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Finances publiques

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Pour des raisons électorales, qui concernent aussi la centrale syndicale UGTT comme l’avait dit son SG à plusieurs reprises, les grèves ont repris de plus belle en Tunisie. La grève se démocratise même, puisque tout le monde peut la faire en dehors de toutes règles. La grève se généralise aussi puisque les patrons s’y mettent aussi, pour tirer les marrons du feu (par les pattes de la chatte, dirait le proverbe local). Il était d’usage de lire les grèves comme des actes de revendications, salariales d’abord et concernant parfois les conditions de travail.

  • La grève, ennemi de la croissance, avec force légale désobéissance

La Tunisie a atteint le stade où la plus grande menace pour la stabilité ne tient plus aux rivalités politiques autour de l’identité religieuse, mais aux aspirations sociales et économiques inassouvies et sans lendemain. Le constat a été fait, depuis janvier, par l’EFCFR dont nous parlions dans un article précédent.

Avec le nouvel engagement, politique et électoral, de la centrale syndicale qui se politise et ne cache plus ses envies d’avoir un rôle dans les prochaines élections et même d’avoir ses propres listes, force est d’interpréter les grèves comme un acte politique aussi et même de concurrence électorale.

L’UGTT avait signé les dernières augmentations salariales du secteur publique, promettant de ne plus rien demander pour 2019 et 2020. Ce sont pourtant 15 préavis de grèves, pour le seul mois d’avril et toutes dans le seul secteur du transport, qui sont sur le bureau du ministre du Transport. Un secteur névralgique pour l’économie de tout le pays.

Or, ces préavis concernent le transport, terrestre, maritime et aérien. Autant dire des actions à tenter pour paralyser une économie qui peine à se relever, comme le confirme son principal bailleur de fonds, le FMI, attaqué de toutes parts par l’UGTT, du terrorisme qui avait déjà paralysé et asphyxié le tourisme. Le secteur touristique reste cependant sous la menace des grèves.

  • Les patrons s’y mettent, pour tirer les marrons du feu

Jusque-là en Tunisie les forces ouvrières étaient les seules à user et abuser des grèves. Elles ont réussi à augmenter leurs salaires, mais pas leur pouvoir d’achat. La théorie du «plus d’eau, plus de farine» a fini par rendre non maitrisable l’inflation et faire des commerçants notamment des ogres insatiables.

Reconnues non-maitrisables, notamment par tous les gouvernements successifs, les grèves attirent de plus en plus le patronat. De manière indirecte par le biais de quelques lock-out, et indirectement par le recours au stratagème de celui qui utilise la patte du chat (en l’occurrence l’UGTT) pour tirer les marrons du feu. Différentes grèves seraient en effet depuis quelques semaines poussées presqu’en cul de sac. L’idée serait de faire remonter le différent jusqu’au gouvernement, pour moyenner l’accord contre certaines revendications patronales, qui ne donnent rien directement avec le gouvernement. Cela à moins que, comme l’UGTT, le patronat ne soit devenu incapable de maîtriser ses troupes. Cela aussi sans oublier la concurrence que se livrent, depuis quelques années, UTICA de samir Majoul et Conect de Tarak Cherif.

La grève devient pourtant et sans qu’aucune partie n’y fasse attention l’arme de destruction massive. L’économie tunisienne a, jusqu’ici, survécu au terrorisme dont le 1er grand coup visait le tourisme à Sousse. Elle combat la contrebande, dont le lien avec le terrorisme est évident, et il ne se passe pas un jour sans que tombe un contrebandier dans les filets, soit de la douane, soit de la Garde Nationale. La grève reste un mal incurable et devient l’arme de destruction massive (ADM) à laquelle ont désormais recours les forces, internes, qui essaient depuis 2011 de mettre la Tunisie à genoux, en cassant son économie et en détruisant ses finances, certains pour bâtir un autre modèle sociétal, d’autres pour réaliser les gains qu’ils ne sauraient faire dans un Etat où règne la loi.

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«Le chef des finances tunisien est exceptionnellement de bonne humeur. En regardant les chiffres, il est difficile de comprendre pourquoi». C’est par cette phrase que «Bloomberg» commence son dernier article sur la situation économique en Tunisie, où il affirme notamment que la Tunisie «est dans une situation pire qu’avant le renversement en 2011 de son dictateur, Zine El Abidine Ben Ali».

On ne sait pas si le ministre tunisien des Finances a changé d’humeur après avoir lu l’article des journalistes Jihen Laghmari & Samer Al Atrush. Ce qui est certain, même si ce n’est pas ce que devrait dire un ministre des Finances, c’est qu’il n’est pas loin du sentiment général du Tunisien lambda, masochiste et qui n’hésite pas à se dire «fauché, mais heureux», comme l’a dit le ministre tunisien des Finances aux auteurs de l’article de Bloomberg après avoir rencontré le ministre.

  • Il n’y a pourtant pas de quoi être heureux Monsieur le ministre !

Tous ceux qui travaillent avec lui n’en sont pas contents. Il n’y a  pas lieu ici de détailler cette impression, même si nous pouvons y ajouter la cachoterie en matière de chiffres et d’information. Le plus bel exemple pourrait être celui du projet de la loi de finances qu’il prépare chaque année dans le blackout le plus complet, vis-à-vis de tout le monde, y compris les membres du gouvernement, ceux du Conseil supérieur de la fiscalité et autres.

Il est cependant tout aussi vrai que tous ceux qui ont approché le ministre tunisien des Finances le décrivent comme «un optimiste invétéré». Optimiste lorsqu’il persiste à croire et à affirmer avec un sourire fermé que la Tunisie s’en sortira. Acharné à réaliser son rêve de réduire à 3,6% le déficit budgétaire. De là à être heureux, c’est une autre paire de manches, rien qu’à lire les chiffres de la situation économique et financière du pays piloté par le 7ème gouvernement dont il fait partie.

L’inflation est toujours supérieure à 7 %. Et si elle a régressé de 7,5% en décembre 2018 à 7,1% en janvier 2019, ce la est dû au changement de l’année de base du calcul de l’inflation, de 2010 à 2015. Le taux global de l’endettement public est à 70,9% du PIB, dont 72 % d’endettement extérieur. Les réserves en devises sont à moins de 90 jours, malgré tous les versements, du FMI, des Saoudiens, des Européens et autres bailleurs de fonds. Ne parlons pas de la valeur du DT qui se détériore sans arrêt, contribue aux déficits cumulés et même à l’inflation. Le tout, alors que le budget de l’Etat augmente chaque année et corollairement la masse salariale, car n’ayant pas pu mobiliser les Tunisiens en faveur d’un resserrement de la ceinture des dépenses. Cette même Tunisie d’un ministre des Finances «heureux» et de «bonne humeur», c’est aussi des ressources d’Etat qui proviennent à 66,3 % d’une fiscalité qui devient un vrai handicap pour toute relance par l’investissement des hommes d’affaires locaux, qui se lancent plus volontiers dans le commerce (Mall et franchises à profusion) que dans l’industrie, devenue plus risquée à cause d’un syndicat qui devient force de rétention, politique et économique. «Les indicateurs en eux-mêmes n’ont pas de sens si vous ne les mettez pas dans leur contexte dynamique. Vous ne pouvez pas les traiter comme des chiffres dans un pays qui vit une situation normale», temporise Ridha Chalghoum, lors de l’entretien accordé aux journalistes étrangers.

  • La bonne humeur des Masos et l’image expressive de Bloomberg

Or, cette situation est loin d’être normale, lorsque le gouvernement n’arrive pas à mobiliser ses concitoyens pour la reprise du travail (la production industrielle a enregistré une baisse de 0,7% au cours du mois de novembre 2018 en glissement annuel), ni ses opérateurs pour rationaliser les importations et augmenter les exportations. Et cela ne demande pas beaucoup d’argent, mais beaucoup de volonté !

Mais aussi faute de décisions tranchantes, comme pour ce qui concerne le dossier du bassin minier et pour la contrebande où les autorités publiques restent plus réactives qu’actives et manquent de fermeté. Le tout, dans des gouvernements qui ont une défaillance marquée et structurelle en matière de communication et qui n’arrivent pas, depuis bientôt neuf ans, à dire la vérité toute crue à leur peuple et à répondre à tout ce que dit l’UGTT et qui n’est pas toujours entièrement vrai. Médiatiquement en effet, les 7 gouvernements ont toujours laissé le syndicat dire ce qu’il veut et ne corrigent même pas ses fausses affirmations, comme lorsqu’il disait à Bloomberg que «le gouvernement est à l’origine du déficit commercial. “Vous avez ouvert vos frontières à la Turquie et à d’autres pays pour des marchandises que nous n’avons pas besoin d’importer”, a-t-il déclaré. “Nous importons des chocolats et des biscuits et je ne sais pas quoi», des propos qui sont loin d’être justes.

Parler de la conjoncture, derrière laquelle semble se cacher le ministre des Finances, et de «contexte dynamique », c’est évoquer aussi l’incapacité du gouvernement à imposer le respect du devoir fiscal (médecins, avocats notamment). Et on reprend ici cette image fort expressive de l’article de Jihen Laghmari et son collègue Samer, lorsqu’ils notent que «La fracture économique qui aggrave la colère des électeurs est évidente dans la capitale, où l’élite du pays sirote des vins français et locaux dans un restaurant de poisson chic tout en savourant des spécialités tunisiennes aux côtés de banquiers et diplomates étrangers». Le ministre oublie le peu de volonté à vraiment combattre la fraude fiscale, qui aurait certainement mieux et plus rapporté que les redressements qui s’abattent sur des entreprises publiques, déjà en très grande difficulté financière et que l’Etat aide chaque année, sur les entreprises cotées en toute transparence sur la bourse de Tunis.

Parlant enfin de conjoncture, le ministre avait manifestement oublié les dizaines d’hommes d’affaires accablés par des soupçons d’affairisme transformés en affaires judicaires qui durent depuis bientôt 9 années et ferrés par des interdictions de voyager. Un dossier que les gouvernement successifs et le Président de la République qui a signé la liste des confisqués sans jugements et des interdits de quitter le territoire, refusent d’ouvrir et encore moins de fermer définitivement. UN dossier qui enlève à tout homme d’affaire l’envie d’investir. Qui a créé toute cette mauvaise conjecture que le ministre évoque, pour expliquer l’inexplicable ? Qui a arrêté la dynamique que devait enclencher la révolution et l’a rendue complexe, comme disait le ministre. Ce n’est certainement pas lui, ni l’actuel gouvernement. Mais c’est ce dernier qui ne prend pas le courage, depuis 2016, de la changer.

Pour remédier à tout cela, le ministre tunisien des Finances, disent les journalistes de Bloomberg, «a présenté une vision de l’économie, associant bonne chance (…) à l’austérité dans le cadre du programme du FMI». Que dire de cette stratégie ? Que penser d’un ministre qui compterait sur la bonne chance, alors que son gouvernement n’arrive pas à appliquer l’austérité conseillée par ses bailleurs de fonds ?  «Même si je suis fauché, je suis heureux», nous répondrait presque Ridha Chalghoum, comme il l’a indiqué à Bloomberg.

Ah, on a oublié celle-là : «l’idée de démocratie est maintenant comprise par tous les Tunisiens et c’est une chose très positive que vous ne pouvez pas acheter». Cela suffira à la Tunisie pour sortir de ses crises, politique, économique, sociale et financière !

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La tension sociale est extrême dans le pays, les demandes d’ordre pécuniaire fusent de partout et rien n’y fait : l’argumentaire du gouvernement sur la dégradation des finances publiques n’est pas audible du tout. Youssef Chahed est loin d’en avoir terminé avec l’UGTT et les deux jours de grève générale de février lui pendent au nez. Idem sur le front de la Fédération de l’enseignement secondaire, plus pourri que jamais malgré les tentatives du ministre de l’Education de mettre le leader de la centrale syndicale dans sa poche. Et pour couronner le tout, les enseignants du primaire, qui se contentaient jusqu’ici de quelques manifestations de solidarité avec leurs collègues du secondaire, entrent dans la danse en décrétant une grève le 6 mars 2019. Pourquoi ? Pour des sous, pardi, comme tout le monde ! Ils ont drapé leurs revendications financières avec des tas de trucs du genre des réformes, des changements dans le programme, etc. Mais personne n’est dupe, il ne s’agit que d’argent. De l’argent, tout le monde en veut et en demande, en dépit du fait que le chef du gouvernement se tue à dire qu’il n’en a pas. Pourtant l’économiste Ridha Chkoundali lui demande d’en dépenser, et pas peu, pour gonfler les salaires.

Une recette très singulière

L’universitaire argue que le pouvoir d’achat du citoyen tunisien s’est dégradé de 88%, durant la période 2010-2018, à cause, principalement, de la dépréciation de la valeur du dinar tunisien, selon des données de la Banque Mondiale.
Intervenant samedi 2 février 2019 lors d’une rencontre organisée à Tunis, par le Centre de l’Etude de l’Islam et de la Démocratie, sur la ” dépréciation du dinar tunisien : Les causes et les solutions “, Chkoundali a souligné que pour retourner à un pouvoir d’achat du citoyen de la classe moyenne, du même niveau que celui de 2010, il est indispensable de multiplier le salaire de ce dernier pour passer de 760 dinars, actuellement, à 1500 dinars.

D’après lui, la dépréciation du dinar a eu des répercussions négatives, également, sur la société tunisienne, dans la mesure où elle a perdu de sa compétitivité, et aussi sur l’Etat, vu que le remboursement de ses dettes pèse lourd sur les finances publiques, notamment le remboursement des intérêts.
Mettant l’accent sur les causes de la dépréciation du dinar, Chkoundali a pointé du doigt l’aggravation du déficit commercial, rappelant qu’il est passé de 4,8% du PIB en 2010 à 12,3% du PIB en 2010, du déficit courant (de 4,4% à 10,2%) et de l’inflation (de 3,4% à 7,5%). Il a estimé, aussi, que c’est le résultat de l’injection de grandes liquidités sur le marché (15 milliards de dinars en 2018, contre 1 milliard de dinars en 2010), de l’augmentation du taux directeur de la BCT et de l’augmentation de la pression fiscale.

Chahed n’aura pas beaucoup de temps pour Tahia Tounes !

Dans le même contexte, Maher Belhaj, expert indépendant en économie et en finances, a fait savoir que la dépréciation du dinar est le résultat d’un déséquilibre entre la demande et l’offre sur le marché monétaire, dû à l’importance de l’économie parallèle.
En fait, la Tunisie fait face à 4 ennemis majeurs, à savoir la contrebande, l’évasion fiscale, le terrorisme et la corruption. Ces fléaux sont alimentés par le cashing, causant une fuite de liquidité qui n’a aucune trace dans les circuits officiels“, a-t-il noté, ajoutant que la masse de liquidités circulant en Tunisie avoisine les 13 milliards de dinars, dont plus de 90% fuient les circuits bancaires.

Dans ce contexte, l’expert a souligné l’impératif d’opter davantage vers le décashing afin de surveiller les échanges et minimiser les liquidités circulant hors circuits organisés, ce qui est en mesure de contrer le marché parallèle et de renforcer la valeur du dinar tunisien.
Il a recommande, également, de revoir la réglementation de change, qu’il a qualifiée de ” rigide” et de veiller à faire intégrer le circuit parallèle dans l’économie organisée, ainsi que d’appuyer le tissu économique, qui se veut l’épine dorsal de notre économie, à travers, notamment, la réduction de la pression fiscale et le lancement de mesures financières motivantes.

De son côté, l’ex-ministre des Finances, Slim Besbès, a estimé que la dépréciation du dinar est la conséquence du déficit commercial, surtout la chute de la production de phosphate et de produits chimiques (3,5% en 2018, contre 10% en 2010), face à une importation excessive des produits énergétiques (1/3 du total de nos importations).
Besbès a recommandé de mobiliser tous les moyens nécessaires afin de rétablir la production de phosphates et de produits pétroliers, de lancer de nouveaux projets se basant sur l’énergie renouvelable pour faire face à la demande excessive en énergie.

SL/TAP

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Dans son interview accordée ce lundi 11 juin 2018 à Africanmanager, l’expert comptable Walid Ben Salah est revenu sur la prochaine sortie de la Tunisie sur le marché financier international. Il a souligné que “cette opération sera difficile dans le sens où si on arrive à lever 1 milliard de dollars, ça sera à des conditions très coûteuses“, avant d’annoncer que le coût du prochain crédit serait au-dessus de 8,3%, très loin des prévisions de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) laquelle avait donné, au début de cette année, son accord pour un emprunt remboursable sur 5 ans à un taux d’intérêt de 5,75%.

Interrogé sur le timing, l’expert comptable a indiqué que la Tunisie n’a pas le choix puisqu’elle a besoin de fonds pour garantir l’équilibre des finances publiques qui ne cessent de se détériorer. Il a souligné toutefois que cette sortie a été initialement programmée pour ce début d’année mais a été reportée jusqu’à la publication des indicateurs économiques, lesquels étaient censés afficher une amélioration au niveau de la croissance et l’inflation. “Bien que la croissance soit positive (2,5%), elle demeure en-deça des prévisions, que ce soit celles retenues au niveau du budget de 2018 (3%) ou celles annoncées par les organismes internationaux (2,5 et 2,7%), a indiqué l’expert.

Attendre le bon moment n’est pas l’unique raison derrière le report de cette sortie, Ben Salah a avancé une autre cause qui lui parait principale : C’est le fait que la Tunisie n’a pas pu trouver des banques d’affaires de renom pour l’accompagner. Il a expliqué cette réticence par les difficultés économiques et financières qui persistent encore.

Il a par ailleurs expliqué ce retard par plusieurs facteurs pris en compte par les bailleurs de fonds étrangers pour pouvoir s’inscrire dans cette opération d’emprunt, citant la dégradation de la situation des finances publiques, l’aggravation du déficit courant et le déficit de la balance commerciale à fin mai 2018 après une légère amélioration au cours du premier trimestre, la baisse des réserves en devises (71 jours d’importations actuellement) et une baisse de 25% de l’investissement dans le secteur industriel jusqu’à avril 2018.

L’expert comptable a également évoqué l’inflation qui s’est envolée à 7,7% et le taux directeur de la BCT qui quoi qu’il ait été augmenté pour faire face à l’inflation n’a pas donné les résultats escomptés. Ajoutons à cela la baisse de la note de la Tunisie par Fitch rating et un climat international marqué par la baisse des liquidés en comparaison avec le début de cette année.

Il est à signaler à ce propos que le conseil d’administration de la BCT a récemment annoncé avoir achevé l’examen de l’émission d’un emprunt obligataire sur le marché financier international pour lever 1 milliard de dollars au profit du budget de l’Etat aux fins du financement du déficit budgétaire et de la balance des paiements. Cette opération d’emprunt s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des ressources au profit du budget de l’Etat, prévue dans la loi de finances pour l’exercice de 2018 et pour répondre aux besoins de l’Etat en devises, soit au titre du financement du déficit budgétaire ou du déficit courant.

L’objectif est aussi de répondre aux exigences de financement, surtout avec les pressions exercées sur les réserves de change, d’une part et sur les liquidités au niveau du marché financier interne, d’autre part.

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L’Algérie reste confrontée à de graves difficultés économiques qui plombent sa croissance a estimé le FMI dans une nouvelle évaluation de la situation. A l’issue de son conseil d’administration, le 1er juin 2018, le Fonds a insisté de nouveau sur l’urgence d’accélérer les réformes et surtout à éviter le recours à la planche à billets que privilégient les autorités.
Dans sa dernière évaluation de la situation économique, le fonds a relevé la persistance des défis importants notamment des déficits budgétaires et courants élevés malgré un assainissement considérable des finances publiques en 2017.
Le tableau dressé par le FMI est des moins reluisant avec une croissance du PIB réel qui a fortement ralenti, un taux de chômage qui s’est hissé à 11,7 % en septembre 2017, contre 10,5 % un an plus tôt, alors que le taux d’inflation moyen s’est établi à 5,6 % en 2017 contre 6,4% une année plutôt, selon La Tribune Afrique.

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Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Norbert Toé, chef de mission pour le Bénin, a séjourné à Cotonou du 21 au 31 mars 2017 pour mener les entretiens sur la deuxième revue de l’accord au titre de la facilité élargie du crédit (FEC)1. Les entretiens ont porté sur l’évolution économique et financière récentes ainsi que sur les mesures nécessaires pour favoriser une croissance inclusive, préserver la viabilité des finances publiques et de la dette, accroître l’efficience des dépenses publiques, ainsi que promouvoir la stabilité et l’inclusion financières.

A la fin de la visite, M. Toé a publié la déclaration ci-après :

“La mission et les autorités béninoises sont parvenues à un accord sur les politiques susceptibles de permettre l’achèvement de la deuxième revue du programme appuyé par la FEC en faveur de la République du Bénin. Le Conseil d’administration du FMI devrait examiner cette revue en juin 2018.

“L’activité économique en 2017 a continué d’être robuste, soutenue par une production record de coton et la reprise de l’économie nigériane. La croissance économique est estimée à 5,6% en termes réels et l’inflation est devenue positive pour l’année en raison d’une hausse des prix des produits alimentaires et pétroliers au cours du dernier trimestre. Le déficit du compte courant de la balance des paiements s’est légèrement creusé en 2017, reflétant la hausse des importations des biens suite à l’augmentation des investissements. Les perspectives à moyen terme restent favorables, la croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre un peu plus de 6% sur la période 2019–22, tirée par une hausse des investissements privés. L’inflation devrait rester inférieure au taux de convergence de l’UEMOA de 3%. La trajectoire d’assainissement budgétaire programmée vise à ramener le déficit budgétaire (y compris les dons) au-dessous du critère de convergence de l’UEMOA de 3% du PIB d’ici 2019.

“La mise en œuvre du programme appuyé par la FEC reste globalement satisfaisante. Sur la base des données disponibles, tous les indicateurs de suivi du programme (quantitatifs et structurels) fixés pour fin décembre 2017 ont été respectés. En particulier, la mobilisation des recettes intérieures et les dépenses consacrées aux programmes sociaux prioritaires ont dépassé les objectifs du programme. La mission a exhorté les autorités à intensifier la mobilisation des recettes intérieures dans le cadre d’une stratégie à moyen terme visant à maintenir la forte performance des recettes et continuer à d’allouer davantage de ressources aux programmes sociaux. Des efforts sont également nécessaires pour renforcer l’évaluation et la hiérarchisation des nouveaux projets d’investissement et, plus généralement, améliorer l’efficacité de l’investissement public.

“Pour l’avenir, la mission et les autorités ont convenu de la nécessité de redoubler d’efforts pour renforcer la gouvernance et la transparence et accélérer les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires. La mission a noté les améliorations récentes dans ces domaines et a encouragé le gouvernement à rendre opérationnel le comité interministériel récemment créé en charge de piloter les réformes de l’environnement des affaires.

“La mission a travaillé avec le gouvernement et les partenaires au développement tels que les Nations Unies et la Banque mondiale pour évaluer les plans sectoriels pour la santé, l’éducation et l’assainissement de l’eau, conformément au Plan national de développement du Bénin. Elle a initié un exercice de chiffrage des coûts nécessaires pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) dans ces trois secteurs d’ici 2030. Sur la base de cet exercice d’évaluation des coûts au Bénin et dans quelques autres pays à faible revenu d’autres régions du monde, un document de synthèse sur les coûts et le financement nécessaire sera préparé. Il est prévu que ce document de synthèse soit présenté l’automne prochain au cours de l’Assemblée générale des Nations Unies.

“La mission a rencontré Messieurs Romuald Wadagni, Ministre de l’économie et des finances ; Abdoulaye Bio Tchané, Ministre d’État chargé du plan et du développement ; Alain Komaclo, Directeur national de la BCEAO, Jean Baptiste Elias ; Président de l’autorité nationale de lutte contre la corruption et d’autres hauts fonctionnaires.

“La mission remercie les autorités béninoises pour leur coopération et leurs discussions constructives.”

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On aurait pu paraphraser la fameuse phrase d’Ali Larayedh, lorsqu’il disait attendre les terroristes à l’avant et qu’ils avaient surgi par l’arrière, pour décrire ce qui s’est passé ce matin à l’ARP, mais cela aurait pu être mal interprété.

C’est devant 154 députés que le chef du gouvernement tunisien passait, ce vendredi 23 mars 2018, son 3ème Oral à l’ARP. Une audience que Youssef Chahed commence par un discours offensif. D’un pas sautillant et rapide, il escalade le podium, signe d’une nouvelle attitude, énergique, mais aussi sereine, qui se confirmera par la suite.

  • La surprenante attitude, défensive par l’attaque

Un discours qu’il commence par un verset de Coran, par lequel il voulait certainement répondre à ceux, comme l’UGTT et une partie de l’opposition, qui affirment son échec. «Lorsque Dieu vous accorde la réussite, vous ne serez jamais vaincu», disait-il avec fierté.

Et de suite, il évoque sans le dire le sujet qui fâche, celui des demandes de son départ, en le mettant dans un cadre politique, par un lien direct avec les prochaines élections municipale du 6 mai 2018. Et il commence son discours par une question : «Qui ne veut pas que les municipales n’aient pas lieu et qui fait qu’elles ne le soient pas» interpelait-il ainsi indirectement les députés représentant les partis politiques. Et de répondre, assuré mais sans détails comme toujours, que «Et moi, j’ai une partie de la réponse», mais en précisant que «certaines parties tablent sur l’échec du gouvernement, pour annuler les élections municipales», car elles sont sûres qu’elles n’en tireront pas les bénéfices attendus, pour dire qu’elles n’y réussiront pas.

En procédant ainsi, Youssef Chahed adoptait une défense offensive devant ceux qu’ils savaient venir pour le descendre, lui et son bilan, en flammes, et mettant les députés, et par là toute la place politique, devant le choix entre l’instabilité politique que génèrera son départ, rien que par le fait du temps que devront durer les discussions et les négociations pour le choix d’un remplaçant, et la stabilité qui permettra un déroulement normal des prochaines municipales.

Plus tard dans le discours, le chef du gouvernement tunisien lance une pique aux politiciens de l’ARP qui équivaut autopromotion de sa personne. «La différence entre un homme politique et un homme d’Etat, c’est que le premier se soucie des élections et le second se soucie des générations futures», leur lance-t-il avec un sourire qui provoque un petit tumulte dans la salle. Content de son effet, il appuie sa citation par un «N’est-ce pas» !

A ceux qui critiquent son bilan, Youssef Chahed commence par rappeler la conjoncture sécuritaire où il avait pris le pouvoir, citant les différentes opérations terroristes, comme pour en signaler l’absence au cours de son ministère pour mettre en exergue la plus belle réussite sur le plan de la sécurité et pour interpeller, toujours plus offensif, les députés sur le paradoxe qui est le leur. «D’un côté vous louez les réussites dans la lutte contre le terrorisme, et de l’autre vous parlez de notre échec. Au GUN, nous sommes fiers de notre réussite», les tance-t-il, presque avec défiance, dans le silence de l’hémicycle.

  • «Je n’accepterais pas d’être un faux témoin»

Après quoi, Chahed se lance dans un rappel des différentes mesures, prises par son gouvernement, pour redresser la situation économique, dans les domaines de l’exportation, de l’agriculture, de l’investissement, de l’artisanat, la simplification des procédures administratives, etc., et dont il dira qu’elles «commencent à donner leurs fruits », prenant à témoins «la hausse du PIB, la baisse du chômage, la croissance de l’export, les 8 millions de touristes attendus en 2018 avec un taux de Booking de 100 %». Et de finir par un «la machine redémarre et recommence à tourner», comme pour demander aux députés «où est donc le problème ?».

Pour Chahed, le problème reste dans l’état des finances publiques où la difficulté est structurelle. Et la réponse à ce problème, ce sont les réformes structurelles, comme celle des caisses sociales, des entreprises publiques et des dépenses. Il annonce, à l’occasion, avoir déjà déposé un projet de loi pour la réforme de la CNRPS et un projet de décret pour la CNSS.

Toujours sur sa lancée offensive, il tance encore l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple), en leur rappelant que «au diagnostic, tout le monde est d’accord. Et lorsqu’on voudrait passer à l’action, c’est un allez voir les autres». Et de leur rappeler que «c’est désormais l’impasse et le coût de la non réforme sera plus important que celui de la réforme et il est urgent de prendre une décision, car l’avenir de la Tunisie est plus important que les calculs politiques».

Youssef Chahed ira même plus loin, en poussant un petit coup de gueule qui voudrait dire, presqu’une menace qui ne dit pas son nom : «Je n’accepterais pas d’être un faux témoin [Ndlr : Témoin est la traduction littéral de son nom].

Il termine son discours par répondre, notamment à l’UGGT, qui l’accuse d’emprunter la voie d’un libéralisme sauvage lorsqu’il s’agit des entreprises publiques et leur improbable privatisation, en martelant : «je ne suis pas un libéral». Et pendant plusieurs minutes, il égrènera les mesures et décisions à caractère social, dans ce qu’il dit être «la philosophie et la vision» de son gouvernement. On n’oubliera pas de signaler que Youssef Chahed a évoqué la crise entre le syndicat de l’enseignement et son ministre de l’Education nationale, et de le soutenir en assurant : «nous avons demandé au ministre de prendre les mesures nécessaires», en parlant de la décision de Hatem Ben Salem de retenir les salaires en réponse à la rétention des notes trimestrielles par les enseignants.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a déclaré, ce vendredi 23 mars 2018 lors d’une session plénière à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), que la situation des finances publiques de la Tunisie est très précaire, affirmant que l’Etat est devenu presque incapable de couvrir ce déficit.

Il a ajouté que les pertes financières des entreprises publiques ont atteint 6,5 Milliards de dinars en 2016. Chahed a, dans ce contexte, appelé à lancer une batterie de réformes afin de sauver ce secteur.

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Le ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, a déclaré, mercredi, que “l’endettement n’est pas un choix mais le résultat de politiques cumulées qui ne peuvent pas être résolues, d’un coup, à travers une décision politique ou administrative“.
Et de poursuivre, en réaction aux questions des députés posées lors d’une séance plénière consacrée à l’adoption d’une loi portant approbation de la rétrocession à l’Etat de l’emprunt obligataire émis, le 17 février 2017, par la Banque centrale de Tunisie (BCT), sur le marché financier international pour la mobilisation d’une enveloppe de 850 millions d’euros ( près de 2060 millions de dinars), que “la résolution de la problématique de l’endettement, doit se faire dans le cadre d’un processus de consensus national” faisant remarquer que “le recours du pays à l’endettement vise essentiellement à financer le budget de l’Etat et à soutenir l’économie nationale“.

Le ministre a, par ailleurs, souligné la nécessité de réviser la masse salariale qu’il a qualifiée de lourde, évoquant l’initiative législative relative à l’incitation au départ volontaire des fonctionnaires de l’Etat afin d’alléger le poids de la masse salariale durant les années à venir.
Il a également estimé nécessaire de maitriser l’intervention de l’Etat dans le cadre du système de compensation, en orientant les subventions vers ceux qui en ont besoin.
Il a, en outre, considéré que la compensation des hydrocarbures constitue un autre fardeau pour l’Etat, rappelant qu’une enveloppe de 1500 millions de dinars lui a été consacrée en 2018 pour résoudre cette problématique et se mettre d’accord sur le choix de l’endettement additionnel pour couvrir l’écart de la hausse des prix des hydrocarbures ou partager l’augmentation du coût avec le consommateur.

Chalghoum a encore indiqué qu’une grande partie des dépenses de l’Etat est destinée au remboursement des dettes, estimées pour 2018 à environ 7972 millions de dinars.
Il a relevé l’effort déployé par le gouvernement pour réduire l’endettement à travers la loi des finances pour l’exercice 2018 et l’adoption d’une vision future à même d’être appliquée pour abaisser le déficit du budget à 4,9% contre 6,1% en 2017, ce dernier ne devant pas dépasser 3% à l’horizon de 2020.
Le ministre a mis l’accent sur la nécessité d’attirer les investissements étrangers, d’augmenter les exportations et de promouvoir le produit touristique afin de réduire l’endettement extérieur et par conséquent se doter des ressources nécessaires en devises, compte tenu de la baisse des réserves du pays à 84 jours d’importations, une période qui pourrait régresser à 79 jours au cours de la prochaine période, ce qui nécessiterait le recours à des emprunts additionnels.

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Alumni IHEC Carthage a organisé ce jeudi 25 janvier 2018 un débat sur « les causes et conséquences des tensions inflationnistes et les moyens de les surmonter », en présence du ministre du Commerce, Omar El Bahi, des hauts responsables ainsi que des experts en économie.

Intervenant au cours de ce meeting, le ministre du Commerce, Omar El Bahi, a affirmé que le gouvernement d’union nationale travaille d’arrache-pied afin de réduire le taux du déficit commercial pour atteindre 4,9% en 2018 et 3% à l’horizon 2020.

Dans une déclaration accordée à Africanmanager, El Bahi a indiqué que le gouvernement a pris une série de mesures innovantes et prometteuses, dont notamment la réduction des importations et l’augmentation des tarifs douaniers.

Il a, en outre, affirmé que les efforts se poursuivent davantage afin d’accélérer le rythme des exportations, évoquant, dans ce contexte, la tenue de la première réunion du Conseil supérieur de l’exportation.

Commentant les récents chiffres dévoilées pat la BCT et relatifs à la chute des réserves en devises, le ministre  a signalé que cette baisse n’est pourtant pas une première et que le pays avait connu cette situation ces dernières années.

Et El Bahi d’insister sur l’importance d’accélérer le rythme des exportations, ce qui permettra d’augmenter les réserves en devises : « Nous prévoyons une amélioration des exportations au cours de cette année et nous allons emprunter afin de garantir la hausse de nos réserves en devises ».

Il a, en effet, affirmé que le gouvernent de Chahed ambitionne de réduire de 12% l’endettement extérieur de la Tunisie et ce, au cours de l’année prochaine.

Le ministre du Commerce a tenu, encore une fois, à rassurer les consommateurs tunisiens tout en indiquant que les prix des produits subventionnés demeureront inchangés, démentant ainsi les informations véhiculées ces derniers jours.

Et de confirmer que les campagnes de contrôle économique se poursuivent quotidiennement et dans tous les gouvernorats du pays afin de lutter contre tous les types de dépassement commis par certains commerçants.

Quant à l’expert en finance Ezzedine Saïdane, il a estimé que les finances publiques sont dans une situation difficile, précisant que la chute des réserves en devises, pour se situer à seulement 89 jours d’importation, est très dangereuse, car l’État sera dans l’incapacité de payer ses dettes étrangères.

Sur un autre volet, l’expert a ajouté que la hausse du taux d’inflation estimé à 6,4% ainsi que la dégradation du pouvoir d’achat du Tunisien de 25% au cours des dernières années ont causé une panne au niveau des moteurs de la croissance dont la consommation.

Il a ajouté que l’inflation financière pèse lourdement sur les équilibres financiers et économiques du pays (le coût de production, dépréciation du dinar…). Et d’affirmer que certains choix gouvernementaux n’étaient pas appropriés, citant à ce propos l’augmentation annuelle des dépenses de l’État de plus de 10%, résultant, selon ses dires, d’un déséquilibre financier, de l’inflation et de l’endettement public.

Pour faire face à la crise financière, qui sévit depuis un bon moment dans le pays, Saïdane a appelé à la révision de certains articles dans la loi de finances 2018 et a insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes structurelles, outre celle des finances publiques.

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Le ministre chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Iyad Dahmani, a annoncé, aujourd’hui, qu’il a été décidé de suspendre l’achat de voitures de fonction.

Lors de son audition, ce mercredi 15 novembre 2017, par la commission de l’organisation de l’administration et des affaires des forces armées de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), il a expliqué que cette décision a été prise pour réduire les dépenses de la fonction publique et redresser par conséquent la situation des finances publiques.

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Lors d’une rencontre qui se tient actuellement à l’académie parlementaire, sur le projet de la loi de finances (PLF) 2018, l’ancien ministre des Finances Hakim Hammouda a appelé le gouvernement à vendre les participations non stratégiques de l’État dans certaines banques afin de renflouer les caisses de l’État avec des ressources supplémentaires.

Il a par ailleurs indiqué que la situation économique et financière est difficile et inconfortable et ce, malgré une légère reprise amorcée par certains secteurs dernièrement.

Hammouda a évoqué trois grands défis, à savoir les finances publiques, la relance de l’investissement et l’accélération des réformes économiques comme le seul moyen pour réaliser de la croissance et créer de la richesse.

Sur le PLF 2018 et la grosse polémique qui en découle, Hammouda a critiqué l’absence de vision économique claire dans laquelle s’inscrit cette loi, appelant à ouvrir le débat sur plusieurs questions dont principalement le nombre important des taxes et impositions instaurées par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution et dont le nombre s’élève aujourd’hui à près de 500 articles, selon ses déclarations. “Il faut revoir toutes ces législations…“, a-t-il dit.

L’ancien ministre a en outre appelé à donner un rôle beaucoup plus important et plus intégré au travail de contrôle et de recouvrement auprès des entreprises qui échappent à l’impôt.

La relance de l’investissement“, a-t-il dit, est aussi primordiale pour assurer le développement économique et social et lutter contre la pauvreté, faisant toutefois remarquer que la croissance doit être basée sur l’investissement réel et l’exportation et non plus sur la consommation.

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Le ministre du Développement, d’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Ladhari, a fait savoir ce mercredi 1er novembre 2017 que l’augmentation de la masse salariale, la dépréciation du dinar et l’indice des prix à la consommation ont fortement pesé sur les finances publiques en Tunisie.

Lors de son audition par la commission des finances, de la planification et du développement relevant de l’ARP, le ministre a affirmé que les efforts se poursuivent afin de sortir de l’ornière et d’assurer la reprise du rythme de la production dans tous les secteurs.

Il a, dans ce contexte, précisé que la production de phosphate a enregistré une évolution de 30,9% sur les neuf premiers mois de l’année 2017, en revanche les exportations du secteur en question ont baissé de 11,2% suite à la multiplication des mouvements de protestation dans les unités d’approvisionnement en la matière, relevant du Groupement chimique tunisien. S’agissant du secteur pétrolier, une baisse de l’ordre de 18,9 % a été enregistrée durant les huit premiers mois de l’année en cours.

Par ailleurs Ladhari a insisté sur la nécessité de consolider la concertation entre toutes les parties sociales afin de ramener la confiance et d’instaurer un bon climat social visant l’amélioration de la production et la redynamisation des investissements dans tous les domaines.

Il a, de même, assuré que la maîtrise du déficit commercial figure parmi les principales priorités du gouvernement d’union nationale pour l’année 2018. Le ministre a affirmé que plus de 5000 millions de dinars (MD) seront consacrés aux investissements et que 500 MD seront également alloués aux projets dans les secteurs public et privé.

A rappeler que la Tunisie prévoit une croissance économique de 3% pour l’année 2018, contre des prévisions de 2.2% pour l’année courante. Le gouvernement prévoit d’atteindre ce taux en se basant sur une croissance du secteur de l’agriculture et de la pêche de 5,5% (contre 2,3% prévue en 2017) et le développement des industries manufacturières ainsi qu’une augmentation des industries non manufacturières de 2,4%, contre une baisse de la croissance des services marchands de 3,4% pour l’ensemble de l’année 2017 à 2,7% pour l’année 2018, avec le maintien de la croissance des services non marchands à 0,7%.

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Dans une interview accordée à Africanmanager, l’expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimasi a déclaré que depuis la Révolution, les démagogues et détenteurs du pouvoir ont amené les finances publiques dans une impasse, une situation qui ne cesse de s’aggraver. “Du coup, les ressources propres du budget de l’Etat n’ont pas suivi le même rythme de celui des dépenses. L’écart entre ces deux entités s’est anormalement creusé. La croissance de l’économie n’a cessé de piétiner à un niveau lamentablement bas, entraînant un repli notoire des recettes fiscales du budget“, a-t-il dit.

Dimasi a en outre indiqué que parallèlement, les gouvernements qui se sont succédé après la Révolution se sont permis un laxisme sans précédent en matière d’augmentation des salaires et de recrutements anarchiques dans la fonction publique. D’où l’amplification intenable du déficit du budget de l’Etat, selon ses dires.

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Dans son discours prononcé lundi 11 septembre 2017, lors de la plénière de vote de confiance aux nouveaux membres du gouvernement, le chef du gouvernement n’a pas pu convaincre tout le monde. Il n’a pas pu convaincre une bonne frange des financiers et des syndicalistes. La contribution conjoncturelle qu’il a proposée pour renflouer les caisses sociales et l’augmentation des cotisations sociales ont été fortement contestées. L’UGTT a qualifié de telles décisions d’unilatérales et irréfléchies. Le volet économique a été aussi contesté. Une vision économique claire mais qui manque de plan d’action ou d’exécution, selon certains experts financiers.

L’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a réagi au discours du chef du gouvernement, Youssef Chahed, prononcé à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Dans une déclaration à Africanmanager, il a indiqué qu’il est très difficile aujourd’hui de parler des chiffres et de donner des prévisions sur le taux de croissance à l’horizon 2020, surtout que la croissance reste toujours faible. Du coup la reprise reste fragile et difficile à prévoir, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que le plan économique annoncé hier par le chef du gouvernement a intégré les bases de l’économie dont principalement la crise des finances publiques et les réformes économiques (réforme de l’administration, des banques, des entreprises publiques, des caisses sociales, de la caisse de subvention…).

Ben Hammouda a en outre indiqué que Chahed a mis en valeur dans son plan économique le partenariat public privé (PPP) comme élément essentiel et majeur dans la relance de l’économie.

Il a estimé que le chef du gouvernement a parlé de plusieurs éléments importants et a préconisé une vision économique claire qui était jusque là absente, mais il n’a pas donné de précisions sur le calendrier d’exécution : “C’est un discours d’orientations générales qui a besoin d’un ordre d’exécution (…) Le discours économique ces trois derrières années a été marqué par les bonnes intentions mais il y a un défaut d’action, d’où la nécessité de mettre en place un calendrier clair d’exécution pour renouer avec la croissance et parler de reprise“, a-t-il expliqué.

S’agissant de l’ensemble des réformes annoncées, l’ancien ministre des Finances a tenu à préciser que pour y parvenir, il faut tracer les priorités et donner des indications précises : “l’absence de priorités peut remettre en cause l’exécution des réformes“, a-t-il dit.

L’UGTT a aussi son mot à dire

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a affirmé que son organisation s’oppose à plusieurs décisions “unilatérales” annoncées par le gouvernement, dont l’augmentation des cotisations sociales.

L’UGTT a une vision différente de la réforme“, a déclaré le patron de la centrale syndicale à l’agence TAP en marge des travaux de la commission administrative qui se sont ouverts ce mardi à Hammamet, soulignant également le rejet de la privatisation de plusieurs entreprises et établissements publics
La commission administrative nationale examinera la question des négociations sociales dans les secteurs public et privé, a-t-il indiqué, confirmant le blocage des négociations dans plusieurs domaines du secteur privé en dépit de la signature d’un accord de base et d’accords relatifs à l’intégration dans la fonction publique.

L’accent sera en outre mis sur le dossier des caisses sociales lors de cette commission administrative, a-t-il dit, précisant qu’un comité de l’UGTT se réunit aujourd’hui pour discuter de la situation des caisses sociales et proposer des solutions alternatives.

Il y a lieu de rappeler à ce propos que le chef du gouvernement a annoncé, hier, un ensemble de mesures et de propositions et ce, dans l’objectif de relancer l’économie et amorcer une reprise. Parmi ces mesures, nous citons la mise en place d’un plan économique basé sur un nombre de projections dont un déficit budgétaire qui ne dépasse pas 3% du PIB contre 6% actuellement, un taux d’endettement réduit à moins de 70% du PIB, une masse salariale réduite à 12,5% contre 40% du PIB actuellement et un taux de croissance de 5% contre un taux de croissance ne dépassant pas les 2% au cours de cette année.

A cela s’ajoute l’achèvement des grandes réformes, à l’instar de celles des entreprises publiques en difficulté, des banques et de la caisse de compensation. Sur cette dernière question, le chef du gouvernement a proposé l’augmentation des cotisations sociales pour renflouer les caisses et la mise en place d’une contribution exceptionnelle (CSG, Contribution sociale généralisée), pour réduire le déficit.

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L’infatigable expert en économie Ezzedine Saïdane est monté au front, une fois de plus, pour alerter l’opinion publique sur les périls économiques qui guettent la Tunisie. Il a déclaré, sur Shems FM ce mercredi 23 août 2017, que le pays file du mauvais coton depuis des années et que les signes annonciateurs de la dépréciation du dinar sont perceptibles depuis un certain temps…

Saidane a affirmé que l’amoncellement des difficultés économiques a fini par accoucher d’une grave crise économique laquelle pourrait déboucher sur une grosse crise sociale dont on pourra difficilement s’extirper. Il a ajouté que la plongée de la valeur du dinar n’est que le symptôme du naufrage de l’économie nationale à cause de la montée des prix des produits importés et de l’inflation. Ces phénomènes ont conduit à la fonte du pouvoir d’achat et à l’enflement de la dette.

L’expert recommande au gouvernement de dire la vérité aux citoyens, toute la vérité sur la situation catastrophique de l’économie du pays. Cela ne l’a pas empêché de tirer sur le discours de vérité tenu à l’ARP par le ministre du Développement démissionnaire, Fadhel Abdelkefi…

Enfin il a appelé de ses voeux un diagnostic exhaustif des problèmes du pays, auquel prendront part les signataires du pacte de Carthage. Ce travail pourrait ensuite servir de support à une stratégie économique, avec des décisions fortes pour le développement appuyées par la communauté internationale et le FMI.

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C’est un Ridha Saïdi très alarmiste qu’on a entendu ce mercredi 16 août 2017 sur les ondes d’Express FM. Le conseiller auprès du chef du gouvernement chargé du suivi des projets publics était venu évoquer l’état des finances publiques, très mauvais, et exposer les décisions qui vont être prises pour doper la croissance.

L’aide aux entreprises en difficulté pour maintenir l’emploi est le premier axe de travail du gouvernement de Youssef Chahed. Le dispositif sera intégré dans la loi de finances 2018, a confié Saïdi. Il a également affirmé que le curseur devra être mis sur la dynamisation des investissements étrangers.

Par ailleurs il a déclaré que si des mesures de fond ne sont pas prises pour améliorer l’état de santé des finances publiques, “on sera obligé de prendre des mesures douloureuses. Il faut entamer les réformes», a dit Saïdi. Pour illustrer son propos, il a donné l’exemple de la CNRPS (la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance sociale), à laquelle l’absence de réforme a valu un déficit de près de 500 Millions de dinars.

Le conseiller de Chahed s’est également arrêté sur la problématique de la masse salariale dans le secteur public. «Le ratio de la masse salariale par rapport au PIB est maintenant aux environs de 15%, nous avons prévu de le tasser davantage pour le ramener à 12% à l’horizon 2020. Ce sera possible grâce au dispositif de la retraite anticipée en direction des salariés de la fonction publique (…). Notre masse salariale est l’une des plus importantes au monde, cela rend les finances publiques incontrôlables», a indiqué Saïdi.

Il a aussi été question du nouveau système d’information pour le suivit des projets. «C’est un tableau de bord accessible aux responsables au sein des ministères. Un tableau de bord en temps réel qui nous permet de savoir quels sont les projets à l’arrêt et pourquoi !», a dit le conseiller du chef du gouvernement…

 

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Lors de son passage mercredi 2 août 2017 sur Mosaïque Fm, Mohsen Hassan, expert économique et ancien ministre du Commerce a déclaré que le ministre des Finances par intérim Fadhel Abdelkafi a parlé clairement de la situation économique et financière qui est assez fragile.

Il a par ailleurs signalé l’existence d’un dysfonctionnement flagrant concernant les équilibres macroéconomiques, citant les dépenses de subvention, les biens confisqués inexploités, les finances publiques mais aussi les institutions publiques qui ne doivent pas être cédées mais réformées.

Il a également évoqué l’augmentation du déficit commercial, en raison de la détérioration de la valeur du dinar entre autre. “La situation des finances publiques est difficile (…) mais l’Etat est capable d’honorer ses engagements au niveau national et international”, a-t-il dit.

Par ailleurs, Mohsen Hassan a déclaré qu’il est nécessaire de prendre des décisions exceptionnelles à cet égard et a proposé d’arrêter l’importation de produits de consommation, inutiles pour les tunisiens.

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La chute vertigineuse des prix du pétrole (45 dollars en novembre dernier contre 100 dollars en juin 2014) a alourdi les finances publiques de l’Algérie, très dépendante de l’or noir. Pour amortir le choc en l’absence d’une réelle diversification économique, le pays continue de puiser dans ses réserves de change, rapporte jeuneafrique.

Alors qu’elles s’élevaient encore à 178,938 milliards de dollars fin décembre 2014, les réserves de change continuent de chuter, se situant à 114 milliards de dollars fin 2016, précise la même source.

Début décembre, Mohamed Loukal, le gouverneur de la Banque d’Algérie, avait annoncé qu’elles oscilleraient entre 117 et 118 milliards de dollars fin 2016 contre 119 milliards de dollars fin octobre.

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«Croissance faible du PIB au cours du troisième trimestre (0,2% en V.T. et 1,3% en G.A.), indiquant un niveau de croissance ne dépassant pas au meilleur des cas 1,4% pour 2016 contre 1% en 2015 aux prix constants de l’année 2010. Légère baisse du taux de chômage qui est passée de 15,6% au 2ème trimestre 2016 à 15,5% au 3ème Trimestre. Malgré une progression soutenue de l’IPC en V.M. en octobre, l’inflation a connu un léger repli pour atteindre 3,9% en G.A. après 4,2% le mois précédent, portant la marque d’un effet de base favorable. Egalement, une légère atténuation de l’inflation sous-jacente « hors administrés et frais» a été observée en octobre. L’inflation devrait poursuivre son trend haussier pour clôturer l’année 2016 à 4,6% en G.A. soit une moyenne de 3,8% sur l’ensemble de l’année en cours et atteindre 5% en 2017. Après l’amélioration relevée au cours des 9 premiers mois de 2016 (avec 6,4% du PIB contre 6,9% une année auparavant), le déficit courant s’est nettement détérioré en octobre, pour atteindre 7,5% du PIB, soit le même niveau de l’année précédente, maintenant ainsi les pressions sur les réserves en devises et le taux de change. Evolution modérée de la masse monétaire en 2016 (10 mois). Cependant, une légère reprise a été enregistrée et a concerné aussi bien les créances nettes sur l’Etat que les crédits à l’économie. Léger apaisement des tensions sur la liquidité bancaire en octobre 2016, soutenu essentiellement par l’atténuation de l’effet restrictif des BMC». C’est par cet instantané, au jour J du 2 décembre 2016, que le conseil d’administration de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) brosse le tableau de bord de l’économie tunisienne en cette fin 2016 !

La note de conjoncture de la BCT trace ensuite les perspectives économiques du pays pour le moyen terme, c’est-à-dire pour les exercices 2017 et 2018. Ainsi, côté croissance économique, le CA de la BCT, par ailleurs formé de compétences, d’hommes d’affaires et d’économistes de renom, estime que «les récentes projections tablent sur une progression du PIB, aux prix constants de 2010, de 1,4% en 2016, 2,2% en 2017 et 2,8% en 2018». Une prévision, déjà en rupture avec les documents officiels du budget 2017 qui table de 1,6% en 2016, puis progressivement monter à 2,5% en 2017

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Cet optimisme modéré, le CA de la BCT l’explique par «la baisse de la récolte des olives en 2017 (…), le redressement de la production minière et chimique[qui] serait modéré et fortement tributaire de l’apaisement des troubles sociaux dans le bassin minier. Le redressement des activités dans le secteur des services marchands plus lent qu’attendu précédemment en raison, notamment, de la faiblesse de la demande de consommation» et une «contribution de l’administration publique à la croissance (0,2% entre 2017 et 2018) du PIB [qui] devrait baisser sur l’horizon de prévision, vu l’orientation du Gouvernement vers plus de maîtrise de son équilibre budgétaire à travers, notamment, la compression des dépenses de fonctionnement ».

Optimisme modéré, disions-nous, car le document de la BCT évoque un «renforcement graduel de l’activité touristique [qui] devrait contribuer à un rétablissement progressif des activités de services d’hôtellerie et des activités connexes».

Un manque d’optimisme général, que le CA de la BCT explique par l’existence de «risques adverses pouvant affecter négativement les prévisions [qui] semblent s’intensifier, tant au niveau international que national. Au rang des risques extérieurs, la dégradation du contexte géopolitique, le ralentissement de l’économie de la Zone Euro font peser énormément d’incertitudes sur la croissance des exportations tunisiennes, une détérioration qui pourrait avoir des effets de contagion sur notre production industrielle».

A l’échelle nationale, les facteurs de risques sont :

  • La persistance du risque sécuritaire et terroriste et la crise libyenne.
  • Les retards accusés dans la mise en place des réformes administratives et fiscales.
  • La récurrence des grèves et troubles sociaux dans les zones de production.
  • La baisse de la pluviométrie et le creusement du déficit hydrique.
  • Les pressions sur la balance des paiements et sur le taux de change du dinar.
  • L’affaiblissement du potentiel de la croissance économique dû au prolongement de la période de désinvestissement.
  • La détérioration de la situation des finances publiques.

Rappelons, à ce propos, que moins de croissance, c’est moins de richesses à créer par les entreprises, moins de fiscalité dans les caisses de l’Etat, moins d’investissement de l’Etat, moins d’emploi à créer et plus de chômage.

Le plus dur dans cette analyse de l’état des lieux par l’institut d’émission, c’est que les risques évoqués sont réels et leurs perspectives d’amélioration ou de disparition sont faibles. Cela, d’autant que la Tunisie, est depuis quelques années, une économie malade, complètement désordonnée, incontrôlable et endettée, en mal de ressources et qui ne se remet toujours pas au travail !

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Et il n’y a malheureusement pas que cela. Les mauvaises nouvelles, celles que le citoyen tunisien prendra certainement plus au sérieux, concernent son niveau de vie qui sera menacé par une inflation qui repartirait à la hausse et les prix aussi. Beaucoup de Tunisiens se le cachant, mais hausse des salaires = hausse des charges pour les entreprises = hausse des prix à la distribution. C’est aussi mécaniquement simple que ça !

  • L’inflation en hausse et des augmentations de prix en perspective !

La note de conjoncture à moyen terme de la BCT en parle et pas que peu. L’incidence directe de cette conjoncture sur le consommateur se fera par les prix et l’inflation qui érode le pouvoir d’achat. «Les nouvelles prévisions tablent sur une poursuite de la tendance haussière de l’inflation pour atteindre une moyenne annuelle de 5,0% en 2017, avant de revenir à 4,2% en 2018. Les nouveaux facteurs de risques inflationnistes proviendraient essentiellement des prix à l’import et des prix administrés. En effet, la hausse des prix à l’import, du fait de la persistance des pressions sur le taux de change et/ou d’une hausse des prix mondiaux, devrait se transmettre directement et rapidement à l’indice des prix à la consommation (pour les produits finis), et indirectement à travers le processus de production (pour les matières premières)». C’est ce que prédisent les professionnels de la BCT et les chiffres ont la tête dure !

Et le communiqué d’expliquer que «les plus importantes pressions sur les prix administrés (26,3% du panier) proviendraient des hausses attendues des prix de l’électricité et du carburant». Le projet de la loi de finances de 2017 comporte en effet un ajustement des prix de l’électricité et du gaz pour couvrir un besoin de financement de la STEG de 175 MDT. «De même, et au vu des hypothèses retenues dans ledit projet (cours annuel du baril de Brent à 50 dollars américains et un taux de change du dinar contre le dollar de 2,25), la possibilité d’une révision à la hausse des prix à la pompe sur l’horizon de prévision, à travers le mécanisme d’ajustement automatique, n’est pas exclue» dit encore la note.

S’agissant de l’inflation des produits alimentaires frais, qui représentent 13,9% du panier de la ménagère, la BCT souligne qu’ «elle devrait se maintenir sur une tendance haussière durant l’année 2017, compte tenu d’un effet de base défavorable en premier lieu, et vu les perspectives d’une production en baisse par rapport à son niveau de 20166 et d’une hausse des coûts de production en deuxième lieu».

On ne parlera pas de l’inflation sous-jacente, cet autre indice qui détermine la tendance des prix, sur lequel tous ne sont pas d’accord chez les politiciens notamment, et qui a aussi été revue à la hausse. On rappellera surtout que ce que vient de coucher sur papier la BCT, la semaine dernière, à propos de 2017, a été déjà dit et redit, par la BCT comme par d’autres experts. Les chiffres de 2016 le confirment désormais.

Une des promesses, ou priorités, du gouvernement Chahed était de «préserver le pouvoir d’achat à travers les négociations sociales et le renforcement de la productivité de l’entreprise». Pour l’instant, l’UGTT ne prête attention qu’à l’augmentation des salaires, ce qui augmentera immanquablement les prix et entraînera le pays vers la spirale inflationniste qu’évoquait justement la note de la BCT

 

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