,9% du PIB, en raison de l’évolution des exportations de biens et services à hauteur de 3,1% malgré les difficultés structurelles et conjoncturelles auxquelles continuent de se heurter certains secteurs, dont notamment  les industries extractives et manufacturières ainsi que les  services. Quant aux transferts des expatriés tunisiens, ils demeurent en deçà de ce qui est escompté en dépit de leur augmentation de 5,1%.

L’endettement monte à 51,1%

S’agissant des financements  extérieurs sous forme de prêts à moyen et long termes à mobiliser pour financer le déficit courant et le service de la dette, ils s’élèveront à 7,3 milliards de dinars, ce qui portera le taux de l’endettement national à 51,1% du PIB. Pour leur part, les investissements étrangers ne dépasseront pas les 2 milliards de dinars, ce  qui  représente un niveau jugé médiocre.

Comparé aux résultats des 5 premiers mois de 2015, ce scénario  est jugé quelque peu optimiste par la Banque centrale qui note qu’il a été retenu dans le cadre du programme des réformes élaboré par le gouvernement visant l’accélération du rythme de croissance et  la maîtrise des équilibres économiques globaux dont celui des paiements extérieurs. Un scénario susceptible de révision sur un trend négatif eu égard aux pressions qui continuent de s’exercer en lien avec la vulnérabilité de la plupart des secteurs exportateurs et une reprise économique qui se fait encore attendre à  l’échelle mondiale, singulièrement à celle de l’Union Européenne.

La réalisation des objectifs ainsi fixés est considérée en soi comme un grand défi nécessitant un ensemble de mesures pour maîtriser le déficit courant dans les limites de 7,9% du PIB , et la maîtrise des dépenses en devises, ainsi que la maîtrise des importations et l’amélioration des exportations, souligne la BCT qui prévient qu’en l’absence de ces mesures , le déficit courant  grimperait à 10%, exigeant des financements extérieurs supplémentaires de l’ordre de 2 milliards de dinars.

Durant les 5 premiers mois de l’année en cours, le Dinars s’est déprécié de 3,9% par rapport au Dollar et de 5,8% vis-à-vis de l’Euro, soit en moyenne une baisse de 4,6% par rapport aux deux monnaies. Les évolutions enregistrées au niveau de la valeur du Dinar reflètent la réalité de l’offre et de la demande sur le marché des changes

Restrictions sur les transferts en devises

Pour remédier à la situation et à la dégringolade du Dinar, la Banque centrale de Tunisie a pris un certain nombre de mesures, surtout celles destinées à rationaliser les dépenses et les transferts en devises. Il s’agit de :

  • S’en tenir aux plafonds fixés  pour les dépenses au titre des opérations courantes et des opérations d’investissement, et s’abstenir d’octroyer des autorisations exceptionnelles au titre du tourisme, des études, des voyages d’affaires, des voyages de groupe (outgoing) et l’Omra
  • La coordination préalable entre les ministères concernés et la BCT sur les dépenses des artistes, des joueurs et des entraîneurs étrangers
  • Surseoir à certaines mesures que la BCT projetait de prendre en vue de conférer de la souplesse aux dispositions régissant les changes, notamment celles relatives à l’ouverture  de compte capital
  • Renforcement du contrôle sur les opérations courantes par les autorités concernées (à travers les frontières et le système de change) en ce qui concerne le contrôle technique, le règlement des opérations de commerce extérieur et le rapatriement des revenus en devises au titre de l’exportation
  • Rationalisation des crédits à la consommation en lien avec les importations des produits de consommation par la révision des conditions de financement par les établissements de crédit
  • Inciter les banques tunisiennes à utiliser les ressources de lignes de financement étranger disponibles aux fins de financement des opérations d’importation.

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L’expert financier, Hatem Zaâra, a déclaré que le dinar tunisien va se rattraper progressivement suite au Brexit.

Il a en outre expliqué, lors de son passage ce vendredi 24 juin 2016 sur Express Fm, que l’euro a chuté de 3% face au dollar après la victoire du camp du Brexit au référendum lors duquel les Britanniques avaient décidé de se retirer de l’Union Européenne, faisant toutefois remarquer qu’il faut s’attendre à des conséquences économiques suite à la décision britannique.

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