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Hafedh Caïd Essebsi

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Lazhar Akermi, avocat et ancien ledarer à Nidaa Tounes, est revenu sur son thème de prédilection : Nidaa Tounes et les Essebsi. Et là en plus il a un gros biscuit à se mettre sous la dent : la fusion entre son ancien parti et l’UPL (Union patriotique libre), l’événement politique du dimanche 14 octobre 2018, dans un paysage sinistré animé par des politiciens en mal d’inspiration et qui se cherchent. Selon Akeremi il y a une seule explication au ralliement de Slim Riahi, chef de file de l’UPL : il a conclu un marché avec la présidence de la République pour qu’on mette fin au gel de ses avoirs.

«Il avait présente la requête à Youssef Chahed, mais ce n’était pas possible. Le chef du gouvernement ne pouvait s’immiscer dans ce dossier pour lui rendre service. Mais un juge au palais de Carthage s’est engagé à régler son problème. Slim Riahi pensait pouvoir contrôler le bloc de la Coalition nationale. Tarek Fetiti était même d’avis que l’adhésion de Youssef Chahed serait une bonne affaire pour l’UPL», affirmé Akermi sur RadioMed.
«L’alliance entre Slim Riahi et Hafedh Caïd Essebsi était programmée depuis trois semaines. Mais cette alliance contre-nature ne tiendra pas longtemps. C’est un accord qu’il a conclu avec la famille Caïd Essebsi, après qu’ils ont réglé son affaire de chèques sans provisions…” a-t-il ajouté.

Par ailleurs Akremi a déclaré que le chef de l’Etat est intervenu personnellement pour qu’on mette à la disposition de son fils des coordinations régionales. «La réponse était toujours la même : Navré Monsieur le président, Hafedh Caïd Essebsi n’a plus aucun crédibilité», a confié l’avocat.

Un déballage hautement explosif qui s’ajoute à d’autres, régulièrement. Et toujours pas la moindre plainte contre l’ex-dirigeant de Nidaa Tounes pour diffamation. Même pas une réaction officielle pour le démentir ou pour lui apporter la contradiction sur les plateaux télé et radio où il déroule tranquillement. Etrange, non ??

 

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Le Bureau politique élargi de Nidaâ Tounès s’est réuni dimanche à Monastir sous la présidence de son directeur exécutif Hafedh Caïd Essebsi, en présence des coordinateurs régionaux et les députés du parti.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre une séquence où l’on voit des membres du parti chasser Hafedh Caïd Essebsi alors que certaines sources médiatiques indiquent que ce dernier a expulsé de la réunion des coordinateurs régionaux et des députés qui lui étaient hostiles.

Contacté par Assabahnews, le président du groupe parlementaire de Nidaâ, Sofiène Toubal, a catégoriquement démenti les informations rapportées au sujet de la réunion de Monastir, affirmant que la séquence vidéo dont il s’agit est celle d’une réunion tenue à Tunis au cours de laquelle le slogan « Dégage » a été scandé à l’endroit de Hafedh Caïd Essebsi.

Ila ajouté que la réunion de Monastir se déroule dans une atmosphère normale à l’abri de désaccords et de remous.

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Le directeur exécutif de Nidaâ Tounès, Hafedh Caïd Essebsi a affirmé dimanche à l’issue de la réunion à Monastir de son bureau politique élargi que « tout député démissionnaire du groupe parlementaire de Nidaâ est considéré comme démissionnaire du parti ».

Dans une déclaration à Mosaïque fm, il a ajouté que son parti est « ouvert à tous les partis politiques aux fins d’une union au sein de Nidaâ Tounès », affirmant que « Nidaâ Tounès est l’alternative de Nidaâ Tounès »,

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Samia Abbou, députée du Courant démocratique, a déclaré vendredi 12 octobre 2018, sur Shems Fm, que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a complètement changé la donne institutionnelle sans que personne ne s’en offusque. «A présent, le chef du gouvernement n’a plus d’appui politique. Il est d’usage qu’il rende des comptes au Parlement, qui le contrôle. Or ce n’est plus le cas puisqu’il s’est constitué un bloc parlementaire et que c’est plutôt ce dernier qui doit lui rendre des comptes. C’est un dérapage constitutionnel», a affirmé Abbou.
Elle a ajouté que la crise au sein de Nidaa Tounes, notamment le bras de fer entre Hafedh Caïd Essebsi et Youssef Chahed, reste un conflit interne, «mais quand cette crise impacte la situation générale du pays et les institutions, ça devient grave et il faut intervenir», a conclu la députée.

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Divorce ou séparation de corps. Des années durant, porté sur les fonts baptismaux, le consensus scellé à Paris par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi est désormais lettre morte, à l’initiative d’Ennadha, tient à préciser le premier nommé. Le Document de Carthage ipso facto à l’avenant, ouvrant une ère d’incertitude dont nul ne sait sur quoi elle va déboucher. Le parrain de cette « rencontre de Paris », Slim Riahi, se démène pour recoller les morceaux. Il a déjà rencontré le chef du mouvement Ennahdha, et a demandé à en faire autant avec le président de la République. Ce devrait être chose faite dans les jours à venir, assure-t-on. Arrivera-t-il à réconcilier les deux patriarches ? Nul non plus ne peut le prédire tant le contentieux est sérieux et les griefs de part et d’autre incommensurables.

Un désaccord si profond que « The Economist », l’hebdomadaire britannique de référence à l’échelle internationale, tirant à plus de 1 500 000 exemplaires vient de publier à son sujet une analyse sans concession sous le titre « Le duo garant de la stabilité de la Tunisie s’est disloqué ».En exergue, il note que « les Tunisiens les ont baptisés «les deux cheikhs». Ils composent un duo mal assorti, cet attelage de vieillards qui dirige le pays depuis 2014. Rached Ghannouchi est à la tête d’Ennahdha, un parti islamiste modéré qui a dominé le premier parlement élu après la révolution tunisienne en 2011. Il a démissionné en 2014 dans la foulée d’une série d’assassinats politiques ». Lors de l’élection suivante, rappelle-t-il encore, les électeurs ont accordé une majorité de suffrages à Nidaa Tounes, une coalition laïque dirigée par le président actuel, Beji Caïd Essebsi. Les deux hommes ont formé une alliance improbable, Ennahdha jouant un menu rôle dans un gouvernement d’union et soutenant nombre de ses politiques. Le 24 septembre cependant, BCE a annoncé que le pacte a vécu. «Ennahda a pris un autre chemin», dit-il amèrement.

Une longévité sans nulle autre pareille

The Economist explique que les alliés d’hier ne se disputent pas pour des raisons tenant à la religion ni sur une question de fond, mais au sujet du chef du gouvernement choisi par Béji Caïd Essebsi Essebsi. Avant sa nomination en 2016, Youssef Chahed était un « obscur économiste titulaire d’un doctorat en agroalimentaire. Il est désormais souvent considéré comme le politicien le plus digne de confiance de la Tunisie (certes un faible obstacle à franchir). Ses efforts pour lutter contre la corruption bénéficient d’un soutien populaire. Dans ce poste, il cultive une longévité à nulle autre pareille depuis 2011. Le président semble maintenant regretter de l’y avoir nommé. BCE et son fils influent, Hafedh, ont publiquement critiqué le chef du gouvernement pour sa gestion de l’économie.

Certains Tunisiens seraient d’avis que c’est le cas. Soutenu par le FMI, le gouvernement a imposé de douloureuses mesures d’austérité. Sans doute sa politique la plus controversée a-t-elle permis d’affaiblir le dinar, qui a chuté de plus de 20% par rapport au dollar ces deux dernières années, atteignant son plus bas niveau en plus de dix ans. La dépréciation a stimulé, toutefois,  certaines entreprises. Les exportations ont augmenté de 20% au cours des huit premiers mois de l’année. Les exportations de produits agricoles ont augmenté de 63% par rapport à la même période l’année dernière. Les prix bas attirent également les touristes. Cet été, de nombreux hôtels affichaient complet. Les dépenses des touristes jusqu’en juillet ont été de 44% supérieures à celles de l’année dernière.

Mais la faible monnaie a fait des ravages dans les caisses de l’État, car beaucoup de ses dettes sont libellées en dollars. L’année prochaine, la Tunisie dépensera 9 milliards de dinars (3,2 milliards de dollars) en service de la dette, ce qui équivaut à environ 8% du PIB et 76% de plus qu’en 2016. Les prix des carburants ont été multipliés par quatre en 2018, mais la facture de la compensation continue d’augmenter. Cette année, elle atteindra 4,3 milliards de dinars, soit presque trois fois plus que prévu. Certains économistes estiment que la dévaluation est allée trop loin. Et bien que les exportations soient en hausse, le déficit commercial continue de croître.

Ghannouchi, un politicien rusé !

Ghannouchi soutient le chef du gouvernement et affirme que le congédier mettrait un frein aux réformes nécessaires. Ce n’est pas une position naturelle pour Ennahdha. Il tire une grande part de son soutien des régions défavorisées qui ont manifesté contre les hausses d’impôts plus tôt cette année. Le parti a montré sa volonté de travailler dans l’intérêt national, même à ses dépens. Mais Ghannouchi est également un politicien rusé. Son soutien à Chahed est un signe de la faiblesse du parti au pouvoir, estime l’hebdomadaire britannique.

Après les élections de 2014, Nidaa Tounes détenait 86 sièges au Parlement, soit 40% du total, dont la moitié environ a fait défection, depuis. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté de Chahed, qui a été suspendu de Nidaa Tounes le mois dernier. Leur «coalition nationale» n’a pas encore été enregistrée en tant que parti politique. Quand ce sera le cas, ce sera l’un des plus importants au Parlement, à peu près de la même taille que Nidaa Tounes. Avec le soutien d’Ennahda, Chahed pourrait probablement échapper à un vote de censure. Les Essebsis craignent d’être éclipsés par leur propre création.

La Présidentielle, un  créneau surpeuplé »

Chahed a été vague sur ses ambitions politiques. Il pourrait entrer au Parlement à la tête d’un puissant bloc. Si au contraire, il se présente à la présidence en 2019, ce serait dans un créneau surpeuplé. Ennahdha est susceptible de présenter un candidat. Et Leila Hammami, une universitaire libérale à qui on a interdit de se présenter en 2014, espère entrer en lice cette fois.

L’incertitude est un signe bienvenu. Essebsi a 91 ans, Ghannouchi 77. Ils passent souvent des marchés en privé et les présentent aux députés comme un fait accompli. La Tunisie a besoin de nouveaux visages et d’un parlement plus fort. Elle a besoin de plus de cheikhs – et de cheikhas aussi, conclut « The Economist ».

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La solution aux maux du pays ? La dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Cette thèse a été défendue le plus sérieusement du monde par Faouzi Elloumi, cadre du parti Nidaa Tounes, sur sa page Facebook mercredi 03 octobre 2018 dans la soirée. Du reste il pouvait difficilement la soutenir sur un plateau de télévision par exemple, face à des journalistes et des contradicteurs chevronnés…

L’ARP “a perdu toute légitimité électorale. Sa composition actuelle n’a plus aucun rapport avec le vote des électeurs tunisiens en 2014. Il faut dissoudre immédiatement l’ARP et faire de nouvelles élections législatives pour rétablir sa légitimité», a écrit le responsable des grandes réformes économiques et financières de Nidaa, droit dans ses bottes.

Il fera l’impasse sur les causes de cette situation ubuesque (à peine 41 députés contre 86 en 2014, et 3ème force au Parlement derrière Ennahdha et un nouveau-né, la Coalition nationale), sur les déboires internes de Nidaa Tounes depuis que Hafedh Caïd Essebsi (HCE), le fils du président de la République, a pris les commandes, sur le rôle de HCE dans cette cascade de démissions d’élus et dirigeants, sur le silence coupable du fondateur du parti, le chef de l’Etat… Bref, Elloumi a oublié de dire l’essentiel.

 

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Au Forum tuniso-libyen jeudi 27 septembre 2018, dans ses dossiers ce vendredi, demain ailleurs, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, bouge, s’active, travaille, comme si de rien n’était, comme si le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, n’avait pas parlé de lui, ne lui avait pas suggéré de dégager. Chahed, de par son attitude, sans même avoir besoin de commenter ou réagir aux propos de son désormais ex-mentor, répond (il faut rappeler à ceux qui l’auraient oublié, à cause de la violence des coups entre les palais de Carthage et de la Kasbah, que c’est BCE qui a sorti de son chapeau l’actuel chef du gouvernement et a maintenant le plus grand mal à l’y faire retourner). Comme il avait ignoré superbement Hafedh Caïd Essebsi, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, qui l’avait sommé de s’expliquer sur ses rapports avec le parti, ce qu’il n’a toujours pas fait jusqu’à ce jour, Chahed snobe le président de la République. Pourtant ce dernier lui a conseillé – ce qui dans la bouche de BCE est une injonction – de se présenter au Parlement pour se refaire une légitimité politique qu’il aurait perdue. Ce n’est pas rien, tout de même, ce qu’a dit Essebsi ! Mais voilà, son ex-poulain a manifestement pris la décision de passer outre et de continuer allègrement son chemin, une posture que lui permet une bonne lecture du contexte politique actuel. BCE rugit encore un peu mais ne peut plus rien contre Chahed, politiquement parlant, et tout le monde semble l’avoir bien compris. Tout le monde sauf le président de la République. Ses collaborateurs, en premier son conseiller politique, Habib Essid, l’ex-chef de gouvernement que BCE avait immolé, auraient oublié de réveiller le chef de l’Etat. Ou auraient peur de ses foudres. En tout cas la lévitation du locataire du palais de Carthage est surréaliste, pathétique et dangereuse.

Faire d’une guerre personnelle une crise politique

Tout le sens des gestes du président de la République en ce moment, c’est de faire croire à l’opinion publique que le chef du gouvernement a embarqué le pays dans une guerre politique qui le mènera à sa perte. C’est ce que BCE a encore tenté de faire dans sa dernière interview, mais la manoeuvre est tombée à plat, complètement ratée. Et les commentateurs qui étaient de sortie après l’étrange discours-entretien ont pointé les incohérences d’un chef de l’Etat qui met sur le même niveau un chef de parti autoproclamé, fût-il son fils et un chef de gouvernement. Ne pas voir que le départ de Essebsi junior ferait un bien fou à Nidaa Tounes, en stoppant d’abord l’hémorragie de militants et de députés, et que celui de Chahed plongerait le pays dans l’incertitude totale à quelques mois des élections est au mieux le signe patent d’une cécité politique qui aurait atteint BCE, au pire une tentative désespérée de dégager la voie pour lui-même ou pour HCE, ce qui de toute façon ne servirait à rien vu leur cote d’amour auprès des citoyens, d’après les sondages.

Quand il s’est agi de fomenter l’exécution de Essid, il y avait du monde autour du président de la République. L’affaire est passée comme une lettre à la Poste, la classe politique, l’opinion publique et surtout une belle majorité parlementaire ayant fait corps pour valider une décapitation qu’on croyait salvatrice pour la nation. Tout le monde y croyait. Mais on s’est réveillé depuis et on s’est rendu compte que l’ex-chef de gouvernement n’avait pas autant de tares que ce que ses bourreaux avaient déballé sur la place publique, et que le contexte social et politique post-révolutionnaire explique en grande partie l’impossibilité à aller plus vite que la musique pour faire le bonheur de tous. D’ailleurs les difficultés de Chahed pour faire tourner la machine économique démontrent, si besoin en était, que Essid ne méritait peut-être pas le sort qu’il a eu. Les citoyens savent tout maintenant, ou presque, il est impossible de les berner une deuxième fois. Mais ça aussi le chef de l’Etat semble ne pas l’avoir compris…

Faire chuter un arbre avec une paille !

La situation politique du moment est sans appel avec ceux qu’il faut bien qualifier de clan Essebsi – BCE et son fils -, puisqu’ils se comportent comme tel en dépit de tout bon sens. Ils sont les seuls – l’UGTT se fait moins entendre sur la question, braquée sur les négociations sociales – à réclamer avec insistance la tête de Chahed, un cri dans le désert face à des partis politiques qui ont d’autres chats à fouetter, et pas des moindres (d’abord la question de leur structuration avant de se mettre en ordre de bataille pour 2019, si joute électorale il y a). Et que dire des citoyens, complètement désintéressés par cette chasse à l’homme, préoccupés par leur pouvoir d’achat et dont le niveau de culture politique, quoi qu’on en dise, leur permet maintenant de résister aux manoeuvres politiciennes. Quant aux forces politiques au Parlement, là aussi c’est sans appel pour Essebsi père et fils : Ce n’est pas avec 41 élus (86 en 2014) que Nidaa Tounes va faire tomber le chef du gouvernement. Et encore parmi ces 41 beaucoup sont contre la folle aventure de HCE, et le peu qui reste du bloc parlementaire pourrait se fracasser si on le forçait à se prononcer sur le limogeage de Chahed.

Alors qu’en face ce dernier est assis sur l’appui, maintenant assumé publiquement, de la “Coalition nationale”, laquelle affiche présentement 43 députés et pourrait très vite monter en puissance. Sans parler du soutien réaffirmé de Ennahdha au chef du gouvernement, avec ses 68 élus, des islamistes qui découvrent de jour en jour, avec beaucoup de délectation, qu’ils ont eu du flair et ont parié sur le bon cheval, un Chahed très élégant du reste et qui ne fait pas des misères aux ministres nahdhaouis. Bref, les temps ont changé, mais ça aussi un BCE qui n’a pas conscience des limites de son aura et de sa verve héritée de Bouguiba, qui a perdu pied et tout sens de la réalité semble l’ignorer…

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BCE : « Si HCE quittait Nidaâ, je ne verserais pas des larmes »

Le président de la République, Béji Caid Essebsi, a affirmé, lundi soir, que « si son fils[Hafedh Caid Essebsi]quittait Nidaâ Tounès, il ne verserait pas de larmes sur son départ ».

Invité à donner un conseil à HCE, il a déclaré qu’il ne lui conseillera rien, pour ensuite botter en touche, lorsque la journaliste insiste. «Posez-moi une autre question», lui dit-il.

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BCE : « Ce n’est pas moi qui ai nommé Hafedh Caïd Essebsi directeur exécutif de Nidâ »

« Je ne suis pas satisfait de la performance de Nidaâ Tounès » a affirmé le président de la République, Béji Caïd Essebsi dans une interview, lundi soir, à la chaîne tv Al-Hiwar Ettounsi.

Ila indiqué que ce n’est pas lui qui avait nommé son fils, Hafedh Caïd Essebsi, au poste de directeur exécutif du parti dont il est le fondateur, ajoutant que « rien n’empêche l’état-major de Nidaâ de se débarrasser de HCE »

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Que va-t-il encore dire ?

Le chef de l’Etat devrait donner une nouvelle interview, comme d’habitude à une chaîne TV privée, comme s’il voulait encore déconsidérer les médias publics. Comme d’habitude aussi, l’interview devrait être enregistrée et on le déplore. On craint cependant qu’elle soit faite en direct, car on n’est pas sûr qu’il ne dérape pas, comme il l’a presque toujours fait avec la presse locale.

Autre souci, le fait que le nonagénaire chef d’Etat oublie de parler de la catastrophe naturelle qu’ont connue quelques unes des régions du pays qu’il dirige et pour qui, l’empathie ne suffira pas, mais qui ne comprendra pas que le chef de l’Etat ne le fasse pas. Au cas où cette interview serait diffusée comme il est prévu sur Elhiwar Ettounsi lundi à 19, et aborderait la crise politique et la guéguerre entre son propre fils et Youssef Chahed, elle marquera discordance totale entre un chef de l’Etat, sur ses « trentains »(terme originel dont est tirée l’ expression « sur ses trente-et-un »)l devant les caméras et qui palabre de questions presque familiales, et un chef de gouvernement en jean et blouson, dévoué à la tâche sur le terrain, consolant ses concitoyens et s’employant à trouver des solutions à leurs problèmes.

Le chef du gouvernement, ce matin du 23.9.2018, à Nabeul et Takelsa et au siège du gouvernorat

A quelques 32 ans moins 3 jours, c’est presque la même image d’une fin de règne, lorsqu’en cette fin de septembre 1986, le premier ministre d’alors, Rachid Sfar, accompagné du ministre de l’Intérieur Zine El Abidine Ben Ali, se rendait en bottes dans les zones sinistrées de la même ville de Nabeul, pour y constater les dégâts et essayer de trouver des solutions.

Mais revenons à nos moutons ! Le chef de l’Etat tunisien parlera donc ce soir. Mais que va-t-il dire ?

Tout le monde s’accorde à penser qu’il sera sur Elhiwar pour parler de la crise politique, nationalement partisane, de la guerre de son fils Hafedh pour dégager Youssef Chahed, ainsi que de la grave crise que vit le parti qu’il a imprudemment légué à son fils. Contre ce dernier, se lègue même grand nombre de membres de Nidaa Tounes. Son propre porte-parole appelle désormais à ce que HCE quitte Nidaa.

BCE parlera certainement aussi du chef de gouvernement. Un Youssef Chahed qui a repris du poil de la bête, qui a su et pu résister à toutes les tentatives visant à le congédier de La Kasbah, comme le constatent aussi bien ses amis que ses ennemis. Certains prédisent que BCE pourrait, lundi soir, annoncer vouloir recourir à l’article 99 de la Constitution. BCE pourrait perdre son pari sur le vote de confiance et Youssef Chahed pourrait s’y être déjà préparé par l’important bloc de députés qu’il s’est constitué sur le dos de Nidaa Tounes où les démissions s’étaient rapidement succédé la semaine dernière. Il pourrait aussi remporter son pari, si le parti islamiste Ennahdha décidait à la dernière minute de faire faux bond, totalement ou en partie, à Youssef Chahed.

BCE pourrait aussi annoncer que son héritier Hafedh décidait de quitter son poste de directeur exécutif et de s’en remettre au vote du prochain congrès. Mais cela reste fortement improbable. Sinon, il devrait passer la plupart de l’interview à «bajboujer», à tourner autour du pot, à éviter les questions pièges et à ne donner que l’illusion de réponses claires et déterminées. BCE n’a pas trop de marge pour décider en lieu et place de Youssef Chahed et de l’ARP. Et il le sait !

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Laisser mourir Nidaa Tounes, est-ce la consigne ?!

Une flopée de cadres à Sfax, 14 exactement, le même paquet à Ben Arous dont une députée, à ajouter aux 9 autres élus qui ont largué dernièrement les amarres, après le départ des députés qui ont formé l’ossature de Machrou Tounes et son bloc parlementaire, après le départ de Mohsen Marzouk, après celui de Saïd Aïdi, après… après… Et maintenant il se dit qu’un poids lourd, dans le parti et au sein du gouvernement, la ministre du Tourisme, Selma Elloumi Rekik, a elle aussi envie de prendre le large. Bientôt on ne se posera plus la question qui est parti – ils seront trop nombreux -, mais qui est resté – très peu -, pour faciliter le décompte. Nidaa Tounes, la formidable machine de guerre bâtie de ses mains par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, en 2012 fond comme neige au soleil, s’effrite de toutes parts, inexorablement. Le pire dans cette affaire c’est que le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi, par qui tout ce désastre est arrivé, a réussi par on ne sait quel tour de force à repousser le Congrès électif, le tout premier depuis la naissance du parti (une grosse anomalie pour une grande formation, dans une prétendue démocratie !), jusqu’en janvier 2019, au meilleur des cas. Cela veut dire que cette hémorragie a des chances de continuer, et même de s’accélérer… pour précipiter la mort de l’oeuvre de BCE. Alors que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lui restera manifestement ; lui qui cristallise toute la haine de HCE au point de le détourner de la gestion de Nidaa, une gestion saine, a toutes les chances de demeurer. Et que fait le président de la République pendant ce temps ? Il s’emmure dans son palais cossu de Carthage, dans un mutisme incompréhensible.

La tragédie du vieux lion

C’est le refus de Ben Ali, ou son impossibilité à agir pour freiner la cupidité de ses proches, notamment les Trabelsi, qui avait accéléré sa perte. L’actuel président de la République file droit vers la même tragédie, une tragédie personnelle mais aussi nationale car les déflagrations plongent le pays dans des bruits incessants et une instabilité politique qui sont ses meilleurs ennemis. La Tunisie n’avait pas besoin de ça, et ne le pardonnera jamais à BCE, qui avait pourtant écrit son nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire en dirigeant énergiquement la nation dans un moment où elle se cabrait comme un cheval fou, en février 2011, en pleine poussée de fièvre révolutionnaire. Tout ça a été terni par son entêtement à laisser son fils manipuler plus que de raison des fils hautement explosifs. Et pourtant ce ne sont pas les coups de semonce et alertes qui ont manqué, la dernière en date est celle de Zohra Driss, qui était de tous les combats aux côtés de Essebsi, avant de tout plaquer. Où est passé l’ancien secrétaire général du parti, Taïeb Baccouche, qu’on a vu à un moment s’agiter dans les coulisses après avoir été reçu au palais de Carthage ? Lui au moins avait la stature qu’il faut pour imposer les correctifs dont le parti a grand besoin. Que font Néji Jalloul, Faouzi Elloumi, etc. ? Pourquoi ils se taisent tous devant ce naufrage ? C’est comme si tout ce beau monde s’était donné le mot pour rester sagement assis et regarder le navire sombrer… pour laisser Chahed piloter autre chose à la place ?? Etrange attitude…

Pourtant “l’ennemi” aurait pu être la solution

Sourd (aux nombreux appels à la raison) et aveugle (face au spectacle d’un parti qui se désagrège sous ses yeux, pendant qu’il pourchasse un ennemi imaginaire), Essebsi junior n’est pas muet pour autant. On l’a beaucoup entendu dernièrement, beaucoup plus que d’habitude en tout cas, et si ce n’est pas lui personnellement c’est un de ses lieutenants qui s’y colle. Où sont-ils planqués en ce moment ? Mystère. Eux qui étaient si prompts à organiser des réunions nocturnes dans des officines secrètes qui ont valu au parti tous ses déboires font de l’apnée maintenant. Personne ne s’occupe de ce parti à la dérive, ne parle pour lui, ne tente quoi que ce soit pour le sauver. Il n’y a plus personne ! Et il faut que ce soit les démissionnaires de Ben Arous qui rappellent au supposé leader, HCE, les conséquences de sa traque implacable et insensée, alors qu’il aurait dû faire de Chahed une chance, qu’il aurait dû s’adosser sur ses résultats économiques, qui commencent à venir, pour perpétuer le feu de sacré chez Nidaa Tounes, maintenant que son fondateur est au crépuscule de sa vie politique. Mais il n’en sera rien, manifestement…

Le beau rôle !

Quant à Chahed, et bien il se délecte d’une situation qui tourne à son avantage, après avoir essuyé la tempête. Son positionnement n’a jamais été aussi confortable, après le soutien réaffirmé du bataillon Ennahdha et après avoir implosé, directement ou indirectement, le rang de ses ennemis. Et c’est encore plus vrai depuis que la “Coalition nationale” a émergé au Parlement, un bloc parlementaire lequel même s’il prétend n’avoir posé aucun acte d’allégeance au chef du gouvernement ne sera pas un obstacle pour lui, au contraire. Quand Chahed rétorque à l’ultimatum surréaliste de HCE que lui s’occupe des affaires du pays et n’a pas le temps pour la petite tambouille, il a raison, c’est ce qu’il fait effectivement mais il faut aussi preuve d’une grande habileté politique. En effet aux yeux de l’opinion publique – ses futurs électeurs, peut-être -, trimer pour l’intérêt national c’est quand même autre chose que ces politiciens, de Nidaa et d’ailleurs, qui se vautrent dans la fange pour des intérêts personnels. Et qui s’excite, s’énerve, attaque, cogne pour ces bas calculs ? Suivez notre regard. Et qui dégage une impression de force tranquille face aux assauts, et n’a d’yeux que pour le bien suprême de la nation ? Regardez vers la Kasbah. Bon, la réalité est plus nuancée que ça, et surtout beaucoup moins manichéenne – le bon d’un côté, les méchants de l’autre -, mais c’est cela que perçoivent les citoyens, et ça pourrait être très payant électoralement pour l’un, et fatal pour les autres. C’est la photographie du moment. Cela reste un instantané, qui n’est pas gravé sur le marbre et pourrait muter d’ici les élections de 2019, mais pour le moment cela suffit au bonheur du chef du gouvernement. En attendant qu’il abatte ses cartes. Ou pas.

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Zohra Driss a quitté avec fracas son bloc parlementaire, Nidaa Tounes, avec 7 de ses collègues, mais n’en a pas fini pour autant avec la direction de son ex-parti. Ce matin du lundi 10 septembre 2018, c’est règlement de comptes au menu…

Reprenant les grandes lignes de sa dernière tribune, elle a redit, sur Express FM, que Nidaa Tounes n’est pas la propriété d’un individu – suivez son regard – mais celle de la nation toute entière. «Les ennuis de Nidaa ont commencé au congrès de Sousse, qui était tout sauf démocratique, même si les problèmes ont effectivement surgi dès le départ de Béji Caïd Essebsi. Depuis ce congrès, Hafedh Caïd Essebsi a mis la main sur tous les leviers, en s’arrogeant toute la légitimité. Nidaa Tounes n’est pas une affaire familiale, et même dans une famille on se doit de consulter son épouse et ses enfants. On ne commande pas depuis sa chambre à coucher. Hafedh Caïd Essebsi se croit tout permis en se targuant d’être le propriétaire de la maison ! », a-t-elle déclaré.

L’élue a ajouté qu’au départ elle et ses collègues démissionnaires ont opté pour le combat au sein du parti, en tentant de corriger la trajectoire, mais ça s’est avéré impossible. “Nidaa Tounes a perdu le plus gros de sa masse électorale et les résultats des municipales l’illustrent. Nous avons essayé de faire quelque chose, mais ce n’était pas possible (…). Nous avons décidé de nous réorganiser avant le démarrage de la session parlementaire à travers un projet. Nous n’avons pas encore officialisé notre intégration au nouveau bloc la coalition nationale mais nous allons le faire», précise Zohra Driss.

Par ailleurs elle réaffirme que ce nouveau projet n’est pas un bouclier pour le chef du gouvernement, Youssef Chahed, mais un nouvel outil en faveur de la stabilité politique. La députée a chargé la barque de HCE en balançant ceci : «Lors de la dernière réunion, Hafedh Caïd Essebsi a demandé aux ministres de Nidaa de démissionner du gouvernement. Ce qui est matériellement impossible. Imaginons une seconde les dégâts du départ du ministre de l’Education à la veille de la rentrée scolaire !».

 A la question de savoir s’il y a une suite à tout cela, comme par exemple la création d’un nouveau parti dans la perspective des prochaines élections, Driss a confié qu’il n’y a pas de plan précis sur la table, et que les dissidents n’ont pas encore planché sur le sujet…

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Que reste-t-il de la machine de guerre fabriquée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi et qui avait brillé aux élections de 2014 ? Qu’en restera-t-il au scrutin de 2019 ? Manifestement pas grand chose au rythme où le parti se vide de son sang, sous le brillant magistère de Hafedh Caïd Essebsi, fils du chef de l’Etat. 8 députés viennent de claquer la porte du bloc parlementaire de Nidaa Tounes (il n’en reste que 46, pour 86 au départ, et une poignée de militants) pour filer vers la “Coalition nationale”. 8 de plus, martyrisant un peu plus ce parti que son propre fondateur refuse toujours obstinément de prendre en main sous prétexte qu’il se doit de prendre de la hauteur, du haut de son fauteuil du palais de Carthage, au motif que son statut lui interdit de mettre son nez dans les affaires partisanes. Mais personne n’est dupe, si la main du vieux lion tremble, hésite, c’est parce qu’elle redoute d’écraser le fils. Les sacrés liens du sang et leur pouvoir de nuisance, dont le pays croyait s’être débarrassés un fameux 14 janvier 2011. Et bien non. Zohra Driss, Moncef Sellami, Ahmed Saïdi, Issam Mattoussi, Lamia Dridi, Jalel Guedira, Mohamed Rachdi et Marwa Bouazzi sont partis, ils ont quitté un navire en plein naufrage. La même Zohra Driss qui avait récemment adressé un message coup de poing à BCE. Il faut croire qu’elle n’a pas eu la patience d’attendre que Essebsi fasse mouvement…

Le coupable ? Toujours le même

Zohra Driss a confirmé l’information à la TAP, avec une indication qui montre que cette affaire est actée : Les 8 désormais ex-nidaïstes vont officiellement déposer leur démission au bureau de l’Assemblée des représentants du peuple mercredi prochain.
Elle a ajouté que la décision a été prise il y a environ une semaine, en raison de ce qu’elle a qualifié de “déception” quant à la manière d’administrer Nidaa Tournes. Le directeur exécutif de Nida Tounes, Essebsi junior, est accusé, mais ce n’est pas nouveau, d’avoir la “mainmise sur tous les pouvoirs” et de faire comme si les structures et dirigeants du parti n’existaient pas. En fait le parti n’était même pas géré, HCE, aveuglé par sa haine obsessionnelle du chef du gouvernement, Youssef Chahed, a oublié qu’il pourchassait un des leurs, que la cible, en principe, parlait et agissait au nom du parti, qu’il avait des soutiens au sein du parti et que cette persécution que rien n’explique rationnellement (il se dit que Chahed refuse de nommer les hommes de Essebsi fils à des postes clés, qu’il met ses “amis” en prison sans le consulter, qu’il refuse même de lui répondre au téléphone… C’est bien ce qu’on disait, il n’y a rien de rationnel derrière cette haine tenace) risquait de faire imploser la formation. HCE a oublié que son rôle était de rassembler, il a oublié qui il était, la valeur de ce qu’il a entre les mains et ce qu’il est venu faire au poste qui est lien, il a oublié les difficultés du pays qui exigeaient autre chose de sa part. Il s’est oublié. L’addition est salée.

L’ombre de Chahed derrière le loup

Dès sa naissance, fin août 2018, le bloc parlementaire, qui affichait 33 députés – des indépendants, des déçus de Machrou Tounes et Nidaa Tounes, des élus de l’UPL – a été suspecté d’être téléguidé par Chahed, pour faire exploser le front de ses ennemis au Parlement, dont des élus de son parti (je sais, tout ça est un peu kafkaïen…). Et devinez qui était le plus terrorisé par cette affaire ? Nidaa Tounes, évidemment, un bloc qui n’est plus que l’ombre de lui-même et que la moindre bourrasque secoue. Bien entendu les accusations en direction du chef du gouvernement ont redoublé d’intensité quand il l’ont vu prendre langue avec les 8 députés le jour même de l’annonce de leur démission de Nidaa, samedi 08 septembre 2018. Mohamed Rachdi a beau dire que ce sont eux-mêmes qui ont sollicité un entretien avec Chahed, pour causer “des préparatifs de l’année parlementaire et du projet de la loi de finances pour l’année 2019” et “la question de la démission n’a pas été évoquée au cours de cette rencontre“, les adversaires et faux amis de Chahed continueront de voir son ombre derrière la “Coalition nationale“, de le voir partout. Chahed fait peur à tout le monde, sa popularité, même en baisse, selon les sondages, fait peur. Au point que même la forteresse Ennahdha ne parle plus que de la présidentielle, et surtout de la manière d’empêcher Chahed d’y aller, alors que l’intéressé n’a pas pipé mot sur cette échéance ! Mais puisque ses parrains ont la faculté de lire dans ses pensées…

Rached Gannouchi et compagnie se donnent-ils tout ce mal pour rendre service également à BCE, qui ne voudrait pas croiser le chef du gouvernement sur la route de la présidentielle ? Abdellatif Mekki, dirigeant du mouvement Ennahdha, l’a laissé entendre, ici même, sur Africanmanager. Vrai ou pas, manoeuvre politique ou pas, le fait est que Chahed les empêche tous de dormir. Et ce sera encore le cas pendant un bon moment, et encore plus quand il aura quitté la Kasbah et qu’il se mettait en tête de jouer les cartes qu’il a en main pour se forger un destin national.

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Des élus à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont annoncé, lundi 27 août 2018, la naissance du bloc parlementaire la “Coalition nationale”. Le bloc a coopté des indépendants et aspiré les députés de l’Union patriotique libre, mais pas que, il a également chassé sur les terres des groupes parlementaires de Machrou Tounes et Nidaa Tounes, avec même quelques belles prises, parmi les députés démissionnaires. Cela suffit au bonheur des artisans de la nouvelle force parlementaire, pour le moment, en attendant les coups qu’ils vont porter, au quotidien, aux partis qui faisaient la loi jusqu’ici au Parlement. Cette nouvelle formation fait tellement peur au personnel politique que certains y voient la main du chef du gouvernement, Youssef Chahed, comme un moyen de peser sur le cours des choses à l’ARP (il ne bouderait pas son plaisir, lui qui y est régulièrement malmené, sans parler de ses projets que les élus se font un malin plaisir de freiner !) mais également de faire un tour de chauffe pour la prochaine présidentielle. En tout cas Mustapha Ben Ahmed, député et porte-parole du bloc de la Coalition nationale, lui dément, catégoriquement. Pour une fois y aurait-il fumée sans feu ?

On n’a aucune date pour les élections de 2019, on ne sait même pas si elles auront effectivement lieu l’an prochain, tant la trajectoire politique du pays est illisible avec des appels, jusqu’à ce 27 août 2018, surtout de la part d’Ennahdha, à un renversement de la table – remaniement ministériel, très large, disent-ils maintenant. A ce chaos politique ambiant s’ajoute la question de l’élection présidentielle  (qui y sera ? Qui a le droit d’y être ? Qui n’a pas le droit ?…), laquelle devient quasiment obsessionnelle… pour les islamistes. Ces derniers sont même en train, littéralement, de perdre leur flegme légendaire et leur assurance de force tranquille à la seule évocation de la joute pour se disputer le fauteuil de Béji Caïd Essebsi. Ils ont beau seriner que leur conclave de deux jours à Hammamet a mis sur la table des sujets divers d’intérêt général, national et pas exclusivement politique, les communiqués issus de cette rencontre laissent penser le contraire. Notamment la perspective de voir Chahed participer à la course présidentielle…

L’épouvantail des islamistes

Sur cette affaire c’est carrément une levée de boucliers chez les islamistes. Exit leurs nuances, compromis et ronds de jambe habituels, c’est carrément non. Chahed au palais de Carthage, c’est non. Deux communiqués en 24 heures pour le dire, c’est on ne peut plus clair. Alors que l’intéressé lui-même n’a pas dit un mot sur cette affaire, sauf pour démentir les bruits sur ses intentions supposées, pour marteler qu’il ne se préoccupe que des dossiers dont il a la charge et pour jurer, ou presque, qu’il se rangera derrière BCE s’il décide de rempiler en 2019. Et qui parle de la présidentielle en ce moment ? Sofiene Toubel, le chef du bloc parlementaire de Nidaa Tounes et un des lieutenants du principal ennemi de Chahed, Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif du parti. Pour dire quoi ? Pour dire, dans Assabah News, que Ennahdha n’a pas le droit de barrer la route de la présidentielle au chef du gouvernement, pour rappeler que Chahed est le poulain de Nidaa Tounes – ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu ça ! – et que seul son parti a le droit de se prononcer sur son avenir. Cette sortie signifie plusieurs choses : D’abord qu’il n’y a pas que les islamistes qui sont travaillés par la problématique de la présidentielle, ensuite que Chahed n’est plus forcément l’ennemi à abattre et que Nidaa Tounes pourrait, de manière très opportuniste, surfer sur la popularité de son “poulain” et en faire son candidat en 2019, si BCE n’y va pas, ce qui est fort probable. Alors qu’il y a à peine quelques semaines cette perspective donnait des boutons aux dirigeants de Nidaa…

Chahed au palais de la Kasbah, du moins jusqu’en 2019 (et après un des leurs à sa place, pourquoi pas), ça passait encore pour les islamistes, car après tout il a plutôt été un bon partenaire ; il n’a pas cherché des noises aux poulains d’Ennahdha dans le gouvernement, malgré une pluie d’attaques, pour incompétence, surtout le ministre de la Santé, Imed Hammami. Qu’aurait fait un autre nidaïste pur jus à la place de Chahed ? Sans doute pire. Mais de là à envoyer l’actuel chef du gouvernement sur le fauteuil présidentiel, ou tout au moins lui dégager la voie, c’est un pas qu’Ennahdha n’est pas prêt à franchir. Non pas pour les raisons avancées par la Choura – l’intérêt de la nation, celui de Chahed, et que sais-je encore -, mais parce qu’ils ne sont pas absolument sûrs de pouvoir s’accommoder du jeune, énergique et obstiné poulain du chef de l’Etat, comme ce fut le cas avec le mentor, même si les coups de canif de ces derniers mois – mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, et maintenant la question explosive de l’héritage – ont malmené le contrat moral de Paris entre les deux protagonistes des élections de 2014.

On a beau expliquer à ce beau monde que le chef de l’Etat n’a pas de réel pouvoir sur la direction des affaires intérieures, que c’est acté par la Constitution et avéré par son incapacité à avancer sur de grands dossiers, tel que le changement du régime politique, on court quand même après son fauteuil. Les hommes providentiels, forts, trop forts qui ont occupé le palais de Carthage ont laissé des traces, et pas que dans la tête des citoyens. Le pouvoir, le vrai, est à Bardo, et pourtant tout le monde ne parle que de Carthage, hanté par les souvenirs de Bourguiba et de Ben Ali, même si peu le reconnaissent sous les projecteurs. Pour les citoyens il s’agit de retrouver, même à minima, des types capables de mener avec autorité la barque, si possible sans la main de fer qui écrase tout et tout le monde ; et pour les politiques il s’agit d’incarner cet homme dont rêvent les Tunisiens. Et pour les islamistes il s’agit de se donner toutes les garanties que celui qui s’assoira sur ce fauteuil (pourquoi pas Rached Ghannouchi, mais comme il est complètement cramé, à en croire tous les sondages…) n’exhumera pas les tourments que Bourguiba mais surtout Ben Ali leur ont infligé. Un même pays, des visions et intérêts divergents. Et c’est pas près de s’arranger !

S.L.

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Ça se bouscule, déjà, dans la perspective des prochaines élections, en 2019. A peine quelques jours après l’annonce de la coalition de blocs parlementaires entre Nidaa Tounes et Machrou Tounes – ceux qui ont conclu au retour salutaire au bercail des compagnons de Mohsen Marzouk sont allés vite en besogne -, un autre groupe parlementaire est dans les tuyaux. Le député Walid Jalled (bloc Watania) en a fait l’annonce ce jeudi 23 août 2018, rapporte la TAP. On a appris qu’il y aura du beau monde : des députés indépendants et des élus inscrits dans d’autres groupes. Quels groupes exactement ? Les promoteurs de cette affaire gardent le secret pour l’instant, histoire sans doute d’éviter que les types d’en face torpillent l’initiative en se rendant nuitamment – c’est une pratique courante, parait-il ! – chez les futurs dissidents pour essayer de les retenir.

Ce qu’on sait c’est que 35 à 40 députés sont concernés par cette affaire, ce n’est pas rien ! Le reste sera déballé dans une conférence de presse au début de la semaine prochaine, a indiqué Jalled. Mais ce qu’il est important de noter, pour le moment, c’est que ce groupe va mettre le grappin sur des députés démissionnaires du bloc Al Horra, monté par Machrou Tounes et du bloc Nidaa Tounes. Cela suffit pour en conclure que Jallad et compagnie, lui-même dissident de Machrou Tounes, vont tirer le tapis sous les pieds du leader de son ex-formation, Mohsen Marzouk et du directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, qui croyaient avoir rondement leur petite affaire au bout de plusieurs mois de longs et harassants conciliabules. Donc 1e information pour les deux ex/futurs collaborateurs : Le rêve qu’ils caressaient de rassembler la grande famille issue des élections de 2014 (86 députés en rang d’oignons derrière Béji Caïd Essebsi) a du plomb dans l’aile, puisque le futur groupe convoite les élus qui ont largué Nidaa et Machrou Tounes, et certainement ceux qui sont restés mais non moins mécontents, et il y en a. C’est une très mauvaise nouvelle pour HCE et Marzouk…

Une grosse boulette de com

ll faut dire aussi que l’ex-secrétaire général de Nidaa Tounes y est allé tout seul, comme un grand, pour flinguer son projet d’union, coalition, rassemblement… Appelez ça comme vous voulez. En effet quelques heures après l’annonce du mariage de raison, ou plutôt du remariage, il a douché les ardeurs des militants et de ceux qui appelaient de leurs voeux l’émergence d’un bloc parlementaire capable de donner de la voix autant qu’Ennahdha. En effet Marzouk a cru bon de préciser qu’il ne s’agissait nullement de fusion, mais d’une simple alliance stratégique. Erreur… stratégique pour le coup, une bévue de communication qui pourrait être fatale aux ambitions du futur bloc parlementaire dit progressiste, en face des islamistes qu’on voudrait ringardiser, ne serait-ce que dans les slogans, ça aurait suffi pour le moment. Mais voilà, c’était sans compter sur la boulette signée Marzouk (cette fois au moins Essebsi junior n’y est pour rien !).

Le groupe Watania lui a soigneusement évité cet écueil et n’hésite pas à parler de fusion de forces politiques disparates. Fusion, ça fait plus solide, plus sérieux, en tout cas ça n’évoque pas une constellation circonstancielle de blocs dont l’union ne serait qu’artificielle, dictée par les difficultés à exister face à Ennahdha et dont la cohésion vole en éclats à la moindre divergence de fond, et même de forme. C’est cela qui guette le projet du fils du président de la République, la seule oeuvre politique qu’il pourrait mettre à son actif en 3 ans de règne à Nidaa, après avoir tout démoli, ou presque. Le communiqué conjoint des deux partis, publié le 15 août pour officialiser les retrouvailles, parlait d’une coalition parlementaire qui “sera majoritaire au Parlement et constituera une force motrice du processus politique et une force de proposition s’opposant à toute forme d’instrumentalisation politique de la fonction législative“, et bien il va falloir travailler dur pour y arriver…

S.L.

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C’est donc ça que mijotait ces derniers mois le leader de Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk, qu’on a beaucoup vu et entendu sur la crise politique actuelle. Une coalition de blocs parlementaires (fusion, alliance stratégique ? On se perd un peu dans la sémantique), entre Al Horra et Nidaa Tounes, une recette un peu inédite dans cette démocratie en éclosion qui s’essaye à toutes les combinaisons possibles et imaginables, c’est la nouvelle recette concoctée par les dirigeants des deux camps. Dans le fond rien de révolutionnaire, c’est un simple retour au bercail des députés que Marzouk avait siphonnés à Nidaa. L’ex-secrétaire général du parti bâti par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a entretemps gouté aux supplices et tourments qu’il avait infligés, sans états d’âme, aux Essebsi en leur chipant un gros bataillon d’élus à l’ARP. Marzouk aussi a fait l’amère expérience de la gestion des égos, a vécu dans sa chair une cascade de démissions de députés, exactement comme Nidaa. 1 partout donc, la balle au centre, il était temps de regarder la réalité politique en face et d’en tirer l’enseignement phare : La nécessité de s’unir pour s’offrir une chance d’exister devant l’ogre Ennahdha, au Parlement et au scrutin de 2019. C’est une démarche rationnelle, la seule qui s’impose dans le contexte actuel, mais c’est loin d’être suffisant.

Une somme de faiblesses ne fait pas une force

Après le communiqué conjoint des deux partis pour annoncer le remariage, publié mercredi 15 août 2018 dans la soirée, Mohamed Troudi, député de Machrouû Tounes, s’est laissé aller à des commentaires très enthousiastes, sur Express FM ce jeudi : Ce projet sur lequel nous travaillons depuis des mois nous permettra «d’unifier les positions politiques et de contrer la domination d’Ennahdha au Parlement afin d’instaurer un climat de stabilité et d’équilibre politique». Puis il ajoute, encore plus enthousiaste – en tout cas c’est ce qu’il veut nous faire croire – : «La crise socio-économique qui agite aujourd’hui la Tunisie ne peut être résolue que par un consensus englobant aussi les différentes forces civiles ainsi que les organisations nationales, notamment l’UGTT et l’UTICA. Le système politique est défaillant, les caisses sociales sont déficitaires et l’inflation est à son summum, ce qui exige des réformes majeures et douloureuses. Cela ne sera possible qu’avec un appui parlementaire et un bloc capable de passer ces amendements». Ce qu’il dit est vrai, c’est même très séduisant sur le papier, surtout pour ceux qui, nombreux, dont le coeur ne bat plus pour Nidaa Tounes, mais c’est pas gagné !

Même si le bloc Al Horra, y compris les 5 députés qui ont claqué la porte récemment, rejoint celui de Nidaa, l’équation qui avait contraint BCE, arguait-il, à décréter l’union sacrée avec les islamistes, après les avoir vilipendés durant la campagne électorale de 2014, reste la même. Même avec ses 86 députés de départ, la majorité parlementaire qui permettrait à Nidaa de damer le pion à Ennahdha demeure une vue de l’esprit. Donc cette histoire de bloc capable de faire passer ces amendements dont le pays a besoin, ça n’existe que dans la tête de Troudi et des compagnons de Hafedh Caïd Essebsi. Ils rêvent ! Même raccommodés, les nidaïstes n’emballent toujours pas les autres blocs parlementaires classés à gauche ou au centre. Un simple lifting, trop peu pour ramener à de meilleurs sentiments Samia Abbou, Ammar Amroussia et compagnie. Il faudra repasser, et plus d’une fois ! Quant à Ennahdha, et bien le président de la République a lui-même mis de l’eau dans le gaz en mettant son partenaire en difficulté sur l’affaire Colibe, un coup politique que Rached Ghannouchi digérera difficilement…

Les problèmes de fond restent

Marzouk n’aurait jamais dû quitter la maison-mère, et il a mis trop de temps pour y revenir. Toute cette affaire a fait de gros dégâts et fait exploser le peu de crédibilité qui restait encore aux protagonistes, le dernier baromètre politique de Sigma Conseil l’illustre parfaitement. L’ex-secrétaire général de Nidaa aurait dû rester, et se battre à l’intérieur, contre HCE et sa bande, il en avait les moyens – BCE n’avait pas encore pris partie pour son fils – et la légitimité. Mais voilà, il a préféré le confort de la fuite, la dérobade ; mais il a sans doute été aussi happé par les mirages de l’aventure personnelle, le même appel qui a forgé les grands destins, et il s’y voyait (sur le fauteuil du palais de Carthage) ! Il en est revenu depuis, et a maintenant bien compris les limites des chimères, ses propres limites. Nidaa peut donc discuter avec lui, et peut-être même travailler avec lui. Le seul hic, et pas des moindres, c’est que les raisons évoquées lors de son départ sont encore là : Essebsi junior et sa clique. Le directeur exécutif de Nidaa vient de gagner encore plus de temps en repoussant le Congrès électif à janvier 2019. Du temps en plus pour faire étalage de sa capacité de nuisance envers ses ennemis, qu’il se crée souvent de toutes pièces et s’acharne à les démolir. Comment Marzouk va se dépatouiller avec un tel personnage ? Nul ne le sait, pas même le concerné…

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Cela devait fatalement arriver avec la crise politique qui s’éternise et les résultats économiques qui tardent, à part quelques bons indicateurs. Le baromètre politique pour le mois de juillet, réalisé par Sigma Conseil, fait ressortir une envolée du taux du pessimisme chez les Tunisiens, à des niveaux jamais atteints. C’est ce qu’a révélé, ce mercredi 1er août 2018, Hassen Zargouni, lors de son passage sur les ondes d’Express Fm. Il a affirmé que 86,2% des Tunisiens sont persuadés que le pays va dans la mauvaise direction. La pénurie de médicaments, les coupures d’eau potable dans plusieurs régions, l’inflation et d’autres problèmes sont derrière cet état d’esprit des citoyens…

Zargouni a expliqué que ce pessimisme est accompagné d’un net recul du taux de satisfaction quant au rendement des têtes du pouvoir exécutif puisque le chef du gouvernement, Youssef Chahed, affiche 8,4% alors que le président de la République, Béji Caïd Essebsi, tombe à 6%.

La non-satisfaction des Tunisiens par rapport à la situation générale dans le pays s’explique en effet par plusieurs raisons qui se résument ainsi : 7 ans après la Révolution, tout reste à faire. Les principales revendications de la Révolution n’ont pas encore été satisfaites. Les problèmes du chômage et des disparités régionales persistent et se sont même aggravés, et ce malgré l’ensemble des programmes, mesures et mesurettes mis en place par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis le 14 janvier 2011. Le taux de chômage demeure très élevé et reste aux alentours de 15%. Les problèmes des régions ne sont pas encore résolus : Pénurie d’eau, détérioration des infrastructures, des services de santé et de transport médiocres, un taux de chômage qui frappe fort les diplômés de l’enseignement supérieur et des déséquilibres régionaux qui se sont accentués après la Révolution.

S’agissant des priorités des Tunisiens, le DG de Sigma Conseil a précisé que ceux-ci ont changé de nature dans le sens où le volet sécuritaire l’emporte, de nouveau, sur les autres préoccupations dont notamment la cherté de la vie et le chômage.

Toujours selon le sondage de Sigma Conseil, le taux de satisfaction concernant le rendement le chef du gouvernement et celui du président de la République a baissé, respectivement, de 8 et 5 points.

Samia Abbou, députée du Courant Démocratique, recueille la confiance de 35% des Tunisiens, suivie de Abdelfattah Mourou (29%) et Nèji Jalloul (27%). En revanche, seuls 24% des Tunisiens ont confiance en Youssef Chahed.

Le baromètre politique de Sigma Conseil a également établi que Hafedh Caïed Essebsi, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, par qui tous les ennuis du chef du gouvernement et du pays sont arrivés, est en bas de l’échelle et se positionne dernier avec seulement 5% d’opinions favorables, devancé par Borhene Bsaïes (6%), Imed Hammami et Noureddine Bhiri (7%).

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Zohra Driss, députée de Nidaa Tounes, a évoqué ce lundi 30 juillet 2018, sur Express FM, les remous qui ont émaillé la validation à l’ARP de la désignation de Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur. Elle a aussi parlé de l’agitation au sein de son parti.

«C’est la plénière la plus difficile qu’on ait faite depuis 3 ans. Il y avait beaucoup de tension et de divergences. Cela dit, nous avons tenu à accorder notre confiance au ministre de l’Intérieur. De toute façon le candidat du chef du gouvernement allait obtenir la confiance du Parlement. Près de 25 députés de Nidaa allaient voter pour lui. Je me suis donc réunie avec le directeur exécutif du parti et je l’ai convaincu de changer d’avis et d’unir la décision du bloc. Hafedh Caïd Essebsi a, finalement, compris l’enjeu et a décidé de changer de posture», déclare la députée.

Elle a ajouté que les tendances ont commencé à changer au sein de Nidaa depuis 15 jours, lors de la réunion du comité politique où il a été décidé d’ouvrir la porte aux anciens militants qui avaient quitté le parti et d’organiser un congrès. «Nous sommes favorables à la stabilité gouvernementale, même si cette équipe n’est pas parfaite et a des choses à améliorer, nous devons la laisser travailler jusqu’en 2019. Après, les Tunisiens pourront juger par eux-mêmes et faire les choix qui leur semblent bons. De toutes les manières, le remaniement ministériel global n’est pas une urgence, d’autant plus que l’actuelle équipe a plusieurs chantiers imminents, notamment avec l’UGTT et le FMI».

Enfin Zohra Driss a souligné que Nidaa Tounes n’est pas le parti d’un seul individu ou d’un groupe de personnes. «Nidaa Tounes appartient aux plus d’un million qui ont voté pour lui. Et au chef de l’Etat je dis : Reste le père de tous les Tunisiens ! Je dis bien le père !».

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Le bons sens est la chose du monde la mieux partagée au monde“, a écrit le philosophe français René Descartes (1596-1650) pour introduire son célèbre “Discours de la Méthode“. Le moins qu’on puisse dire est que les dirigeants de Nidaa Tounes, ceux qu’on entend et voit le plus, sous la houlette de leur directeur exécutif, provisoire, rappelons-le, Hafedh Caïd Essebsi, sont en train de malmener l’assertion de Descartes, de l’écraser littéralement. S’ils avaient un peu de bons sens, ils s’en tiendraient à ce que le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a dit aux élus nidaïstes venus le voir mardi 24 juillet 2018, BCE qui a fermé la porte aux détracteurs du chef du gouvernement, Youssef Chahed, en refusant de le désavouer, du moins publiquement. S’ils avaient un peu de bon de sens, ils se soucieraient plus de leur parti, qui est en lambeaux, sous les yeux ébahis de ses militants. S’ils avaient un peu de bons sens, ils se préoccuperaient plus de l’intérêt du pays, que Chahed lui ne rate jamais une occasion de rappeler et ça les électeurs l’ont bien noté et s’en souviendront en 2019. Ce qu’on entend c’est de l’ordre de la déraison, de l’irrationnel, du délire et même de la folie. On s’en amuserait si on était dans une République qui va bien, politiquement et économiquement, comme les grandes nations occidentales, mais en terre tunisienne, dans la situation que nous savons, ces postures sont dangereuses.

Sourds, mais pas muets !

A peine quelques heures après les lumières de BCE, qu’il a sans doute eu tort de ne pas marteler sur la place publique, d’avoir dit tardivement après le flou artistique de son entretien chaotique et désastreux sur Nessma TV, Ridha Belhaj, comme si les “sages propos” du chef de l’Etat devant les députés (dictés en réalité par son incapacité à se débarrasser de Chahed) étaient passés au-dessus de sa tête, fait une stupéfiante sortie sur la chaîne Tounesna pour annoncer le départ imminent du gouvernement, avec une démonstration alambiquée et très mal maitrisée sur les échecs de Chahed. Belhaj dont on était en droit d’attendre autre chose, lui qui avait justement claqué la porte de Nidaa Tounes à cause de Essebsi junior, comme d’autres, ne brille pas pour son retour. Conforter HCE dans son idée fixe, son obsession maladive – dégommer Chahed, un des leurs, il faut le rappeler – n’est pas le meilleur service qu’il pouvait rendre à son parti, à la patrie. Mais Belhaj n’est pas le seul “sourd”, il y a aussi le porte-parole de Nidaa Tounes, Mongi Harbaoui…

On l’entend beaucoup en ce moment, beaucoup trop, même pour un porte-parole. Le fait est que ce qu’on entend, la plupart du temps, ce sont des propos qui divisent et angoissent, d’abord les nidaïstes et ensuite les citoyens qui ne manquent pourtant pas de soucis. La solution à tous leurs problèmes : le départ du gouvernement, soutient mordicus Harbaoui sur Mosaïque FM le 25 juillet 2018. Une affaire qui prend sacrément des allures de vieille rengaine, de vieux disque, comme si le porte-voix de Nidaa et ses acolytes n’avaient que celui-là. Lui aussi, comme Belhaj, n’a pas écouté BCE la veille. Le même Harbaoui qui a reconnu dernièrement que Chahed ne manque pas de soutien au sein de son camp, ce qui signifie qu’une majorité d’élus de l’ARP pour éjecter Chahed est au mieux un simple voeu pieux, surtout si on tient compte de l’indéfectible soutien de l’armada Ennahdha, que le mouvement a réitéré par la bouche de Oussama Sghaier, sur Shems FM le 25 juillet 2018 et dont Mongi Rahoui vient de nous parler. Pourtant Harbaoui, Belhaj et la bande qui les a mandatés courent toujours, pour le plus grand malheur de leur parti et de la partie. Cet acharnement à semer de l’instabilité sociale et politique, alors qu’on sait ce que ça coûte à la Tunisie, c’est l’un des plus grands mystères du moment…

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Si on a appris une chose dans cette Tunisie de tous les possibles depuis le fameux 14 janvier 2011, c’est qu’il ne faut jamais dire jamais. Rached Ghannouchi, le chef de file des islamistes, sur le fauteuil de Habib Bourguiba en 2019, c’était un scénario ubuesque et surréaliste il y a peu, à cause justement du peu d’appétit des électeurs pour sa personne que presque tous les sondages d’opinions ont attesté. Mais voilà, plus que jamais, ‘Au royaume des aveugles les borgnes sont rois‘. Le combat de l’an prochain pourrait ne pas avoir lieu faute de combattants. Dans un paysage politique sinistré, où aucune alternative sérieuse ne se présente à quelques mois des élections, où aucune personnalité ne sort du lot, où le vieux lion de Carthage, Béji Caïd Essebsi, a bien des envies d’en découdre à la prochaine présidentielle mais à 91 ans il est beaucoup moins fringuant qu’à son dernier triomphe en 2014, Ghannouchi président ce n’est plus un gag ou de la politique-fiction, mais une probabilité qu’il faut regarder en face et analyser. L’écurie islamiste est déjà en branle, après le ballon d’essai lancé par le gendre Rafik Abdessalem Bouchlaka et la sortie d’un “aficionado” de premier plan : Le porte-parole du mouvement Ennahdha. L’affaire est donc sur les rails, dans un contexte incroyablement favorable grâce à l’oeuvre du fils du président de la République, ou plutôt la destruction de l’oeuvre du père, son parti, Nidaa Tounes, par le fils, la seule formation qui peut encore torpiller les plans du leader d’Ennahdha. Tout dépendra de l’issue du tout premier Congrès électif de Nidaa. En attendant Ghannouchi peaufine sa stature internationale, reçoit tous les puissants d’ici et d’ailleurs, édulcore son discours pour ceux, encore très nombreux, que tout relent d’islamisme, même infime, effraie.

BCE et la tentation du lâchage

On n’a pas entendu le président de la République depuis un moment, et pour cause : Il n’a pas, n’a plus, grand chose à dire. Il ne maitrise plus rien depuis que sa dernière trouvaille, qu’il pensait révolutionnaire, le Pacte de Carthage, s’est crashé sur la demande insistante du secrétaire général de l’UGTT : Le départ du chef du gouvernement, chose que le chef de l’Etat ne peut, ne serait-ce que constitutionnellement en temps d’état d’urgence, concéder. Et puis il y a le fait qu’acter l’échec de son poulain, Youssef Chahed, au point d’offrir sa tête à son fils, Hafedh Caïd Essebsi et au leader de la centrale syndicale, Noureddine Taboubi, revient à acter son propre échec. Ce serait celui de trop, après la disgrâce de Habib Essid. A son âge, et au crépuscule de sa carrière politique, Essebsi a maintenant le souci de son héritage, de la postérité, de ce qu’on dira de lui après qu’il se sera éclipsé, comme tous les hommes et femmes de son rang. Mais le duel à mort ente Chahed et Taboubi est en train d’impacter cette trajectoire. Ahmed Néjib Chebbi a raison de dire, sur sa page Facebook le 25 juin 2018, que BCE rêve de voir Taboubi dégommer Chahed. Non pas que le départ du chef du gouvernement enchanterait son mentor, mais ce serait une façon de mettre un terme à cette crise et ce blocage politique mortifère, surtout pour le sursaut économique déjà amorcé et les réformes dont le pays ne peut plus faire l’économie. Et ça aussi ça conditionne la consistance de l’héritage que laissera le président de la République.

Essebsi ne peut pas raisonner et encore moins stopper l’UGTT, pour ramener le calme dans le pays, alors l’idéal serait que Chahed s’efface, volontairement, sans faire de bruit, sans régler des comptes, sans tirer dans tous les sens, sans déballer ce qu’il sait. Mais manifestement ça restera un voeu pieux, un rêve pour BCE. Chahed n’a montré aucune disposition à être cet agneau de sacrifice qu’a été Essid.

Les vrais vainqueurs c’est eux !

Paradoxalement, le chef du gouvernement n’a jamais été aussi en forme. On est fin juin 2018 et il est encore là, ce qui en soi est déjà un miracle vu la violence de la tempête qu’il a essuyée il y a peu. Et même mieux : l’UGTT, celui par qui tous les dangers sont arrivés, va lui offrir une chance de jouer une fine partie de poker où Chahed pourra abattre ses cartes. Dans ces négociations sociales qui démarrent ce jeudi 28 juin, il lâchera, très probablement, quelques promesses, même vagues, de revalorisation des salaires, sous l’étroite surveillance du FMI qui a tracé quelques lignes rouges. Ces engagements suffiront pour le moment. D’abord ils permettront à Chahed de gagner un précieux temps, et de désarmer Taboubi. En effet ce dernier ne peut pas continuer, très logiquement, à réclamer la tête de celui avec qui il négocie, et encore moins si Chahed dit ce qu’il veut entendre : Les salaires vont monter, même peu. Il ne faut pas oublier, malgré les grandes phrases et les théories savantes sur l’échec du gouvernement, que le combat contre le chef du gouvernement a gagné en intensité quand Chahed a fermé la porte des augmentations salariales. Il a aggravé son cas en opposant une fin de non-recevoir aux demandes exagérées des profs du secondaire. En réalité  c’est cela qui lui a valu la violence des coups portés par l’UGTT. Toute cette agitation est avant tout une affaire de sous. Si Chahed lâche du lest là-dessus, avec les limites que lui a fixées son principal bailleur, ça lui donnera l’assurance d’être tranquille au moins cet été. Et encore plus s’il saupoudre tout cela avec un remaniement ministériel aux petits oignons, même frugal. A la rentrée on parlera d’autre chose, essentiellement des élections générales de 2019…

Au plus fort de la tempête, quand son parti secouait le cocotier pour le faire tomber, seul Ennahdha a défendu la boutique Chahed. Mais les islamistes ne l’ont pas fait pour ses beaux yeux, mais par pur pragmatisme. En effet Chahed traite plutôt bien les ministres nahdhaouis, malgré la pression d’une frange des nidaïstes pour débarquer les poulains de Ghannouchi. Qui sait ce que ferait d’eux un autre chef de gouvernement. Ne dit-on pas ‘Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras’ ? Par ailleurs un soutien affiché à Chahed, jusqu’au bout, quand les siens le lâchent, a l’avantage de se le mettre dans la poche et de s’assurer qu’il s’effacera le moment venu pour dégager la voie du palais de Carthage à Ghannouchi. Une sorte de renvoi d’ascenseur quoi. Quant à Nidaa Tounes, il pourrait très bien, en cas de déroute aux élections de 2019, accepter de jouer les seconds couteaux, exactement comme le fait Ennahdha présentement, avec une cohabitation bis, histoire de garder une main sur le pouvoir. A moins que le prochain Congrès électif de Nidaa Tounes en décide autrement, en éjectant HCE et ce qu’il faut de poison, en permettant à un vrai candidat à la présidentielle d’émerger, et ça aussi c’est pas de la politique-fiction !

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