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BCE

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Que va-t-il encore dire ?

Le chef de l’Etat devrait donner une nouvelle interview, comme d’habitude à une chaîne TV privée, comme s’il voulait encore déconsidérer les médias publics. Comme d’habitude aussi, l’interview devrait être enregistrée et on le déplore. On craint cependant qu’elle soit faite en direct, car on n’est pas sûr qu’il ne dérape pas, comme il l’a presque toujours fait avec la presse locale.

Autre souci, le fait que le nonagénaire chef d’Etat oublie de parler de la catastrophe naturelle qu’ont connue quelques unes des régions du pays qu’il dirige et pour qui, l’empathie ne suffira pas, mais qui ne comprendra pas que le chef de l’Etat ne le fasse pas. Au cas où cette interview serait diffusée comme il est prévu sur Elhiwar Ettounsi lundi à 19, et aborderait la crise politique et la guéguerre entre son propre fils et Youssef Chahed, elle marquera discordance totale entre un chef de l’Etat, sur ses « trentains »(terme originel dont est tirée l’ expression « sur ses trente-et-un »)l devant les caméras et qui palabre de questions presque familiales, et un chef de gouvernement en jean et blouson, dévoué à la tâche sur le terrain, consolant ses concitoyens et s’employant à trouver des solutions à leurs problèmes.

Le chef du gouvernement, ce matin du 23.9.2018, à Nabeul et Takelsa et au siège du gouvernorat

A quelques 32 ans moins 3 jours, c’est presque la même image d’une fin de règne, lorsqu’en cette fin de septembre 1986, le premier ministre d’alors, Rachid Sfar, accompagné du ministre de l’Intérieur Zine El Abidine Ben Ali, se rendait en bottes dans les zones sinistrées de la même ville de Nabeul, pour y constater les dégâts et essayer de trouver des solutions.

Mais revenons à nos moutons ! Le chef de l’Etat tunisien parlera donc ce soir. Mais que va-t-il dire ?

Tout le monde s’accorde à penser qu’il sera sur Elhiwar pour parler de la crise politique, nationalement partisane, de la guerre de son fils Hafedh pour dégager Youssef Chahed, ainsi que de la grave crise que vit le parti qu’il a imprudemment légué à son fils. Contre ce dernier, se lègue même grand nombre de membres de Nidaa Tounes. Son propre porte-parole appelle désormais à ce que HCE quitte Nidaa.

BCE parlera certainement aussi du chef de gouvernement. Un Youssef Chahed qui a repris du poil de la bête, qui a su et pu résister à toutes les tentatives visant à le congédier de La Kasbah, comme le constatent aussi bien ses amis que ses ennemis. Certains prédisent que BCE pourrait, lundi soir, annoncer vouloir recourir à l’article 99 de la Constitution. BCE pourrait perdre son pari sur le vote de confiance et Youssef Chahed pourrait s’y être déjà préparé par l’important bloc de députés qu’il s’est constitué sur le dos de Nidaa Tounes où les démissions s’étaient rapidement succédé la semaine dernière. Il pourrait aussi remporter son pari, si le parti islamiste Ennahdha décidait à la dernière minute de faire faux bond, totalement ou en partie, à Youssef Chahed.

BCE pourrait aussi annoncer que son héritier Hafedh décidait de quitter son poste de directeur exécutif et de s’en remettre au vote du prochain congrès. Mais cela reste fortement improbable. Sinon, il devrait passer la plupart de l’interview à «bajboujer», à tourner autour du pot, à éviter les questions pièges et à ne donner que l’illusion de réponses claires et déterminées. BCE n’a pas trop de marge pour décider en lieu et place de Youssef Chahed et de l’ARP. Et il le sait !

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Laisser mourir Nidaa Tounes, est-ce la consigne ?!

Une flopée de cadres à Sfax, 14 exactement, le même paquet à Ben Arous dont une députée, à ajouter aux 9 autres élus qui ont largué dernièrement les amarres, après le départ des députés qui ont formé l’ossature de Machrou Tounes et son bloc parlementaire, après le départ de Mohsen Marzouk, après celui de Saïd Aïdi, après… après… Et maintenant il se dit qu’un poids lourd, dans le parti et au sein du gouvernement, la ministre du Tourisme, Selma Elloumi Rekik, a elle aussi envie de prendre le large. Bientôt on ne se posera plus la question qui est parti – ils seront trop nombreux -, mais qui est resté – très peu -, pour faciliter le décompte. Nidaa Tounes, la formidable machine de guerre bâtie de ses mains par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, en 2012 fond comme neige au soleil, s’effrite de toutes parts, inexorablement. Le pire dans cette affaire c’est que le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi, par qui tout ce désastre est arrivé, a réussi par on ne sait quel tour de force à repousser le Congrès électif, le tout premier depuis la naissance du parti (une grosse anomalie pour une grande formation, dans une prétendue démocratie !), jusqu’en janvier 2019, au meilleur des cas. Cela veut dire que cette hémorragie a des chances de continuer, et même de s’accélérer… pour précipiter la mort de l’oeuvre de BCE. Alors que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, lui restera manifestement ; lui qui cristallise toute la haine de HCE au point de le détourner de la gestion de Nidaa, une gestion saine, a toutes les chances de demeurer. Et que fait le président de la République pendant ce temps ? Il s’emmure dans son palais cossu de Carthage, dans un mutisme incompréhensible.

La tragédie du vieux lion

C’est le refus de Ben Ali, ou son impossibilité à agir pour freiner la cupidité de ses proches, notamment les Trabelsi, qui avait accéléré sa perte. L’actuel président de la République file droit vers la même tragédie, une tragédie personnelle mais aussi nationale car les déflagrations plongent le pays dans des bruits incessants et une instabilité politique qui sont ses meilleurs ennemis. La Tunisie n’avait pas besoin de ça, et ne le pardonnera jamais à BCE, qui avait pourtant écrit son nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire en dirigeant énergiquement la nation dans un moment où elle se cabrait comme un cheval fou, en février 2011, en pleine poussée de fièvre révolutionnaire. Tout ça a été terni par son entêtement à laisser son fils manipuler plus que de raison des fils hautement explosifs. Et pourtant ce ne sont pas les coups de semonce et alertes qui ont manqué, la dernière en date est celle de Zohra Driss, qui était de tous les combats aux côtés de Essebsi, avant de tout plaquer. Où est passé l’ancien secrétaire général du parti, Taïeb Baccouche, qu’on a vu à un moment s’agiter dans les coulisses après avoir été reçu au palais de Carthage ? Lui au moins avait la stature qu’il faut pour imposer les correctifs dont le parti a grand besoin. Que font Néji Jalloul, Faouzi Elloumi, etc. ? Pourquoi ils se taisent tous devant ce naufrage ? C’est comme si tout ce beau monde s’était donné le mot pour rester sagement assis et regarder le navire sombrer… pour laisser Chahed piloter autre chose à la place ?? Etrange attitude…

Pourtant “l’ennemi” aurait pu être la solution

Sourd (aux nombreux appels à la raison) et aveugle (face au spectacle d’un parti qui se désagrège sous ses yeux, pendant qu’il pourchasse un ennemi imaginaire), Essebsi junior n’est pas muet pour autant. On l’a beaucoup entendu dernièrement, beaucoup plus que d’habitude en tout cas, et si ce n’est pas lui personnellement c’est un de ses lieutenants qui s’y colle. Où sont-ils planqués en ce moment ? Mystère. Eux qui étaient si prompts à organiser des réunions nocturnes dans des officines secrètes qui ont valu au parti tous ses déboires font de l’apnée maintenant. Personne ne s’occupe de ce parti à la dérive, ne parle pour lui, ne tente quoi que ce soit pour le sauver. Il n’y a plus personne ! Et il faut que ce soit les démissionnaires de Ben Arous qui rappellent au supposé leader, HCE, les conséquences de sa traque implacable et insensée, alors qu’il aurait dû faire de Chahed une chance, qu’il aurait dû s’adosser sur ses résultats économiques, qui commencent à venir, pour perpétuer le feu de sacré chez Nidaa Tounes, maintenant que son fondateur est au crépuscule de sa vie politique. Mais il n’en sera rien, manifestement…

Le beau rôle !

Quant à Chahed, et bien il se délecte d’une situation qui tourne à son avantage, après avoir essuyé la tempête. Son positionnement n’a jamais été aussi confortable, après le soutien réaffirmé du bataillon Ennahdha et après avoir implosé, directement ou indirectement, le rang de ses ennemis. Et c’est encore plus vrai depuis que la “Coalition nationale” a émergé au Parlement, un bloc parlementaire lequel même s’il prétend n’avoir posé aucun acte d’allégeance au chef du gouvernement ne sera pas un obstacle pour lui, au contraire. Quand Chahed rétorque à l’ultimatum surréaliste de HCE que lui s’occupe des affaires du pays et n’a pas le temps pour la petite tambouille, il a raison, c’est ce qu’il fait effectivement mais il faut aussi preuve d’une grande habileté politique. En effet aux yeux de l’opinion publique – ses futurs électeurs, peut-être -, trimer pour l’intérêt national c’est quand même autre chose que ces politiciens, de Nidaa et d’ailleurs, qui se vautrent dans la fange pour des intérêts personnels. Et qui s’excite, s’énerve, attaque, cogne pour ces bas calculs ? Suivez notre regard. Et qui dégage une impression de force tranquille face aux assauts, et n’a d’yeux que pour le bien suprême de la nation ? Regardez vers la Kasbah. Bon, la réalité est plus nuancée que ça, et surtout beaucoup moins manichéenne – le bon d’un côté, les méchants de l’autre -, mais c’est cela que perçoivent les citoyens, et ça pourrait être très payant électoralement pour l’un, et fatal pour les autres. C’est la photographie du moment. Cela reste un instantané, qui n’est pas gravé sur le marbre et pourrait muter d’ici les élections de 2019, mais pour le moment cela suffit au bonheur du chef du gouvernement. En attendant qu’il abatte ses cartes. Ou pas.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, leur fait perdre le nord, il les rend tous dingues, ses pseudo-soutiens comme ses ennemis déclarés. Le fait est qu’il est devenu un OVNI politique, sans doute le plus intriguant depuis la dite révolution laquelle a engendré une pagaille monstre dans le pays, presque à tous les niveaux. Obscur – que ce qualificatif nous soit pardonné – secrétaire d’Etat dans le gouvernement Essid, c’est lui que le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a sorti de son chapeau, à la surprise générale, pour remplacer un éphémère 6ème chef de gouvernement qui n’a pourtant pas démérité (mais on ne le saura que bien plus tard, hélas). L’appétit venant en mangeant, Chahed, aidé en cela par sa fraicheur, sa jeunesse, son énergie et son volontarisme débordants, s’est découvert des lubies d’homme d’Etat que ses parrains, du moins son camp ou ce qui en reste, lui dénient maintenant au point d’oeuvrer pour sa “disparition”. Au point de lui balancer cet ultimatum surréaliste : Tu dis clairement que t’es avec nous et l’affiche publiquement, ou bien tu déguerpis. Alors que l’intéressé, jusqu’ici, n’a pas dit un mot sur les intentions qu’on lui prête : il fomenterait un putsch, à la tête de la “Coalition nationale” à l’ARP, pour siphonner Nidaa Tounes, enfin le peu qui en reste. On ne connait pas encore l’auteur de cette brillante initiative, mais une chose est sûre : En endossant cette affaire, Hafedh Caïd Essesbsi, le directeur exécutif du parti, rend un grand service à Chahed.

Le contraire du résultat escompté

Les circonstances exceptionnelles créent parfois des vocations. Jusqu’au jour d’aujoud’hui, personne n’est sûr à 100% que Chahed a envie de monter son propre mouvement et de filer vers le fauteuil du palais de Carthage. Personne. Tous ceux qui en parlent – nous en faisons partie, évidemment – ne nourrissent leurs analyses qu’avec des supputations, des conjectures, certes avec quelques indices ou au mieux des confidences lâchées par ses proches, mais tout ça relève de l’interprétation. Et nous pouvons tous nous tromper, in fine. Mais force est de constater que cette terrible animosité entre le chef du gouvernement et son propre parti, du moins ceux qui parlent en son nom, est de nature à réveiller des instincts de combat chez tout homme normalement constitué, encore plus quand on a goutté à l’adrénaline que procure la chose politique. Essebsi junior (le papa, mentor de Chahed, rappelons-le, est aux abonnés absents jusque-là) s’est fendu d’une déclaration pour dire qu’il n’a aucun problème avec Chahed, et moins de 24 heures après il le somme, même s’il s’est soigneusement planqué derrière la bande, de s’expliquer sur ses relations avec son parti et de signer un pacte de non-agression. Il n’a aucun problème avec Chahed, un compte de fée qu’il devrait plutôt raconter aux enfants, quand on sait l’acharnement qu’il a mis à demander sa tête dans toutes les réunions autour du Document de Carthage 2, le fameux 64ème point, lequel a d’ailleurs fait capoter la signature du Pacte, alors qu’il y a eu accord sur les 63 autres axes.

La dernière attaque frontale de HCE est la dernière d’une série de croche-pattes qui ont pourri le mandat de Chahed, l’ont littéralement pollué avec des annonces, des réunions nocturnes pour comploter contre lui, des menaces même pas voilées, des virées chez papa pour obtenir la disgrâce du locataire du palais de la Kasbah, etc. Bref, Essebsi fils n’a rien épargné à Chahed. On peut difficilement croire que tous ces assauts ne donnent pas à Chahed, à un moment ou à un autre, l’envie de rendre les coups, en commençant d’abord par arracher à HCE ce qu’il affectionne le plus, la direction de Nidaa Tounes, au Congrès de janvier prochain ou en taillant la route tout seul, en créant son propre parti, ce qui serait plus probable, mais, on le redit encore, à ce stade ça reste des conjectures…

Même Ennahdha pourrait s’en accommoder

Le moins qu’on puisse dire est que le pays est sinistré politiquement et attend l’homme providentiel. BCE, même s’il garde le mystère sur ses intentions en 2019, est au crépuscule de sa carrière politique, à 91 ans ; Rached Gannouchi, le chef de file des islamistes, a un gros appétit pour le fauteuil de Bourguiba mais c’est le fauteuil qui ne veut pas de lui, à en croire les sondage ; HCE est le dernier que les citoyens voudraient voir à Carthage, là aussi à en croire tous les sondages ; Hamma Hammami est populaire mais il fonctionnerait comme un épouvantail pour les milieux économiques et financiers ; Moncef Marouki a la cote, auprès d’une frange non négligeable de la population, mais ses aspects tranchants et peu diplomates pourraient nous valoir une société divisée, morcelée ; Mehdi Jomaa et Saïd Aïdi sont des valeurs sûres, ils ont montré leur amour pour la patrie en plaquant des postes très juteux à l’étranger et en accourant au chevet de la Tunisie post-révolutionnaire (il faut espérer qu’ils ne le regretteront pas in fine), mais leur mayonnaise ne prend pas pour le moment… Reste Chahed, le plus crédible de la place, même si la rose s’est un peu fanée depuis, selon les enquêtes d’opinions. D’après ces dernières, seuls Samia Abbou et Néji Jalloul pourraient rivaliser, mais il est fort probable que ces derniers optent pour leurs positions actuelles, qui leur offrent notoriété et affection populaire, sans les désagréments que présenterait une aventure sur le devant de la scène politique.

En toute logique, Chahed devrait donner aux dirigeants de Nidaa Tounes les garanties, même sommaires, qu’ils lui exigent. Dire le contraire maintenant signifierait qu’il rompt de fait avec ses parrains, qu’il assume au grand jour ses ambitions présidentielles, ce qui lui enlèverait la légitimité qui l’a amené à la Kasbah. On l’imagine mal affronter une telle tempête à quelques mois de l’adoption de la loi de finances 2019. Trop tôt pour se lancer, si c’est ce qu’il veut réellement. Donc pour le moment HCE et compagnie devraient avoir les assurances qu’ils veulent, en attendant que Chahed sorte vraiment du bois, en 2019. Une affaire qu’attendent beaucoup de ses soutiens, et même Ennahdha, qui pourrait très bien s’accommoder d’une étoile politique qui a été plutôt magnanime avec les ministres nahdhaouis, malgré les tas de reproches qu’on peut leur faire sur leur rendement et leur maitrise des gros dossiers dont ils ont la charge.

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Des élus à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont annoncé, lundi 27 août 2018, la naissance du bloc parlementaire la “Coalition nationale”. Le bloc a coopté des indépendants et aspiré les députés de l’Union patriotique libre, mais pas que, il a également chassé sur les terres des groupes parlementaires de Machrou Tounes et Nidaa Tounes, avec même quelques belles prises, parmi les députés démissionnaires. Cela suffit au bonheur des artisans de la nouvelle force parlementaire, pour le moment, en attendant les coups qu’ils vont porter, au quotidien, aux partis qui faisaient la loi jusqu’ici au Parlement. Cette nouvelle formation fait tellement peur au personnel politique que certains y voient la main du chef du gouvernement, Youssef Chahed, comme un moyen de peser sur le cours des choses à l’ARP (il ne bouderait pas son plaisir, lui qui y est régulièrement malmené, sans parler de ses projets que les élus se font un malin plaisir de freiner !) mais également de faire un tour de chauffe pour la prochaine présidentielle. En tout cas Mustapha Ben Ahmed, député et porte-parole du bloc de la Coalition nationale, lui dément, catégoriquement. Pour une fois y aurait-il fumée sans feu ?

On n’a aucune date pour les élections de 2019, on ne sait même pas si elles auront effectivement lieu l’an prochain, tant la trajectoire politique du pays est illisible avec des appels, jusqu’à ce 27 août 2018, surtout de la part d’Ennahdha, à un renversement de la table – remaniement ministériel, très large, disent-ils maintenant. A ce chaos politique ambiant s’ajoute la question de l’élection présidentielle  (qui y sera ? Qui a le droit d’y être ? Qui n’a pas le droit ?…), laquelle devient quasiment obsessionnelle… pour les islamistes. Ces derniers sont même en train, littéralement, de perdre leur flegme légendaire et leur assurance de force tranquille à la seule évocation de la joute pour se disputer le fauteuil de Béji Caïd Essebsi. Ils ont beau seriner que leur conclave de deux jours à Hammamet a mis sur la table des sujets divers d’intérêt général, national et pas exclusivement politique, les communiqués issus de cette rencontre laissent penser le contraire. Notamment la perspective de voir Chahed participer à la course présidentielle…

L’épouvantail des islamistes

Sur cette affaire c’est carrément une levée de boucliers chez les islamistes. Exit leurs nuances, compromis et ronds de jambe habituels, c’est carrément non. Chahed au palais de Carthage, c’est non. Deux communiqués en 24 heures pour le dire, c’est on ne peut plus clair. Alors que l’intéressé lui-même n’a pas dit un mot sur cette affaire, sauf pour démentir les bruits sur ses intentions supposées, pour marteler qu’il ne se préoccupe que des dossiers dont il a la charge et pour jurer, ou presque, qu’il se rangera derrière BCE s’il décide de rempiler en 2019. Et qui parle de la présidentielle en ce moment ? Sofiene Toubel, le chef du bloc parlementaire de Nidaa Tounes et un des lieutenants du principal ennemi de Chahed, Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif du parti. Pour dire quoi ? Pour dire, dans Assabah News, que Ennahdha n’a pas le droit de barrer la route de la présidentielle au chef du gouvernement, pour rappeler que Chahed est le poulain de Nidaa Tounes – ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu ça ! – et que seul son parti a le droit de se prononcer sur son avenir. Cette sortie signifie plusieurs choses : D’abord qu’il n’y a pas que les islamistes qui sont travaillés par la problématique de la présidentielle, ensuite que Chahed n’est plus forcément l’ennemi à abattre et que Nidaa Tounes pourrait, de manière très opportuniste, surfer sur la popularité de son “poulain” et en faire son candidat en 2019, si BCE n’y va pas, ce qui est fort probable. Alors qu’il y a à peine quelques semaines cette perspective donnait des boutons aux dirigeants de Nidaa…

Chahed au palais de la Kasbah, du moins jusqu’en 2019 (et après un des leurs à sa place, pourquoi pas), ça passait encore pour les islamistes, car après tout il a plutôt été un bon partenaire ; il n’a pas cherché des noises aux poulains d’Ennahdha dans le gouvernement, malgré une pluie d’attaques, pour incompétence, surtout le ministre de la Santé, Imed Hammami. Qu’aurait fait un autre nidaïste pur jus à la place de Chahed ? Sans doute pire. Mais de là à envoyer l’actuel chef du gouvernement sur le fauteuil présidentiel, ou tout au moins lui dégager la voie, c’est un pas qu’Ennahdha n’est pas prêt à franchir. Non pas pour les raisons avancées par la Choura – l’intérêt de la nation, celui de Chahed, et que sais-je encore -, mais parce qu’ils ne sont pas absolument sûrs de pouvoir s’accommoder du jeune, énergique et obstiné poulain du chef de l’Etat, comme ce fut le cas avec le mentor, même si les coups de canif de ces derniers mois – mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, et maintenant la question explosive de l’héritage – ont malmené le contrat moral de Paris entre les deux protagonistes des élections de 2014.

On a beau expliquer à ce beau monde que le chef de l’Etat n’a pas de réel pouvoir sur la direction des affaires intérieures, que c’est acté par la Constitution et avéré par son incapacité à avancer sur de grands dossiers, tel que le changement du régime politique, on court quand même après son fauteuil. Les hommes providentiels, forts, trop forts qui ont occupé le palais de Carthage ont laissé des traces, et pas que dans la tête des citoyens. Le pouvoir, le vrai, est à Bardo, et pourtant tout le monde ne parle que de Carthage, hanté par les souvenirs de Bourguiba et de Ben Ali, même si peu le reconnaissent sous les projecteurs. Pour les citoyens il s’agit de retrouver, même à minima, des types capables de mener avec autorité la barque, si possible sans la main de fer qui écrase tout et tout le monde ; et pour les politiques il s’agit d’incarner cet homme dont rêvent les Tunisiens. Et pour les islamistes il s’agit de se donner toutes les garanties que celui qui s’assoira sur ce fauteuil (pourquoi pas Rached Ghannouchi, mais comme il est complètement cramé, à en croire tous les sondages…) n’exhumera pas les tourments que Bourguiba mais surtout Ben Ali leur ont infligé. Un même pays, des visions et intérêts divergents. Et c’est pas près de s’arranger !

S.L.

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Le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, qui a certainement très mal pris les remontrances de Zohra Driss et d’une partie de l’opinion publique pour son silence sur les manoeuvres de son fils, est sorti du bois mardi 31 juillet 2018. Il a profité de la clôture de la Conférence annuelle des chefs de missions diplomatiques et des consulats pour montrer ses muscles, histoire de tenir en respect ses détracteurs, qui se cachent de moins en moins.

Après les félicitations d’usage en direction de la diplomatie tunisienne pour les actes posés, surtout dans le sens de la promotion de l’image du pays en tant que destination touristique et d’investissement de choix, BCE attaque sec. «En 2020, personne ne sait s’il sera encore dans ce bas monde. Nul ne sait s’il sera encore au pouvoir ou simple spectateur. Mais comme je l’ai déjà dit, un homme politique est préoccupé par les prochaines élections, alors qu’un homme d’Etat se soucie des générations futures. Nous, nous sommes un Etat qui se préoccupe des générations futures, et nous tiendrons notre engagement», assène le président de la République.

Reste à savoir si ce “nous” englobe le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui écoutait attentivement le discours de l’homme qui l’a installé à la Kasbah. D’ailleurs Chahed dit à peu près la même chose quand la meute conduite par Essebsi junior l’assaille…

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Le député du Front populaire et président de la commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Mongi Rahoui, a démenti les informations selon lesquelles le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait bien consulté le président de la République, Béji Caied Essebsi avant de prendre la décision de nommer Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur. “Le gouvernement de Chahed est celui d’Ennahdha (…) C’est la seule partie qui a été consultée au sujet de cette nouvelle nomination“, a assuré Rahoui dans une interview accordée ce jeudi 26 juillet 2018 à Africanmanager. Et d’ajouter que Ennahdha est aujourd’hui le seul parti qu’on consulte dans les décisions gouvernementales : “C’est l’unique sponsor officiel de Youssef Chahed“, a-t-il soutenu.

Mongi Rahoui explique cela par le fait que Ennahdha est la seule partie qui soutient encore Youssef Chahed. En effet, le conseil de la Choura qui s’est réuni récemment a réaffirmé, dans un communiqué, le soutien du mouvement au maintien de Chahed à la présidence du gouvernement, assorti d’un remaniement ministériel partiel si nécessaire.

Dans le même ordre d’idées, le député a pointé du doigt le chef du gouvernement, l’accusant de tricher, de manipuler les données et de répéter le même scénario que celui utilisé lors du limogeage de Lotfi Brahem, l’ancien ministre de l’Intérieur  : “Chahed nous a fait croire que le président de la République avait été consulté sur ce limogeage alors qu’il ne l’est pas“, a assuré le député, faisant remarquer qu’à travers cette manière de gérer les affaires, Chahed a voulu  jeter la confusion dans les débats et entre les différents partis et forces politiques.

Rahoui a martelé que Chahed n’a consulté que les partis Ennahdha et Al Moubedara alors qu’il a dit clairement qu’il avait consulté les formations politiques.  “Le Chef du gouvernement veut utiliser le symbolisme du président de la République“, a-t-il indiqué, exprimant son étonnement d’entendre de telles déclarations alors que le chef de l’Etat avait clairement appelé Chahed à démissionner ou à se présenter à l’ARP.

Un avis partagé par Mongi Harbaoui, porte parole de Nidaa Tounes, qui a démenti, citant des sources, que le chef de l’État ait été consulté au sujet de la nomination de Hichem Fourati, il a été simplement informé selon lui. “Son parti n’a pas aussi été consulté“, a-t-il assuré lors de son passage ce jeudi sur Shems Fm.

Nous rappelons à ce propos que le chef du gouvernement a désigné Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur en remplacement de Ghazi Jeribi, ministre de la Justice et ministre de l’Intérieur par intérim. Fourati est un cadre administratif du département et a été le chef du cabinet du ministre Hedi Majdoub.

Lors des festivités de la fête de la République qui ont eu lieu mercredi 25 juillet 2018, Chahed avait déclaré qu’il avait bien consulté les formations politiques «qui soutiennent son gouvernement» avant de prendre la décision de nommer Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur.

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Le député Machrouû Tounes, Hssouna Nasfi a affirmé, dans une déclaration ce lundi 16 juillet 2018 à Africanmanager, que l’interview du président de la République, Béji Caïd Essebsi, diffusée dimanche soir, a été un échec et a aggravé davantage la crise politique qui sévit dans le pays depuis des mois.

Il a en outre indiqué que BCE a fait comprendre aux Tunisiens que l’objectif essentiel de cette interview est de régler des comptes à Youssef Chahed et de lui faire assumer la responsabilité non seulement de la crise actuelle dans le pays, mais aussi de ce qui se passe au sein du parti de Nidaa Tounes

Le député a par ailleurs reproché au président de la République de ne pas mentionner la prérogative que lui reconnaît l’article 99 de la Constitution de demander lui-même à l’ARP un vote de confiance pour le maintien ou non du gouvernement, faisant remarquer que le pays ne supporte pas d’autre crises surtout que le Tunisien a perdu toute sa confiance dans les politiciens.

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D’après le baromètre politique d’Emrhod Consulting, 10,1% des Tunisiens pensent que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est la personnalité la plus apte à diriger le pays alors que 9% préfèrent le président de la République, Béji Caid Essebsi et 5,2% choisissent Moncef Marzouki.

Publié mercredi 6 juin 2018, le sondage a également révélé que 46,4% des Tunisiens sont satisfaits du rendement du chef du gouvernement, Youssef Chahed contre 48,8% en mars 2018.

Dans le même contexte, 4,6% des personnes interrogées pensent que Mohamed Abbou est capable de diriger le pays, suivi de Safi Saïd (2%), Samia Abbou (1,7%) et Mehdi Jomaâ (1,4%).

Il est à noter que le sondage a été réalisé durant la période du 31 mai et le 2 juin 2018, auprès d’un échantillon de 927 personnes appartenant aux 24 gouvernorats du pays.

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Le président de la république Beji Caid Essebsi a exprimé le souhait de voir l’économie tunisienne atteindre 3 % de croissance en fin de cette année, dans une allocution télévisée mercredi soir sur la Watania 1 à l’occasion de l’avènement du mois saint de ramadan.

Le chef de l’Etat a rappelé que la Tunisie a réalisé 2,5 % de croissance lors du premier trimestre de 2018 “malgré les difficultés du pays”, alors qu’elle était de l’ordre de 1,9 % l’année dernière.

Le président de la république a indiqué que la Tunisie accueille cette année le mois de ramadan après un important évènement politique, celui des élections municipales, qu’il a qualifiées de “grand acquis pour la Tunisie et un renforcement de son processus démocratique”.

“Le monde entier nous rend hommage pour cet accomplissement et j’espère qu’il répondra aux aspirations du peuple tunisien pour une vie décente et un pouvoir d’achat amélioré”, a souligné le chef de l’Etat, indiquant que le gouvernement a pris “toutes les dispositions pour atteindre cet objectif”.

Au sujet des derniers développements de la cause palestinienne, Beji Caid Essebi a fait remarquer que l’avènement du mois de ramadan coïncide cette année avec le 70e anniversaire de la Nakba, le transfert de l’ambassade us de Tel Aviv à Al Qods et les dizaines de martyrs et centaines de blessés palestiniens tombés sous les balles des forces d’occupation israéliennes.

Il a réitéré le soutien indéfectible de la Tunisie à la cause palestinienne et son appui au droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’édification de son Etat avec Al Qods comme capitale.

“Nous exhortons les nations à réaffirmer leur grand soutien au peuple palestinien devant l’arrogance sans limite d’Israël appuyé par de grandes puissances dans le monde”, a ajouté le président de la république.

Caid Essesbi a adressé ses chaleureuses félicitations au peuple tunisien et à toute la nation islamique à l’occasion du mois saint de ramadan.

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Selon un communiqué rendu public ce jeudi 3 mai 2018 , par la présidence de la République, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a reçu, ce jeudi au matin au Palais de Carthage, une délégation de la Fondation allemande Konrad-Adenauer conduite par Gerhard Wahlers, secrétaire général adjoint de la Fondation.

Lors de cette rencontre Essebsi a salué le rôle de la Fondation allemande et de son bureau à Tunis dans le développement de la coopération entre la Tunisie et l’Allemagne dans tous les domaines.

Pour sa part, Gerhard Wahlers a félicité les mutations profondes que connaît la Tunisie dans tous les secteurs, affirmant la disposition de la Fondation à poursuivre ses actions pour faire réussir le processus démocratique et économique en Tunisie.

A noter que la Fondation Konrad-Adenauer organise à Tunis le congrès régional annuel de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, du 2 au 4 mai courant.

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Selon un communiqué rendu public par la présidence de la République, le chef de l’Etat, Beji Caid Essebsi, a reçu, ce lundi 30 avril 2018 au Palais de Carthage, le ministre de la Justice, Ghazi Jeribi et s’est vu remettre un rapport détaillé sur les résultats des travaux de la commission de l’amnistie, en prévision de la fête du travail, qui sera célébrée le 1er mai 2018.

A cette occasion, le président de la République a décidé d’accorder une amnistie en faveur de toutes les personnes détenues dans le cadre d’affaires liées aux chèques sans provision.

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Selon un communiqué rendu public, ce vendredi 16 mars 2018 par la présidence de la République, Béji Caid Essebsi a annoncé une grâce exceptionnelle en faveur de 1397 prisonniers, soit la libération de 598 personnes.

La décision présidentielle a été annoncée à l’occasion du 62e anniversaire de la fête de l’indépendance, précise la même source.

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La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi a appelé, dimanche 25 février 2018, le président de la République à ” renoncer à protéger ” El-Khouanjia ” (Intégristes) avant 2019.

” La participation d’obscurantistes religieux aux prochaines municipales avec des listes indépendantes et leur infiltration du pouvoir local représentent une haute trahison envers la patrie “, a-t-elle estimé lors d’un meeting à Sfax.

 ” Le pouvoir local comme prévu par la Constitution vient démanteler le système de l’Etat, violer sa souveraineté, compromettre la centralisation du pouvoir de décision et découper le pays en petits Etats “, a-t-elle expliqué.

” Le Parti destourien libre ne se mettra jamais à genoux, même s’il perdra les prochaines élections municipales “, a-t-elle ajouté.

 ” Le parti va proposer une autre Loi fondamentale qui protège l’Etat, en préserve la souveraineté et met en place des Instances constitutionnelles qui garantissent la liberté et la stabilité politique et préservent la force du pouvoir de décision “, a-t-elle poursuivi.

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Selon un communiqué rendu public par la présidence de la République, le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi a reçu jeudi au palais de Carthage, le président de l’Assemblée de la République portugaise, Eduardo Ferro Rodrigues.

Le président de l’Assemblée de la République portugaise a souligné la volonté de son pays de raffermir les relations politiques et économiques étroites entre les deux pays.

Rodrigues a également salué le rôle important du président de la République dans la réussite du processus de transition, la consécration de l’édifice démocratique et la consolidation des acquis modernistes de la Tunisie.

 Pour sa part, le président de la République s’est félicité de la profondeur des relations d’amitié et de coopération unissant les deux pays, affirmant la détermination de la Tunisie, malgré tous les défis, à poursuivre les efforts afin d’instaurer les attributs de l’Etat démocratique et moderne, lit-on dans ledit communiqué.

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Le chef de l’État, Béji Caïd Essebsi, a décidé de transférer, ce jeudi 8 février 2018, la proposition de limogeage du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, au Parlement, d’après un communiqué de la présidence de la République.

Cette proposition qui a été émise hier mercredi par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, sera soumise à l’approbation de l’ARP, conformément aux dispositions de l’article 78 de la Constitution tunisienne.

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Le président de la République, Béji Caied Essebsi a déclaré dans son interview accordée au journal “Le Monde” que ce n’est pas un crime d’avoir travaillé avec Ben Ali : “ceux qui ont travaillé avec Bourguiba, on va les exclure ? Quand Ben Ali était au pouvoir, 2 millions de Tunisiens travaillaient avec lui. On ne va pas les exclure”.

BCE a dans le même contexte déclaré que chaque Tunisien a le droit de participer à la vie de son pays s’il n’a pas été l’objet d’une condamnation. “Ce n’est pas un crime d’avoir travaillé avec Ben Ali, sinon on leur enlève la nationalité. Et ça, personne d’autre que la justice ne peut le faire”, a-t-il expliqué.

Interrogé sur la loi qui amnistie la corruption administrative, le chef de l’État a dit : “Je suis l’auteur de cette loi. Elle ne vise que les fonctionnaires compétents qui ont exécuté des instructions directes et irréfragables de l’Etat de l’époque. On n’a pas amnistié des gens qui ont détourné de l’argent de l’État. Cette loi de réconciliation vise à profiter de l’expérience des hauts fonctionnaires qui restaient les bras croisés car ils avaient peur d’être punis”.

Cette interview a été accordée par BCE au journal “Le Monde”, lors de la visite qu’il a effectué la semaine dernière en France.

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318 DT/J à Carthage, 184 DT/J au Bardo et 116,6 DT/J à la Kasbah ! Ce sont les rémunérations quotidiennes, par division du montant global annuelle sur 12 puis sur 30, de chacun de ceux qui représentent les trois pouvoirs. Les trois institutions (ARP, présidence de la République et présidence du gouvernement), coûteront 18,553 MDT au budget de l’Etat 2018. Des institutions aux pouvoirs et aux responsabilités différentes. Ces chiffres n’incluent pas les rémunérations des trois présidents (BCE, Chahed et Ennaceur).

C’est ainsi que l’ARP, dont presque tous les électeurs se plaignent, coûtera au budget de l’Etat tunisien presque 30,9 MDT. Des dépenses, en hausse de 5 % par rapport au budget de 2017. Le nouveau, comme le précédents, n’ont pas été élaborés selon la technique GBO (gestion par objectifs). La remarque est de taille pour une Assemblée qui revendique sa stricte autonomie financière.

Selon le «Marsad» d’El Bawsala, 81,5 % de ce budget iront aux salaires des députés. Ainsi, chacun des 217 élus aura une rémunération annuelle de 66,244 mille Dinars ou 5,520 mille DT par mois. A ces rémunérations, il faudra ajouter les 200 mille DT pour les salaires des assistants parlementaires. Cette assistance est assurée par une entreprise de service privée. Un appel d’offres a d’ailleurs été lancé pour le choix de cette entreprise.

Aux dernières nouvelles, les députés de l’ARP demandent aussi l’augmentation du budget des heures supplémentaires, comme s’ils étaient dans une administration publique, «alors que la plupart n’accomplissent même pas leurs heures de travail réglementaires», s’offusquait Samia Abbou (Taux de présence 66 % et taux d’absences non-justifiées 32% selon le Marsad en novembre 2017). Il faudra aussi y ajouter les voyages organisés par «ARP Voyages». En effet, 174 députés tunisiens ont effectué des déplacements à l’étranger, entre le 14 janvier et le 12 octobre 2016. 121 de ces voyages, en mission, ont émargé au budget de l’ARP et 25 voyages ont été cofinancés. On ne sait pas pourquoi, mais pour 2017, l’ARP a oublié la transparence et n’a rien encore publié, alors que l’année tire à sa fin, sur l’activité de «l’ARP voyages» !

Des députés, qui plus est, ne chercheraient qu’à tirer profit de leurs postes, comme l’a déclaré ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, vendredi dernier, devant l’ARP même !

Pour la comparaison, le budget de la présidence du gouvernement, qui n’obéit pas lui non plus à la technique GBO, sera de 168,372 MDT, dont 1,428 MDT (70,1 %) iront pour la rémunération des 34 membres du gouvernement. Par simple division, la rémunération annuelle d’un membre de gouvernement sera de 42.000 DT ou 3.500 DT par mois.

Pour la présidence de la République, le budget sera, en 2018, de 108,513 MDT. A hauteur de 75,7 %, il ira pour les salaires. C’est ainsi qu’il sera consacré la somme de 2,750 MDT pour la rémunération des 24 membres du cabinet présidentiel. Par simple division, chacun recevra une rémunération annuelle de 114,583 mille dinars, soit une moyenne 9.546 DT par mois. Cela, tout en sachant que tous les membres du cabinet de BCE ne touchent pas le même salaire et qu’il y a donc ceux dont la rémunération dépasse les 10 mille DT et ceux qui toucheraient moins. Il est important de signaler que ce nombre de 34 membres n’inclut pas la Garde présidentielle et les employés des services communs et les institutions publiques dépendantes.

A la comparaison, on se rend compte que travailler avec le chef de l’Etat est nettement plus rémunérateur qu’à La Kasbah ou même à la Représentation nationale. A Carthage, où siège ce qu’on appelle généralement le «gouvernement parallèle», chacun des 24 membres du cabinet touche un peu plus de 318 DT par jour, y compris les fériés. Un travail, déjà limité par les petites prérogatives, reconnues au chef de l’Etat par la Constitution. Un boulot, aussi, avec nettement moins de responsabilités que celui de ministre. C’est à plaindre tous ceux qui en ont été renvoyés ou même ceux qui ont été «élevés» au rang de ministre du gouvernement.

A la comparaison aussi, il vaut mieux être député que ministre. Le premier est élu avec l’argent du public. C’est en effet par les deniers de l’Etat que le député se fait financer sa campagne électorale. Il n’est pas, contrairement aux ministres, obligé de quitter son ancien travail d’homme d’affaires, de médecin, d’avocat ou autre. Il bénéficie aussi de l’immunité parlementaire. Il a généralement la langue nettement plus pendue et peut, violemment critiquer, sermonner, accuser et même insulter le ministre voire le chef du gouvernement et se permet, au demeurant , d’en faire une séquence vidéo et la mettre dans sa propre chaîne YouTube.

En face, c’est un malheureux ministre, payé au «Smig gouvernemental» de 3.500 DT, obligé de couper les ponts avec ses anciens employeurs et même de vendre ses parts dans toute entreprise qu’il possèderait avant d’accéder à la charge. Entré au gouvernement après épluchage minutieux de son «B3» et même de son «B1», passé au crible par toute la classe politique et les médias, il risque à tout moment de perdre son maroquin dans un gouvernement dont la longévité moyenne est d’une année, comme pour le dernier cas de Fadhel Abdelkefi. Il risque aussi, comme dernièrement pour Khaled Kaddour, de passer devant le juge d’instruction, si ce n’est pire. C’est généralement un haut cadre, nettement plus intelligent que la moyenne des Députés, mais nettement plus bridé dans sa parole que le premier des membres de l’ARP et une personne à qui on demande d’être entreprenant, sans peur, mais ans aucun filet, son chef étant généralement plus apte à le licencier qu’à le défendre.

«Last but not least», dans les dépenses des trois présidences, celle de la République se verra octroyer 1,808 MDT pour le carburant, celle du gouvernement la somme de 1,800 MDT pour la même fin et l’ARP la petite somme de 0,280 MDT toujours pour le carburant. A elles seules, les trois institutions de souveraineté (Carthage, la Kasbah et Le Bardo), consommeraient l’équivalent de plus de 2.221.714 litres d’essence par an, ou un peu plus de 6.086,9 mille litres de carburant par jour (en février 2017, la production quotidienne de pétrole était de 80 mille barils).

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Une unité sécuritaire spécialisée relevant de la brigade nationale de lutte contre le terrorisme d’El Gorjani a arrêté, hier dimanche, plusieurs individus accusés d’être derrière la rumeur de la mort du président de la République diffusée sur les réseaux sociaux, rapporte Shems Fm, citant une source sécuritaire.

Il s’agit, selon la même source, d’un réseau composé de 4 individus originaires de Béja, Jendouba et du Grand Tunis.

Les éléments de l’enquête ont révèle que la diffusion de la rumeur a été bien organisée, les accusés sont toujours à la disposition des enquêteurs, indique la même source.

A noter que la rumeur a été publiée via une fausse page de France 24 sur Facebook .

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La porte parole de la Présidence de la République, Saïda Garrach a assuré que le chef de l’État, Béji Caïed Essebsi est en bonne santé, démentant ainsi toutes les rumeurs ayant récemment circulé sur les réseaux sociaux.

Dans un statut posté, jeudi 26 octobre 2017, sur sa page officielle facebook, Garrach a tenu à préciser que les activités journalières de BCE sont diffusées dans tous les médias et sur la page officielle de la présidence de la République.

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Le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a reçu ce mercredi 27 septembre 2017 au Palais de Carthage Ahmed Friâa, ancien ministre de l’Intérieur et actuel président du Forum tunisien des sciences et du développement humain.

 À l’issue de cette rencontre, Friâa a présenté au président de la République un projet relatif aux investissements dans le secteur des énergies renouvelables et dans le domaine du dessalement des eaux de mer.

Ce projet, selon Ahmed Friâa, permettra de créer plusieurs postes d’emploi pour les jeunes chômeurs et d’impulser le développement régional.

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