L’ADM, économique et financière, fonctionne à plein régime

L’ADM, économique et financière, fonctionne à plein régime

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Pour des raisons électorales, qui concernent aussi la centrale syndicale UGTT comme l’avait dit son SG à plusieurs reprises, les grèves ont repris de plus belle en Tunisie. La grève se démocratise même, puisque tout le monde peut la faire en dehors de toutes règles. La grève se généralise aussi puisque les patrons s’y mettent aussi, pour tirer les marrons du feu (par les pattes de la chatte, dirait le proverbe local). Il était d’usage de lire les grèves comme des actes de revendications, salariales d’abord et concernant parfois les conditions de travail.

  • La grève, ennemi de la croissance, avec force légale désobéissance

La Tunisie a atteint le stade où la plus grande menace pour la stabilité ne tient plus aux rivalités politiques autour de l’identité religieuse, mais aux aspirations sociales et économiques inassouvies et sans lendemain. Le constat a été fait, depuis janvier, par l’EFCFR dont nous parlions dans un article précédent.

Avec le nouvel engagement, politique et électoral, de la centrale syndicale qui se politise et ne cache plus ses envies d’avoir un rôle dans les prochaines élections et même d’avoir ses propres listes, force est d’interpréter les grèves comme un acte politique aussi et même de concurrence électorale.

L’UGTT avait signé les dernières augmentations salariales du secteur publique, promettant de ne plus rien demander pour 2019 et 2020. Ce sont pourtant 15 préavis de grèves, pour le seul mois d’avril et toutes dans le seul secteur du transport, qui sont sur le bureau du ministre du Transport. Un secteur névralgique pour l’économie de tout le pays.

Or, ces préavis concernent le transport, terrestre, maritime et aérien. Autant dire des actions à tenter pour paralyser une économie qui peine à se relever, comme le confirme son principal bailleur de fonds, le FMI, attaqué de toutes parts par l’UGTT, du terrorisme qui avait déjà paralysé et asphyxié le tourisme. Le secteur touristique reste cependant sous la menace des grèves.

  • Les patrons s’y mettent, pour tirer les marrons du feu

Jusque-là en Tunisie les forces ouvrières étaient les seules à user et abuser des grèves. Elles ont réussi à augmenter leurs salaires, mais pas leur pouvoir d’achat. La théorie du «plus d’eau, plus de farine» a fini par rendre non maitrisable l’inflation et faire des commerçants notamment des ogres insatiables.

Reconnues non-maitrisables, notamment par tous les gouvernements successifs, les grèves attirent de plus en plus le patronat. De manière indirecte par le biais de quelques lock-out, et indirectement par le recours au stratagème de celui qui utilise la patte du chat (en l’occurrence l’UGTT) pour tirer les marrons du feu. Différentes grèves seraient en effet depuis quelques semaines poussées presqu’en cul de sac. L’idée serait de faire remonter le différent jusqu’au gouvernement, pour moyenner l’accord contre certaines revendications patronales, qui ne donnent rien directement avec le gouvernement. Cela à moins que, comme l’UGTT, le patronat ne soit devenu incapable de maîtriser ses troupes. Cela aussi sans oublier la concurrence que se livrent, depuis quelques années, UTICA de samir Majoul et Conect de Tarak Cherif.

La grève devient pourtant et sans qu’aucune partie n’y fasse attention l’arme de destruction massive. L’économie tunisienne a, jusqu’ici, survécu au terrorisme dont le 1er grand coup visait le tourisme à Sousse. Elle combat la contrebande, dont le lien avec le terrorisme est évident, et il ne se passe pas un jour sans que tombe un contrebandier dans les filets, soit de la douane, soit de la Garde Nationale. La grève reste un mal incurable et devient l’arme de destruction massive (ADM) à laquelle ont désormais recours les forces, internes, qui essaient depuis 2011 de mettre la Tunisie à genoux, en cassant son économie et en détruisant ses finances, certains pour bâtir un autre modèle sociétal, d’autres pour réaliser les gains qu’ils ne sauraient faire dans un Etat où règne la loi.

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