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Pacte de Carthage

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Le Mouvement “Machrou Tounes” a annoncé, jeudi, son retrait du Document de Carthage.
Le parti déclare, en outre, “ne plus soutenir le gouvernement d’union nationale” et demande “le changement du gouvernement”. “Le gouvernement, dans sa composition actuelle, ne peut plus assurer la stabilité”, lit-on dans une déclaration dont la TAP a eu une copie.
D’après le parti, le processus du Document de Carthage est “terminé” et “n’est plus capable de faire appliquer les accords convenus”.
Le parti tient, par ailleurs, à saluer les efforts du président Béji Caïd Essebsi “pour sauver ce processus”.
Machrou Tounes tient, jeudi, à Tunis, une conférence de presse pour expliquer la position du parti et jeter la lumière sur cette question.

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi et les parties signataires du Document de Carthage ont convenu que l’année 2018 sera l’année de la santé et de l’école publiques, a indiqué vendredi le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi.
Taboubi s’exprimait à l’issue d’une réunion tenue ce matin au palais de Carthage, sous la présidence de BCE et à laquelle ont pris part les différentes parties signataires du Document de Carthage.
Dans une déclaration aux médias, le secrétaire général de l’UGTT a indiqué que l’amélioration de la situation économique et sociale du pays commence par l’amélioration de ces deux secteurs clés pour la société tunisienne. “Notre dialogue sera focalisé, durant la prochaine période, sur l’aspect économique et social en vue d’identifier une vision claire et globale pour sauver le pays et trouver des solutions concrètes à l’inflation des prix et à la situation des classes sociales les plus démunies“, a ajouté Taboubi.

De son côté, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, a déclaré : “Nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de tenir un dialogue social et économique dans la prochaine période en vue de mettre en place une feuille de route à laquelle s’aligneront les différentes parties politiques et sociales“. Une réunion se tiendra la semaine prochaine pour discuter des dates et étapes principales de ce dialogue, a-t-il dit.
Selon lui, d’autres réunions entre les différents signataires du Document de Carthage devraient succéder à la réunion d’aujourd’hui. Plusieurs parties, dont Nidaa Tounes ont appelé à un dialogue national social et économique, a-t-il souligné. Le gouvernement fait de son mieux avec les moyens existants, estime-t-il.

Pour Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, la réunion était positive. Elle a permis de dresser une évaluation objective de l’année dernière. Selon lui, les participants à la réunion ont discuté par la même occasion les perspectives pour l’année prochaine. “Nous nous réunirons davantage pour mieux discuter des grandes lignes pour l’avenir“, a-t-il ajouté. Selon lui, les présents à la réunion ont mis en valeur les acquis et réalisations du gouvernement et ont discuté des points négatifs et positifs de l’action du gouvernement durant l’année passée surtout en ce qui concerne le développement régional.

Le secrétaire général du mouvement Echaab, Zouhair Maghzaoui, a pour sa part, estimé que “l’absence d’une stratégie claire mettant en œuvre les principes du Document de Carthage a conduit le pays à cette situation critique de crise“.
Certes, nous ne sommes pas représentés dans le gouvernement mais nous sommes directement concernés par la situation actuelle du pays“, dit-il.

La présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Wided Bouchamaoui a, quant à elle, affirmé que l’UTICA s’est engagée à donner la priorité à l’économie et à préconiser un modèle économique clair. Un groupe restreint se chargera de l’élaboration d’un rapport contenant les différentes propositions des parties signataires, a-t-elle dit.

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Le parti Al-Joumhouri a indiqué avoir décliné une invitation pour participer, vendredi, au Palais de Carthage, à une réunion des signataires du Document de Carthage présidée par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi.
Le parti a expliqué, jeudi, dans une déclaration, qu’Al-Joumhouri refuse ce qu’il a qualifié de “redistribution des cartes entre des parties politiques qui ont échoué dans la direction du pays ou dont les symboles sont impliqués dans des affaires de corruption et de blanchiment d’argent”.
Selon Al-Joumhouri, la Tunisie a besoin d’une nouvelle vision qui tranche avec la médiocrité et la mauvaise gestion politique et qui ouvre la voie à un projet national “audacieux” pour mettre en application les grandes réformes de développement.
“Le parti s’est vu contraint de quitter le gouvernement d’union nationale qui n’est désormais plus capable d’avancer dans la réalisation des priorités du Document de Carthage”, souligne la même source.
Al-Joumhouri avait annoncé le 6 novembre dernier son retrait du gouvernement Youssef Chahed, ce qui avait poussé Iyed Dahmani, l’un des dirigeants du parti et membre du gouvernement, à démissionner du parti.

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L’année 2017 a fini sur une note inquiétante pour l’avenir du pays, il faut bien le reconnaitre, quelle que soit notre propension pour la méthode Coué et le besoin impérieux d’entretenir une lueur d’optimisme pour pouvoir continuer à avancer. Pour le coup, nous ferons l’impasse sur la situation économique et ses périls, que les experts ont abondamment dépeints et nous nous bornerons au contexte politique lequel, tout de même, imprime la direction de la Tunisie, à tous les niveaux. Pêle-mêle, l’année a fini avec l’élection du trublion Yassine Ayari, que rien, pas même les recours judiciaires contre le choix d’une poignée d’électeurs, n’empêchera de siéger à l’ARP. Il y a aussi les dissonances au sein de l’UPL, dont le patron, Slim Riahi, a jeté l’éponge, un départ, dit-on, bloqué par les cadres de son parti. Et puis il y a Nidaa Tounes, avec ses bruits autour de l’éviction imminente de Hafedh Caïd Essebsi pour rebondir et regagner une crédibilité qui s’est sérieusement érodée. Enfin il y a le Pacte de Carthage, presque déclaré cliniquement mort, au point que Kamel Morjane et l’UGTT ont proposé leurs services : L’un pour le réanimer l’autre pour le supplanter, s’il le faut. La confusion est telle que le président de la République, Béji Caid Essebsi, encore lui, est obligé de monter au front, à 91 ans, pour tenter de sauver les meubles et tirer d’affaire une classe politique dont l’incompétence est devenue notoire.

D’abord le premier parti politique du pays, selon les résultats des dernières législatives : Nidaa Tounes. Les nombreux détracteurs de HCE, au sein même de la formation ou en dehors, ont exulté quand ils ont appris que celui qui a brillé par sa capacité à faire le vide autour de lui (que ce soit pour la flopée de dirigeants qui sont partis ou les électeurs qui ont boudé les législatives partielles de la circonscription d’Allemagne) allait être éjecté. Mais depuis plus rien. Manifestement la direction du parti, ou plutôt ce qui se présente comme tel (nous rappelons qu’il n’y a toujours pas de date pour le Congrès électif), hésite à mettre fin à la plus grande imposture et au plus grand hold-up politiques de l’après-révolution… parce que justement l’intéressé s’appelle Essebsi et que l’ombre du père continue de planer et tient encore, quoi qu’on en dise, la dragée haute à ses collègues de la scène politique.

Il y a aussi l’UPL (Union patriotique libre), qui est rentré dernièrement au bercail – Pacte de Carthage -, pour mieux l’agiter avec la démission surprise de son chef de file. Le climat politique, auquel rien n’est épargné en ce moment, pouvait se passer de cette énième secousse. Aux dernières nouvelles, Slim Riahi a été empêché par les siens de claquer la porte. Mais on n’en a pas la confirmation depuis, le devoir d’informer les citoyens-électeurs étant le cadet des soucis des états-majors des partis. In fine, Riahi partira, partira pas ? Mystère le plus absolu pour le moment. Un suspense mortifère pour un Pacte de Carthage que BCE se propose de sauver, à défaut de l’élever de plusieurs crans.

Autre curiosité du moment : Afek Tounes. Les compagnons de Yassine Brahim ont, très officiellement, quitté le navire – Pacte de Carthage et gouvernement – le 16 décembre 2017, pour cause de désaccords très profonds avec les orientations économiques de Youssef Chahed (la Loi de finances 2018). Sauf que, patatras, deux jours après, le 18 décembre 2017, des cadres du parti, dont des membres du bureau exécutif, du bureau politique et du conseil national, pondent un communiqué pour dire haut et fort leur attachement au Pacte de Carthage et leur appui au gouvernement. D’ailleurs les quatre ministres d’Afek Tounes, que Brahim et compagnie avaient sommé de quitter l’équipe de Youssef Chahed, y sont encore. Au jour d’aujourd’hui, personne n’est pas capable de dessiner le futur de ce parti de grosses têtes qui était pourtant promis à un bel avenir.

Nous ferons l’impasse sur Ennahdha qui, pour le moment, parvient à mettre le couvert sur ses dissensions à la faveur de sa discipline militaire qui tient à la personne de Rached Ghannouchi. Mais quid après sa disparition de la scène politique ? Les islamistes n’ont pas anticipé et mettent la tête dans le sable pour tenter de conjurer ce qui va sans doute sonner le glas de la légendaire unité du mouvement. Nidaa Tounes est a été laminé par la même affaire, quand BCE s’en est, formellement du moins, lavé les mains. Ennahdha ne sera pas épargné…

La Tunisie n’a que l’ombre tutélaire du chef de l’Etat à se mettre sous la dent. Même Chahed, sur qui pourtant tous les regards sont tournés, lui cédera la priorité et même l’appuiera, dit-il, si BCE décide de rempiler au scrutin de 2019. Même le chef du gouvernement est obligé de se ranger derrière le vieux briscard de 91 ans, comme si la Tunisie n’avait pas droit à son ‘Emmanuel Macron’. Assurément Chahed n’a pas rendu service à la nation en confortant l’idée qu’après le président de la République ce sera le déluge, alors qu’il se doit, lui, le plus populaire des dirigeants de la place, de bâtir ici et maintenant son avenir et celui du pays…

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Le président Béji Caïd Essebsi a reçu mercredi, au palais de Carthage, la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui.
Selon la présidence du Gouvernement, Bouchamaoui a indiqué que “la rencontre a porté sur la situation économique et sociale dans le pays et la réunion des signataires du Document de Carthage prévue à la fin de cette semaine, outre le suivi de l’avancement d’un ensemble de grands projets réalisés par certains investisseurs privés“.

Bouchamaoui, qui a trouvé porte close chez le chef du gouvernement, Youssef Chahed et qui a copieusement crié sa colère, se rabat donc sur le mentor de ce dernier, BCE, moins impliqué dans la question qui fâche : La Loi de finances 2018, avec sa cohorte de taxes qui ulcèrent le patronat. Quant aux menaces brandies par l’UTICA – sortir du Pacte de Carthage, faire grève, stopper les investissements… -, et bien il semble qu’elles appartiennent au passé…

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Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Tabboubi, a déclaré vendredi que dans le cas où certaines parties ne prennent plus en considération les principaux axes du document de Carthage, les structures de l’Union prendront la décision adéquate pour servir l’intérêt du pays.
Intervenant à l’ouverture du congrès de la fédération générale des surveillants et des surveillants généraux à Hammamet, Tabboubi a affirmé le rôle patriotique de la centrale syndicale dans une conjoncture politique et économique actuelle délicate.
Le secrétaire général de la centrale syndicale a souligné à cette occasion la contribution de l’union à trouver des solutions et des alternatives réelles pour des questions importantes.
L’Union n’appuie pas le gouvernement mais plutôt la stabilité politique et tous ceux qui ont le pouvoir d’assurer le développement de la Tunisie vers un avenir meilleur, a encore ajouté Tabboubi estimant qu’il n’est pas possible d’évoquer le succès d’une démocratie sans appliquer la loi et sans une justice fiscale.

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Le président du parti Al-Moubadara, Kamel Morjane, a appelé jeudi à la tenue d’une conférence nationale regroupant les signataires du Document de Carthage, l’objectif étant d’examiner les moyens de lever les obstacles de communication entre les parties prenantes de ce Document et de sceller un pacte national à même de permettre d’instaurer un climat d’entente entre elles.
Lors d’une conférence de presse, Morjane a réaffirmé le soutien de son parti au gouvernement d’union nationale et son engagement à respecter le Document de Carthage, soulignant la nécessité de régler les conflits entre les signataires de ce Document.
” Le parti Al-Moubadara refuse l’exclusion et croit au dialogue ouvert entre toutes les parties, y compris avec le mouvement Ennahdha “, a-t-il affirmé.
Par ailleurs, Morjane a rappelé les concertations qui ont eu lieu récemment entre 10 partis politiques, y compris Al-Moubadara, faisant remarquer que ces concertations s’inscrivent dans le cadre des préparatifs des prochaines élections municipales et visent à examiner les options et les mécanismes de participation à cette échéance électorale.
Réuni mercredi dernier, le bureau national du parti Al-Moubadara a adopté la nouvelle structure du parti.
En vertu de cette nouvelle structure, le parti sera désormais composé d’un bureau politique, d’un bureau national, d’un bureau exécutif et d’un conseil national.

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Le secrétaire d’Etat auprès du ministre du Commerce, en charge du Commerce extérieur, Hichem Ben Ahmed, est passé dans les studios d’Express FM ce mardi 19 décembre 2017 pour donner son sentiment sur la crise qui secoue la coalition gouvernementale, suite à la décision de son parti, AfekTounes, de se retirer du Pacte de Carthage et du gouvernement.

Il a confirmé que c’est bien le Conseil du parti qui les a contraints à jeter l’éponge. «Nous avons tous demandé à Youssef Chahed de nous démettre de nos fonctions. Personnellement je suis contre la sortie du parti du Pacte de Carthage, mais je respecte la décision et le vote du conseil. J’ai toutefois gelé mon adhésion au parti“, a-il-affirmé.

Mais Ben Ahmed est lucide sur la délicatesse de sa posture : «il est difficile que je reste un dirigeant à Afek Tounes étant donné sa sortie de l’accord de Carthage et du gouvernement d’union nationale».

Par ailleurs il a déploré le climat dans lequel travaillent les membres du gouvernement, sur qui plane le risque d’être éjecté de leurs postes chaque trois mois, selon lui. «Comment voulez-vous travailler et avoir de la motivation dans ces conditions, surtout que pour nous ce qui compte c’est notre bilan après notre passage au gouvernement», a-t-il asséné. Il conclut en ces termes, qui sonnent comme un voeu, un appel : «Lorsqu’on enfile le costume de membre du gouvernement, on ne devrait plus se soucier de ce qui se trame dans les partis».

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On nous cache tout, on nous dit rien. Plus on apprend plus on ne sait rien“, a dit le chanteur français Jacques Dutronc dans un de ses tubes. Le souci avec ces trois-là, c’est qu’ils ne cachent même plus, gorgés de certitudes, imbus d’eux-mêmes, dans un paysage politique sinistré où les borgnes sont rois et qui attend désespérément son sauveur, que Youssef Chahed n’a pas envie d’être. Ou a peur d’être. N’est pas Emmanuel Macron qui veut ! La dernière fois qu’on avait entendu parler des basses manœuvres de ce qu’il faut bien appeler une Troïka, c’était lors de l’élection du président de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante des Elections), à l’ARP. Le psychodrame avait duré et l’accouchement avait été incroyablement difficile. Mais voilà, il y avait les calculs, les arrière-pensées, chacun des protagonistes de cette triste affaire voulant s’assurer que le boss de l’ISIE serait acquis à sa cause. Mauvais point Nidaa Tounes, Ennahdha et l’UPL, mais ils n’en ont cure. De toutes les  façons, ce n’est pas la première couleuvre qu’ils font avaler à leurs électeurs, et ce ne sera pas la dernière. Ils ont fait leur petite cuisine et nous ont servi un président de l’ISIE. Ce dernier fait ce qu’il peut pour nous garantir sa neutralité et un ciel sans nuage sur son instance. Il devra convaincre. Mais ses mentors viennent de lui compliquer la tâche en tramant une sombre affaire de report des municipales, sans aucune explication qui tienne la route. Encore un coup fourré contre la démocratie…

De tous les partis, c’est sans doute Ennahdha, pour les raisons que l’on sait, qui est le mieux préparé pour le scrutin municipal. Et son chef de file, Rached Ghannouchi, claironnait partout qu’il n’était pas question d’ajourner ces élections une deuxième fois et que c’était même une ligne rouge. Alors que s’est-il passé pour qu’il tourne casaque en si peu de temps ? Il ne faut pas être devin pour comprendre que c’est Nidaa Tounes, ou plutôt son impréparation, qui est la cause de cette requête – le report des municipales – aussi saugrenue que périlleuse pour la transition politique que la Tunisie traîne comme un boulet. De toutes les  façons, cela ne peut pas venir de l’UPL (Union patriotique libre) car Ghannouchi & Co n’ont que faire de Slim Riahi & Co. C’est Nidaa qui compte aux yeux des nahdhaouis, mais attention, pour des raisons objectives, et pas pour les beaux yeux de son fondateur, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, et encore moins ceux de son fils, Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif du parti. Donc Ennahdha a fait une fleur au locataire du palais de Carthage en demandant, le plus officiellement du monde, le report des municipales, un geste stupéfiant qui provoque beaucoup de remous en ce moment dans les milieux politiques, rendant ce pays encore plus énigmatique et problématique, surtout aux yeux de ses soutiens étrangers. Mais ce n’est pas la seule largesse de Ghannouchi pour son “copain” BCE.

Il y a aussi cette élection législative partielle en Allemagne, laquelle d’ailleurs ne passionne pas les électeurs aux dernières nouvelles, et on les comprend. C’est une affaire cousue de fil blanc et qui a tout ce qu’il faut pour inspirer du dégoût aux citoyens, même ceux qui ont le devoir civique chevillé au corps. Ennahdha, dès le départ, a tué le suspense en faisant savoir qu’il n’allait pas mettre un candidat sur la voie de Nidaa Tounes, lui dégageant ainsi une voie royale. Les islamistes ne s’arrêtent pas là, ils appellent carrément à voter pour le candidat de Nidaa, et même mieux : 3 dirigeants du mouvement auraient battu campagne pour lui dans une mosquée, d’après le post sur Facebook d’une militante de Machrou Tounes ! Situation ubuesque, mais somme toute normale dans un pays où on foule au pied, de plus en plus, les règles élémentaires de la démocratie. Toutefois il ne faut pas s’y leurrer : Le grand gagnant dans cette affaire, c’est Ennahdha.

Chacun sa tambouille, et au diable la bienséance !

Les citoyens avaient fait leur choix aux législatives de 2014 : Exit la Troïka. Mais BCE n’a pas transformé l’essai et a opté pour le compagnonnage avec les islamistes, au motif qu’il lui faut une majorité costaude et fiable pour atteindre les objectifs de la révolution. Et fiables ils le sont les nahdhaouis ! Les députés godillots votent comme un seul homme, suivant scrupuleusement les consignes de leur état-major, les dirigeants ont une discipline quasi militaire, malgré quelques rebuffades par-ci par là, parfois juste pour amuser la galerie ou pour donner l’impression d’un mouvement qui vit, débat, bref un vrai parti démocratique. Et la divine surprise a été cette majorité qu’ils ont raflée au Parlement sans le moindre effort, juste en regardant Nidaa Tounes se vider de son sang (son bloc parlementaire a perdu presque 30 élus depuis 2014). Mais voilà, malgré ces succès, Ennahdha sait qu’il lui sera impossible de gouverner seul ce pays, l’opposition serait trop vive, de la même nature que celle qui les a éjectés du pouvoir après les assassinats politiques et les erreurs d’orientation économique majeures. Alors on se tape Nidaa Tounes, malgré le dégout que ce parti inspire à la frange radicale du mouvement islamiste – il ne faut pas se leurrer, ils sont là, tapis dans l’ombre. Mais Ennahdha sait aussi son chapeau, en attendant des jours meilleurs. Et puis qui sait, s’ils sont sages, BCE aidera peut-être Ghannouchi à s’asseoir sur le fauteuil du palais de Carthage, le rêve, pas secret du tout, du leader des islamistes et pour lequel il a consenti quelques “sacrifices”, du genre costards qui brillent de mille feux et les cravates qu’il se farcit.

Quant à la machine de guerre de BCE, elle a perdu de sa superbe, elle est même un champ de ruines sous le brillant magistère du ténébreux HCE, sans doute le plus mystérieux des dirigeants politiques de la place. Celui qui ne sort de sa réserve qu’à de rares occasions, pour nous abreuver de ses lumières et de ses fulgurances intellectuelles, de préférence sur sa page Facebook, boudant ostensiblement les entretiens avec les journalistes de la télévision, et encore plus les débats avec les autres, soi-disant, ténors politiques. C’est pourtant avec eux qu’il aurait le plus de choses à dire, à nous dire. A moins qu’il n’ait pas grand chose à déballer. HCE, on le sait, n’a pas les talents, la verve et les qualités de son papa, alors il exerce là où il est le plus doué : il coupe les fortes têtes, toutes celles qui dépassent. Abdelaziz Kotti est bien revenu, après avoir claqué bruyamment la porte, mais il ne faut rien attendre de celui qui a ajouté le déshonneur au discrédit. Le fils de BCE, qui a une trouille bleue des électeurs, au point d’avoir reculé devant le test de la circonscription d’Allemagne, a in fine fait le vide autour de lui, s’ouvrant un boulevard vers le Congrès électif du parti, qu’il a manifestement réussi à faire reculer, une fois de plus, alors qu’il s’était engagé à l’organiser avant les municipales. Borhen Bsaies était venu, entre autres, pour fignoler ce rendez-vous. Lui aussi n’aura pas tenu parole. Entretemps HCE a fait ses calculs : Il serait dans de bien meilleures dispositions en convoquant le Congrès après les municipales, avec des maires qui lui auront préparé le terrain parce qu’ils lui devront leur désignation sur ses listes.

Enfin l’UPL, la météorite politique de la place, qui doit son installation fulgurante dans le paysage politique aux millions que Riahi a généreusement dégainés. Un pactole d’ailleurs, et c’est le moins… et le plus qu’on puisse en dire, aux origines douteuses et qui lui doivent ses nombreux déboires avec la justice. Hasard du calendrier, coïncidence, etc., le patron de l’UPL a fait un retour fracassant vers le Pacte de Carthage quand il avait tous les juges du pays – j’exagère un peu – à ses trousses. Il est vrai que quand on se drape avec le parti sorti vainqueur des législatives – Nidaa Tounes – et qui de fait a des pions partout, on est en bien meilleure posture pour échapper aux foudes de la justice. Ennahdha en sait quelque chose, lui qui est, pour le moment, à l’abri des grosses tuiles, pourtant les dossiers brûlants ne manquent pas ! Riahi, en faisant corps avec HCE et Ghannouchi, se paye le meilleur blindage contre les missiles des juges. Pour le plus grand malheur de la jeune démocratie.

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Il fallait une réponse face au vent de révolte que souffle le patronat en ce moment, et que vient d’alimenter copieusement Wided Bouchamaoui, publiquement. C’est le ministre de l’Industrie et des PME, Imed Hammami, qui a été chargé de répliquer à la présidente de l’UTICA…

Hammami a déclaré ce mardi 24 octobre 2017 sur Shems Fm que le gouvernement est surpris par la tonalité des dernières sorties de Bouchamaoui. Le ministre a affirmé que le gouvernement a pris en compte plusieurs propositions émanant de la centrale patronale, et même certaines au mot près, notamment les dispositifs en faveur des exportations et de l’artisanat, le combat contre l’évasion fiscale et la contrebande, l’appui aux PME, à l’investissement et à la durabilité des entreprises, etc. Hammami insiste sur le fait que pour l’instant on a affaire à un simple projet de loi et que les pourparlers se poursuivent. Il a indiqué qu’aucun signataire du Pacte de Carthage n’a pu faire passer toutes ses propositions, en soulignant tout de même que la centrale patronale est un partenaire clé…

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La présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, était sur le plateau d’El Hiwar Ettounsi, hier lundi 23 octobre 2017 dans la soirée pour évoquer les bruits autour de la menace de retrait du Pacte de Carthage suite aux orientations du projet de la loi de finances 2018 jugées foncièrement anti-entreprises par la centrale patronale.

Bouchamaoui a affirmé que l’UTICVA, en sa qualité de signataire de l’Accord de Carthage, a des droits, parmi lesquels le fait de prendre connaissance à temps du texte qui doit présider aux destinées de l’économie du pays. «Est-il logique que nous recevions le projet de la loi de finances 2018 au dernier moment ?», s’est-elle demandé. Elle a également dit que «tous les signataires de l’Accord de Carthage doivent-être traités de la même manière. Nous avons appuyé le chef du gouvernement et ce ne sont pas des paroles en l’air. Quand il a fallu débourser, nous l’avons fait! ».

La patronne des patrons a dit par ailleurs que la mauvaise santé de la fiscalité, ajoutée à l’instabilité politique, sécuritaire et sociale, ne crée pas les conditions de l’investissement. Elle a ajouté dans la foulée : «Nous étions les premiers à soumettre nos propositions dans les délais pour le projet de la loi de finances 2018. A l’arrivée nous constatons que seules les entreprises sont mises à contribution. Aucune de nos remarques ou suggestions n’a été prise en compte !».

D’après la présidente de l’UTICA, le gouvernement doit taper ailleurs pour se dégager des marges budgétaires, par exemple en s’attaquant à l’épineux problème du port de Radès ainsi qu’au commerce parallèle, au lieu de se rabattre sur des solutions faciles en taxant les entreprises. «Il faut des solutions à long terme et non des mesures de rafistolage. La stabilité fiscale est très importante», a-t-elle répété. «Maintenant, les dés sont jetés et le texte est actuellement entre les mains des députés. C’est vers eux que nous allons nous tourner».

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La présidente de l’UTICA, Wided Bouchamoui, a affirmé qu’aucune des propositions de l’organisation patronale n’a été prise en compte lors de l’élaboration du projet de la loi de finances 2018.

Lors de son passage ce lundi sur Shems Fm, Bouchamoui a dénoncé ce projet de loi, qui selon elle pénalise davantage les entreprises tunisiennes, sans prendre en compte les réformes nécessaires à mettre en place. «Le gouvernement a opté pour la solution de facilité pour combler le déficit budgétaire», dit-elle.

La présidente de l’organisation patronale est allée encore plus loin en menaçant de sortir du Pacte de Carthage si ce projet de la loi de finances 2018 reste inchangé, dénonçant ainsi l’absence de réformes dans ce texte. «Les sociétés publiques nécessitent des réformes, comme le port de Radès qui nous fait perdre 300 millions d’euros par an», a-t-elle déclaré.

Il convient de rappeler à ce propos que le PLF 2018 sera discuté à partir de demain, mardi 24 octobre 2017, par la commission des finances de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

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On a beau chercher, dans tous les coins et recoins, le projet de la Loi de finances 2018 ne trouve grâce aux yeux de personne. Sauf peut-être son principal artisan, le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Et encore, il faudrait s’en assurer, car avec la bronca qu’a suscitée son texte, dans toutes les catégories sociales, il est très probable qu’il ait quelques états d’âme. Vu d’ici, la Tunisie a plus que jamais la dégaine d’un malade dans un état critique mais qui se paye le luxe et la coquetterie de refuser le remède qui va le sauver. Alors que ce projet de loi, dont la partie la plus contestée est le volet fiscal, notamment la hausse d’un point de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), ne suffira pas à régler tous les problèmes de trésorerie du pays. Mais peu importe, cet effort est refusé de toutes parts, avec véhémence, parfois à raison, mais le plus souvent à tort…

Les patrons, par le canal de leurs organisations nationales, l’UTICA (Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat) et la CONECT (Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie) ont dit tout le mal qu’ils pensaient de la copie de Chahed et multiplient, avec brio d’ailleurs, les propositions pour que le couperet de la taxation s’éloigne d’eux. L’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) rue dans les brancards et dénonce le caractère inique du projet du chef du gouvernement, et elle n’a pas tort sur ce coup car c’est bien connu : La TVA est l’impôt la plus injuste dans le sens où elle frappe tout le monde de manière indistincte, ceux qui sont pleins aux as autant que ceux qui tirent le diable par la queue. Les professions libérales râlent également, avec force suggestions pour échapper à la saignée fiscale. Et pour compliquer encore plus la tâche de Chahed, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le véritable boss de l’exécutif même s’il s’en défend et même s’il ne l’est pas constitutionnellement, exige de son poulain qu’il mette une dose de social dans la Loi de finances. Du social dont justement les caisses publiques n’ont plus les moyens, les déficits chroniques en attestent. Sale temps pour le chef du gouvernement…

Vous avez dit parrains ?!

Cette affaire prend sacrément des allures de patate chaude pour le locataire du palais de la Kasbah. Il avait sans doute sous-estimé le traumatisme profond des citoyens, que les commerçants, complètement débridés par l’absence d’autorité dans le pays depuis la dite révolution, pressent comme des citrons, avec des hausses de prix tout aussi anarchiques qu’intempestives. Certes en ce moment l’INS (Institut National de la Statistique) tente de nous vendre un repli de l’inflation en septembre 2017 après la flambée du mois d’août dernier, mais avouons que cette prétendue baisse des prix reste difficilement perceptible dans le panier de la ménagère. Mais ce qui complique la tâche de Chahed, encore plus que les exigences de son mentor, BCE, c’est la posture de l’UGTT  et de l’UTICA, deux des signataires du Pacte de Carthage et donc deux parrains du chef du gouvernement, et non des moindres.

La centrale syndicale, très schématiquement, rejette toute la partie imposition du texte de Chahed et suggère, là aussi elle n’a pas tort, de taper sur ces catégories (cafés, restaurants, commerçants, détaillants, artisans…) qui, au mieux, sont soumis à un maigrichon forfait fiscal, et au pire passent entre les mailles du filet des services du fisc, et ça fait trop longtemps que ça dure. Mais l’UGTT ne dit pas que ça, elle propose aussi de faire payer les riches, avec un vrai impôt sur la fortune. Et dans la tête de ses dirigeants, ce n’est pas nouveau, les riches ce sont les patrons, même si dans la réalité ce n’est pas du tout ça car la plupart des chefs d’entreprises sont à la tête de toutes petites boîtes qui ne fabriquent pas des Crésus. Evidemment l’UTICA et la CONECT partagent avec l’UGTT cette idée qu’il faille mettre à contribution ceux qui se soustraient à l’impôt et aux taxes, et pas toujours les mêmes. Mais les organisations patronales ne peuvent pas suivre la centrale syndicale quand il s’agit de faire payer davantage les chefs d’entreprises, et elles l’ont signifié à Chahed, très énergiquement. Alors comment le chef du gouvernement va se dépatouiller entre ces positions antagonistes ? Difficile à prédire…

Ce qu’on sait c’est que Chahed a réuni dernièrement tous les signataires du Document de Carthage, histoire de partager le lourd fardeau, voire diluer sa responsabilité dans la leur, au cas où ça tournerait au vinaigre. Mais, à ce qu’on sache, il n’y a eu au terme de la rencontre aucune inflexion de la part des détracteurs du projet de la Loi de finances, et encore moins un soutien franc. Chahed a plaidé sa cause, abattu ses cartes et tenté d’acculer ses parrains. Mais les choses en sont restées là, chacun a, semble-t-il, campé sur ses positions. Néanmoins il est très probable que le projet passe, in fine, sans doute avec quelques retouches, mais il passera parce que le pays n’a pas d’autre choix et que si c’est le crash, tout le monde va s’écraser. C’est la même logique imparable que lors du vote de confiance au Parlement : ça rechigne, ça râle, ça crie sur les toits, mais ça finit par voter pour, même avec une courte majorité. Il en sera encore ainsi pour la Loi de finances. Toutefois une chose est sûre aussi : Si Chahed se loupe, si sa potion magique ne fonctionne pas, il sera tout seul à en assumer la responsabilité…

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Le SG de l’UGTT et le ministre des Finances à sa droite, le patronat à sa gauche et autour de la table le reste des partis politiques, signataires de l’accord de Carthage, le chef du gouvernement tunisien entame la consultation autour du projet de loi de finances (LF) pour l’exercice 2018. Un projet de loi que peu des présents à cette réunion n’ont pas critiqué, jusqu’à parfois le descendre en flamme. A ce document, que le chef du gouvernement expose ce jeudi 5 octobre 2017 à ses partenaires, s’ajoute le Programme économique et social du gouvernement dans l’horizon 2020. L’objet de la réunion, qui se tient sous la supervision du Premier ministre Youssef Chahed, avec les parties et les organisations nationales et un groupe d’experts, devrait être l’occasion d’abord de prendre connaissance du dernier Draft de la LF et dégager un consensus sur les mesures à prendre.

 

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, rencontre demain jeudi à Dar Dhiafa, à Carthage, à partir de 16H30, les partis et les organisations signataires du Document de Carthage, a indiqué mercredi à l’agence TAP le secrétaire général d’Al Joumhouri, Issam Chebbi.
La réunion, a-t-il ajouté, sera l’occasion de débattre du programme économique et social du gouvernement pour la période 2017/2020 et en particulier le projet de la loi de finances 2018.
Les secrétaires généraux des partis, les organisations nationales et les experts économiques qui prennent part à la réunion présenteront leurs observations sur ces deux questions, a-t-il précisé, notant que cette réunion était initialement prévue le 25 septembre mais a été reportée pour le 5 octobre.
Les premières orientations du projet de loi de finances prévoyant de nouvelles mesures fiscales ont suscité une polémique. Elles ont été rejetées par certaines composantes de la société civile et des partis, en ce qui concerne notamment les volets relatifs à l’augmentation des impôts et des taxes.

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Des représentants de l’UTICA rencontreront des membres du gouvernement, avant la fin de cette semaine, afin de discuter les priorités du prochain exercice financier et les propositions de cette organisation patronale concernant la loi de finances 2018 en cours de préparation, selon le vice président de l’UTICA Hichem Elloumi.
Elloumi a noté mardi, dans une déclaration à l’agence TAP sur la déclaration faite lundi, par le chef du gouvernement Youssef Chahed lors du vote de confiance à l’ARP, que l’organisation patronale présentera des propositions au gouvernement concernant ce projet de loi, précisant qu’elles porteront essentiellement sur la restructuration des sociétés publiques, la réforme des caisses sociales et le redressement des finances publiques.

Il a par ailleurs, estimé que ” nous pouvons réaliser une croissance annuelle, à hauteur de 5%, à l’horizon de l’année 2020, comme l’a indiqué le chef du gouvernement dans son discours, appelant toutes les parties à faire preuve de responsabilité afin de donner une impulsion à la croissance du pays et à la création de richesse “.
S’agissant de la proposition de Chahed, relative à la réservation d’une contribution financière au profit des caisses sociales, il a estimé que cette proposition ne peut être discutée qu’après avoir pris connaissance de toute la panoplie des réformes proposées par le gouvernement pour réduire le déficit continu de ces caisses.

Le vice-président de l’UTICA a en outre qualifié la déclaration du gouvernement de ” positive “, d’autant qu’elle a été axée sur la relance de l’économie et l’impulsion de la croissance et de l’emploi.
Il a réitéré l’appel à lutter contre la contrebande et à faire intégrer l’économie parallèle dans l’économie organisée afin qu’elle soit un levier pour la fiscalité de l’Etat.

Cette posture de l’UTICA tranche avec les bruits émis par la centrale syndicale, l’UGTT, qui est déjà sur les starting-blocks pour en découdre avec le chef du gouvernement, suite à ces mêmes propositions faites devant la représentation nationale hier lundi…

Pour rappel, Chahed avait demandé à tous les signataires du Pacte de Carthage de lui soumettre, le 20 septembre 2017, des idées pour relancer le pays. L’UTICA est la première à sortir du bois. L’UGTT lui emboitera la pas, on peut en être sûr, mais ce ne sera certainement pas les mêmes projets, et ça aussi on peut en être sûr…

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Presque 48 heures après le remaniement ministériel, les choix opérés par le chef du gouvernement, Youssef Chahed (in fine c’est lui qui va assumer, en dépit de l’attelage des signataires du Pacte de Carthage qui a pesé lourd), nous paraissent toujours aussi étranges, incompréhensibles, illisibles. Pourtant on s’est bien creusé les méninges depuis ! Du vieux avec du neuf ? Un changement ? Un changement dans la continuité ? On s’y perd… et on y perd son latin, son arabe, tout ce que vous voulez. Mais s’il y a une chose qu’on a comprise et qui saute aux yeux : Tout le monde, du moins les instigateurs du fameux Document de Carthage, a été servi. Mais le pays, qui est censé être la motivation de toute cette affaire, a-t-il été servi ? C’est une question à laquelle, très objectivement, il nous est impossible de répondre pour le moment, par l’affirmative ou la négative. Alors, par honnêteté intellectuelle, nous ne verserons pas dans les anathèmes, les jugements de valeur, les procès à priori, même si c’est très tentant au vu du plat présenté par Chahed et au regard de ce qu’on en attendait. Nous éviterons les sentiers de la prospective pour nous borner à l’état des lieux de ce qu’on a sous les yeux. La scène présente suffisamment d’éléments, pas très rassurants du reste…

Ces Messieurs et Dames du pacte de Carthage avaient tous fixé à Chahed des lignes rouges, lui avaient adressé des consignes, avaient formulé des doléances et parfois même agité des menaces. Alors le chef du gouvernement s’est dépatouillé comme il a pu, pour opérer une tambouille politicienne dont seuls les initiés ont la recette. Mais nous, vu d’ici, ce qu’on a compris c’est que l’UGTT et l’UTICA, et un peu le président de la République, Béji Caid Essebsi, ont obtenu un morceau de ce qu’ils demandaient : Un gouvernement de compétences. Les organisations nationales devront se contenter de Touafik Rajhi, propulsé aux Grandes réformes, aux côtés de Chahed, et de quelques autres secrétaires d’Etat qu’on peut vaguement qualifier de technocrates. Nidaa Tounes réclamait les têtes des ministres de l’Intérieur et de la Défense, pour d’obscures raisons, Chahed s’est plié, contre toute logique. En effet le pays n’a jamais été aussi sûr ces dernières années, avec zéro pépin sécuritaire majeur depuis les carnages du Bardo et Sousse, en 2015. Alors pourquoi avoir fait sauter Hédi Majdoub et Farhat Horchani ?? Mystère. Ennahdha s’est agité pour imposer un mini remaniement, de crainte que ses poulains, qui n’ont pas brillé par leurs résultats, soient emportés par la vague. Au final Rached Ghannouchi et les siens ont eu ce qu’ils voulaient, et même mieux ! En effet les portefeuilles très stratégiques et décisifs pour la Tunisie de l’Investissement, de la Coopération internationale et du Développement dans l’escarcelle de Zied Ladhari, c’est une sacrée promotion. Idem pour Imed Hammami, qui hérite du ministère de l’Industrie, qu’occupait Ladhari. Pourtant si Chahed a estimé nécessaire de les faire bouger, c’est parce que, du moins logiquement, ils n’ont pas apporté satisfaction là où ils étaient. Là aussi la logique voulait qu’ils soient éjectés du gouvernement. Mais voilà, il y a l’épouvantail du vote sanction d’Ennadha qui attendait au tournant. Alors Chahed a flanché, mangeant par là même blanc…

“Le gouvernement de la dernière chance”

Le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, a dit beaucoup de choses dans son entretien avec Assahafa Al Yawm et La Presse, paru le mercredi 06 septembre 2017. Beaucoup trop peut-être, prenant des risques politiques certains, notamment en flinguant son allié Ennahdha et en pariant sur le retour au bercail des électeurs, surtout les électrices, qui l’ont lâché pendant la traversée, courroucés par son alliance avec les islamistes. Stratégie payante ? Rendez-vous aux prochaines municipales, mais plus encore aux élections générales de 2019. Pour le moment ce qui retient surtout notre attention dans ce qu’a dit BCE, c’est le fait que la nouvelle équipe de Chahed est “le gouvernement de la dernière chance”. Il ne croit pas si bien dire…

Le chef du gouvernement, pour la grande majorité des citoyens, a gagné son premier galon d’homme d’Etat en croisant le fer avec les gros poissons de la contrebande et des réseaux de la corruption. Il devait entamer la charme vers son deuxième galon avec ce remaniement, mais au vu de l’accueil froid réservé par les citoyens à ses nouveaux collaborateurs, la manoeuvre est un peu ratée. Bon, cela ne présage nullement des défaites sur les fronts qu’il a mis en avant – terrorisme, corruption, chômage et disparités régionales -, mais reconnaissons tout de même qu’il est mal embarqué. L’adhésion populaire, dès le départ, ça compte énormément car c’est ce qui bâtit le capital de confiance permettant d’entrainer les énergies, toutes les énergies, et de soulever les montagnes que la Tunisie a devant elle. Alors oui : Pour Chahed cette fois ça passe ou ça casse. Il n’y aura pas d’autre fenêtre de tir. Mais pas que pour lui, pour celui qui l’a mis en selle également : le président de la République. Chahed joue certes son avenir politique dans cette affaire, mais son Premier mentor joue son héritage politique, son legs pour la postérité, un sujet de la plus haute importance pour le locataire du palais de Carthage…

Enfin le pays aussi joue gros, très gros même. Quand tout ce beau était en train de festoyer autour des maroquins ministériels, il a perdu de vue, un instant, la situation de la Tunisie, qui d’ailleurs lui a valu la sévère sanction de l’agence Moody’s. Mais cette âpre réalité se rappellera très vite au bon souvenir de notre désormais élite dirigeante. Les chiffres de l’inflation, les plus mauvais depuis 2015, frappent à la porte. Il y a également l’endettement du pays, qui est monté à 66,9% du PIB, contre 60,3% du PIB en juin 2016, plus de 6 points en à peine une année. Un sujet de préoccupation majeur pour le chef du gouvernement, le Fonds monétaire international, l’Union européenne, la Banque Mondiale et tous les bailleurs qui portent à bout de bras le pays depuis ce fameux 14 janvier 2011. Cette fois Chahed n’a pas intérêt à se louper. Il devra agir vite pour conjurer les autres mauvaises notes des agences qui nous pendent au nez, autrement c’est toute la machine qui va s’enrayer…

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Le gouvernement d’union nationale sera “un gouvernement de guerre” et continuera de “mener le même combat contre le terrorisme, la corruption, le chômage et les disparités régionales“, a déclaré le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lors de l’annonce, mercredi, de la nouvelle équipe gouvernementale.
D’ailleurs, c’est ce “j’ai réaffirmé aux partis participant au gouvernement d’union nationale et organisations nationales signataires du Document de Carthage”, a-t-il ajouté.
Dans une déclaration à l’issue de sa rencontre, ce mercredi 06 septembre, avec le président de la République, Youssef Chahed a indiqué avoir présenté au chef de l’Etat un bilan de l’action gouvernementale un an après son installation. Il lui a, également, fait part de la nécessité d’effectuer un remaniement partiel sur la base du degré de réalisation des objectifs du Document de Carthage, lancée par le président de la République.

Youssef Chahed a, par ailleurs, fait remarquer que les principaux axes du programme économique et social du gouvernement d’union nationale à l’horizon de 2020 ont été fixés lors d’une réunion, hier mardi, avec les signataires du Document de Carthage. “Ce programme a été élaboré en adoptant une stratégie participative“, a-t-il précisé.
Selon le chef du gouvernement, la décision d’effectuer un remaniement ministériel partiel a été prise en application aux dispositions des articles 89 et 92 de la Constitution et après concertation avec le président de la République.

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Les signataires de l’accord de Carthage se sont réunis hier mardi 05 septembre 2017 pour évoquer, essentiellement, un sujet que vous allez deviner aisément : Le remaniement ministériel, lequel aura son épilogue ce mercredi. Mais le fait marquant de cette rencontre c’est la proposition pour le moins singulière du chef du gouvernement, Youssef Chahed. Ce dernier a demandé, en quelque sorte, aux signataires de l’Accord de Carthage de gouverner avec lui en présentant, ce 20 septembre 2017, des propositions concrètes pour faire repartir la machine économique, a rapporté devant les médias Issam Chebbi, Secrétaire général d’Al Jomhouri.

De son côté le gouvernement va soumettre aux parties concernées un document compilant les principales données économiques et sociales. Une réunion est programmée le 25 septembre 2017 pour éplucher les propositions qui vont émaner de ces Messieurs et Dames…

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Le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi, a reçu ce matin au Palais de Carthage Mme Wided Bouchammaoui, présidente de la Centrale patronale Utica. Au menu des discussions, la situation générale du pays et ce que cela suppose en renforcement de l’action gouvernementale par les compétences qui soient capables d’aider à améliorer la situation économique. Bouchammaoui a indiqué à l’occasion qu’il y aura une réunion entre les signataires du Pacte de Carthage et le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avant l’annonce des résultats du prochain remaniement ministériel.

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