Plus de peur (politique) que de mal (terroriste) et beaucoup de fake...

Plus de peur (politique) que de mal (terroriste) et beaucoup de fake news !

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Hier, jeudi 27 juin 2019, sur les réseaux sociaux tunisiens, la fake news concernant le décès du chef de l’Etat aura finalement fait plus d’effet que la véritable information du double attentat terroriste. Certains Nahdhaouis s’en sont même donné à cœur joie, sur les deux registres.

Alors que le Nahdhaoui Manar Skandrani essayait de semer encore la panique à partir de l’étranger, en prétendant sur le site de l’agence de presse multimédia russe, Sputnik, qu’il y avait eu quatre attentats à Tunis dont un à Fouchana (!!) en plus de Gafsa, avant d’être démenti et que Sputnik supprime la fake news, Intissar, la fille de Rached Kheriji-Ghannouchi annonçait carrément la disparition du chef de l’Etat.

Depuis San Francisco, l’activiste des «droits de l’homme» Amira Yahyaoui que BCE recevait en octobre 2015 en hommage à son père de juge, emboitait le pas à Intissar Kheriji dans leur rancœur. Ce n’était pas pour la Tunisie et l’agent des forces de l’ordre tombé sous les balles du terrorisme qu’elle destinait ses premières pensées, mais contre un chef d’Etat qu’elle avait pris pour mort. C’est pourtant, peut-être, la mauvaise nouvelle des attentats qui avait accéléré sa rechute.

Pour ces deux femmes de rancœur, comme pour les Nahdhaouis, chassez le naturel, il revient au galop. La Tunisie n’est pour eux qu’un pays à conquérir et un simple véhicule pour leurs propres ambitions, et tant qu’ils ne sont pas à ses commandes, tous les autres sont leurs véritables ennemis.

Et alors que la toile s’embrasait, consternée par les attentats terroristes et la fausse information du décès du chef de l’Etat tunisien, des plateaux TV étaient vite improvisés pour discuter de qui pourrait, déjà, prendre sa suite à Carthage. D’autres encore, discutaient même de qui prendrait la suite, à l’ARP, de celui qui prendrait la suite de BCE à Carthage.

L’image est effrayante, de ceux qui annonçaient une fausse mort, et des autres qui se réunissaient pour en partager l’héritage. Elle est indécente, surtout dans une société, dite officiellement de confession musulmane, tant elle n’avait eu aucun respect pour ses morts, ni celui qui l’avait vraiment été, ni celui qui était hospitalisé et risquait de l’être.

Tous ceux qui intéressaient les plateaux TV, l’effet des attentats terroristes passé, c’étaient les élections. Certains se posaient même la question «et s’il décédait, qui signerait le décret du 6 juillet … et si, et si …».

Le coup dur donné à tout un Etat par les terroristes, devenait soudainement accessoire par rapport à la désignation de celui qui prendrait la place d’un mort qui n’était pas encore mort. Secondaire aussi, par rapport à la démocratie qui leur a fait oublier l’humanité.

La démocratie, c’est les élections. Ces dernières, c’est des sièges qui donneront accès à de l’argent et des privilèges. Des sièges pour lesquels ils se feront concurrence, financés par l’argent du contribuable qu’ils ne rembourseront très probablement pas, comme l’avaient fait d’autres avant eux, même en cas d’échec aux élections.

On va, pour rester optimiste comme cette Tunisie dont les rues de la capitale reprenaient normalement vie malgré les boursouflures du terrorisme, pour dire que tout cela témoigne de deux choses. D’abord que le terrorisme n’arrive toujours pas à malmener le quotidien de la Tunisie, et n’arrive toujours pas à bousculer ses cartes politiques. Ensuite, le fait que le Tunisien s’était montré, hier, plus inquiet de l’avenir de sa démocratie par le vide politique qui risquerait de s’y installer que par le terrorisme dont il sait la guerre de longue haleine, pour laquelle il paie le tribut du sang à travers ses forces armées. Le jeudi 27 juin 2019, la Tunisie avait reçu un coup dur, mais elle s’était vite relevée, non pour parler du passé, mais de son avenir.

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