Tags Posts tagged with "loi de finances 2018"

loi de finances 2018

par -

Quand le gouvernement a fait sa prévision de 54 dollars le baril dans son projet de la Loi de finances 2018, les experts en économie lui ont tout de suite fait savoir que cette hypothèse n’était pas réaliste et qu’on allait assurément dépasser les 60 dollars cette année. La Banque mondiale aussi était du même avis, et son avis compte. Mais voilà, le gouvernement a fait la sourde oreille. On peut aussi avancer l’explication selon laquelle l’équipe de Youssef Chahed l’aurait fait en parfaite connaissance de cause pour ne pas, d’emblée, effrayer les bailleurs et le FMI avec un déficit budgétaire qui serait encore plus important si le prix du baril avait été fixé à 60 dollars ou plus. Quoi qu’il en soit, le répit a été de courte durée, et personne ne peut plus masquer l’ampleur du problème. “Le déficit énergétique ne cesse de s’aggraver avec la hausse continue du prix du baril de pétrole, pour atteindre aujourd’hui 68 dollars, alors que le prix du baril a été fixé à 54 dollars dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2018, ce qui aurait des répercussions négatives sur nos équilibres financiers“, a indiqué Khaled Kaddour, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, jeudi 05 avril 2018, lors d’une conférence de presse, organisée en marge de la conférence “Accélération de la mise en oeuvre des programmes d’efficacité énergétique”.

Kaddour a estimé que cette différence au niveau du prix de pétrole (13 dollars) coûtera environ 121 millions de dinars (MD) au budget de l’Etat, juste pour le premier trimestre 2018.

“C‘est dans ce cadre que nous devons, impérativement, ancrer les principes de la maîtrise de l’énergie et nous orienter davantage vers les projets d’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, afin de parvenir à maîtriser notre consommation d’énergie, et ce, dans le cadre d’une vision claire“, a-t-il noté. D’après le ministre, la Tunisie oeuvrera, d’ici 2020, à mettre en place l’ensemble des projets énergétiques annoncés par le chef du Gouvernement, lesquels permettront de réduire le recours aux énergies conventionnelles et d’édifier un nouveau modèle économique durable.
Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait annoncé, jeudi, le lancement, dans les prochaines semaines, de dix projets d’énergies renouvelables représentant un volume d’investissement de 200 millions de dinars (MD), ainsi que d’autres projets destinés aux régions intérieures, qui seront lancés dans le cadre d’appels d’offres, d’une capacité de 800 Mégawatts (Mw) et mobilisant un investissement de 2000 MD.

Pour ce qui est de la compensation énergétique pour l’année 2018, Kaddour a estimé qu’elle dépassera de loin les prévisions du gouvernement fixées à 1500 MD (budget de l’Etat) pour atteindre les 2500 MD, au vu de la hausse continue du prix du baril de pétrole, ce qui a imposé au gouvernement de réviser, la semaine dernière, les prix des carburants à la hausse. Mais ça ne suffira pas pour éloigner les gros nuages à l’horizon, de l’aveu même du ministre chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi.
Sur un autre registre, le ministre a rassuré sur le fait que la production de phosphate a repris à un rythme ordinaire et que le gouvernement veille à honorer tous ses engagements envers les habitants dans les régions du bassin minier et de Tataouine pour apaiser les tensions sociales.

Il est à noter, a précisé le ministre, que les ressources énergétiques de la Tunisie n’ont permis de couvrir que près de 50% de la demande intérieure en énergie primaire, estimée à environ 9551 mille tonnes équivalent pétrole (Tep), alors que les ressources nationales n’ont pas dépassé les 4840 mille Tep, ce qui représente un déficit de l’ordre de 4711 mille Tep.
La consommation finale de l’énergie s’est élevée à 6775 mille Tep, à fin 2016, répartie essentiellement entre les secteurs du transport (35%), de l’industrie (32%), du logement (17%), des services (9%) et de l’agriculture (7%).

par -

Jour de gloire chez les concessionnaires automobiles tunisiens, mais aussi pour toute l’économie nationale. Depuis cinq années, fervents dénonciateurs d’un marché parallèle qui rogne leurs parts et leurs marges, ainsi que celles de l’Etat en fiscalités diverses et qui met en danger aussi le consommateur tunisien, les concessionnaires automobiles viennent de remporter une bataille. Le 13 mars 2018, une date certainement à marquer d’une pierre blanche pour le secteur, le gouvernement mettait en exécution la promesse qui leur avait été faite de lutter efficacement contre le marché parallèle des véhicules légers. Un véritable coup de massue dans la fourmilière d’un marché parallèle, devenu synonyme d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Une décision, disons-le, courageuse, dans une conjoncture où le lobby, commercial et notamment parlementaire, du FCR est puissant.

Rappelons d’abord que «FCR», ou Franchise pour Changement de Résidence, est un régime fiscal spécial accordé aux TRE leur permettant d’importer deux véhicules en cas de retour définitif de l’étranger. Avant le 13 mars 2018, le véhicule, bénéficiant d’une exemption partielle, pouvait s’acquitter de 25 ou 35 % des taxes et droits de douane selon la cylindrée de la voiture importée, et pouvait être immédiatement vendu. Il est immatriculé RS (Régime suspensif) en cas de non-paiement des droits et taxes et reste donc incessible. S’il paie soit 25 ou 35 de 35 % seulement des droits et taxes dus, il est immatriculée en TU. Si la seconde voiture est achetée en devises auprès d’un concessionnaire local, elle est cessible après paiement uniquement des droits et taxes en dinars. (Télécharger ici le décret gouvernemental)

Contrairement à tout ce qui pouvait être dit sur les réseaux sociaux, le régime dit de FCR n’a pas été abandonné. Les TRE garderont leurs privilège, mais avec quelques changements. Des changements, dont le but essentiel est de mettre fin au trafic, à l’achat comme à la vente, du privilège du FCR. Lutte aussi contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent à travers les circuits parallèles du commerce de voitures.

Il y a cinq jours, en effet, un décret gouvernemental est publié au Jort (Journal officiel), qui abroge l‘alinéa «B» de l’article 3 de l’arrêté N° 197 de l’année 1995 fixant les privilèges fiscaux accordés aux Tunisiens Résidant à l’étranger (TRE) et les conditions de leur bénéfice, modifié par l’arrêté N° 1343 de l’année 2016. Désormais ainsi, le privilège fiscal (exemption partielle des droits et taxes) aux TRE est accordé, à la condition que le véhicule ( voiture ou moto), ne soit pas vendu ou cédé avant l’extinction d’un délai d’un an à partir de la date d’enregistrement. Lors de l’enregistrement sous matricule RS, doit figurer sur la carte grise la mention «incessible à partir de la date d’immatriculation tunisienne. Les nouvelles dispositions s’appliqueront aussi, si les voitures sont achetées auprès des concessionnaires locaux.

Le même décret gouvernemental permet, par ailleurs, aux propriétaires de véhicules bénéficiant du régime d’exemption partielle et importés sous le régime du FCR, de régulariser leur situation jusqu’au 31 décembre 2018.

  • Un marché morose, impacté par la loi de finances 2018

Autrement, les dernières statistiques de l’ATTT (Agence Tunisienne du Transport Terrestre) relatives aux immatriculations de nouvelles voitures, ainsi que l’état des ré-immatriculations durant les 2 premiers mois 2018, laissaient voir une baisse importante de 14 % sur tout le marché des véhicules légers (VL). Seuls 7.880 nouveaux véhicules (VP + VU) ont été immatriculés, contre 9.178 à pareille période de l’exercice 2017. Une baisse généralisée derrière laquelle on retrouve les dernières augmentations fiscales introduites par la loi de finances 2018. Une baisse due à l’augmentation des prix des voitures. Une baisse des ventes de voitures, qui si elle se confirmait pour toute l’année 2018, devrait aussi impacter le montant des taxes (impôt et DD) perçues par le trésor de l’Etat tunisien.

La baisse a été plus importante pour les véhicules particuliers (VP), avec 21 % de moins en voitures immatriculées, avec 5.023 nouvelles voitures particulières, contre 6.366 en pareille période 2017. En VP, Toyota a été la voiture la plus vendue et ses immatriculations ont même bondi de 177 %, contre une baisse de Renault, 2ème VP la mieux vendue, de 34 % de ses immatriculations. En 3ème place des meilleures ventes, en 2 mois 2018, c’est la Sud-coréenne Kia, qui a immatriculé 500 VP, en hausse de 11 %. Avec 426 nouvelles immatriculations, Citroën se classe 4ème dans les plus grosses ventes, Hyundai 7ème et Fiat 9ème sur le podium des 10 meilleures ventes.

En face, le nombre de véhicules utilitaires (VU) immatriculés en 2 mois 2018 a augmenté de 2 %, avec notamment la Mahindra qui booste ses ventes de 18 % et la Ssangyong dont les ventes bondissaient de 54 % en 2 mois 2018. Il ressort de la lecture, par concessionnaire, des meilleures ventes en 2 mois 2018 que c’est Afrique Auto qui tient le haut du podium avec 1.278 nouvelles immatriculations, devant Ennakl qui ne fait que 717 nouvelles immatriculations malgré un portefeuille de 5 marques, suivi par Artes, Aures, BSB et Stafim.

Khaled Boumiza

par -

Sauver la Tunisie, son économie, une nécessité absolue, doublée d’une urgence, tout le monde en convient, même les esprits les plus retors. Le problème c’est comment, par quels voies et moyens. A ce niveau la cacophonie est de sortie, les désaccords profonds. Et c’est justement ce qui prive le gouvernement de la mobilisation de toutes les énergies vers le sursaut qui va tirer la Tunisie de ce mauvais pas. A en croire les bruits émanant de la rue, la potion proposée – la Loi de finances 2018 – par le chef d’orchestre, Youssef Chahed, adoubé par le principal bailleur de la Tunisie, le FMI, est trop amère. Si on se tourne du côté des partis politiques, le mécontentement, certes dicté par des calculs électoralistes et des intérêts partisans, est aussi criant. Les défections autour du Document de Carthage l’illustrent à merveille. Si on prend le pouls des organisations nationales phares, signataires du Pacte de Carthage auquel le chef du gouvernement doit sa légitimité, la discordance est de mise. Les sons de cloche entre l’UTICA, l’UGTT et l’UTAP sont tellement différents que la seule chose qu’on retient est la défense des intérêts des parties, exactement comme le font les partis politiques.

Majoul plus coriace que Bouchamaoui !

L’ex-présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, que ses soutiens ont suppliée de rester à la tête de la centrale patronale, disent-ils, a bataillé jusqu’au bout contre la Loi de finances 2018 et ce, dans tous les déplacements qu’elle faisait dans le pays. Elle s’est retirée certes, pour panser ses plaies et se recentrer sur son business, mais elle a laissé une empreinte et surtout des dernières volontés, un héritage prégnant. Dans son discours lors du Congrès électif, elle a demandé aux patrons de ne pas s’accoquiner avec le personnel politique, ce qui en dit long sur la cote d’amour des politiciens chez les entrepreneurs, mais elle a aussi demandé à ses collègues de ne pas brader leurs intérêts et de se défendre énergiquement. Choses que manifestement le successeur de Bouchamaoui, Samir Majoul, a l’intention de faire. Il l’a dit haut et fort dans une radio privée de la place, Shems FM et un de ses collaborateurs, Khaled Sallemi, l’a martelé à Africanmanager. Mieux, le nouveau patron des patrons va tenter de faire graver sur le marbre les préoccupations de son organisation, en demandant qu’un volet économique soit inséré dans le Document de Carthage. Nous ne sommes pas sûrs, à ce stade, que l’UTICA obtiendra gain de cause, mais on peut être certain qu’elle va tirer dans les pattes de Chahed, exactement comme l’a demandé Bouchamaoui. Mais peut-on reprocher à la centrale patronale de demander la lune, alors que médecins, enseignants, ouvriers des chantiers, juges et tous ceux qui s’activent dans ce pays le font ?!

Taboubi ne lâchera rien

Le secrétaire général de l’UGT T,  Noureddine Taboubi, est revenu samedi 27 janvier 2018 sur un de ses exercices favoris en ce moment : Tirer sur la classe politique et lui donner des cours magistraux. En a-t-il le droit, la légiitmité, la compétence ? C’est aux principaux intéressés, les politiciens, de le dire. Ce qu’on constate en tout cas c’est qu’ils ne mouftent pas face aux sorties au vitriol, répétées, du leader de la centrale syndicale. “La Tunisie fait face à des difficultés socioéconomiques qui imposent la conjugaison des efforts de tous“. Les partis politiques sont appelés à prendre leurs responsabilités pour offrir au pays un climat démocratique sain, respirable. C’est la dernière leçon administrée par Taboubi et rapportée par la TAP. C’était lors du neuvième congrès ordinaire de l’Union régionale du travail à Ben Arous. On ne prend pas beaucoup de risques en affirmant que là encore, comme les fois précédentes, les partis politiques ne piperont pas mot, ne répliqueront pas. Taboubi a peut-être raison, finalement, de dire ce qu’il dit. Mais il n’a pas dit que ça, il a aussi fait savoir que l’UGTT entend jouer son rôle national et politique, notamment pour imprimer sa marque dans les politiques ayant trait à la justice fiscale, la réforme des systèmes éducatifs et sanitaires et la mise en place d’un autre modèle de développement. Autre engagement de Taboubi, lequel assurément terrorise Chahed, à la tête d’un Etat qui dépense déjà trop pour ses fonctionnaires : l’UGTT ne lâchera rien sur les échéances fixées pour les négociations sociales. Comprenez par là les discussions autour des hausses de salaire. Au moins le chef du gouvernement est averti !

Zrar a des demandes, comme les autres 

L’UTAP était également de sortie samedi 27 janvier 2018. Décidément c’était une journée faste ! “L’agriculture est un secteur qui peut résoudre les problèmes de la Tunisie“, a déclaré le chef de file des agriculteurs et des pêcheurs, Abdelmajid Zar, lors de l’ouverture du 12ème congrès de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Nabeul. Il n’a pas tort quand il dit que son secteur “offre plusieurs solutions réelles qui pourront résoudre les problèmes du secteur, tels que l’exploitation des terres domaniales abandonnées, alors que des milliers de jeunes sont au chômage“. Entre autres doléances, il a demandé – lui aussi, comme tout le monde ! – que le gouvernement mette le paquet sur la stratégie de dessalement de l’eau de mer pour résoudre les problèmes cycliques de sécheresse, qui vont monter crescendo avec le réchauffement climatique. C’est justement l’objet du déplacement du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Samir Taieb, à Djerba, dit-il, un voyage qui lui a valu bien des déboires à l’ARP, où il devait se présenter face à des députés très remontés et qui avaient une tonne de reproches à lui faire. Les élus n’ont pas du tout apprécié le fait que Taieb leur pose un gros lapin, et l’ont fait vertement savoir en boycottant la séance plénière à laquelle pourtant assistait le secrétaire d’Etat qui sans doute maitrise les dossiers aussi bien que son patron, voire plus. Une séance plénière ajournée, une de plus. C’est toute la Tunisie qui perd dans cette affaire un temps précieux, un luxe que pourtant elle ne peut plus se payer…

Le pays ne manque pas de projets, en dépit des lenteurs administratives et autres grains de sables – litiges fonciers surtout – dans la machine. Pas plus tard que le samedi 27 janvier 2018, on a appris que le gouvernement va se pencher, le 02 février 2018, sur le projet du port en eaux profondes d’Enfidha et que les études géotechniques pour la construction du barrage de Boulaâba, dans la délégation de Kasserine-nord, ont démarré. Donc des choses intéressantes pour l’économie du pays il s’en passe, ce qui fait défaut c’est une vraie unité nationale et une convergence de vues autour des intérêts supérieurs de la nation. La classe politique et les organisations nationales ont tort de minorer la capacité de nuisance de cette désunion.

par -

Le membre du bureau exécutif de l’UTICA Khaled Sallemi a fait savoir dans une déclaration à Africanmanager que pour que la Tunisie puisse sortir de la crise économique qui sévit dans le pays et dépasser la pléthore de difficultés financières, il faudra encourager, en priorité, l’investissement intérieur et étranger.

Et de préciser que l’ensemble des mesures inscrites dans le cadre de la loi de finances 2018, à l’instar de l’augmentation des tarifs douaniers et les taxes à la consommation ainsi que la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée, a entraîné la détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens, notamment celui de la classe moyenne et de la couche à faibles revenus. Cette situation de crise s’est encore accentuée avec la dépréciation du dinar tunisien et son recul face à l’euro de près de 20%. La chute du dinar a été constatée depuis le mois d’avril dernier.

Il a en outre indiqué que le nouveau président de l’UTICA, fraîchement élu, Samir Majoul, avait exprimé l’attachement de la centrale syndicale au document de Carthage, appelant toutefois à y ajouter un nouveau chapitre dédié à l’économie du pays. “Ça suffit avec la politique… Nous avons besoins de l’économie pour sauver le pays…“, a assuré Sallemi.

Le membre du nouveau bureau exécutif de l’UTICA a sous un autre angle indiqué que la poursuite de la perturbation dans la production de phosphate et la baisse du rendement du secteur touristique tunisien ont impacté la situation économique du pays et aggravé la crise financière.

Il a en outre indiqué que la baisse des prix des nuitées dans les hôtels et établissements d’accueil a encore pénalisé le secteur, lequel n’a toujours pas retrouvé son rythme habituel. S’y ajoute la hausse du nombre des travailleurs dans le bassin minier de 9 à 27 mille.

Sallemi n’a pas manqué en outre de souligner l’importance de l’aspect sécuritaire pour booster l’investissement, attirer des capitaux et stimuler le tourisme.

Il a ajouté que la crise économique et financière qui frappe depuis des années la Tunisie a été amplifiée par le déficit commercial qui a atteint, selon lui, des niveaux records. De plus, la hausse des prix et la détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens va pousser les gens à demander des augmentations salariales.

par -

Dans une interview accordée à Africanmanager, l’expert économique et ancien ministre des Finances, Hakim Ben Hammouda a fait savoir qu’il semble que le gouvernement ait décidé pour le moment de maintenir l’ensemble des dispositions de la Loi de Finances 2018 et de n’y rien toucher.

Il a fait toutefois remarquer que la fragilité des équilibres financiers emmèneront le gouvernement à définir une Loi de finances complémentaire relative à cette année.

Il est à rappeler à ce propos que des manifestations et des mouvements d’émeutes ont récemment éclaté dans certaines régions de la république même dans les nuits, et ce en signe de protestation contre la hausse des prix constatée depuis ce mois de janvier.

En effet, selon des experts, la hausse des prix des produits de consommation, due à l’augmentation de la TVA décidée dans le cadre de la loi de finances 2018, a entraîné une aggravation de l’inflation d’au moins 1% par rapport aux niveaux moyens de l’inflation enregistrés en 2017.

par -

La résolution des problèmes économiques du pays et des déséquilibres financiers ne doit pas se faire au détriment de l’entreprise économique et à travers une augmentation de l’imposition ayant porté la pression fiscale à des niveaux records, menaçant non seulement la compétitivité des entreprises, mais aussi leur survie et leur pérennité“, a déclaré, mercredi, la présidente de l’Utica, Wided Bouchamaoui, dans son discours d’ouverture du 16ème congrès de l’organisation patronale.
Bouchamaoui a également évoqué les difficultés rencontrées par les entreprises économiques durant les dernières années, notamment “la dégradation du climat des affaires, la défaillance des services logistiques liés à l’export (services portuaires et aériens), la vétusté des infrastructures, l’ampleur prise par la contrebande et le commerce parallèle, et les revendications démesurées
Et de poursuivre : “malgré toutes ces difficultés, l’entreprise économique a continué à faire des sacrifices énormes, à l’instar de la contribution exceptionnelle de 7,5% inscrite dans la loi de finances 2017, dans l’espoir que cette contribution puisse favoriser la croissance, l’investissement et l’emploi. Un espoir qui a été trahi par la loi de Finances 2018, qui a apporté son lot de nouvelles impositions“.

La présidente du bureau sortant de l’UTICA, a ainsi, considéré que “l’entreprise économique ne peut plus supporter plus d’imposition“, rappelant “le rôle que devrait jouer l’Etat dans l’application de la loi et la protection de l’économie organisée et des secteurs fragilisés“.
Elle a, encore, affirmé que “les priorités de l’organisation patronale durant les dernières années ont été axées autour du rétablissement de la valeur travail, de la lutte contre les grèves anarchiques et des dépassements de la loi, de l’encouragement de l’initiative privée, de l’amélioration du climat des affaires et du climat social, et du soutien de la lutte contre l’économie parallèle
Déplorant des résultats qui n’étaient pas à la hauteur des attentes, la présidente du bureau exécutif sortant a souligné toutefois “qu’il y a eu, au moins, une prise de conscience générale quant à l’importance de ces défis“, formulant l’espoir que cette conscience puisse se traduire en actions et en engagements en faveur de la relance de l’économie nationale.

Bouchamaoui a en outre rappelé le rôle joué par l’organisation patronale dans le dialogue national, et dans la résolution des crises politiques ayant secoué le pays après la révolution, appelant les affiliés de l’organisation patronale à la maintenir loin des tractations et des calculs politiques. “Tous ceux qui veulent faire de la politique, qu’ils la fassent loin de l’Utica“.
Elle a aussi estimé que “les efforts des organisations nationales et des partis politiques doivent être orientés durant la prochaine étape vers des programmes et des visions capables de faire sortir le pays de sa crise“, appelant à “faire du pari sur le secteur privé un choix stratégique national“.
Elle a aussi fait savoir qu’une étude sur la perception de l’UTICA par l’opinion publique a été confiée à un bureau d’étude spécialisé, son élaboration a atteint aujourd’hui ses phases finales et elle sera mise à la disposition du nouveau bureau qui sera élu lors du congrès.

par -

Le titre est une reprise de celui d’un film français à succès. Mais ce qui se passe avec les prix en Tunisie n’en est pas moins un véritable cinéma, plein d’effets 3D, de cascadeurs, d’effets sonores et d’effets visuels. Un cinéma où tout le monde accuse un gouvernement, avec des députés représentants du peuple qui ont pourtant librement adopté les mesures qu’il a proposées pour essayer de redresser une situation de grave crise économique. Mission dont il avait aussi pris la charge officielle du même Parlement dont les députés tentent depuis quelques jours de descendre en flammes le texte qu’ils ont voté.

Précisons d’abord, en ce qui concerne les prix, qu’il y a des prix libres où la marge bénéficiaire est librement fixée par les opérateurs commerciaux et des prix administrés par l’Etatn qui en est responsable.

En décembre2017, l’indice de prix à la consommation a connu une augmentation de l’ordre de 0,4 % par rapport au mois de novembre 2017, et ce en raison notamment de l’enchérissement des prix du groupe alimentation et boissons de 0,3 %, les prix des articles d’habillement et chaussures de 1.3% ainsi que les prix des vêtements de 1,4% et des chaussures de 1,1%, des voitures de 1,2% et au niveau des dépenses d’utilisation des véhicules de 0,6%. De plus, le groupe meuble, articles de ménage et entretien du foyer a augmenté de 0,5%, suite à la hausse des prix des appareils ménagers de 0,6% et des prix de verrerie, vaisselle et ustensiles de 0,9%.

Il est important de signaler, comme le fait l’INS, que «sur un an, les prix de produits libres (non administrés) ont augmenté de 7,1% contre 3,9% pour les prix administrés. Les produits alimentaires libres ont connu une augmentation de 9.7% contre 0,8% pour les produits administrés». Ce ne sont donc pas les prix sur lesquels l’Etat a un certain pouvoir qui ont augmenté, mais ceux qui sont libres. Cherchez l’erreur !

Dans le tableau ci-dessus, l’INS détaille les résultats du taux d’inflation de l’année 2017 par principaux groupes. D’une année à l’autre, la variation des prix y est importante, très importante. Mais aussi, comme le montre ledit tableau, des prix de produits non administrés.

Augmentation des huiles alimentaires de 20%, des légumes de 11.9%, des fruits de 9,9%, des poissons de 8 %, des viandes de 7,6%, des boissons de 4.1% sous l’effet de la hausse des prix d’eaux minérales, boissons gazeuses et jus de fruits de 4.4% et des prix des cafés et thé de 3.4%.

Les prix des articles d’habillement et chaussures ont augmenté de 6,7% en glissement annuel, en raison de l’augmentation des prix des chaussures de 5,2%, des vêtements de 7,4 % et des tissus de 5,4%. Le groupe logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles a connu une augmentation de 4.2% en glissement annuel, du fait de la hausse des loyers de 4.3%, des tarifs d’entretien des logements de 10.6% et des tarifs de l’électricité et gaz de 2.9%. Les prix du groupe meubles, articles de ménage et entretien du foyer ont également augmenté de 5.7% durant l’année 2017, suite à l’augmentation des prix des meubles, tapis et autres revêtements de 4.5% , des prix des appareils ménagers de 5.0%, des prix de verrerie, vaisselle et ustensiles de 9.9% et des prix des biens et services d’entretien courant du foyer de 6.7%. Augmentation de 4,2% du groupe santé, suite à la hausse des prix des médicaments de 2,5% et des prix des services ambulatoires privés de 7,4%. Hausse des tarifs du groupe transport de 5,9%, suite à l’augmentation des prix de véhicules de 9,6%, des dépenses d’utilisation des véhicules de 6,3% et des services de transport de 0,4%. Rien ou presque n’a été épargné en 2017, ni l’enseignement (+6 %), ni les hôtels (+7 %), ni même les prix des services restaurants et cafés (qui ne paient par ailleurs que très très peu de taxes et fiscalités à l’Etat) de 7,4%, les soins personnels (+7,6 %) et les assurances-voitures (7,3%).

Tout cela c’est 2017, mais qui laisse des traces pour 2018. Cela s’appelle l’inflation héritée. Pour 2018 proprement, on ne connait pas encore les chiffres.

  • Les véritables responsables et là où le gouvernement devrait «sévir»

L’objet de toutes les manifestations, pacifiques faut-il le souligner sans oublier leurs effets dévastateurs en casses et incendies des biens publics et privés, sont de simples appréhesions que les mesures de la loi de finances (LF) 2018 ne viennent allourdir la note, par l’effet de la hausse généralisée d’un point de TVA. Encore faut-il rappeler que la masse des produits adminstrés ne représente que peu de choses dans le pagnier de la ménagère.

Avec des exemples concrets, le ministre conseiller du chef du gouvernement Taoufik Rajhi démontre à Africanmanager le peu de poids des mesures de la LF 2018 sur le pouvoir d’achat du citoyen tunisien. «Selon les simulations entreprises par le gouvernement pour voir l’impact de la hausse de la TVA sur les prix, l’effet varie, selon le panier de biens, de 28 millimes à 77 millimes avec une moyenne de 72 millimes pour chaque 10 Dinars dépensés». Et Rajhi de préciser que «il n y a que 4 produits alimentaires qui sont soumis aux droits à la consommation. Il s’agit du chocolat, des biscuits, des glaces et des produits sucrés. Le reste concerne les montres en or, les yachts, le granite et les produits de beauté. Autant dire que ce sont des produits de luxe».

D’où proviendrait donc une possible détérioration du pouvoir d’achat ? La réponse est claire et n’est qu’un secret de Polichinelle. «Il y a, d’abord, les circuits distribution qui appliquent des marges exorbitantes par rapport aux coûts de production. Il y a, ensuite, les groupements et les pratiques illicites de monopolisation pour contrôler le marché et créer la rareté pour faire augmenter le prix. Il y a, enfin, la dépréciation du dinar qui engendre une inflation importée. S’attaquer au problème de la hausse des prix, c’est lutter contre ces mécanismes et non contre la TVA», assure le conseiller de Youssef Chahed.

C’est là que le bât blesse. C’est là aussi que le gouvernement devrait essayer, dans la mesure du possible et face à une imminente situation de désobéissance civile en la matière, de sévir. Cela par exemple en multipliant, sinon en triplant et sextuplant, les campagnes de contrôle économique avec force présence médiatique pour donner confiance à la population et la rassurer sur le fait que l’Etat veille au grain. Tenter aussi de faire appel au sens patriotique de ces opérateurs commerciaux, pour qu’ils acceptent de diminuer leurs bénéfices au profit des moins nantis. C’est aussi cela la redistribution de la richesse !

par -

Il n’est pas le ministre des Finances, mais il en connait tous les arcanes. C’est un survivant du gouvernement «Essid» et il est l’homme des grandes réformes dans le gouvernement de Youssef Chahed. «Il y a d’abord les circuits distribution qui appliquent des marges exorbitantes par rapport aux coûts de production. Il y a ensuite les groupements et les pratiques illicites de monopolisation pour contrôler le marché et créer la rareté pour faire augmenter le prix. Il y a enfin la dépréciation du dinar qui engendre une inflation importée», affirme-t-il.

Avec lui, Africanmanager a évoqué, dans le détail, la question de la hausse des prix qui secoue depuis quelques jours la Tunisie, avec une vague de protestations, pacifiques et destructrices. Interview :

Quels effets, selon vos scénarios, pourraient avoir les mesures fiscales de la LF 2018, sur les prix et dans quels domaines ?

Lors de la préparation de la loi de finances 2018, nous avons entrepris des simulations pour voir l’impact de la hausse de la TVA sur les prix. L’effet varie, selon le panier de biens, de 28 millimes à 77 millimes avec une moyenne de 72 millimes pour chaque 10 Dinars dépensés. Autant dire que l’effet est marginal et ne pourrait expliquer la hausse des prix héritée de l’année 2017. Le 1 point de TVA ne rapporte que 330 MDT sur une année, ce qui voudrait dire que ce n’est pas lui la source de la hausse des prix. En plus, il s’inscrit parfaitement dans une réforme fiscale adoptée depuis 2013. Comparativement à nos voisins et aux taux standards, en matière de TVA, nous sommes très en-dessous.

Comment cela ?

Au Maroc le taux de TVA est de 20 %. En Algérie il est de 19 %. En Italie il est de 21% et en France il est de 20%, alors qu’au Portugal il est de 23%.

Et la hausse des droits à la consommation ?

Même les biens soumis aux augmentations de droits de consommation ont été choisis de sorte que les biens essentiels ne soit pas impactés. Il n’y a que 4 produits alimentaires qui sont soumis aux droits à la consommation : Il s’agit du chocolat, des biscuits, des glaces et des produits sucrés. Le reste concerne les montres en or, les yachts, le granite et les produits de beauté. Autant dire que ce sont des produits de luxe.

En vous écoutant, on a l’impression que la loi de finances n’est pas la cause de la hausse des prix observée aujourd’hui !

La loi finances, et en particulier les mesures de TVA, ne sont pas responsables de la hausse de l’inflation observée depuis 2017. D’ailleurs, la TVA ne s’applique pas aux produis agricoles et aux produits administrés de première nécessité, qui n’ont d’ailleurs pas augmenté. Le gouvernement continue de subventionner les produits de base à hauteur de 1.500 MDT. Il a aussi pris l’engagement de ne pas augmenter ces prix. La loi de finances aura sûrement un impact, mais marginal, qui devrait se faire sentir au cours de l’année. Mais la loi de finances 2018 n’est pas responsable de la hausse des prix. Il est de toutes les façons très tôt de le constater et donc de le dire.

Es-ce que vous êtes en train de contester la hausse des prix et la baisse des pouvoirs d’achat ?

Pas du tout. Le gouvernement s’est attaqué, depuis 2017, à la hausse des prix dont l’origine est triple. Il y a, d’abord, les circuits distribution qui appliquent des marges exorbitantes par rapport aux coûts de production. Il y a, ensuite, les groupements et les pratiques illicites de monopolisation pour contrôler le marché et créer la rareté pour faire augmenter le prix. Il y a, enfin, la dépréciation du dinar qui engendre une inflation importée. S’attaquer au problème de la hausse des prix, c’est lutter contre ces mécanismes et non contre la TVA.

On accuse le gouvernement de ne pas avoir accompagné ces augmentations, prévues dans la LF 2018, de mesures sociales. Pourquoi n’y avez-vous pas pensé ?

Au contraire, nous avons pensé et pris plusieurs mesures à cet effet. D’abord, nous avons maintenu les engagements d’augmentation salariaux en janvier, février, mars et avril. Nous avons aussi promis la revalorisation de la prime des familles nécessiteuses. Plusieurs mesures sont à l’étude, relatives à l’évaluation financière de cette prime qui devra tenir compte des contraintes budgétaires. Car nous ne faisons pas les choses à la légère.

Serait-il possible ou imaginable, après les manifestations, de suspendre la LF 2018, ou de faire une LF complémentaire ?

La Loi de finances de 2018 est une loi de rigueur économique et non d’austérité. Elle permettra de réduire l’endettement et de mettre les finances publiques sur une trajectoire de consolidation. La LF 2018 est cependant un simple alibi pour des considérations électorales, ce qui est irresponsable et n’a rien à avoir avec la hausse des prix constatée depuis 2017. Le pays a besoin de stabilité et de consensus autour des objectifs économiques. L’essentiel est d’avoir des mesures accompagnatrices pour alléger l’impact de certaines mesures sur les populations vulnérables. Suspendre la LF 2018 serait catastrophique pour le pays, mais une LF complémentaire est toujours envisageable.

par -

Une vague de protestations est en train de secouer plusieurs gouvernorats de la République, les jeunes appellent à la modification de la loi de finances 2018, qui touche plus les plus pauvres, d’après eux. Alors que le gouvernement affirme que le texte n’impacte pas les produits subventionnés !

Plusieurs manifestations, qui avaient débuté pacifiquement, ont rapidement tourné aux échauffourées avec la police, des biens publics ont été saccagés, des magasins pillés, notamment à l’Ariana, Tebourba relevant du gouvernorat de Manouba et à Béja.

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 12 janvier 2018 à Tunis, le ministre du Commerce, Omar El Bahi, a dénoncé les actes de vandalismes commis par de nombreux manifestations et a affirmé que le gouvernement reste attaché à tous les articles de la loi de finances 2018.

Il a ajouté que les récentes augmentations des prix ne concernent pas les produits subventionnés par l’Etat et que les mesures prises permettront de réduire le déficit commercial et budgétaire. Il a encore expliqué que le gouvernement a présenté ce projet de loi aux députés de l’ARP après avoir mené une série de discussions avec des organisations nationales, affirmant dans le même contexte que le projet de loi en question a été adopté et que l’Etat, démocratique, est appelé à respecter et à appliquer tous les articles de cette loi.

Sur un autre volet, El Bahi a reconnu qu’il y a quelques mesures qui sont difficiles, néanmoins elles sont nécessaires afin d’améliorer la situation des finances publiques.”Nous sommes soumis depuis ces sept dernières années à l’effet boule de neige avec l’aggravation de l’inflation, de l’endettement et une dévalorisation flagrante du dinar…”.

Après plusieurs années de marasme économique et d’embauches massives dans la fonction publique, notre pays est encore confronté à d’énormes difficultés financières. L’inflation a dépassé les 6% fin 2017 tandis que dette et déficit commercial atteignent des niveaux très inquiétants. La Tunisie, seule rescapée du Printemps arabe, est certes parvenue jusque-là à faire avancer sa transition démocratique, mais elle n’en reste pas moins engluée dans la morosité économique et sociale…

par -

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Tabboubi, a réitéré jeudi le soutien de la centrale syndicale aux différents mouvements pacifiques organisés pour protester contre la hausse des prix, la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens et l’augmentation du taux de la pauvreté et du chômage.
Toutefois, l’UGTT rejette toute protestation nocturne qui dégénère en actes de violence et de vandalisme portant atteinte aux biens publics et privés, a souligné Tabboubi.
Intervenant lors du 9ème congrès de l’Union Régionale du Travail (URT) de l’Ariana, Tabboubi a indiqué avoir eu un entretien mercredi avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et l’a appelé à accélérer la prise de décisions politiques qui prennent en considération les catégories marginalisées fortement touchées par la loi de finances 2018.

Le responsable syndical a également appelé le chef du gouvernement à annoncer, dans les prochaines heures, une augmentation du SMIG et des allocations accordées aux familles nécessiteuses ainsi que les pensions dérisoires qui ne dépassent pas dans plusieurs cas 70dinars. Tabboubi a aussi signalé l’impératif d’accorder davantage d’importance aux jeunes victimes d’abandon scolaire.
Suite à la réunion du bureau exécutif national de l’Union tenue ce jeudi, une série de propositions seront annoncées visant à préserver le pays de tout danger, a encore précisé la même source.
Tabboubi a appelé par la même occasion les différents partis politiques à prévaloir l’intérêt du pays et à assumer leurs responsabilités, notamment en cette conjoncture actuelle qualifiée de très difficile.

par -

Le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mabrouk Kourchid, a effectué ce jeudi 11 janvier 2018, une visite de travail au gouvernorat de Sousse et a rencontré plusieurs hauts cadres.

Kourchid a déclaré que cette visite s’inscrit dans le cadre de la prospection de lots de terrains administratifs non exploités ainsi que celle de la zone industrielle de Sidi Adel Hani et d’autres lots dans ladite région .

Il a, dans ce contexte, annoncé que des contrats de régularisation de plusieurs affaires foncières seront distribués à cinq propriétaires à Sousse.

Sur un autre volet, le ministre a démenti les informations sur son intention de rejoindre Nidaa Tounes, précisant qu’il s’agit d’un grand parti, cependant il préferr rester indépendant.

S’agissant de ses dernières déclarations sur la montée des prix et qui ont fait grand bruit sur les réseaux sociaux, Kourchid a encore précisé que la loi de finances 2018 englobe une série de mesures axées sur la prise en compte du pouvoir d’achat du Tunisien, affirmant que cette loi n’a jamais touché les produits subventionnés mais seulement des produits complémentaires – dits de luxe.

En ce qui concerne les derniers mouvements de protestation qui ont secoué plusieurs régions du pays, le ministre a dénoncé les actes de vandalisme et de pillage, ajoutant que les Tunisiens restent toujours unis.

par -

Natif de Ghardimaou à Jendouba, Mongi Rahoui effectue ses études primaires et secondaires entre Tunis et Jendouba avant d’obtenir une maîtrise en gestion et comptabilité à l’École supérieure de commerce et de comptabilité de l’Université de Marseille, un diplôme d’études supérieures en techniques comptables à l’Institut national des techniques économiques et comptables de Paris et un mastère spécialisé en ingénierie financière à l’École supérieure de commerce de Tunis. C’est aussi un banquier à la BNA, réélu en octobre 2014 à l’ARP après un passage à l’ANC et un candidat malheureux à la présidence du Parlement panafricain en 2015 où il n’obtient que 9 voix devant le Camerounais Roger Nkodo Dang.

  • Un fou qui s’ignorait encore ?

Le lundi 27 novembre 2017 (les discussions sur le projet de la loi de finances 2018 avaient alors démarré depuis le 21 du même mois) à «Expresso» chez Wassim Belarbi, Mongi Rahoui déclarait que «faire tomber la loi de finances représente un grand danger pour le pays et menacerait sa stabilité, surtout sur le volet dépenses d’investissement». Et le président de la commission financière de l’ARP d’ajouter : «est politiquement fou, celui qui ferait tomber la loi de finances». Une quarantaine de jours plus tard, force est de constater qu’il est lui-même devenu ce qu’il craignait pour les autres : un «fou» !

Devant l’ARP qui consacrait une plénière à la discussion sur les manifestations nocturnes «pacifiques», le même président de la commission financière qui avait adopté le PLF 2018 se rebiffait et accusait le gouvernement d’être l’instigateur de ce texte, pourtant adopté par l’ARP et accusant le gouvernement d’être «les criminels et les responsables d’une telle loi. Nous vous avions dit que c’est vous qui alliez faire descendre le peuple dans la rue (…). Nous vous avions dit que c’est une loi injuste, une loi qui consacre la persécution sociale, qui détruit le pouvoir d’achat du citoyen, qui ne s’intéresse pas aux démunis. Personne ne nous a écoutés. La TVA a été augmentée par le gouvernement, la CSS mise en place par le gouvernement, les prix des carburants, de l’électricité et du gaz et le transport sont le fait du gouvernement tout comme les droits d’enregistrement et les droits de douane. Le tout adopté par la majorité».

L’article 3 de la Constitution tunisienne de 2014 dit pourtant que «le peuple est le titulaire de la souveraineté et la source des pouvoirs. Il les exerce à travers ses représentants élus ou par voie de référendum» et l’article 95 de la même Constitution stipule que «le Gouvernement est responsable devant l’Assemblée des représentants du peuple». C’est donc le titulaire de la souveraineté et la source des pouvoirs qu’est l’ARP, dont le député Mongi Rahoui est membre, qui a voté la LF 2018 et non le gouvernement. Ce dernier a proposé et l’ARP de Rahoui, en commission puis en plénière, a disposé.

  • Le député FP qui applique le «vote utile»

Ce jeudi 11 janvier 2018, toujours sur Express FM, Mongi Rahoui a répondu au chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui accusait le Front Populaire d’être derrière les dernières manifestations «pacifiques » qui ont été émaillés par de lourds préjudices aux biens, publics et privés. « N’impliquez pas le Front Populaire dans le système de corruption, c’est ce même système corrompu qui vous a financé et qui vous a aidé à accéder au pouvoir. C’est vous qui, avec la coalition gouvernementale, avez validé cette injuste Loi de finances». Chahed n’en était pas déjà à sa première accusation du même genre !

Sans pour autant aller jusqu’à faire sa mea-culpa de député et celle de son parti, dans le fait d’adopter ou de participer à l’adoption de la LF 2018, dont il demande désormais la suspension pure et simple, Mongi Rahoui avoue enfin avoir voté «à l’insu de son plein gré» et évoque un vote utile. «Le Front Populaire était obligé de valider la loi même si cela était un mauvais choix, il s’agissait uniquement d’un vote utile et nous étions contraints de le faire par arbitrage». Manifestement, l’utilité de ce vote ne lui est pas encore parvenue. Sûrement le député du Front Populaire (FP) n’avait pas jusqu’alors tiré les mêmes leçons que la population qu’il représentait à l’ARP de l’expérience du vote utile par laquelle son second rival, après Ennahdha, Nidaa Tounes, était monté au pouvoir !

Tout cela dit, il est pour le moins bizarre de constater un tel revirement de la part d’un député qui a fait solennellement le serment de «Je jure par Dieu Tout-Puissant de servir la patrie avec dévouement, de respecter les dispositions de la Constitution et d’être totalement loyal envers la Tunisie», comme le stipule l’article 59 de la Constitution. Il avait certainement cru servir la patrie par le «vote utile» qu’il disait avoir fait et ne s’était pas rendu compte qu’il était devenu un guignol… de l’info et un député qui se parjure !

Le 10 janvier sur un autre plateau TV, son collègue Ahmed Seddik confirmera ce parjure. Force est alors de se poser les questions suivantes : Qu’est-ce qui s’est passé pour que les députés du FP se parjurent ? Pourquoi avoir attendu d’abord que le projet de loi de finances soit voté en plénière et ensuite le mois de janvier pour crier au loup ? Il y a anguille sous roche !

par -

Alors que les mouvements de contestation se multiplient dans tout le pays contre les augmentations des prix et que des bandes suspectes sortent nuitamment, sous couvert de protestation, pour piller et détruire les biens publics et privés, le ministre du Commerce, Omar El Béhi, considère dans une interview accordée à l’Agence TAP que les récentes augmentations des prix sont “louables”, puisqu’elles visent à réduire les déficits commercial et budgétaire.
Il a rappelé que ces augmentations, qui ne concernent pas les produits subventionnés, “ont été largement discutées dans le cadre de la loi de finances 2018“. Une façon de mettre dans l’embarras le parti qui a voté le texte à l’ARP et le conteste dans la rue

Pourquoi le gouvernement a décidé ces augmentations au lieu d’entreprendre d’autres réformes ?

Depuis sept ans, on vit dans le même cercle vicieux, le pays souffre d’un déficit de la balance commerciale et d’un déficit budgétaire qui créent de l’inflation, aggravent l’endettement et provoquent la dépréciation du dinar. Pour arrêter cette spirale, on prévoit de baisser le déficit du budget à 4,9% en 2018 et 3% en 2020.
Le but est de rétablir les équilibres financiers du pays et de stabiliser le dinar. Nous devons augmenter les taxes pour pouvoir générer plus de ressources au profit de l’Etat. Le fardeau fiscal, qui ne concerne pas les produits de base, est partagé entre tous. Les catégories défavorisées ou la classe moyenne ne sont pas les seules à faire face à ces taxes, les entreprises sont également concernées par ces augmentations, cela veut dire que même la classe aisée est concernée par ces augmentations.

Les augmentations des prix, décidées dans le cadre de la loi des finances 2018, consistent en une augmentation de 1% de la TVA sur plusieurs produits dont les médicaments, la hausse du droit de consommation sur certains produits ainsi que des droits de Douane, surtout pour les produits de luxe.
Les objectifs du gouvernement sont également de limiter les importations et les contrôler, d’où le rétablissement des droits de douane sur les produits d’origine turque à hauteur de 90% des tarifs appliqués dans le régime commun, à partir du 1er janvier 2018.
N’oublions pas que les produits subventionnés ne sont pas concernés par ces augmentations. L’Etat supporte un coût de subvention de 3520 millions de dinars : 1570 MD de subventions des produits de base et un montant de 1500 MD pour les hydrocarbures et un autre de 450 MD pour le transport. Il y a aussi la subvention par l’Etat du sucre qui coûte 100 MD ainsi que celles de l’eau, de l’électricité… Comment un Etat libéral peut supporter un tel niveau de subventions ?

Pour faire baisser les prix pour le consommateur, on est également en train d’importer 2300 tonnes de viandes rouges qui sont vendues à des prix étudiés (17 dinars/kg).
En ce qui concerne les augmentations dans le secteur immobilier, l’instauration d’une TVA de 13% aidera à organiser davantage le secteur et aura réellement un impact de 3% sur le prix de l’immobilier.

Quelles sont les mesures prises par l’Etat pour faire face aux augmentations incontrôlées des prix ?

Ces augmentations sont accompagnées d’une intensification du contrôle des prix. Tout cas de dépassement doit être dénoncé. Les citoyens, les médias et les politiciens sont tous concernés et sont appelés à signaler les cas d’augmentations illégales et dénoncer chaque cas de dépassement, afin de limiter les cas d’augmentation illégale des prix.
L’Etat surveille la distribution de certains produits comme le sucre ou l’huile végétale. De grandes campagnes sont organisées dans les régions pour contrôler la distribution de ces produits. Nous procédons au contrôle continu de tous les produits, même de ceux importés et ce depuis la première ligne, par exemple dans les ports, dans le but de réguler l’importation.
Le but étant de limiter ces importations, surtout que le déficit avec certains pays comme la Turquie a atteint 1850 MD. Nous procédons aussi à l’attribution de certificat de vente libre et à l’augmentation des taxes douanières afin de pouvoir rationaliser les importations et protéger l’industrie locale.
La spéculation est le résultat du manque de la production ou de l’offre, mais l’Etat fait des efforts pour faire face à ce phénomène et intervient à chaque fois pour lutter contre ce fléau. C’est un travail de tous les jours pour le département.

Quelle solution a prévu l’Etat pour faire face au problème du commerce parallèle qui représente plus de 50% de l’économie nationale ?

L’Etat n’épargne aucun effort pour lutter contre ce fléau. Un nouveau décret gouvernemental relatif à la création des bureaux de change a été récemment promulgué, dans ce cadre, par le chef du gouvernement.
Cette mesure permettra l’orientation des opérations de change effectuées illégalement vers les circuits légaux, ainsi que de soutenir les efforts de l’Etat dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Un projet de loi relatif à l’amnistie de change est également proposé à l’ARP. Il est relatif à l’amnistie des infractions de change commises par les Tunisiens résidents à l’étranger.
Il faut créer des alternatives pour les personnes actives dans le secteur informel, la répression n’est pas la seule solution. Il faut les pousser à intégrer le secteur formel et ce en restreignant leurs activités, tout en leur offrant des incitations pour entrer dans la légalité.

L’Etat fait des efforts énormes pour assurer le contrôle économique des importations et aussi pour booster les exportations vu leur importance dans la lutte contre le chômage. Toutes les parties concernées sont appelées à combiner leurs efforts pour améliorer le secteur de l’exportation, essentiel pour la croissance économique du pays.
Au cours de la première réunion du Conseil supérieur de l’exportation, tenue récemment, sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, 20 mesures importantes en faveur de l’export ont été annoncées. Elles concernent essentiellement l’amélioration du climat général à l’export et l’élimination des obstacles auxquels sont confrontés les exportateurs, outre la mise en place d’un cadre général pour la réforme législative et administrative de l’activité d’exportation.
L’Etat a, ainsi, mis en place un plan qui vise à relever la valeur des exportation à plus de 50 milliards de dinars, d’ici 2020.

Comment évaluez-vous la situation actuelle de l’économie nationale ?

Des signes de reprise économique sont enregistrés, c’est ainsi que nous avons réalisé une croissance de près de 2% et une augmentation des exportations de 4% à prix constants et de 18% à prix courants, en 2017.
Pour l’avenir, l’Inflation étant liée à la dépréciation du dinar, il faut sortir de cette spirale, en maîtrisant les déficits budgétaire et commercial.

par -

Mongi Rahoui, le député du Front populaire et président de la Commission des finances au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), estime, lors de son passage, ce jeudi 11 janvier 2018 sur Express Fm, que la responsabilité des actes de sabotage enregistrés, ces derniers jours, incombe à des parties intruses en relation avec l’alliance au pouvoir et qui ont détourné l’orientation des protestations pacifiques leur conférant un caractère violent de pillage et de saccage.

Rahoui a lancé, par la même occasion, un appel pour la suspension de certains articles de la Loi des Finances 2018 et l’instauration d’une loi de finances complémentaire car ladite LF porte une grave atteinte au pouvoir d’achat du citoyen tunisien et contribue fortement dans l’aggravation de la tension.

Rappelons que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a accusé, lors de sa visite, mercredi, dans la région d’El- Batan de la délégation de Tébourba, le Front populaire d’être derrière les troubles et les actes de vandalisme qui ont eu lieu dans plusieurs villes de la Tunisie.

par -

Dans le cadre des activités du Conseil des Chambres Mixtes (CCM), les adhérents des différentes chambres bilatérales ont été invités à assister, le mardi 9 janvier 2018, à un petit-déjeuner débat sur les principales dispositions de la nouvelle Loi des Finances 2018 en présence du Ministre des Finances, Ridha Chalghoum et de son équipe au sein du Ministère des Finances.

Le ministre a souligné dans son discours l’importance de la stabilité du cadre fiscal et de la réglementation juridique. De ce fait, il a mis en exergue les mécanismes de soutien pris par la Loi des Finances 2018 pour promouvoir les PMEs, entreprises clé de l’économie tunisienne ainsi que les mesures prises pour dynamiser les zones de développement régional.

Madame Sihem Nemsia, Directrice Générale des Etudes et de la Législation Fiscale, a présenté la Loi des Finances 2018 en détail et a en outre répondu aux inquiétudes exprimées par l’ensemble des investisseurs quant à l’augmentation de divers taux d’imposition, notamment le taux de la TVA et des impôts sur les sociétés ainsi qu’au flou entourant les mesures fiscales, modifiées toutes les années. Monsieur Maher Kharrat, Contrôleur Général à la Douane, qui a répondu aux questions critiques autour des nouvelles procédures douanières, jugées néfastes pour attirer l’investissement étranger.

Monsieur Foued Lakhoua, Président de la Chambre Tuniso-Française de Commerce et d’Industrie et Président du CCM, a souligné l’importance de mettre en place des mesures garantissant la stabilité du cadre fiscale et encourageant l’investissement, permettant ainsi de relancer l’activité économique en Tunisie.

Monsieur Ferdinand Terburg, Vice-Président de la Chambre Tuniso-Allemande de l’Industrie et du Commerce, a insisté sur le besoin pour les investisseurs d’avoir accès à des règlementations solides et fiables afin que la Tunisie s’impose en tant que site d’investissement attractif à l’échelle internationale.

Enfin, clôturant la conférence, le Président de la Chambre Tuniso-Américaine du Commerce, Monsieur Naceur Hidoussi, a mis l’accent sur le secteur de l’IT, secteur de l’avenir, qui risque d’être sanctionné fortement par les augmentations de taxations relatives à cette branche.

Le Conseil des Chambres Mixtes se compose des Chambres Tuniso-Française, Tuniso-Allemande, Tuniso-Italienne, Tuniso-Britannique, Tuniso-Suisse, Tuniso-Belgo-Luxembourgeoise, Tuniso-Américaine, Tuniso-Japonaise, Tuniso-Néerlandaise, Tuniso-Espagnole, Tuniso-Polonaise, Tuniso-Scandinave, Tuniso-Canadienne, Tuniso-Chinoise et Tuniso-Suédoise.

par -

Aucun ministre des Finances n’aurait souhaité faire passer une loi de Finances pareille, mais aucun ministre n’aurait aimé non plus hériter d’une situation aussi difficile que celle des finances publiques aujourd’hui“, a déclaré, ce mardi, le ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, en réaction aux inquiétudes manifestées par des représentants des chambres mixtes, lors d’un débat organisé par le Conseil des Chambres mixtes (CCM) sur la Loi de Finances 2018.
Réagissant aux interventions de ces représentants qui ont essentiellement déploré l’instabilité du cadre fiscal et la montée de la pression fiscale sur les entreprises, le ministre, qui était sur la défensive, a estimé que “face à un endettement qui avoisine les 70%, à un déficit courant s’établissant à 10%, que le flux des investissements directs n’arrive pas à couvrir, ainsi qu’aux alertes mensuellement émises par la CNRPS (Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale), quant au manque de liquidité, nous nous sommes trouvés dans une situation où nous ne pouvons plus reporter les réformes qui auraient dû être engagées depuis plusieurs années“.

Chalghoum a aussi considéré que “la LF 2018 n’apporte aucun élément qui affecte l’activité des entreprises“, rappelant que “l’augmentation des droits de douanes n’implique ni les intrants de production ni les biens d’équipements qui demeurent exonérés“.
Estimant que la réalisation d’un taux de croissance de l’ordre de 3% en 2018 reste possible au vu des indicateurs actuels, il a souligné que “la LF 2018 a aussi pour objectif de soutenir les secteurs dont leur vulnérabilité pourrait les empêcher de profiter de l’amélioration de la donne économique. Ainsi des mesures sont prises en faveur des PME, du secteur touristique, de l’artisanat et de l’agriculture“.

Toujours selon le ministre, “le plan de relance préconisé par le gouvernement prévoit également des actions visant à favoriser les Partenariats Public-Privé, et partant, à consacrer un certain désengagement de l’Etat en faveur de l’investissement privé, dans l’objectif de booster la croissance mais aussi d’alléger les charges de l’Etat“.
Le gouvernement a encore proposé 15 mesures visant à lutter contre l’évasion fiscale et à élargir l’assiette imposable de manière à alléger la pression fiscale qui est aujourd’hui de l’ordre 22%“, a-t-il précisé.
Toujours dans le cadre de la diversification de ses ressources, l’Etat compte, selon le ministre des finances, “poursuivre le traitement des dossiers des entreprises publiques au cas par cas, pour décider d’un éventuel désengagement de l’Etat de ces entreprises. Pour le secteur bancaire, trois banques sont aujourd’hui en vente ( Zitouna, BTE et TF Bank), les participations minoritaires de l’Etat dans certaines banques seront également cédées. Le sort des banques publiques sera décidé en fonction des résultats de leurs plans de restructuration déjà engagés“.
Le ministre a, en outre, affirmé que “le gouvernement accorde une priorité à l’amélioration de l’environnement des affaires“, faisant savoir que “les semaines à venir apporteront de bonnes nouvelles aux investisseurs en matière d’allègement des procédures administratives“.

Intervenant, le président du CCM, Foued Lakhoua, a rappelé que “511 mesures fiscales ont été prises depuis la révolution, sans aucune étude d’impact. La pression fiscale sur les entreprises est déjà assez élevée et les mesures décidées vont la rendre intenable“.
Et d’ajouter : “les investisseurs sont aussi pénalisés par la persistance de l’instabilité des règles juridiques et fiscales qui régissent l’investissement avec pour corollaire un manque de visibilité qui les empêche de se projeter dans l’avenir et de construire avec la fiabilité requise leurs budgets annuels et leurs plans d’investissement. Une législation fiscale changeante tous les ans commence à semer le doute et la méfiance et risque à terme de freiner les investissements“.
Lakhoua a considéré que “plusieurs solutions existent pour combler le déficit fiscal et relancer l’économie à travers une meilleure application des anciennes dispositions fiscales propices à la relance des investissements, une amélioration du recouvrement des créances fiscales, un élargissement de la liste des contribuables soumis à l’impôt à l’ensemble des catégories socio-professionnelles, une optimisation de la gestion de la caisse de compensation, l’encouragement des PPP et le désengagement progressif de l’Etat des entreprises publiques“.

Pour sa part, le vice-président de la Chambre Tuniso-allemande de l’industrie et du commerce, Ferdinand Terburg, a souligné : “nous comprenons parfaitement que la situation économique est dure, mais tous les investisseurs se demandent aujourd’hui quel argument nous reste pour promouvoir le site Tunisie auprès de nos maisons mères afin de garantir leur engagement en Tunisie“.
Et de poursuivre : “chaque investisseur tunisien ou étranger a besoin d’un cadre juridique solide, fiable, stable et sûre. Toutefois, c’est ce qui a manqué dans les lois de finances précédentes et qui manque encore davantage dans la loi actuelle. La Tunisie a perdu sa stabilité fiscale et juridique“.
Terburg a en outre affirmé que “les nouvelles mesures douanières suscitent également un flou auprès des investisseurs et donne une image négative du climat des affaires en Tunisie“.
Ainsi au lieu d’alourdir systématiquement la charge fiscale du contribuable, nous souhaitons que le gouvernement ait le courage de diminuer les dépenses et de générer de nouvelles recettes par l’encouragement de l’initiative privée et le désengagement de certaines entreprises publiques“, a-il soutenu.

par -

Dans une autre grille de lecture, ce qui se passe en Tunisie depuis quelques jours dans une ambiance macabre est d’une banalité affligeante, tant il est toujours attendu de pareils évènements au cours du mois de janvier. L’habitude n’est même pas nouvelle. Elle date depuis des lustres et remonte même à l’ère Bourguiba. De nouveau cette année donc, quelques villes tunisiennes se font secouer par des manifestations nocturnes, comme un rappel par l’image, des manifestations de janvier 2011 qui avaient fait tomber le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Sur la page officielle d’Ennahdha, on préfère parler de l’enterrement de la femme du gouverneur de Tozeur. Sur la page officielle de Nidaa Tounes, on s’attarde encore sur son désengagement avec Ennahdha. Sur la page du Front Populaire de Hamma Hammami, c’est l’annonce d’une conférence de presse sur «la manière de faire front aux dernières augmentations» ou l’annonce d’un manuel de procédure de la fronde déjà promis sur le plateau d’Al Hiwar par le même Hamma. Sur sa page des réseaux sociaux, l’UGTT dénonçait encore l’augmentation des prix et appelle le gouvernement au respect de ses engagements, alors que le syndicat de la Steg préparait déjà une nouvelle grève demandant une nouvelle augmentation salariale.

«La situation économique et sociale du pays est très critique. Nous sommes assis sur un volcan. Pour la première fois depuis 2011, un sentiment d’instabilité, ce sentiment précurseur des révoltes existe à un degré très grave dans le pays», disait Saïd Aïdi sur sa page officielle, comme une Lapalissade.

Et l’ancien ministre de la Santé, comme le reste de l’opposition, de verser ensuite son fiel politicien sur le gouvernement de Youssef Chahed : «Il fait preuve de beaucoup de légèreté et ce n’est pas une politique basée principalement sur la propagande qui éliminera ce risque d’explosion sociale. Un gouvernement sans vision et à court d’idées, un gouvernement qui, jour après jour, se contente des effets d’annonce sans suite, un gouvernement incapable de négocier et de constituer une force de proposition et d’équilibre face à ses interlocuteurs nationaux et internationaux, un gouvernement dont la composition est le fruit de petits compromis et de grandes compromissions, un gouvernement qui est chaque jour un peu plus déconnecté de la dure réalité du citoyen. Ce gouvernement s’acharne à continuer sa politique de l’autruche et de fuite en avant alors que le pays est en ébullition». Un réquisitoire qui résume tous les reproches faits au GUN (Gouvernement d’union nationale) et que pourrait formuler chacun des opposants de Youssef Chahed et même ceux participant à son gouvernement. On en croirait presque le ministre des Affaires foncières, Mabrouk Korchid, qui s’étonnait que «les augmentations touchent les plus riches et fassent descendre les plus pauvres dans la rue pour protester» !

Cherchez une proposition ou un simple appel à manifester sans débordements pour éviter de retomber dans l’instabilité politique, vous ne trouvez cela nulle part et dans aucun communiqué, car il n’y en a pas, d’aucun parti politique. Cherchez aussi le son de voix d’un député de Nidaa Tounes ou d’Ennahdha qui dénoncerait ce dessein par la protestation, dite populaire et munie d’un slogan qui appelle à la mobilisation, vous n’en trouverez point. Cherchez l’ombre d’un de ces députés qui irait parler à ces manifestants pour en calmer les ardeurs et les rappeler à la raison dans un pays endetté jusqu’au cou et déficitaire jusqu’au trognon, vous n’en trouverez point. Tous suivent ce qui se passe dans un silence complice, perfide et félon.

C’est le cas d’ailleurs de presque toutes les composantes de la scène politique tunisienne, y compris les partis au pouvoir. Pourtant, les principales forces politiques, présentes à l’ARP, ont voté ou participé en décembre, avec plein d’imprécations, au vote des mesures de la loi des finances 2018, que tous contestent et remettent en cause en janvier. A croire qu’ils auraient laissé faire pour se donner l’alibi des manifestations et des grèves de janvier, dont ils espèrent la chute du gouvernement, et les raisons objectives de leurs demandes de son départ.

Saïd Aïdi comme les autres savent pourtant très bien que ni la société, ni l’économie du pays dont ils guettent les troubles annonciateurs de chute du gouvernant ne supporteraient une nouvelle explosion sociale et qu’ils seraient astreints eux aussi s’ils étaient à sa place aux mêmes compromis et compromissions. On ne choisit pas son peuple, mais on a les dirigeants qu’on mérite !

par -

La hausse des prix des produits de consommation, due à l’augmentation de la TVA décidée dans le cadre de la loi de finances 2018, entrainera une aggravation de l’inflation, d’au moins 1%, par rapport aux niveaux moyens de l’inflation enregistrés en 2017, a indiqué jeudi un responsable de l’Institut national de la statistique (INS), dans une déclaration à l’agence TAP.

Selon ce responsable, qui a requis l’anonymat, nous devons nous attendre à partir du mois de janvier 2018 à une inflation persistante. De fait, la hausse de 1% de la taxation de différents produits (passant de 6 à 7% pour certains, de 12 à 13% pour d’autres et de 18 à 19% pour d’autres encore) engendrera une hausse minimale de l’inflation de 0,5%. A cela s’ajoute la dernière hausse des prix du carburant qui sera à l’origine d’un accroissement d’au moins 0,5% de l’inflation.
L’augmentation des prix des produits pétroliers aura un impact direct sur le pouvoir d’achat du citoyen, mais aussi, un impact indirect sur le coût du transport des personnes et des marchandises et sur le coût de la production et de la compétitivité des entreprises.

Le droit au choix du consommateur, balayé !

Pour Foued Ajroudi, porte-parole de l’Organisation Tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), “le droit au choix du consommateur qui lui donne accès à une variété de produits et services correspondant à ses besoins, à des prix compétitifs, n’existe plus en Tunisie, surtout avec la hausse continue des prix et la dernière augmentation de la TVA qui a engendré un renchérissement excessif et incontrôlé de certains produits“.
Cela constitue désormais un réel problème en Tunisie, puisque des commerçants ont profité de cette situation pour augmenter abusivement les prix de certains produits d’usage quotidien. Confronté à la hausse des prix de la majorité des produits, le consommateur se retrouve dans une situation difficile avec la détérioration de son pouvoir d’achat“, a-t-il relevé.

La hausse de la TVA n’est pas la solution à adopter en pareille situation de crise. Imposer plus d’impôts au consommateur et au secteur organisé est une démarche erronée et inopportune, qui peut obliger certains à recourir à la fraude ou à la fermeture” s’est-il indigné.
Et de rappeler que “54% de l’économie tunisienne ne sont pas soumis actuellement, à la TVA alors que le pays souffre déjà des phénomènes de l’expansion du marché parallèle et du flux des importations anarchiques“.
La vie est chère pour le consommateur au moment où les phénomènes de fraude et de spéculation prennent de plus en plus d’importance et nécessitent des interventions fortes de la part de l’Etat. Les prix sont contrôlés et manipulés par les grands spéculateurs, à l’exemple des centaines de tonnes de pommes de terre saisies récemment et qui étaient stockées illégalement, dans le but de manipuler les prix sur le marché. Toute personnes impliquée dans des fraudes doit figurer sur une liste noire et privée de toute opération avec l’Etat“, a t-il estimé.
Il a appelé à cet effet à réviser les mécanismes de concession et de régulation ainsi que les systèmes de sous-traitance au niveau des marché de gros en particulier et des autres marchés en général, étant donné qu’ils ont laissé libre cours à la spéculation et aux fraudes.

L’enchérissement des prix touche aussi de plein fouet le secteur de l’automobile. En effet, face à la hausse de la TVA, la classe moyenne ou le fonctionnaire ordinaire trouvera des difficultés à acheter une nouvelle voiture populaire, dont le prix atteint actuellement plus de 30 mille dinars.
Il convient de rappeler que l’UGTT a estimé que les mesures prises par le gouvernement ont entraîné une forte hausse des prix de plusieurs produits de consommation quotidienne et prédit comme corolaire une hausse du taux d’inflation, une détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et une amplification des disparités sociales.

Pour rappel, la BCT avait fait état, fin décembre 2017, de la poursuite de l’accélération de l’inflation pour atteindre 6,3%, en glissement annuel, en novembre 2017 contre 5,8% en octobre, 5% en avril et 4,6% en janvier 2017. L’institut d’émission a souligné l’accentuation des pressions inflationnistes en perspective, qui s’établirait en moyenne à 6,1%, en glissement annuel, en 2018 contre 5,2% attendue en 2017.
Dans une interview à l’Agence TAP, l’expert comptable Walid Ben Salah avait mis en garde contre l’augmentation du taux d’inflation, laquelle pousserait le citoyen à recourir à l’économie informelle, alors que l’un des principaux objectifs du gouvernement est de lutter contre l’économie parallèle.

par -

Le président Béji Caïd Essebsi a reçu mercredi, au palais de Carthage, la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui.
Selon la présidence du Gouvernement, Bouchamaoui a indiqué que “la rencontre a porté sur la situation économique et sociale dans le pays et la réunion des signataires du Document de Carthage prévue à la fin de cette semaine, outre le suivi de l’avancement d’un ensemble de grands projets réalisés par certains investisseurs privés“.

Bouchamaoui, qui a trouvé porte close chez le chef du gouvernement, Youssef Chahed et qui a copieusement crié sa colère, se rabat donc sur le mentor de ce dernier, BCE, moins impliqué dans la question qui fâche : La Loi de finances 2018, avec sa cohorte de taxes qui ulcèrent le patronat. Quant aux menaces brandies par l’UTICA – sortir du Pacte de Carthage, faire grève, stopper les investissements… -, et bien il semble qu’elles appartiennent au passé…

par -

Réaliser un taux de croissance de 3%, inclusive, permettant une répartition équitable des richesses et la création de nouveaux emplois est le principal objectif de la Tunisie en 2018, comme déjà annoncé dans le projet du budget économique relatif à cette année. Réalisable ou non ? Il nous faut au moins quelques semaines, voire quelques mois, pour en savoir plus, notamment devant le manque de visibilité qui règne depuis plusieurs années dans le pays. Certains pensent que cette année sera identique ou pire que la précédente à cause de plusieurs facteurs dont la dépréciation du dinar devant la monnaie verte et l’évolution des cours pétroliers à l’échelle internationale alors que d’autres estiment le contraire, tout en justifiant leurs position par une légère reprise des indicateurs économiques observés à la fin de l’année dernière.

Interrogé sur la question, Achraf Ayadi, expert en banque et finance résidant à Paris, a fait savoir dans une interview accordée, ce mardi 2 janvier 2018, à Africanmanager que le premier trimestre de l’année 2018 sera déterminant. “D’abord, la réaction des assujettis fiscaux aux mesures de la Loi de Finances montrera dans quelle mesure l’environnement économique est résilient à une hausse significative des taux. Ensuite, le versement ou pas de la prochaine tranche du FMI va montrer le niveau de crédibilité des finances publiques auprès de nos bailleurs de fonds. Enfin, l’accélération des réformes devrait susciter des émois chez le patronat comme chez les syndicats“, a indiqué Achraf Ayadi, avant de préciser qu’il faudra que le gouvernement soit politiquement crédible pour gérer les tensions sociales prévisibles sur fond d’élections municipales.

L’expert a par ailleurs indiqué que la grande inconnue reste la capacité de la politique monétaire et de change à s’adapter à une politique budgétaire fortement contrainte. “Comment ralentir l’inflation lorsque la hausse de la fiscalité se répercutera sur les prix de vente des biens et des services ? Quelle attitude devrait-on avoir face à des taux de change défavorables du TND face à l’Euro et au Dollar lorsque la dégradation du solde de la balance commerciale s’aggrave ? Est-ce que la création monétaire contre garantie de BTA a atteint ses limites alors même que les banques continuent massivement à demander des liquidités ?“, s’est interrogé Ayadi.

Encore une fois, nous verrons dès le premier tiers de l’année 2018 si tout ceci est vraiment tenable. Les anticipations des acteurs économiques pour le reste de l’année en dépendront fortement.“, a ajouté Ayadi.

Dans un statut récemment publié sur sa page facebook, il a résumé toutes les difficultés sur le chemin du chef du gouvernement et de tous les citoyens, estimant que :

* L’EUR en route vers 3 TND
* L’USD en route vers 2.5 TND
* Le baril de brut en route vers 70 USD contre une hypothèse de 54 USD dans la loi de finances 2018
* L’inflation (officielle) proche de 7% hors produits administrés
* Les réserves de devises à 92 jours d’importations
* Tous les déficits sont en aggravation
* Volume global de refinancement de la liquidité bancaire > 10 milliards de TND malgré le plafonnement mis en place par la BCT

FOCUS 🔍

La BIAT, qui apporte depuis s plusieurs années, un soutien à la culture et aux industries créatives allant au-delà du mécénat, a lancé une...

Le meilleur des RS

Notre rubrique «Le meilleurs des réseaux Sociaux », début de la saison estivale oblige, choisit de mettre en lumière une initiative citoyenne, soutenue par un...

INTERVIEW

Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l'augmentation et à plusieurs reprises...

AFRIQUE

Cela faisait trois ans que Barack Obama n'avait pas foulé la terre de ses ancêtres. Depuis dimanche, l'ancien président américain est au Kenya, pays...

Reseaux Sociaux

SPORT