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jeudi 24 septembre 2020
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Obsédés par la loi électorale, ils ont oublié les périls qui guettent

La classe politique, trop occupée par ses dissertations sur les intentions du président de la République au sujet des amendements de la loi électorale, a manifestement perdu de vue l’essentiel : La situation économique, ou plus précisément sa gravité. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi ils s’agitent avec autant d’énergie pour hériter d’un pouvoir, de chaises confortables certes, mais aussi d’un pays malade de son économie. Hakim Ben Hammouda, économiste et ancien ministre des Finances, rappelle à ces Messieurs/Dames ce que leurs combats autour de ce qui reste du gâteau leur avaient fait oublier : « La relance de l’investissement constitue la seule planche de salut pour l’économie nationale. Mais nous sommes dans une situation où l’investissement ne fait que reculer », a déploré l’expert dans une déclaration à l’agence TAP.
Commentant le dernier rapport du FMI, sur la Tunisie, Ben Hammouda estime que «  le FMI est sorti de sa réserve et a dit les choses d’une manière plus directe, pointant des risques importants pour l’économie tunisienne notamment en relation avec la faiblesse de la croissance « .

Et de poursuivre « dans son rapport, le FMI évoque trois inquiétudes qui planent sur l’économie nationale. La première inquiétude a trait à la hausse des prix du pétrole qui va avoir des effets sur le double déficit de l’économie, à savoir le déficit de la balance commerciale et celui budgétaire. La deuxième inquiétude est principalement, alimentée par la faiblesse de la croissance chez nos partenaires européens particulièrement, les deux grandes puissances, la France et l’Allemagne qui ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance « . 
 » Le troisième aspect paradoxalement soulevé par le FMI concerne la stabilisation et la légère amélioration du dinar, qui va selon lui réduire la compétitivité de l’économie tunisienne  » a-t-il souligné.
 » Cette question est très paradoxale parce que nous considérons en Tunisie que cette légère stabilisation du dinar a eu des effets positifs sur l’économie tunisienne, dans la mesure où elle a permis de réduire l’inflation importée et d’atténuer les coûts supportés par les investisseurs (importation des matières premières et des biens d’équipements) « , a-t-il considéré.

L’ancien ministre s’inquiète aussi des recommandations formulées par le FMI dans son rapport.
 » La première recommandation concerne la poursuite de la politique monétaire restrictive menée par la Banque centrale de Tunisie depuis quelques mois. Comme signe de réussite de cette politique restrictive, le FMI avance la stabilisation de l’inflation. Mais je pense personnellement, que cette politique n’a eu que des effets très limités sur l’inflation et a en contrepartie, fortement compromis l’investissement ce qui pose un sérieux problème pour le pays « .
 » La deuxième recommandation, c’est celle qui consiste à favoriser une plus grande baisse du dinar par rapport aux monnaies étrangères sous motif que cette baisse permet d’améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne. Mais, encore une fois, je pense que cette politique a montré ses limites, dans la mesure où les exportations ne se sont pas améliorées « .

 » Ces deux recommandations auront, à mon avis, des effets très négatifs sur la croissance et l’investissement et aggraveront ainsi, les difficultés de l’économie tunisienne. Reste à savoir maintenant quelle attitude auront les autorités tunisiennes face à ces recommandations. Et là, je pense que le véritable problème en Tunisie, c’est l’absence d’une vision claire de la part du gouvernement sur les moyens et les politiques à mettre en place pour faire face aux difficultés économiques et à la faiblesse de la croissance « .
Pour Ben Hammouda, la solution passe inévitablement par une plus grande stabilisation des grands équilibres macro-économiques, mais aussi et surtou, par la relance de l’investissement qui ne fait que reculer ces derniers temps « 

 » Les investisseurs sont dans une situation d’attente, ce qui pèse beaucoup sur la croissance et explique sa faiblesse. Cette attentisme risque de se poursuivre car les années électorales ne sont généralement pas favorables à la prise de risque. S’ajoute à cela la crise politique inédite en Tunisie en rapport avec la loi électorale. Laquelle crise pourrait compliquer davantage les choses sur le plan économique « .
Ben Hammouda lance ainsi un appel aux responsables politiques afin qu’ils trouvent une solution à cette crise, pour éviter les tensions et les incertitudes qui planent sur le processus électoral et partant sur l’économie.

TAP

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