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samedi 28 novembre 2020
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Chkoundali la terreur de Chahed, et du FMI : Il faut doubler les salaires…

La tension sociale est extrême dans le pays, les demandes d’ordre pécuniaire fusent de partout et rien n’y fait : l’argumentaire du gouvernement sur la dégradation des finances publiques n’est pas audible du tout. Youssef Chahed est loin d’en avoir terminé avec l’UGTT et les deux jours de grève générale de février lui pendent au nez. Idem sur le front de la Fédération de l’enseignement secondaire, plus pourri que jamais malgré les tentatives du ministre de l’Education de mettre le leader de la centrale syndicale dans sa poche. Et pour couronner le tout, les enseignants du primaire, qui se contentaient jusqu’ici de quelques manifestations de solidarité avec leurs collègues du secondaire, entrent dans la danse en décrétant une grève le 6 mars 2019. Pourquoi ? Pour des sous, pardi, comme tout le monde ! Ils ont drapé leurs revendications financières avec des tas de trucs du genre des réformes, des changements dans le programme, etc. Mais personne n’est dupe, il ne s’agit que d’argent. De l’argent, tout le monde en veut et en demande, en dépit du fait que le chef du gouvernement se tue à dire qu’il n’en a pas. Pourtant l’économiste Ridha Chkoundali lui demande d’en dépenser, et pas peu, pour gonfler les salaires.

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Une recette très singulière

L’universitaire argue que le pouvoir d’achat du citoyen tunisien s’est dégradé de 88%, durant la période 2010-2018, à cause, principalement, de la dépréciation de la valeur du dinar tunisien, selon des données de la Banque Mondiale.
Intervenant samedi 2 février 2019 lors d’une rencontre organisée à Tunis, par le Centre de l’Etude de l’Islam et de la Démocratie, sur la  » dépréciation du dinar tunisien : Les causes et les solutions « , Chkoundali a souligné que pour retourner à un pouvoir d’achat du citoyen de la classe moyenne, du même niveau que celui de 2010, il est indispensable de multiplier le salaire de ce dernier pour passer de 760 dinars, actuellement, à 1500 dinars.

D’après lui, la dépréciation du dinar a eu des répercussions négatives, également, sur la société tunisienne, dans la mesure où elle a perdu de sa compétitivité, et aussi sur l’Etat, vu que le remboursement de ses dettes pèse lourd sur les finances publiques, notamment le remboursement des intérêts.
Mettant l’accent sur les causes de la dépréciation du dinar, Chkoundali a pointé du doigt l’aggravation du déficit commercial, rappelant qu’il est passé de 4,8% du PIB en 2010 à 12,3% du PIB en 2010, du déficit courant (de 4,4% à 10,2%) et de l’inflation (de 3,4% à 7,5%). Il a estimé, aussi, que c’est le résultat de l’injection de grandes liquidités sur le marché (15 milliards de dinars en 2018, contre 1 milliard de dinars en 2010), de l’augmentation du taux directeur de la BCT et de l’augmentation de la pression fiscale.

Chahed n’aura pas beaucoup de temps pour Tahia Tounes !

Dans le même contexte, Maher Belhaj, expert indépendant en économie et en finances, a fait savoir que la dépréciation du dinar est le résultat d’un déséquilibre entre la demande et l’offre sur le marché monétaire, dû à l’importance de l’économie parallèle.
« En fait, la Tunisie fait face à 4 ennemis majeurs, à savoir la contrebande, l’évasion fiscale, le terrorisme et la corruption. Ces fléaux sont alimentés par le cashing, causant une fuite de liquidité qui n’a aucune trace dans les circuits officiels« , a-t-il noté, ajoutant que la masse de liquidités circulant en Tunisie avoisine les 13 milliards de dinars, dont plus de 90% fuient les circuits bancaires.

Dans ce contexte, l’expert a souligné l’impératif d’opter davantage vers le décashing afin de surveiller les échanges et minimiser les liquidités circulant hors circuits organisés, ce qui est en mesure de contrer le marché parallèle et de renforcer la valeur du dinar tunisien.
Il a recommande, également, de revoir la réglementation de change, qu’il a qualifiée de  » rigide » et de veiller à faire intégrer le circuit parallèle dans l’économie organisée, ainsi que d’appuyer le tissu économique, qui se veut l’épine dorsal de notre économie, à travers, notamment, la réduction de la pression fiscale et le lancement de mesures financières motivantes.

De son côté, l’ex-ministre des Finances, Slim Besbès, a estimé que la dépréciation du dinar est la conséquence du déficit commercial, surtout la chute de la production de phosphate et de produits chimiques (3,5% en 2018, contre 10% en 2010), face à une importation excessive des produits énergétiques (1/3 du total de nos importations).
Besbès a recommandé de mobiliser tous les moyens nécessaires afin de rétablir la production de phosphates et de produits pétroliers, de lancer de nouveaux projets se basant sur l’énergie renouvelable pour faire face à la demande excessive en énergie.

SL/TAP

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