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Hafedh Caïd Essebsi

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Si on a appris une chose dans cette Tunisie de tous les possibles depuis le fameux 14 janvier 2011, c’est qu’il ne faut jamais dire jamais. Rached Ghannouchi, le chef de file des islamistes, sur le fauteuil de Habib Bourguiba en 2019, c’était un scénario ubuesque et surréaliste il y a peu, à cause justement du peu d’appétit des électeurs pour sa personne que presque tous les sondages d’opinions ont attesté. Mais voilà, plus que jamais, ‘Au royaume des aveugles les borgnes sont rois‘. Le combat de l’an prochain pourrait ne pas avoir lieu faute de combattants. Dans un paysage politique sinistré, où aucune alternative sérieuse ne se présente à quelques mois des élections, où aucune personnalité ne sort du lot, où le vieux lion de Carthage, Béji Caïd Essebsi, a bien des envies d’en découdre à la prochaine présidentielle mais à 91 ans il est beaucoup moins fringuant qu’à son dernier triomphe en 2014, Ghannouchi président ce n’est plus un gag ou de la politique-fiction, mais une probabilité qu’il faut regarder en face et analyser. L’écurie islamiste est déjà en branle, après le ballon d’essai lancé par le gendre Rafik Abdessalem Bouchlaka et la sortie d’un “aficionado” de premier plan : Le porte-parole du mouvement Ennahdha. L’affaire est donc sur les rails, dans un contexte incroyablement favorable grâce à l’oeuvre du fils du président de la République, ou plutôt la destruction de l’oeuvre du père, son parti, Nidaa Tounes, par le fils, la seule formation qui peut encore torpiller les plans du leader d’Ennahdha. Tout dépendra de l’issue du tout premier Congrès électif de Nidaa. En attendant Ghannouchi peaufine sa stature internationale, reçoit tous les puissants d’ici et d’ailleurs, édulcore son discours pour ceux, encore très nombreux, que tout relent d’islamisme, même infime, effraie.

BCE et la tentation du lâchage

On n’a pas entendu le président de la République depuis un moment, et pour cause : Il n’a pas, n’a plus, grand chose à dire. Il ne maitrise plus rien depuis que sa dernière trouvaille, qu’il pensait révolutionnaire, le Pacte de Carthage, s’est crashé sur la demande insistante du secrétaire général de l’UGTT : Le départ du chef du gouvernement, chose que le chef de l’Etat ne peut, ne serait-ce que constitutionnellement en temps d’état d’urgence, concéder. Et puis il y a le fait qu’acter l’échec de son poulain, Youssef Chahed, au point d’offrir sa tête à son fils, Hafedh Caïd Essebsi et au leader de la centrale syndicale, Noureddine Taboubi, revient à acter son propre échec. Ce serait celui de trop, après la disgrâce de Habib Essid. A son âge, et au crépuscule de sa carrière politique, Essebsi a maintenant le souci de son héritage, de la postérité, de ce qu’on dira de lui après qu’il se sera éclipsé, comme tous les hommes et femmes de son rang. Mais le duel à mort ente Chahed et Taboubi est en train d’impacter cette trajectoire. Ahmed Néjib Chebbi a raison de dire, sur sa page Facebook le 25 juin 2018, que BCE rêve de voir Taboubi dégommer Chahed. Non pas que le départ du chef du gouvernement enchanterait son mentor, mais ce serait une façon de mettre un terme à cette crise et ce blocage politique mortifère, surtout pour le sursaut économique déjà amorcé et les réformes dont le pays ne peut plus faire l’économie. Et ça aussi ça conditionne la consistance de l’héritage que laissera le président de la République.

Essebsi ne peut pas raisonner et encore moins stopper l’UGTT, pour ramener le calme dans le pays, alors l’idéal serait que Chahed s’efface, volontairement, sans faire de bruit, sans régler des comptes, sans tirer dans tous les sens, sans déballer ce qu’il sait. Mais manifestement ça restera un voeu pieux, un rêve pour BCE. Chahed n’a montré aucune disposition à être cet agneau de sacrifice qu’a été Essid.

Les vrais vainqueurs c’est eux !

Paradoxalement, le chef du gouvernement n’a jamais été aussi en forme. On est fin juin 2018 et il est encore là, ce qui en soi est déjà un miracle vu la violence de la tempête qu’il a essuyée il y a peu. Et même mieux : l’UGTT, celui par qui tous les dangers sont arrivés, va lui offrir une chance de jouer une fine partie de poker où Chahed pourra abattre ses cartes. Dans ces négociations sociales qui démarrent ce jeudi 28 juin, il lâchera, très probablement, quelques promesses, même vagues, de revalorisation des salaires, sous l’étroite surveillance du FMI qui a tracé quelques lignes rouges. Ces engagements suffiront pour le moment. D’abord ils permettront à Chahed de gagner un précieux temps, et de désarmer Taboubi. En effet ce dernier ne peut pas continuer, très logiquement, à réclamer la tête de celui avec qui il négocie, et encore moins si Chahed dit ce qu’il veut entendre : Les salaires vont monter, même peu. Il ne faut pas oublier, malgré les grandes phrases et les théories savantes sur l’échec du gouvernement, que le combat contre le chef du gouvernement a gagné en intensité quand Chahed a fermé la porte des augmentations salariales. Il a aggravé son cas en opposant une fin de non-recevoir aux demandes exagérées des profs du secondaire. En réalité  c’est cela qui lui a valu la violence des coups portés par l’UGTT. Toute cette agitation est avant tout une affaire de sous. Si Chahed lâche du lest là-dessus, avec les limites que lui a fixées son principal bailleur, ça lui donnera l’assurance d’être tranquille au moins cet été. Et encore plus s’il saupoudre tout cela avec un remaniement ministériel aux petits oignons, même frugal. A la rentrée on parlera d’autre chose, essentiellement des élections générales de 2019…

Au plus fort de la tempête, quand son parti secouait le cocotier pour le faire tomber, seul Ennahdha a défendu la boutique Chahed. Mais les islamistes ne l’ont pas fait pour ses beaux yeux, mais par pur pragmatisme. En effet Chahed traite plutôt bien les ministres nahdhaouis, malgré la pression d’une frange des nidaïstes pour débarquer les poulains de Ghannouchi. Qui sait ce que ferait d’eux un autre chef de gouvernement. Ne dit-on pas ‘Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras’ ? Par ailleurs un soutien affiché à Chahed, jusqu’au bout, quand les siens le lâchent, a l’avantage de se le mettre dans la poche et de s’assurer qu’il s’effacera le moment venu pour dégager la voie du palais de Carthage à Ghannouchi. Une sorte de renvoi d’ascenseur quoi. Quant à Nidaa Tounes, il pourrait très bien, en cas de déroute aux élections de 2019, accepter de jouer les seconds couteaux, exactement comme le fait Ennahdha présentement, avec une cohabitation bis, histoire de garder une main sur le pouvoir. A moins que le prochain Congrès électif de Nidaa Tounes en décide autrement, en éjectant HCE et ce qu’il faut de poison, en permettant à un vrai candidat à la présidentielle d’émerger, et ça aussi c’est pas de la politique-fiction !

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 Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi et le bureau exécutif du parti Nidaa Tounes, présidé par Hafedh Caid Essebsi, se sont réunis, mercredi 20 juin 2018, au siège de la centrale syndicale…
Lors de cette rencontre, les deux hommes ont insisté sur l’obligation de trouver des solutions efficaces afin de mettre fin à la crise politique et ce, en créant une atmosphère sociale, politique et économique plus saine pouvant déboucher sur de meilleures conditions de vie.

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Deux faits politiques majeurs sont passés presque inaperçus ce week-end, même du côté des observateurs les plus avisés : Nidaa Tounes aura enfin son congrès électif (quand précisément ? Mystère pour le moment), pour en finir avec le provisoire qui dure et fait de gros dégâts ; Ennahdha jette l’éponge pour l’élection présidentielle. Ces deux annonces auraient sans doute eu plus de résonance si elles ne disputaient pas la partie avec les joies des retrouvailles autour du café, la chicha, les plats très copieux de la journée, etc. De toute façon à moins d’un grand cataclysme, rien ne pouvait détourner les Tunisiens des festivités de l’Aïd. Pourtant ces annonces portent en elles les germes de la reconfiguration de l’avenir politique du pays après le rendez-vous électoral de 2019. Le Congrès électif de Nidaa était attendu, très attendu même depuis la naissance du parti. Mais le contexte actuel, avec le problème HCE, lequel ne date pas d’aujourd’hui, a imposé cette échéance. 3 ans de direction provisoire, c’est plus que ce que peut s’autoriser un grand parti dans une démocratie qui se respecte. Quant au forfait du leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi (il n’a jamais clairement affiché ses intentions pour la présidentielle, mais personne n’est dupe), il était tout aussi attendu. Personne, à part lui peut-être, ne se faisait d’illusion sur ses chances de s’asseoir sur le fauteuil du palais de Carthage. Ses illusions à lui ont volé en éclats à la vue des sondages d’opinions, presque tous, des certitudes qui ont certainement été confirmées par ses propres enquêtes, mais qu’il se gardera bien d’ébruiter.

La fin d’un cycle ?

On a tout dit et écrit sur la capacité du fils du président de la République à faire le vide autour de lui au sein de la formation politique que son papa a bâtie. La débâcle, car c’en est bien une quoi qu’en disent les illuminés de Nidaa Tounes, des dernières municipales a été la dernière illustration du peu de talent de HCE à fédérer autour de lui, à manager ses troupes et encore plus à porter son parti vers la victoire, comme le fit son papa au scrutin de 2014, même si la majorité qui en découla ne fut pas assez confortable pour éviter au pays les déboires qu’il traine encore. Mais le directeur exécutif fait face à d’autres assauts qui sont plus embêtants pour sa personne, et la musique monte crescendo : Les critiques sur sa légitimité à rester encore à la tête du parti en l’absence d’une élection en bonne et due forme. Déjà que HCE est lourdement handicapé pour son absence de vernis politique, du fait qu’il n’a pas surtout un mandat électif, le ciment de toute carrière politique digne de ce nom. Nidaa Tounes ne pouvait pas prétendre raisonnablement défendre ses chances aux élections de 2019 en débarquant avec un tel schéma, un tel état de déliquescence avancée.

Le fils du chef de l’Etat avait lâché le mot sur l’organisation du tout premier congrès électif de son parti le 21 septembre 2017, mais depuis c’est silence de mort sur cette affaire, jusqu’à cette sortie du week-end dernier. Le plus important maintenant est de savoir ce qui va émaner de cette grand-messe. Si les opposants de HCE, nombreux dans le parti, fuient le combat, comme a pris la poudre d’escampette l’ancien secrétaire général Mohsen Marzouk, il y a des chances que l’actuel directeur exécutif ait son quitus pour cette fois un vrai mandat, le premier de sa petite carrière de politicien. Il serait certes mal élu, mais élu quand même, avec tous les dangers que son impopularité fait peser sur la survie du parti, en plus des dégâts déjà causés. HCE écarté, par une figure qu’on ne voit pas se dessiner pour le moment, il y a des chances que des déserteurs tels que Lazhar Akremi reviennent au bercail et que l’hémorragie de militants soit stoppée, ce que ne bouderait pas un Nidaa Tounes très mal en point.

Echec et mat

Ghannouchi candidat à la présidence de la République, on l’a vu venir avec le ravalement de façade (une dentition refaite de fond en comble, pour un sourire étincelant ; la cravate, même la couleur rose et surtout une nouvelle posture plus universaliste, plus moderniste, beaucoup moins axée sur le logiciel religieux). Ces changements ou virages, même feints, sont loin d’être anecdotiques, c’est au contraire une forte symbolique qui fait parfois la différence dans un rendez-vous où de toute façon il est impossible de mesurer la sincérité des uns et des autres, encore moins évaluer leur capacité réelle à tenir les promesses électorales. Alors c’est le paraître, l’impression qu’on dégage qui l’emportent. Et de ce point de vue Ghannouchi n’était pas mal, à coups de concessions que certains de ses amis, les durs, n’ont certainement pas appréciées. Mais pour le président d’Ennahdha l’essentiel était ailleurs : Il était dans cette mayonnaise qui pouvait donner corps à son rêve de s’asseoir sur le fauteuil de Habib Bourguiba. Mais voilà, la mayonnaise n’a jamais pris, pourtant ce n’est pas faute d’essayer, de se tordre le bras pour des compromis et même compromissions. Le dernier espoir était une entente avec Nidaa Tounes pour briguer la fonction suprême, mais il y a deux hics, qui freinent net : D’abord l’actuel locataire du palais de Carthage a des envies de rempiler en 2019 , en tout cas il ne dit pas clairement Non ; ensuite Abdelaziz Kotti, dirigeant de Nidaa Tounes, a fermé la porte à toute collusion pour installer Ghannouchi à Carthage.

Ennahdha n’a jamais eu de présidentiable, ni hier ni aujourd’hui. L’ancien chef de gouvernement Hamadi Jebali est sorti des bois il y a quelques mois pour tenter de vendre une candidature indépendante, en dehors de son mouvement qu’il sait repoussant pour une bonne partie des citoyens. Mais la ficelle était trop grosse, donc Jebali est vite rentré dans les bois. Alors les islamistes n’auront d’autre choix que d’adouber un autre candidat, vraisemblablement celui de l’allié de circonstance, Nidaa, même du bout des lèvres, cela suffira à faire d’eux des soutiens du futur président tout en étant des partenaires critiques, dans le sens du vent. Cette posture d’équilibriste est très payante pour les islamistes, l’essentiel étant de demeurer au coeur du pouvoir, que ce soit à l’ARP, au gouvernement et dans l’exécutif…

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Etrange époque que nous vivons là. Les citoyens qui s’apprêtent à festoyer durant l’Aïd El Fitr risquent de ne pas digérer, au sens comprendre du terme, les gesticulations de nos politiques en ce moment. A en croire les derniers développements sur la scène politique locale, le front anti-Chahed est en train de se fissurer, de se dégonfler comme une baudruche, de se fracasser… C’est selon. En effet comment interpréter autrement le fait que des députés de Nidaa Tounes, avec à leur tête le chef du bloc parlementaire, Sofiene Toubel, se rendent nuitamment chez le chef du gouvernement, Youssef Chahed, pour converser autour des affaires du gouvernement, et donc du pays. Le même Toubel qui est réputé très proche du directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, par qui la tension entre Chahed et une frange du parti est arrivée et qui a piloté, aux côtés de l’UGTT, l’offensive contre le chef du gouvernement, avec pour seule revendication son limogeage. Cette visite nocturne du mercredi 13 juin 2018 tranche avec la note très belliqueuse de la centrale syndicale, laquelle après avoir mis en veilleuse ses attaques frontales contre Chahed est revenue ce jeudi pour exiger, une fois de plus, son départ. Cette dissonance entre les tenants du front anti-Chahed est peut-être une bonne nouvelle pour le concerné, pour le pays.

Nidaa tangue, et c’est pas Chahed qui s’en plaindra !

De la réunion de la commission d’évaluation de l’action gouvernementale relevant de Nidaa Tounes avec le chef du gouvernement Youssef Chahed et les ministres du parti, on a appris qu’elle a porté sur l’examen des projets de loi urgents et de la révocation du ministre de l’Intérieur, a confié le député Jalel Ghedira.
D’après lui, Chahed a précisé au cours de la réunion avoir démis le ministre de l’Intérieur de ses fonctions suite au naufrage d’un bateau de migrants irréguliers aux îles de Kerkennah (Sfax) et au congédiement de plusieurs cadres sécuritaires. Il a affirmé que le président de la République était au courant de cette décision.
Le chef du gouvernement a, également, affirmé que les concertations avec le président de la République se poursuivent de manière intense et portent sur les affaires de l’Etat. Voilà pour ceux qui rêvaient de bisbilles entre Chahed et son mentor, le chef de l’Etat.

Jalel Ghedira a ajouté que les membres de la commission ont reçu de la part de Youssef Chahed des réponses franches et claires au sujet des questions soulevées sur la scène nationale. Il a ajouté que ce type de réunion seront assurées périodiquement en vue de soutenir l’action gouvernementale.
Cette réunion entre ces élus et Chahed, à cet instant précis, et le ton doucereux du côté de Nidaa Tounes, après tout le fiel qui a été déballé sur la place publique, ressemble furieusement à une paix des braves ! Bon, on ne sait pas si on doit cette inflexion, ou la voix de la raison, au retour, dans les coulisses pour le moment, de l’ancien secrétaire général, Taieb Baccouche, mais ce qui est sûr c’est qu’il y a du changement dans l’air…

L’UGTT, “Le Dernier des Mohicans

Pendant que Nidaa met, manifestement, de l’eau dans son jus, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a souligné jeudi 13 juin 2018 l’urgence de changer la composition du gouvernement actuel et de nommer dans les plus brefs délais un nouveau chef du gouvernement pour sauver le pays de la crise politique, économique et sociale.
Dans un communiqué publié jeudi, l’UGTT a indiqué que les institutions constitutionnelles, les partis politiques et surtout l’assemblée des représentants du peuple (ARP) doivent assumer leur responsabilité historique pour sauver le pays et relancer son édification.
L’organisation syndicale estime que le pays est actuellement paralysé en raison de la crise du pouvoir politique qui s’est accentuée au cours de ces derniers mois, outre la crise économique marquée par l’augmentation de l’inflation et la baisse du dinar tunisien, ce qui a aggravé le déficit commercial et contribué à la baisse des investissements, notamment en l’absence d’une diplomatie économique efficace.

Le seul hic c’est qu’elle oublie d’indiquer qu’elle est pour beaucoup dans cette crise sociale et économique, avec son entêtement à imposer des augmentations salariales et qu’elle a sa main dans la crise politique actuelle avec son obsession, qu’elle vient de réitérer, pour l’éjection du chef du gouvernement. Mais le départ de Chahed, qui est déjà très improbable aujourd’hui, le sera encore plus au fil du temps, à mesure qu’on approche des élections de 2019. Allez expliquer aux soutiens de la Tunisie, qui portent ce pays à bout de bras depuis 2011 et qui viennent d’accélérer la cadence (avec l’appui budgétaire promis par la BM et l’annonce de décaissement du FMI), la nécessité d’accentuer l’instabilité politique en se payant un autre chef de gouvernement, le 8ème depuis la dite Révolution. Tous les gens censés ont compris que cette affaire est déjà dans les tiroirs et qu’elle a très peu de chances d’en ressortir. Il est temps que Taboubi & Co le comprennent…

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La Tunisie vit dans une sorte de lévitation, après l’agitation autour du Document de Carthage 2. Pour les citoyens, le calme est réel, car les exigences du mois de Ramadan (achats frénétiques, veillées interminables, longues prières nocturnes…) ne laissent pas beaucoup de place à autre chose. Après il y aura la Coupe du Monde, qui va faire corps avec la pause estivale forcée. Donc il y a des chances que l’état de léthargie des citoyens-électeurs, par rapport à la chose politique et même économique, dure encore. Mais si tout cela est de nature à consumer les énergies du Tunisien lambda, il en est autrement pour le microcosme politique, lequel tourne à plein régime, en toute circonstance, négocie, tisse des toiles, fomente et pas toujours dans le sens de l’intérêt général. Mais ils sont ainsi faits les politiciens, et pas qu’en Tunisie d’ailleurs. En ce moment, à part l’éjection du ministre de l’Intérieur, pour les raisons que le porte-parole du gouvernement a exposées, le personnel politique n’a pas grand chose à nous mettre sous la dent. Et ça tombe bien car les Tunisiens ont la tête ailleurs. Jusqu’aux prochaines bourrasques que le même porte-parole du gouvernement a annoncées

Cela fait un bail que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, parle d’évaluation du rendement de ses ministres et d’un remaniement ministériel en conséquence. Mais jusqu’ici rien n’était venu illustrer ses propos, pas la moindre décision dans ce sens. D’ailleurs il n’avait pas beaucoup de raisons objectives de retoucher son équipe car tout le monde sait, du moins tous ceux qui sont honnêtes intellectuellement parlant, que même les plus brillants esprits ne pourront pas faire grand chose dans cette conjoncture difficile, plombée par des finances publiques très mauvaises, un gros déficit budgétaire et le refus des citoyens de retourner énergiquement au travail. Donc si Chahed en vient à modifier son équipe, il faut en chercher les raisons dans l’obstination de ses adversaires – surtout le secrétaire de l’UGTT et le directeur exécutif de Nidaa Tounes – à avoir sa tête. Le chef du gouvernement se dit qu’en faisant quelques offrandes humaines, il arrivera, peut-être, à dégonfler le front de ses détracteurs. Donc si demain certains de ses collaborateurs se font débarquer, ils le devront moins à la qualité de la copie qu’ils ont rendue qu’à l’urgence politique d’une purge, de sacrifices humains pour calmer la meute. Eh oui, pour ceux qui en doutaient encore, Chahed fait aussi de la politique, comme tous les autres, ou presque !

Il reste fort, le plus fort

Si le locataire du palais de la Kasbah montre cette assurance en ce moment, jusqu’à avoir le culot d’attaquer frontalement et nommément, en direct à la télévision publique, le fils du président de la République, c’est parce qu’il se sait indéboulonnable en ce moment, et très probablement jusqu’aux élections de 2019. La conjoncture actuelle et le temps jouent en sa faveur, et au fond tout le monde le sait, même si on feint de l’ignorer pour les besoins surtout de la mobilisation des troupes en vue des vraies batailles de la rentrée, qui ne baisseront pas d’intensité jusqu’au scrutin de l’année prochaine. Il faut se sentir très fort pour oser se débarrasser de son ministre de l’Intérieur dans un contexte aussi délétère. Limoger un ministre de l’Intérieur, surtout quand il est l’homme de la maison et qu’il est aimé des siens, c’est un gros risque politique, en plus des désajustements sécuritaires que cela peut engendrer par la suite. L’ancien président français Nicolas Sarkozy avait profité de ce poste très en vue pour poser les plus gros problèmes au chef de l’Etat de l’époque, Jacques Chirac. On connait la suite : Sarkozy a eu une ascension fulgurante jusqu’au palais de l’Elysée. Vous me direz que la Tunisie n’est pas la France et que Brahem n’est pas Sarkozy, mais il n’en reste pas moins que pour faire ce qu’il vient de faire, Chahed ne doit pas beaucoup douter de son bon droit et de sa force.

Le chef du gouvernement a lui aussi laissé des plumes, en termes de cote de popularité, dans cette ambiance politique nauséabonde. Mais il reste, à en croire les sondages, celui en qui les citoyens ont le plus confiance en ce moment. Certes il n’a échappé à personne que Chahed n’a fait aucun miracle jusqu’ici et qu’il brille plus par ses envolées au Parlement et à la télévision que par sa capacité à faire bouger le pays, mais le peu de personnes qui nourrissent encore des espoirs sur le personnel politique croient en lui. C’est un fait. Sans doute les vestiges de la gloire qu’il a tirée de son combat contre la corruption. Pour ses adversaires, le fait que le chef du gouvernement pulse encore, malgré tous les coups qu’ils lui ont portés, est une très mauvaise nouvelle. Pour le moment il ne leur laisse que la perche de la médiation qu’a tendue Mohsen Marzouk. Pour Taboubi ce serait l’occasion de panser ses plaies, de se requinquer après ses défaites successives et de redorer le blason du Prix Nobel de la Paix ; et pour Hafedh Caïd Essebsi une façon de s’appliquer le vernis du leader politique qui se dérobe depuis 3 ans, en attendant son face-à-face avec les électeurs au Congrès national, des électeurs qu’il a réussi à éviter jusqu’ici mais qu’il ne pourra pas fuir éternellement…

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Il s’était tu pendant toutes les réunions de Carthage et continué, en silence, son travail de chef de gouvernement, supportant stoïquement mais dignement les coups de griffe et même les coups de couteau de l’héritier de Nidaa Tounes, faisant ainsi honneur à son poste d’homme d’Etat. Sans que l’on s’y attende et en l’absence du chef de l’Etat et père du directeur exécutif de Nidaa, Youssef Chahed décide de sortir de son silence. Il décide, en plus, de s’attaquer directement et nommément à celui qui lui a consacré deux Statuts fb pour descendre son bilan en flammes et demander sa tête sans détours.

L’intervention télévisée de Youssef Chahed, mardi 29 mai 2018, en aura définitivement étonné plus d’un. D’abord et surtout parce qu’elle était directe, frontale et nominative contre l’héritier du parti, au nom duquel il gouverne, quoique pas de manière directe, mais à travers le Document de Carthage. Un parti, qui, comme il le dira, «ne ressemble plus à celui auquel j’ai adhéré en 2013». La remarque aurait d’ailleurs pu être faite par les milliers d’adhérents et de sympathisants qui avaient voté en 2014 et qui s’étaient maintes fois déclarés trahis par le fondateur Béji Caïed Essebssi et l’héritier Hafedh Caïed Essebssi (HCE). «Ceux qui dirigent ce parti, et à leur tête Hafedh Caïed Essebssi et ceux qui l’entourent, ont démoli le parti et poussé grand nombre à le quitter», disait Youssef Chahed dans une attaque frontale à HCE et les deux ou trois politicards qui font partie de son premier cercle d’influence. Un constat que font aussi désormais tous les adhérents de Nidaa et même toute la scène politique et qui a été derrière tous les schismes et les départs qui ont divisé et affaibli ce qui était le parti de la majorité. Un parti que ne ressemble à rien, qui n’a même pas tenu son congrès constitutif. Un parti sans structures claires et précises et dont certains bureaux régionaux n’ont presque jamais ouvert leurs portes. Un parti qui ne mobilise plus à l’extérieur et démobilise même au-dedans.

Cela, toute la Tunisie le savait et Youssef Chahed n’avait à la limite fait que dire en public ce que même le fondateur de Nidaa Tounes connaissait et n’osait pas dire. Mais Youssef Chahed avait-il raison de le dire ? Devait-il quitter son piédestal d’homme d’Etat et de chef de gouvernement et s’abaisser à répondre,utiliser son image et son aura de chef de gouvernement, pour laver le linge sale de son propre parti en public ? Beaucoup, même de ceux qui ont applaudi son intervention, pensent qu’il n’aurait pas dû le faire, sans pour autant lui dénier le droit de le faire.

Youssef Chahed et son gouvernement font, depuis quelques mois, l’objet d’une campagne de dénigrement, de diffamation, d’intox, de pression, aux fins de les déloger de la Kasbah. Derrière la campagne il y a ceux-là mêmes qui l’y avaient nommé au titre d’un organe, le Document de Carthage, complètement anticonstitutionnel. Les causes sont multiples et varient selon les parties qui veulent sa tête. Pour Nidaa, il s’agit principalement de fauteuils voulus et non donnés. Pour l’UGTT, il s’agit d’augmentations salariales que le chef du gouvernement ne pouvait plus donner. Pour l’UTICA, il s’agit de mesures, fiscales et économiques, qui lestent les coûts de production du patronat et affaiblissent son potentiel de compétitivité. C’est en quelque sorte le détail économique et financier de la feuille du «Document de Carthage 1» qui a ligué presque tout le monde contre Chahed, y compris ses frères d’armes à Nidaa Tounes.

Il était donc normal que le chef du gouvernement se défende, et il n’avait pas complètement tort de le faire ainsi. En effet, s’il est vrai que le linge sale de Nidaa était une affaire, d’abord familiale et ensuite interne, il n’en demeure pas moins vrai que c’est cette crise interne de Nidaa qui n’a jamais pu lui donner assez de pouvoir pour appuyer son candidat, et a obligé le fondateur Béji Caïed Essebssi à lui chercher une ceinture de soutien. Il est vrai aussi que la crise interne de Nidaa, obligé de s’allier à Ennahdha, a été derrière la mise en place de la politique de la concertation, qui a été à son tour derrière l’instabilité politique générale. Nidaa est trop faible pour gouverner seul. Ennahdha est trop vulnérable pour s’y livrer. Aucun d’eux n’a assez de pouvoir pour diriger le pays et la concertation ne permet que de donner des demi-solutions à des problèmes multidimensionnels et urgents. C’est là que la crise interne de Nidaa a fortement impacté la stabilité politique et les capacités du gouvernement à concrétiser son programme d’action économique.

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Pour ceux qui en doutaient encore, l’actuel chef du gouvernement (il le restera très probablement jusqu’aux prochaines élections), Youssef Chahed, n’a rien à voir avec son prédécesseur, Habib Essid. Entendez par là qu’il n’a pas le caractère amorphe – certains diront la docilité – de Essid, qui a accepté de tendre le cou pour une exécution publique, au Parlement. On l’avait même entendu adresser des remerciements à ses bourreaux, une attitude surréaliste pour un chef de gouvernement qui n’avait pourtant pas démérité (on s’en est rendu compte, hélas, bien après). Et bien Chahed ne sera pas cet agneau de sacrifice là. Et c’est une bonne nouvelle pour le pays. Vous imaginez la tête des amis et partenaires de la Tunisie s’ils apprenaient que le pays du jasmin s’est, une fois de plus, payé une crise politique avec la démission du chef du gouvernement, sous la pression de quelques illuminés pas regardants du tout sur l’intérêt national et sur les enjeux du moment. Le discours de Chahed du mardi 29 mai 2018 dans la soirée, très offensif, notamment en direction de son principal adversaire, Hafedh Caïd Essebsi (qui a fini par éclipser, et ce n’est pas en son honneur, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi), est finalement une bonne annonce pour son mentor, le président de la République, Béji Caïd Essebsi…

Les grands perdants

Comme l’a dit le leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, si BCE voulait défaire le gouvernement, il aurait une toute autre attitude. Le fait est qu’il ne voulait et ne pouvait pas vouloir la perte de Youssef Chahed. D’abord pour la simple raison que c’est lui qui l’a personnellement choisi, et même imposé alors que son poids politique en Tunisie et même au sien de son propre parti était loin de lui donner droit à cette fonction suprême. Donc si le chef de l’Etat avait décrété l’échec de son poulain au point d’être l’artisan de son éviction, il ferait le constat par là même de sa propre déroute. Et pour un homme au crépuscule de sa carrière politique (91 ans, tout de même), c’est carrément impensable. Essebsi a joué le jeu de la démocratie en poussant l’affaire du désaccord de Carthage le plus loin possible – trop loin sans doute -, mais in fine il avait la garantie que Chahed sauverait sa tête. Ne serait-ce que parce qu’en situation d’état d’urgence il est, constitutionnellement, impossible de dégommer un chef de gouvernement. Ensuite parce qu’il était clair depuis le début que le directeur exécutif de Nidaa Tounes n’aurait pas de majorité au sein des signataires du Pacte de Carthage pour inscrire Chahed à l’article de la “mort”. Enfin BCE avait l’assurance, de la part de son pote Ghannouchi, que Ennahdha ferait bloc à l’ARP pour s’opposer, le cas échéant, au limogeage de Chahed. Sans parler des députés de Nidaa et de l’opposition qui ont clairement rallié la cause du chef du gouvernement.

Si la main du chef de l’Etat a tremblé, alors qu’il aurait pu et dû dès le vendredi 25 mai 2018 en finir définitivement avec ce dossier, c’est parce que, disons-le clairement, son fils animait le groupe des anti-Chahed. Et cette hésitation coutera cher à Essebsi, pour la postérité. Quand on sait le traumatisme vécu, très récemment, par les Tunisiens à cause des ‘fils de’, ‘filles de’, ‘neveux de’, etc., (des familles Ben Ali et Trabelsi), on se dit que l’histoire lui pardonnera très difficilement ce flottement, ces 72 heures de trop, après plus de 10 jours d’atermoiements pour signer le Document de Carthage 2, dans un contexte politique et économique aussi dégradé.

L’autre grand perdant de cette affaire est, bien entendu, le fils du chef de l’Etat. Il vient de subir là son troisième revers politique, et pas des moindres, après son incapacité à décrocher l’investiture de Nidaa Tounes aux législatives de 2014 et son forfait aux législatives partielles en Allemagne. A ajouter à ses talents pour faire le vide autour de lui, avec pour conséquence cette hémorragie de militants et de députés – à peine 56 élus au Parlement, 30 de moins qu’en 2014 – que son papa, même dans sa tour dorée de Carthage, n’a pas pu ignorer et qu’il s’est enfin décidé à stopper, selon les déclarations. Essebsi junior pourrait faire l’amère expérience de son impopularité au Congrès national électif de son parti, qu’il s’ingénie à retarder depuis 3 ans, une éternité pour un parti de ce calibre.

Le Grand gagnant

C’est, évidemment, Ennahdha. Les islamistes qui, comme ils l’ont fait en se contentant de rester assis et de regarder le bloc parlementaire Nidaa se vider de son sang pour ensuite le supplanter, vont encore ramasser les lauriers de cette agitation mortifère. En effet dans ce chaos indescriptible, ils ont très stratégiquement adopté la posture de la raison, de la défense de l’intérêt suprême de la nation, en appelant à la préservation de la stabilité, enfin le peu qu’il y a, et donc au maintien de Chahed. Pourtant, comme à leur habitude, Ghannouchi & Co ont tangué, hésité, et même entamé leur exercice favori : Le double langage. Mais voilà, eux au moins ont encore cette capacité à sentir de quel côté allait tourner le vent, à écouter les voix, mêmes dissonantes, de la rue. Et on ne peut pas les blâmer pour ça, c’est aussi cela la politique, c’est aussi cela traduire les aspirations, même confuses et parfois contradictoires, des citoyens qu’on prétend représenter et défendre. Nidaa Tounes a perdu tout cela, et bien plus, depuis que HCE s’est imposé à sa tête, par la seule force de son nom. L’élection de 2019 pourrait départager les islamistes et la formation bâtie de ses mains par le locataire du palais de Carthage, mais peut-être pas à l’avantage de ce dernier…

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Maintenant que le Pacte de Carthage a été gelé, on va pouvoir retourner au travail. C’est certainement ce que se dit le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et la grande majorité des citoyens après avoir appris ce qui aurait dû être fait depuis belle lurette, vu que – on se répète, volontairement – ce Document cher au chef de l’Etat n’a jamais apporté la preuve de son efficacité. L’Accord de Carthage 1 était, au mieux, une sorte de catalogue de voeux pieux pour un gouvernement qui de toute façon est lesté par les réalités économiques du pays, par les clous fixés par le FMI et surtout par l’état des finances publiques. Autant de corsets qui ne permettent aucune folie. Alors un Pacte de Carthage pour quoi faire ? Rien, à part pour le décorum et le sentiment vaguement confortable que la Tunisie a une direction, un cap. Si ce n’était que ça, on aurait pu s’accommoder de ce Document très encombrant. Le souci c’est que la deuxième mouture de la trouvaille de Béji Caid Essebsi était devenue un lieu de surenchère, de conciliabules dangereux pour l’équilibre et la stabilité de la nation, avec des dirigeants inconscients de la délicatesse du moment que traverse la Tunisie et des contrecoups d’un renversement de la table. Mais voilà, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, et le leader de la centrale syndicale, Noureddine Taboubi, puisqu’il s’agit d’eux principalement, se sont obstinés, jusqu’au bout. Et là BCE aurait dû prendre ses responsabilités…

L’affaire aurait dû être pliée depuis le 25 mai 2018, quand le président de la République a dit qu’il fallait une majorité au sein des signataires du Pacte de Carthage pour avoir la tête de Youssef Chahed. Il avait ajouté que même cela ne suffisait pas et qu’il fallait de toute façon aller devant la représentation nationale (l’ARP) pour voter l’éviction de Chahed. D’abord le premier point : Le fils du chef de l’Etat, HCE et Taboubi crient dans le désert, ou presque (l’UPL et l’UNFT partagent leur position), pour obtenir le départ de Chahed. En face 5 signataires du Pacte (Ennahdha, Al Massar, Al Moubadara, l’UTICA et l’UTAP) soutiennent le maintien du chef du gouvernement. 4 contre 5, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une majorité. Alors BCE aurait dû tirer les conséquences de ce qu’il avait lui-même dit et stopper net cette affaire, et obliger tout le monde à signer sur les 63 points lesquels à défaut de régler les problèmes du pays gravaient au moins sur le marbre les priorités du moment. Le président de la République a-t-il voulu épargner à son fils une claque publique magistrale ? Mystère…

Ensuite si on prend le deuxième point, une majorité au Parlement pour avoir la peau de Chahed, là aussi c’était foutu d’avance vu que Ennahdha, qui dicte sa loi à l’ARP depuis que Nidaa Tounes a eu la bonne idée de lui céder la première place, a jusqu’au bout affirmé qu’il est pour le maintien de Chahed. Et même au sein des élus de Nidaa Tounes, beaucoup ont donné de la voix ce week-end pour dire haut et fort qu’ils soutenaient le chef du gouvernement, et qu’ils désapprouvaient le jusqu’au boutisme suicidaire, politiquement, de HCE. Là aussi BCE aurait dû en tirer les conséquences en arrêtant cette sinistre farce très dommageable pour le pays.

Maintenant que cette affaire s’est arrêtée d’elle-même, en tout cas provisoirement, on va pouvoir apporter l’éclatante démonstration que le gouvernement n’a pas besoin du Pacte de Carthage pour conduire les affaires du pays. Le chef de l’Etat nous avait vendu cette histoire pour donner la preuve de son brio politique et pour, peut-être, laisser une empreinte dans l’histoire, comme il espère le faire avec la légalisation du mariage entre une Tunisienne musulmane et un non musulman ou avec l’égalité homme-femme dans l’héritage. Le moins qu’on puisse dire est que cette entreprise de sauvetage national par le Pacte de Carthage est un véritable fiasco, du moins jusqu’ici. Essebsi ne sera pas décoré pour le 1er Document, il ne le sera pas non plus pour le second, à cause surtout du fait qu’il n’ait pas compris qu’il était grand temps d’arrêter définitivement cette affaire qui parasite le gouvernement dont la gestion des affaires du pays est pourtant le métier et qui, en principe, n’a besoin de rien ou personne pour l’y aider…

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Lazhar Akremi, ex-dirigeant de Nidaa Tounes, est passé dans les studios de Shems FM jeudi 24 mai 2018 pour donner son point de vue sur la violente charge du fils du chef de l’Etat, Hafedh Caïd Essebsi, contre le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Akremi dit de cette affaire ceci :
«Tout le monde affirme que c’est une querelle familiale. Youssef Chahed ne plait pas à Hafedh Caïd Essebsi» a-t-il ajouté. D’après lui ce qui intéresse le directeur exécutif de Nidaa Tounes, quoi qu’il en dise, ce ne sont pas les problèmes économiques du pays…

Akremi a par ailleurs parlé des proches de Hafedh Caïd Essebsi. Il a déclaré que des personnes au palais de Carthage lui ont confié que l’épouse du directeur exécutif de Nidaa s’est érigée en «vraie nouvelle régente de Carthage (…) Elle a la main sur la communication ! Elle joue les premiers rôles et se voit déjà en première dame», a lâché l’ex-leader de la formation bâtie par le président de la République…

S’agissant du pamphlet contre Chahed publié sur la page Facebook de Essebsi junior, Akremi est formel : ce n’est pas lui l’auteur de ce texte. «Si on lui demandait de le réécrire il en serait incapable étant donné que c’est Borhène Bsaïes qui l’a rédigé et le plus étrange c’est qu’on y évoque une connivence avec des parties étrangères».

Pour rappel, Akremi avait déclaré dernièrement, sur la même radio, que le fils de BCE avait mis à profit ces 3 années de mainmise sur le parti pour faire prospérer son business. Des accusations très graves qui n’ont suscité aucune réaction officielle jusqu’ici…

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Délétère, nauséabond, affligeant. Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier le climat politique du pays actuellement. Toute la science politique du monde ne sert à rien pour tenter de décrypter ce qui se passe en ce moment sur la scène politique. La Tunisie est entrée dans la démocratie par la mauvaise porte : Le régime parlementaire, avec scrutin proportionnel. Non pas que ce système soit mauvais en soi, mais il sied aux citoyens qui en ont la maturité. On est loin, très loin, de pouvoir en dire autant pour les Tunisiens. Le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, en a rajouté aux problèmes du pays en sortant de sa tête un OVNI politique qui ne pouvait prospérer que dans cette Tunisie post-révolutionnaire de tous les possibles : Le Pacte de Carthage, après le prétendu échec du gouvernement de Habib Essid sur lequel d’ailleurs il y a beaucoup à dire, et surtout nuancer. Mais le plus important pour nous, présentement, c’est ce Document de Carthage, dont la première version n’a pas donné la preuve de son efficacité, sinon on n’aurait pas besoin d’une deuxième, une deuxième d’ailleurs dont on connait par avance l’issue. Qu’est-ce que la Tunisie aura gagné dans cette agitation qui a fait perdre un temps précieux (le Document n’est toujours pas signé d’ailleurs) ? Rien…

Pendant que les citoyens ont la tête ailleurs (les commerçants fraudeurs à la faveur du Ramadan, la montée des prix, la Coupe du Monde…), le microcosme politique local fait ce qu’il sait faire le mieux : De la surenchère, des manoeuvres dilatoires, de la diversion pour faire oublier son incompétence notoire et son absence totale de vision pour le pays, et encore plus de programme alternatif crédible pour nous tirer de ce mauvais pas. Ce tintamarre autour de l’éviction du chef du gouvernement, Youssed Chahed, un mouvement impulsé et alimenté par l’UGTT, et opportunément rejoint par le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, aurait pu passer si le pays allait mieux. Mais dans ce contexte économique difficile, où la Tunisie est surveillée comme du lait sur le feu par le FMI, où le gouvernement, lesté par le peu d’atouts qu’il a à présenter aux bailleurs, n’ose même pas s’aventurer sur le marché international de la dette, poser des actes qui déstabilisent encore plus le pays est proprement criminel et mérite, je pèse mes mots, le qualificatif de haute trahison.

Ils n’ont pas retenu les leçons du 6 mai

On avait fini par oublier ces derniers jours que la centrale syndicale est l’initiatrice du projet de changement du patron du gouvernement, tant le directeur exécutif de Nidaa Tounes est apparu, dans la presse, comme l’activiste majeur de cette affaire. HCE a certes rejoint la fronde anti-Chahed dans le tard, mais il ne faut pas oublier qu’on lui prête ces desseins depuis un bon moment. Mais faire ça maintenant, alors que son papa fait tout pour sauver la tête de Chahed face à l’irréductible SG de l’UGTT, Noureddine Taboubi, c’est à tout le moins mettre en difficulté le président de la République. Mais HCE n’est pas un problème que pour son père, il l’est aussi pour son parti, une machine de guerre qu’il a pratiquement démolie. La déroute des municipales en est la parfaite illustration, après les vagues de démissions au sein du groupe parlementaire et l’érosion massive des militants de la première heure.

Les élections de 2019 pourraient être l’épilogue de cette descente aux enfers. Mais pour le moment personne ne s’est décidé à freiner le fils du chef de l’Etat. D’abord ce dernier, qui s’obstine à garder le silence face aux dégâts provoqués par son fils, qui est entré par effraction dans la politique, par la seule force de son patronyme. Ensuite le silence coupable des membres de la direction du parti, qui font exactement comme l’ex-SG Mohsen Marzouk, qui avait préféré la fuite…

Les électeurs auraient pu régler le problème HCE, mais voilà, il les fuit comme la peste. On avait cru à un moment qu’il allait se jeter dans la mêlée des municipales partielles d’Allemagne, mais après avoir sous-pesé ses chances, il a préféré reculer. Idem pour le Congrès électif de Nidaa Tounes, qu’il repousse sans cesse. Et il a bien raison de craindre ce rendez-vous. Le communiqué qu’il a posté mardi 22 mai 2018 dans la soirée sur sa page Facebook, avec ce qu’il faut en réaffirmation de soutien affiché au chef de l’Etat, laisse penser qu’il a mis beaucoup d’eau dans son jus et qu’il a décidé de ne plus se mettre au travers du chemin de son père. A le lire, entre les lignes, on ne devrait plus entendre HCE réclamer la tête du poulain du président de la République, du moins publiquement. Cela devrait suffire au bonheur de BCE. Cela devrait suffire aussi pour stopper les séances de double langage que Ennahdha a commencées, autour du départ de Chahed. Cela permettra surtout de fermer un épisode politique malheureux et dangereux, et retirer aux partis au pouvoir leurs munitions pour leur laisser le temps de méditer sur les leçons amères des municipales, ce que manifestement ils n’ont pas encore fait.

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Pour Lazhar Akremi, ex-responsable de Nidaa Tounes, les déboires du parti ont une seule source : l’actuel directeur exécutif, Hafedh Caid Essebsi. Akremi a déclaré, sur Shems FM, ce mercredi 09 mai 2018 : «il a fait perdre au parti plus d’un million d’électeurs et a détruit notre mouvement ! Il n’est pas taillé pour la politique, il a tenté pendant une période mais a lamentablement échoué».
Puis il lance de terribles accusations : «d’après mes informations, il s’en est mis plein les poches durant ces 3 années. Qu’il fasse prospérer son business en Tunisie, en France ou en Allemagne et qu’il nous rende le parti” a-t-il asséné.
Il a conclu en disant que de nombreux militants et hauts cadres de Nidaa Tounes étaient prêts à revenir au bercail si le fils du président de la République quittait le parti…

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On nous cache tout, on nous dit rien. Plus on apprend plus on ne sait rien“, a dit le chanteur français Jacques Dutronc dans un de ses tubes. Le souci avec ces trois-là, c’est qu’ils ne cachent même plus, gorgés de certitudes, imbus d’eux-mêmes, dans un paysage politique sinistré où les borgnes sont rois et qui attend désespérément son sauveur, que Youssef Chahed n’a pas envie d’être. Ou a peur d’être. N’est pas Emmanuel Macron qui veut ! La dernière fois qu’on avait entendu parler des basses manœuvres de ce qu’il faut bien appeler une Troïka, c’était lors de l’élection du président de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante des Elections), à l’ARP. Le psychodrame avait duré et l’accouchement avait été incroyablement difficile. Mais voilà, il y avait les calculs, les arrière-pensées, chacun des protagonistes de cette triste affaire voulant s’assurer que le boss de l’ISIE serait acquis à sa cause. Mauvais point Nidaa Tounes, Ennahdha et l’UPL, mais ils n’en ont cure. De toutes les  façons, ce n’est pas la première couleuvre qu’ils font avaler à leurs électeurs, et ce ne sera pas la dernière. Ils ont fait leur petite cuisine et nous ont servi un président de l’ISIE. Ce dernier fait ce qu’il peut pour nous garantir sa neutralité et un ciel sans nuage sur son instance. Il devra convaincre. Mais ses mentors viennent de lui compliquer la tâche en tramant une sombre affaire de report des municipales, sans aucune explication qui tienne la route. Encore un coup fourré contre la démocratie…

De tous les partis, c’est sans doute Ennahdha, pour les raisons que l’on sait, qui est le mieux préparé pour le scrutin municipal. Et son chef de file, Rached Ghannouchi, claironnait partout qu’il n’était pas question d’ajourner ces élections une deuxième fois et que c’était même une ligne rouge. Alors que s’est-il passé pour qu’il tourne casaque en si peu de temps ? Il ne faut pas être devin pour comprendre que c’est Nidaa Tounes, ou plutôt son impréparation, qui est la cause de cette requête – le report des municipales – aussi saugrenue que périlleuse pour la transition politique que la Tunisie traîne comme un boulet. De toutes les  façons, cela ne peut pas venir de l’UPL (Union patriotique libre) car Ghannouchi & Co n’ont que faire de Slim Riahi & Co. C’est Nidaa qui compte aux yeux des nahdhaouis, mais attention, pour des raisons objectives, et pas pour les beaux yeux de son fondateur, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, et encore moins ceux de son fils, Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif du parti. Donc Ennahdha a fait une fleur au locataire du palais de Carthage en demandant, le plus officiellement du monde, le report des municipales, un geste stupéfiant qui provoque beaucoup de remous en ce moment dans les milieux politiques, rendant ce pays encore plus énigmatique et problématique, surtout aux yeux de ses soutiens étrangers. Mais ce n’est pas la seule largesse de Ghannouchi pour son “copain” BCE.

Il y a aussi cette élection législative partielle en Allemagne, laquelle d’ailleurs ne passionne pas les électeurs aux dernières nouvelles, et on les comprend. C’est une affaire cousue de fil blanc et qui a tout ce qu’il faut pour inspirer du dégoût aux citoyens, même ceux qui ont le devoir civique chevillé au corps. Ennahdha, dès le départ, a tué le suspense en faisant savoir qu’il n’allait pas mettre un candidat sur la voie de Nidaa Tounes, lui dégageant ainsi une voie royale. Les islamistes ne s’arrêtent pas là, ils appellent carrément à voter pour le candidat de Nidaa, et même mieux : 3 dirigeants du mouvement auraient battu campagne pour lui dans une mosquée, d’après le post sur Facebook d’une militante de Machrou Tounes ! Situation ubuesque, mais somme toute normale dans un pays où on foule au pied, de plus en plus, les règles élémentaires de la démocratie. Toutefois il ne faut pas s’y leurrer : Le grand gagnant dans cette affaire, c’est Ennahdha.

Chacun sa tambouille, et au diable la bienséance !

Les citoyens avaient fait leur choix aux législatives de 2014 : Exit la Troïka. Mais BCE n’a pas transformé l’essai et a opté pour le compagnonnage avec les islamistes, au motif qu’il lui faut une majorité costaude et fiable pour atteindre les objectifs de la révolution. Et fiables ils le sont les nahdhaouis ! Les députés godillots votent comme un seul homme, suivant scrupuleusement les consignes de leur état-major, les dirigeants ont une discipline quasi militaire, malgré quelques rebuffades par-ci par là, parfois juste pour amuser la galerie ou pour donner l’impression d’un mouvement qui vit, débat, bref un vrai parti démocratique. Et la divine surprise a été cette majorité qu’ils ont raflée au Parlement sans le moindre effort, juste en regardant Nidaa Tounes se vider de son sang (son bloc parlementaire a perdu presque 30 élus depuis 2014). Mais voilà, malgré ces succès, Ennahdha sait qu’il lui sera impossible de gouverner seul ce pays, l’opposition serait trop vive, de la même nature que celle qui les a éjectés du pouvoir après les assassinats politiques et les erreurs d’orientation économique majeures. Alors on se tape Nidaa Tounes, malgré le dégout que ce parti inspire à la frange radicale du mouvement islamiste – il ne faut pas se leurrer, ils sont là, tapis dans l’ombre. Mais Ennahdha sait aussi son chapeau, en attendant des jours meilleurs. Et puis qui sait, s’ils sont sages, BCE aidera peut-être Ghannouchi à s’asseoir sur le fauteuil du palais de Carthage, le rêve, pas secret du tout, du leader des islamistes et pour lequel il a consenti quelques “sacrifices”, du genre costards qui brillent de mille feux et les cravates qu’il se farcit.

Quant à la machine de guerre de BCE, elle a perdu de sa superbe, elle est même un champ de ruines sous le brillant magistère du ténébreux HCE, sans doute le plus mystérieux des dirigeants politiques de la place. Celui qui ne sort de sa réserve qu’à de rares occasions, pour nous abreuver de ses lumières et de ses fulgurances intellectuelles, de préférence sur sa page Facebook, boudant ostensiblement les entretiens avec les journalistes de la télévision, et encore plus les débats avec les autres, soi-disant, ténors politiques. C’est pourtant avec eux qu’il aurait le plus de choses à dire, à nous dire. A moins qu’il n’ait pas grand chose à déballer. HCE, on le sait, n’a pas les talents, la verve et les qualités de son papa, alors il exerce là où il est le plus doué : il coupe les fortes têtes, toutes celles qui dépassent. Abdelaziz Kotti est bien revenu, après avoir claqué bruyamment la porte, mais il ne faut rien attendre de celui qui a ajouté le déshonneur au discrédit. Le fils de BCE, qui a une trouille bleue des électeurs, au point d’avoir reculé devant le test de la circonscription d’Allemagne, a in fine fait le vide autour de lui, s’ouvrant un boulevard vers le Congrès électif du parti, qu’il a manifestement réussi à faire reculer, une fois de plus, alors qu’il s’était engagé à l’organiser avant les municipales. Borhen Bsaies était venu, entre autres, pour fignoler ce rendez-vous. Lui aussi n’aura pas tenu parole. Entretemps HCE a fait ses calculs : Il serait dans de bien meilleures dispositions en convoquant le Congrès après les municipales, avec des maires qui lui auront préparé le terrain parce qu’ils lui devront leur désignation sur ses listes.

Enfin l’UPL, la météorite politique de la place, qui doit son installation fulgurante dans le paysage politique aux millions que Riahi a généreusement dégainés. Un pactole d’ailleurs, et c’est le moins… et le plus qu’on puisse en dire, aux origines douteuses et qui lui doivent ses nombreux déboires avec la justice. Hasard du calendrier, coïncidence, etc., le patron de l’UPL a fait un retour fracassant vers le Pacte de Carthage quand il avait tous les juges du pays – j’exagère un peu – à ses trousses. Il est vrai que quand on se drape avec le parti sorti vainqueur des législatives – Nidaa Tounes – et qui de fait a des pions partout, on est en bien meilleure posture pour échapper aux foudes de la justice. Ennahdha en sait quelque chose, lui qui est, pour le moment, à l’abri des grosses tuiles, pourtant les dossiers brûlants ne manquent pas ! Riahi, en faisant corps avec HCE et Ghannouchi, se paye le meilleur blindage contre les missiles des juges. Pour le plus grand malheur de la jeune démocratie.

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Les photos de leaders politiques fichées sur les murs des locaux des partis, qui exhalent un parfum de culte de la personnalité et rappellent celui que l’on sait, ont refait surface, dit-on. Là en l’occurrence ce sont celles de Béji Caïd Essebsi, le président de la République, fondateur de Nidaa Tounes et du fils, Hafedh Caïd Essebsi, actuellement à la tête du parti. Mohamed Ben Salem, député et dirigeant du mouvement Ennahdha, a mis les pieds dans le plat hier vendredi 1er décembre 2017, sur Mosaïque Fm

Il a déclaré que eux au moins n’ont pas de “photos de Rached Ghannouchi sur les murs», en faisant allusion aux militants zélés de Nidaa Tounes qui ont commencé à déterrer les vieux réflexes – et oui, déjà ! -, en mettant du BCE et du HCE un peu partout…

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On sait que le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi (HCE), rêve de s’asseoir sur le siège de l’ARP déserté par Hatem Chahreddine Ferjeni, l’actuel secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères. On sait aussi qu’il n’a pas l’intention de se jeter aveuglément dans la mêlée de la législative partielle de l’Allemagne et qu’il va sonder le terrain avant, jauger ses chances et celle de ses adversaires, histoire de s’éviter un revers qui pourrait être un coup d’arrêt à sa volonté de mettre la main, officiellement, sur le parti au prochain congrès électif. Et bien Ennahdha, en bon compagnon de route de Nidaa Tounes, quoique malmené dernièrement par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE), a dégagé la voie à son fils…

Le chef du bloc parlementaire d’Ennahdha, Noureddine Bhiri, a annoncé la couleur, sur Mosaïque Fm hier mercredi 18 octobre 2017, en déclarant ceci : «Nous ne sommes pas des loups en quête d’une proie ! Nous sommes des humains avec des principes ! De plus, un siège de député en plus ou en moins ne change rien pour Ennahdha. Nous avons décidé de ne pas rivaliser en cédant ce poste à Nidaa Tounes». Voilà, c’est clair : HCE, dont les adversaires se dévoilent depuis le 16 octobre 2017, en aura un moins, et pas des moindres !

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On connait les ambitions du fils du président la République, Hafedh Caïd Essebsi (HCE) : Le directeur exécutif de Nidaa Tounes veut d’abord arracher un siège au Parlement, histoire d’asseoir une légitimité politique que beaucoup dans ses rangs lui contestent, avant de mettre le grappin sur le parti au prochain Congrès électif.

On connait moins les ambitions du chef du gouvernement, Youssef Chahed, même si ses proches lui en prêtent. Les mêmes proches, des deux camps, ont fait des confidences à Jeune Afrique. Et selon eux, la tension entre les deux hommes est à son paroxysme…

La garde rapprochée de HCE a déclaré que les obsèques de Slim Chaker, ministre de la Santé, ont le théâtre d’une friction entre le locataire du palais de la Kasbah et le directeur exécutif de Nidaa Tounes autour de l’oraison funèbre.

Essebsi junior, pour défendre son “bon droit” de faire l’éloge du défunt, a déclaré que Chaker faisait partie de la formation qu’il dirige, alors que Chahed a fait prévaloir le statut de ministre de Chaker dans son gouvernement au moment de son décès. Bref, un bras de fer qui peut paraître futile mais qui préfigure peut-être un combat plus musclé à l’avenir, quand il s’agira de conduire le parti aux prochaines échéances électorales…

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Le dépôt des candidatures pour les législatives partielles (Circonscription d’Allemagne) se fera du 16 au 22 octobre 2017 de 8h00 à 18h00 dans les locaux de la section de l’instance sectorielle de l’ISIE, en Allemagne, et au siège de l’ambassade de Tunisie à Berlin.
C’est ce qu’a indiqué l’Instance supérieure indépendante pour les élections, vendredi, sur son site.
Un guide des candidatures pour les législatives partielles a été publié à cette occasion, a ajouté l’ISIE. Il comporte notamment le cadre juridique des élections, les conditions liées à la candidature, les principes des listes de coalition, partisanes ou indépendantes.
Le guide destiné, aussi, aux électeurs, aux partis, à la société civile et à tous les partenaires de l’opération électorale, comprend, également, les différentes phases du processus électoral.
Les législatives partielles en Allemagne sont prévues les 15, 16 et 17 décembre 2017.

Selon le calendrier établi par l’ISIE, l’inscription des électeurs en Allemagne a débuté le 7 octobre et devrait s’achever le 15 octobre. La campagne électorale aura lieu du 23 novembre au 13 décembre. Le 14 décembre sera la journée du silence électoral.
Ces législatives partielles sont organisées pour remplir la vacance de siège du député de la circonscription d’Allemagne, Hatem Chahreddine Ferjani, qui avait présenté sa démission du Parlement suite à sa nomination en tant que secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, chargé de la diplomatie économique.

A noter que le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caid Essebsi, se verrait bien sur le fauteuil de Ferjani, pour enfin avoir le verni du mandat électif sans lequel l’avenir politique dont il rêve est difficilement envisageable…

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A propos de l’appétence du directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, pour un siège de député à l’ARP, celui de Hatem Chahreddine Ferjeni, qui vaque à d’autre occupations (il a été coopté par Youssef Chahed, en tant que secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères), le conseiller politique de Nidaa Tounes, Borhen Bsaïes, a dit que l’affaire est encore d’actualité. Mais la donne a un peu changé, en cela que HCE veut prendre toutes les précautions avant de se lancer : “il se rendra en Allemagne, en compagnie d’une délégation du parti, pour sonder le terrain», a confié Bsaïes sur Shems FM hier vendredi 22 septembre 2017. En d’autres termes, le “patron” de Nidaa Tounes tient à évaluer ses chances de succès pour s’éviter une déroute qui ferait tache dans la perspective du congrès électif de Nidaa Tounes, prochainement.

S’agissant des bruits selon lesquels le fils du président de la République lorgne le fauteuil du président du Parlement, Mohamed Ennaceur, le conseiller politique les a démentis catégoriquement, allant même jusqu’à qualifier la rumeur de scénario à la «Hitchcock». Il a argué ceci : «Les députés Nidaa Tounes ont renouvelé leur confiance en la personne de Mohamed Ennaceur». Il a ajouté que ceux qui ont propagé la chose livrent un combat d’arrière-garde en accusant “le chef de l’Etat de vouloir offrir la présidence de l’ARP à son fils. Chose impossible !», assène-t-il…

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Le parti sorti majoritaire des élections législatives de 2014, Nidaa Tounes, va bientôt élire sa direction, mettant fin à une anomalie qui a duré des années. Le directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, a en effet appelé à travers son canal de prédilection, sa page Facebook, le jeudi 21 septembre 2017, tous les militants à commencer à préparer ce congrès électif.

«Un congrès démocratique et transparent que nous avions l’intention d’annoncer après le scrutin municipal. Puisqu’il a été reporté, notre congrès devra se tenir avant. Tous les nidaïstes doivent se préparer à assurer le succès de ce rendez-vous qui sera une nouvelle étape dans l’édification de Nidaa Tounes, une grande formation nationale rassemblant tous ceux qui croient au projet national tunisien matérialisé par l’Etat de l’indépendance», a déclaré HCE…

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Le conseiller politique de Nidaa Tounes, Borhen Bsaies, a déclaré ce jeudi 7 septembre 2017 que le parti va soumettre le nom de son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, pour prendre la place du député Hatem Chahreddine Ferjeni, appelé à d’autres fonctions (secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères).

Par ailleurs il a affirmé qu’il est question d’installer HCE au poste de député de la circonscription d’Allemagne, lors des législatives partielles censées se tenir dans les 90 jours à venir. Par ce biais, le directeur exécutif de Nidaa Tounes entrerait enfin à l’Assemblée des représentants du peuple, lui qui avait bataillé aux législatives de 2014 pour avoir l’investiture du parti dans la circonscription de Tunis, mais le choix s’était porté sur une autre candidate…

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A en croire le statut facebook du directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, le parti est décidé à en découdre avec tous ceux qui s’opposeront à son “droit” de se tailler la part du lion au prochain remaniement ministériel. Ce lundi 28 août 2017, il a écrit ceci sur sa page FB : «suite aux différentes sorties relatives au futur remaniement ministériel, je tiens à revenir sur tout ce qui a été lu et entendu de la part de ceux qui s’en prennent à la volonté de Nidaa Tounes de désigner des candidats à des postes ministériels au prochain remaniement. Ces gens-là semblent étonnés par le fait que le parti ait l’intention d’installer les siens dans cette future équipe gouvernementale».

HCE a ensuite rappelé, pour ceux qui l’auraient oublié, que «Nidaa Tounes est le parti qui a obtenu le plus grand nombre de voix aux dernières élections législatives et présidentielles» et que paradoxalement «c’est le parti qui a obtenu le moins de postes ». Pour le “patron” de Nidaa Tounes, il faut réparer cette injustice en apportant un correctif à la représentativité de Nidaa Tounes lors des prochaines nominations ministérielles.

Puis il a dit son mot sur cette agitation autour du choix de technocrates, défendu notamment pas l’UGTT, l’UTICA et son père, le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Pour HCE, «le politique est celui qui détient la vision politique et pour les matérialiser, il a besoin de compétences et pas l’inverse. Il est illogique qu’un technocrate se transforme en politique et qu’il soit par la suite imprégné par une vision et une orientation politique» a-t-il asséné. Il a aussi ajouté que «le pouvoir tel qu’il est conçu dans toutes les expériences politiques est avant tout une affaire politique et non administrative. Les technocrates sont donc les instruments politiques mis à la disposition du pouvoir et non le contraire».

Le directeur exécutif de Nidaa Tounes a conclu en ces termes : Les débats autour d’un gouvernement de compétences ou d’un gouvernement d’indépendants sont «des mots vides de sens dont le seul but est d’éjecter Nidaa Tounes du coeur du pouvoir pour opérer un coup d’Etat contre la volonté des citoyens au scrutin de 2014».

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