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Ezzeddine Saidane

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La Tunisie n’a d’autres choix que de limiter ses importations pour sortir de la crise, a souligné, dimanche, Ezzeddine Saidane, expert en économie. «La Tunisie pourrait épargner cinq mille milliards de millimes en cas de rationalisation de ses importations“, a-t-il ajouté lors d’une conférence à Tunis organisée par le mouvement “Projet de la Tunisie” sous le thème  “les défis sociaux économiques et les moyens de sortir de la crise“.

Selon l’expert, la hausse des importations à un rythme nettement supérieur à celui des exportations ne fait que pénaliser l’économique nationale et ce en dépit de l’amélioration des recettes touristiques et l’accroissement de l’exportation de certains produits agricoles.

Les importations sont encore trop élevées par rapport aux exportations et aux autres flux d’entrée de devises“, a-t-il encore souligné, estimant que la Tunisie a besoin aujourd’hui d’un taux de croissance de 6% pour sortir de cette situation financière difficile.

Sur un autre plan, l’expert a souligné que la Tunisie s’endette aujourd’hui à un rythme effréné. Cette dette qui n’est pas destinée à l’investissement, a-t-il affirmé, s’établit, actuellement, à 75 milliards de dinars contre 25 milliards de dinars seulement en 2010.

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En réaction aux récentes campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux suite à ses déclarations sur le recours à la planche à billets de la part du ministère des Finances et de la Banque centrale, l’expert en économie Ezzeddine Saidane a publié sur sa page officielle Facebook des informations encore plus précises pour justifier ses propos :

«  Je remercie tous ceux qui ont écrit des commentaires méchants à mon égard. Voici maintenant les chiffres (sources exclusives BCT, Ministère des Finances, INS) :

* Encours des crédits accordés par les banques tunisiennes et les assurances à l’Etat : Plus de 21 milliards de Dinars (21 mille milliards de millimes), Sur les 21 milliards de Dinars 15 milliards de Dinars ont été refinancés par la BCT,

* Sur quelles ressources la BCT refinance-t-elle les banques. Evidemment par la création monétaire c’est-à-dire par la planche à billets, c’est-à-dire par de l’inflation 4- 45% des dépenses de l’Etat sont des salaires.

* Les salaires sont pour une grande partie payés par la planche à billets.

* Si la journaliste (qui est brillante par ailleurs) n’a pas pu saisir la notion de création monétaire “ex-nihilo” par la BCT et a interprété cela comme de l’impression de billets de banque, ceci ne change rien à la réalité et à la situation triste et misérable du pays.

*J’avais déjà annoncé que le 6 mars que l’Etat avait emprunté aux banques 600 millions de Dinars, totalement refinancés par la BCT pour payer les salaires. Personne n’avait nié ou commenté.

* J’avais aussi annoncé que le 10 avril l’Etat avait emprunté aux banques 475 millions de Dinars, toujours refinancés par la BCT pour payer les salaires, toujours pas de commentaires ou dément.

* Même scénario en juin. Je vous remercie tous pour votre méchanceté à mon égard. Vous savez très bien que je sais ce que je dis. Vous savez très bien que les postes, quels qu’ils soient, ne m’intéressent pas. Je vous les laisse avec plaisir. Et je vous mets au défi de me contredire ou de contester ces chiffres. Allez voir les sites de la BCT, du Min des Fin et de l’INS», a-t-il conclu.

Dans un récent statut sur sa page officielle, l’économiste Ezzeddine Saidane dit «Non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas de reprise économique». Selon lui, «les chiffres sont là et ils sont têtus ». Une déclaration qui va à l’encontre, par exemple des dernières déclarations du gouverneur de la BCT ou encore de ce qu’écrit le Financial Times. Saidane réfute, persiste et signe, et l’écrit même en LETTRES CAPITALES !

En effet, Saidane explique que

1- La croissance économique reste faible: 2,1% en glissement annuel (sur les 12 derniers mois) et 0,7% pour le troisième trimestre de cette année par rapport au trimestre précédent (2ème trimestre 2017) . Ceci donne une croissance de 1,9% pour les neuf premiers mois de cette année par rapport aux neuf premiers mois de l’année 2016. Ce rythme de croissance demeure insuffisant en termes de création d’emplois, de création de richesses et d’amélioration du niveau de vie du citoyen Tunisien. Il ne permet pas non plus de parler d’une reprise de l’économie;

2- Le déficit de la balance commerciale atteint un nouveau record: 13,2 milliards de Dinars pour les 10 premiers mois de cette année (12,6 milliards de Dinars pour toute l’année 2016). Une partie de ce déficit sera couverte par les recettes du tourisme, par les transferts des Tunisiens à l‘étranger et par les IDE (Investissements Directs Étrangers). Le reste doit être couvert en devises, donc par de la dette extérieure supplémentaire !!!

3- Le refinancement des banques par la Banque Centrale (planche à billets) atteint un nouveau record: 10,738 milliards de Dinars au 15 novembre 2017;

4- Les réserves de change baissent rapidement pour atteindre l’équivalent de 92 jours d’importation (ligne rouge: 90 jours) et ce malgré les crédits extérieurs (et intérieurs en devises) contractés récemment;

5- Le Dinar continue de glisser. Le Dinar a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le début de l’année, plus de 40% depuis 3 ans, et plus de 60% depuis 2010;

6- La dette publique atteint 70 milliards de Dinars (25 milliards de Dinars en 2010), soit 45 milliards de Dinars de dettes supplémentaires en 7 ans. Le projet de loi des finances 2018 prévoit 76 milliards de Dinars pour 2018;

7- L’inflation reprend de plus belle: 5,8% annoncé par l’INS et plus de 9% vécu par le citoyen. Le citoyen Tunisien a perdu 25% de son pouvoir d’achat depuis 2010. La solution, de toute évidence, n’est pas dans les augmentations de salaires. Il faut redresser l’économie;

8- L’épargne nationale (qui sert à financer les investissements) baisse à 11% du PIB (22% en 2010);

9- Le projet de loi des finances 2018 fait l’unanimité (ou presque) contre lui. Il se base sur des hypothèses qui sont déjà dépassées. Il prévoit, entre autres, 8,5 milliards de service de la dette pour 2018 (remboursements de principal et intérêts) et 9,5 milliards de Dinars de crédits nouveaux. La Tunisie emprunte pour rembourser ses dettes!!! Il prévoit de nouveaux impôts et de nouvelles taxes. Mais il comporte par contre peu de mesures en termes de maitrise des dépenses de l’État;

10- Fitch Ratings vient de publier un rapport de 140 pages sur la Tunisie. Ce rapport est négatif, très négatif même. Le principal reproche concerne l’absence de réformes visant à sauver l’économie;

11- Le FMI n’a pas débloqué la troisième tranche du crédit de 2,9 milliards de Dollars (prévue pour octobre 2017). Le FMI préfère attendre le sort de la loi des finances 2018. N’oublions pas que les institutions financières s’alignent derrière la position du FMI;

IL N’Y A DONC PAS DE REPRISE ÉCONOMIQUE. LES RATIOS CONTINUENT DE SE DÉTÉRIORER ET IL N’Y A PAS DE STRATÉGIE DE SAUVETAGE. LA TUNISIE A BESOIN D’UNE PRISE DE CONSCIENCE, VOIRE MÊME D’UN CHOC. L’EFFONDREMENT DE L’ÉCONOMIE PEUT METTRE EN DANGER LES PROGRÈS RÉALISÉS AU NIVEAU DE LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE. LE SAUVETAGE DE L’ÉCONOMIE DEMEURE POSSIBLE SI LES RESPONSABLES POLITIQUES SONT DISPOSÉS À CONCENTRER LEURS EFFORTS SUR LE SAUVETAGE DE L’ÉCONOMIE ET NON PAS SUR LEUR CARRIÈRE POLITIQUE PERSONNELLE.

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 Les réserves de change d’un pays, ou disons en termes plus simples la trésorerie devises d’un pays, ne se mesurent pas simplement en termes absolus ($ ou €), mais elles se mesurent surtout en termes de nombre de jours d’importation.

Un jour d’importation pour la Tunisie est actuellement l’équivalent de 128 millions de Dinars en moyenne. Nos réserves de change ont baissé de manière drastique, jusqu’à atteindre l’équivalent de 90 jours d’importation le 14 août 2017.

Ce niveau de 90 jours est considéré par les pays, les agences internationales de notation, les institutions financières et les investisseurs comme une ligne rouge. Pourquoi ?

Tout pays qui serait en difficulté de paiements extérieurs donnerait naturellement la priorité aux paiements relatifs aux importations de produits alimentaires, de médicaments et de produits énergétiques. Et on considère à juste titre que l’équivalent de 90 jours d’importation serait juste suffisant pour couvrir les importations de ces produits de base indispensables. En d’autres termes, dans une telle situation le pays en question ne serait pas en mesure de faire face aux paiements au titre de sa dette extérieure (principal et intérêts).

Ce niveau de 90 jours n’a jamais été atteint par la Tunisie depuis la crise de 1986, soit depuis 30 ans environ.

Pour mieux comprendre cette situation il faudrait peut-être rappeler les sources qui alimentent les réserves de change. Il y en a cinq principalement :

1- la première et la principale source, et de loin la plus saine, est celle des exportations de biens ;
2- la deuxième est celle des exportations de services et notamment le tourisme ;
3- la troisième est celle relative aux transferts des Tunisiens à l’étranger ;
4- la quatrième concerne les investissements directs et indirects étrangers en Tunisie ;
5- la cinquième, de loin la plus dangereuse, concerne les crédits (l’endettement) étranger.

Depuis 2011 la Tunisie a usé et abusé de cette cinquième source de réserves de change, les crédits extérieurs.

A quoi servent les réserves de change ? Elles servent à effectuer nos paiements extérieurs, et notamment :

* les importations de biens et services.

* le service de la dette, c.à.d. le règlement de nos échéances en principal et intérêts de la dette extérieure. Les réserves de change servent accessoirement à financer les interventions de la Banque Centrale (ventes de devises) pour calmer, dans certaines conditions, le marché des changes ou pour lisser la baisse de la valeur du Dinar.

Les conséquences de la baisse de nos réserves de change peuvent être graves :

Perception négative du risque de la Tunisie par nos partenaires extérieurs (institutions financières et commerciales), coût excessif de tout crédit extérieur, révision à la baisse de la notation souveraine de la Tunisie, hésitation des investisseurs étrangers à considérer la Tunisie comme destination pour leurs investissements, baisse continue de la valeur du Dinar, etc.

La baisse excessive de nos réserves de change n’est pas une fatalité. Elle est la conséquence directe de la mauvaise gestion de nos affaires publiques, et notamment de nos affaires économiques et financières. La gestion de notre commerce extérieur et l’énorme déficit commercial, et l’insupportable déficit courant en sont un exemple.

La baisse de nos réserves de change ainsi que le peu de progrès réalisés sur la voie des réformes sur lesquelles la Tunisie s’était engagée auprès du FMI, mais aussi (d’après certaines sources) la fameuse déclaration faite il y a quelques semaines par le ministre MFA au sein de l’ARP (largement reprise de manière très négative par la presse internationale) disant que la Tunisie n’était pas en mesure de payer les salaires de ses fonctionnaires pour les mois d’août et septembre 2017 seraient à l’origine de la dernière révision à la baisse de la notation souveraine de la Tunisie, de Ba3 à B1 avec perspective négative.

Cette révision à la baisse de la notation souveraine de notre pays donne un signal très négatif aux institutions financières et commerciales, et aux investisseurs. Cette notation signifie clairement que la Tunisie ne serait pas en mesure de faire face à ses engagements extérieurs !

Y a-t-il des solutions malgré l’ampleur des dégâts. Oui sans doute. Des propositions détaillées ont été faites à plusieurs reprises. En résumé elles se déclinent en trois étapes :

  • un diagnostic, consensuel signé par tous les signataires du document de Carthage, de la situation économique et financière du pays.
  • Un PAS (Plan d’ajustement Structurel) à implémenter sur une période de 18 à 24 mois.
  • Une batterie de réformes profondes capables de remettre l’économie tunisienne sur une orbite de croissance, de créations d’emplois et de création de richesses.

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L’expert en économie Ezzeddine Saidane a déclaré sur Mosaïque fm qu’il a reçu un message écrit, le menaçant de mort pour ses déclarations et ses analyses à propos de la situation économique du pays.

Ezzeddine Saidane a affirmé que la lettre a été reçue par sa fille et que son auteur lui a recommandé de se taire ou à quitter le pays, en l’informant qu’il connait bien son adresse et celle des membres de sa famille. Il a conclu ses menaces par un verset coranique évoquant la mort.

Saidane a déclaré également qu’il a aussitôt porté plainte auprès d’un poste de police, en soulignant que les menaces ne l’intimideront pas.

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