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BCE

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L’agitation du remaniement ministériel est quelque peu retombée, et tant mieux pour nos yeux et nos oreilles, et pour le pays qui doit en finir avec ces interminables séances au Parlement qui grillent un précieux temps. Par contre les contrecoups de cette affaire eux vont s’étaler dans le temps, car ils vont façonner le paysage politique, et les manoeuvres ont déjà commencé. Le psychodrame autour du remaniement a précipité les événements, nous plongeant de fait dans une logique de recomposition de l’échiquier politique, une affaire qui est en gestation depuis que le parti sorti vainqueur des élections de 2014, Nidaa Tounes, a débarqué le chef du gouvernement, Youssef Chahed, après lui avoir collé moult “crimes”. Mais ce qu’ils avaient certainement sous-estimé, c’est la capacité de Chahed à retomber très rapidement sur ses pieds et à retourner la situation en sa faveur. Il se bâtit à la vitesse de la lumière une majorité, en pactisant avec le plus costaud au sein de l’ARP, Ennahdha et en faisant mouvement vers des partis dits satellites, Al Moubadara et Machrouu Tounes, mais qui peuvent faire la différence à l’ARP, et on l’a vu lors du vote confiance où pratiquement aucune voix n’a manqué. Alors nous y voilà : Un scénario complètement inédit dans l’histoire de la jeune démocratie. Tout cette agitation doit avoir, évidemment, une suite…

Le Grand Parti

Nidaa, pour le moment, se vautre un peu plus dans la fange, avec une pathétique et pitoyable chasse aux sorcières, contre ses députés qui ont voté Chahed, des élus qui de toute façon ont décidé de larguer le parti, et contre des ministres qui de toute façon ont quitté le navire. Quid de l’avenir de Chahed? Samir Dilou, député d’Ennahdha et Leila Chettaoui, du bloc parlementaire Coalition nationale, qui généralement ne sont d’accord sur rien, regardent dans la même direction, pour une fois. Dilou a ouvert le bal, le jour même du vote de confiance à l’ARP, en levant le véto sur le droit de Chahed à se présenter aux élections de son choix. Une nouveauté, car jusqu’ici Ennahdha faisait tout pour barrer la route de l’élection au chef du gouvernement, consciente du gros potentiel que lui confère sa popularité. Mais ça c’était avant la disgrâce de Chahed dans son propre parti et avant qu’il trouve chez les islamistes le réconfort et le soutien que Nidaa n’a jamais voulu lui apporter, dès ses premiers pas à la Kasbah. Ennahdha, qui n’a toujours pas de successeur attitré pour son leader historique Rached Ghannouchi, pourrait, très stratégiquement, se rabattre sur celui qu’elle a porté à bout de bras quand les siens jurèrent sa perte. Quant à Chettaoui, elle ne jure que par le Grand Parti au centre, avec Chahed à sa tête, et ça ne date pas d’hier, une formation qui happerait toutes les forces progressistes du pays, à commencer par ce qui reste de Nidaa Tounes. Elle l’a claironné dès le lendemain du sacre de Chahed, sur la RTCI et a enfoncé le clou sur sa page Facebook. Mais pour qu’il y ait un Grand Parti il faut qu’il y ait au préalable un Grand Chef, or de ce point de vue le mystère reste entier.

La grosse énigme Chahed

Tout le monde autour s’agite autour de lui, parle pour lui, le presse d’y aller mais lui ne pipe pas mot. A quelques mois des élections, Chahed maintient le suspense. Mais il ne pourra pas le garder longtemps, car une machine électorale ne se met pas en branle en quelques semaines, et 2019 c’est demain! S’il décide d’y aller – le contraire est toujours dans l’ordre du possible, après tout -, avec qui tentera-t-il l’aventure? Avec l’étiquette Ennahdha? Très peu probable, car sa stature dépasse les clivages politiques, et il aurait beaucoup plus à perdre en s’encartant chez les islamistes, même si ces derniers pourraient avoir intérêt à l’adouber ou à tout le moins être en excellents termes avec lui, ce qui est déjà le cas. Y aller seul, avec sa propre formation dont on voit déjà nettement les contours? Exploser toutes les lignes politiques actuelles, c’est le scénario le plus probable, le plus logique en tout cas, et de ce point de vue le président français, Emmanuel Macron, fait école. Retourner au bercail, à Nidaa Tounes, pour en porter les couleurs? C’est pas complètement à écarter, surtout si son ex-mentor, le chef de l’Etat, fait ce qu’il se refuse à faire jusqu’ici et qu’il aurait dû faire pour éviter l’implosion du parti qu’il a bâti : Peser de son poids pour réconcilier Chahed et les siens. Après tout le plus virulent des adversaires d’Ennahdha, Mohsen Marzouk, a pu faire la paix avec les islamistes, donc toutes les acrobaties sont possibles et en politique plus qu’ailleurs, les vérités d’aujourd’hui ne sont pas forcément celles de demain, et pas seulement en terre tunisienne!

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Le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE), 92 ans mais en très grande forme, va-t-il lâcher son fauteuil en 2019? C’est une des grandes interrogations du moment, à quelques encablures des joutes électorales. Le coordinateur général de Nidaa Tounes, Ridha Belhaj, a levé un petit coin du voile, jeudi 15 novembre 2018 sur Jawhara FM. A l’en croire, BCE, fondateur du parti, rappelons-le, n’a pas enterré la présidentielle, et pourrait même très bien porter les couleurs de Nidaa Tounes l’année prochaine…

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L’espoir de voir la crise libyenne s’orienter résolument vers une solution politique n’aura duré qu’une matinée, dans un des grands palais de Palerme en Italie, quadrillé par les Carabinieri et tutti quanti. L’Italie de Guiseppe Conti avait fourni d’énormes efforts et avait fini par réunir tous les frères-ennemis d’une Libye qui se déchire depuis bientôt sept années.

Khalifa Haftar, Fayez Al-Sarraj, les deux éléments clés de la crise et tous les pays du contour libyen, étaient là, les Français qui avaient lancé la première bombe en 2011, avec J.Y. Le Drian et même les Russes qui soutiennent Haftar, avec Dimitri Medvedev, sans oublier le représentant de l’ONU Ghassen Salama.

Pendant la demi-journée de la rencontre internationale sur la Libye, à l’issue de laquelle le président égyptien s’était retiré, vite suivi par le Maréchal Haftar, force était de constater que le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi, et la Tunisie, ont été au centre de toutes les attentions, tant était connue et reconnue sa connaissance des différents acteurs de la crise, aussi bien que son influence sur eux. Un moment où la diplomatie tunisienne était à l’honneur et avait joué un rôle de premier ordre qui aura finalement évité que la réunion ne capote, au vu des frictions qui ont notamment émaillé la réunion préparatoire de la rencontre internationale.

Dès le début de la réunion préparatoire, selon nos informations, BCE serait intervenu pour attirer l’attention sur la présence à cette réunion de toutes les parties au conflit et la nécessité de les associer à cette recherche de solution pacifique et politique. Et d’ailleurs, on croit savoir que la Turquie aurait aussi quitté la réunion, pour protester contre sa non-participation à la réunion préparatoire.

On notera aussi que les premières discussions auraient aussi un temps bifurqué sur des questions militaires, entre Haftar et Al-Sarraj, mettant l’accent sur la recherche d’une solution, politique et pacifique, refusant même d’y prendre part, pour se limiter à un rôle de facilitateur des négociations pour une solution politique qui aboutirait à un Etat, libre, indépendant et un Etat civil. Voix de la raison dans ce début de discussion, la Tunisie a été finalement entendue et les discussions avaient repris dans le bon sens. Et d‘ailleurs, selon nos sources, l’Algérie a aussi agi dans le même sens de faire entendre raison aux deux principaux belligérants de la crise libyenne.

Lors de la plénière qui avait suivi la réunion préparatoire, la Tunisie était aussi intervenue pour permettre à un représentant du Maréchal Haftar, qui avait déjà quitté le lieu de la réunion, de prendre la parole. Mais aussi pour recadrer la réunion dans le sens où elle doit être faite pour faciliter les discussions entre les parties libyennes prenantes et non pour décider en leur lieu et place, et même pour recadrer d’autres intervenants occidentaux qui s’étaient dits prêts, dans des tentatives de positionnement, à soutenir telle ou telle action, leur rappelant encore que l’objet reste la facilitation des discussions entre Libyens.

Malgré tout cela, la plénière avait aussi vu Al-Sarraj quitter la salle lorsque le représentant de Haftar avait pris la parole et vice versa, selon des parties libyennes proches des présents. Toutes avaient mis en exergue le rôle de pacificateur de BCE et de la Tunisie en général, pays le plus touché par la crise et qui a su rester à distances égales de toutes les parties prenantes au conflit. Et d’ailleurs, la proposition tunisienne de tenir la prochaine réunion, sur la question libyenne, en Libye a été retenue.

Khaled Boumiza

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Prenant part à la Conférence internationale sur la Libye qui se tient les 12 et 13 novembre 2018 à Palerme, en Italie, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a félicité lors de son discours devant plusieurs hauts responsables le gouvernement italien pour sa forte implication afin de parvenir à un règlement politique global et rapide qui garantit aux Libyens leur unité nationale, leur permettant ainsi de concentrer les efforts sur les institutions permanentes et d’assurer la sécurité, la stabilité et la mise en œuvre d’un plan de développement dans l’intérêt de la Libye et des pays de la région.

Le chef de l’Etat a également salué les importants résultats qui ont été annoncés lors de la réunion tenue sur la Libye, par le président français, Emmanuel Macron, et ce le 29 mai 2018 à Paris.

Il a sur un autre volet affirmé que le blocage du processus politique entre les différentes parties en désaccord n’aboutira à aucun résultat fructueux pour l’intérêt du pays et du peuple libyen.

Et d’affirmer que «il faut coordonner tous les efforts entre tous les intervenants à travers un consensus politique et une stratégie conjointe, qui est l’unique référence pour la légitimé de l’Etat, dont l’objectif est d’unir toutes les positions, ce qui permettra de soutenir toutes les parties et de les encourager au dialogue, notamment au cours de cette période difficile que connait la Libye“.

Béji Caïd Essebsi n’a pas manqué de souligner que la Tunisie a une vision qui consiste à trouver un règlement politique global en Libye basé notamment sur la garantie de la sécurité du pays, des citoyens, sans intervenir dans les affaires internes du pays et faciliter la communication avec toutes les parties libyennes sans exception.

En effet il a rappelé l’initiative tunisienne qui a été lancée en décembre 2016, dont l’objectif était de rapprocher tous les différents points de vue entre tous les Libyens et de les soutenir pour réduire les points de discorde entre eux, dans le cadre du lancement d’un dialogue national inclusif.

Et de souligner que «la sécurité de la Libye c’est aussi la sécurité de la Tunisie, il faut adopter une solution politique afin de construire un Etat démocratique solide, lui permettant d’exercer tous ses pouvoirs sur tout le territoire libyen. Il s’agit aussi d’une question de confiance reflétant ainsi la sécurité globale non seulement pour la Libye mais aussi pour la Tunisie qui n’a jamais fermé même pas un jour ses frontières avec notre voisin libyen. Je tiens à affirmer que la Tunisie est consciente des efforts menés par les Libyens qui aiment et qui sont fidèles à leur patrie, ils sont capables de réussir et de lever tous les obstacles et les problèmes afin de construire leur pays ainsi que garantir sa sécurité contre toute menace”.

BCE a, également, salué le rôle important joué par les Nations Unies en Libye, dont le docteur Ghassen Salama, chef de la Mission d’appui des Nations-Unies en Libye, qui a mené des efforts louables pour le cessez-le feu, la mise en place depuis septembre dernier de plusieurs systèmes permettant d’exécuter tous les ordres sécuritaires et le renforcement des réformes économiques au profit du citoyen libyen.

BCE a encore réitéré l’engagement de la Tunisie, en collaboration avec les Nations Unies en matière d’instauration de toutes les conditions favorables permettant de compléter les affaires constitutionnelles, électorales et de mettre fin à l’étape transitoire dans les plus brefs délais.

Le chef de l’Etat a, encore une fois, réitéré ses remerciements en direction du gouvernement italien pour l’organisation de ce grand sommet et le renforcement du dialogue national entre les différentes parties libyennes.

Il a insisté sur le fait que la prochaine réunion devra se tenir en Libye.

On rappelle qu’environ 36 pays et organisations internationales sont présents à ce sommet, à l’instar de la Tunisie représentée par BCE, la France par le ministre des Affaires étrangères, la Russie par le Premier ministre, la Chine, le Canada, l’Algérie et le Maroc ainsi que les Etats-Unis par un assistant du secrétaire d’État…

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Après son intervention musclée au Parlement lundi 12 novembre 2018 dans la soirée, la députée d’Attayar Samia Abbou s’est attiré les foudres de la porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrache. Cette dernière a presque immédiatement posté un texte cinglant, sur sa page Facebook.

Elle a écrit que Samia Abbou a débarqué dans la politique par pur hasard et qu’elle avait oublié le militantisme de Garrache ainsi que le secours qu’elle lui a apporté plus d’une fois. Outrée par la sortie de l’élue, Garrache a déclaré que cette dernière verse dans le populisme et l’hystérie du fait de sa pauvreté intellectuelle et politique et de son irresponsabilité.

Pour la porte-parole de la présidence, Abbou ternit la réputation des personnes et leur passé afin d’assouvir une passion destructrice. Elle a ajouté que la députée est mue par une rancune tenace et la haine à cause de ses horizons politiques bouchés.

Pour rappel, Samia Abbou avait jeté à la face du chef du gouvernement, Youssef Chahed, qu’il a fomenté un coup d’Etat contre Béji Caïd Essebsi, assimilable à celui de Ben Ali contre Habib Bourguiba. Elle a établi une comparaison entre Saïda Garrache et Saïda Sassi, une nièce de Bourguiba, dont on dit qu’elle était au service de Ben Ali et l’informait des moindres faits et gestes au Palais de Carthage, ce qui aurait facilité le coup d’Etat.

«Comme Habib Bourguiba a fait avec Ben Ali, Béji Caïd Essebsi t’a coopté et honoré alors que tu n’as rien ! Essebsi voulait marcher sur les pas de Habib Bourguiba, alors qu’il trinque ! Il le mérite !», a lancé Abbou en direction de Chahed.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a livré ce lundi 12 novembre 2018 ce qui sera sans doute un de ses derniers grands combats avant les élections de 2019. A moins d’un psychodrame dont la jeune démocratie tunisienne a le secret, Chahed devrait pouvoir dérouler tranquillement jusqu’au prochain scrutin, et nous épargner ces cirques et shows tragicomiques récurrents au Parlement qui crament un précieux temps que le pays n’a pas. Sur le plan politique, il s’offre une éclaircie qui devrait lui dégager la voie pour faire avancer les réformes qu’il a déjà lancées, tenter d’obtenir les résultats économiques probants qui manquent encore à son tableau de chasse, organiser les joutes électorales de 2019 et remettre les clés de la maison. Pour faire quoi par la suite? Mystère total pour le moment. Mais une chose est sûre : En réussissant le tour de force de bâtir un tel front autour de lui qui lui a permis ce succès, il se met dans la meilleure des configurations pour monter une formation politique qui enjambe les clivages et qui pourrait aimanter toutes les sensibilités politiques du pays. Ce n’est pas rien ça! Quant à ses adversaires, qui étaient ses frères d’armes jusqu’à ce que le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, les entraine dans son combat personnel, ils ont fui la plénière pour s’éviter une cuisante défaite en direct “au prix du déshonneur“, in fine ils ont eu la défaite et “le déshonneur“, pour paraphraser l’homme d’Etat britannique Winston Churchill (1874-1965).

Jusqu’au bout, jusqu’à ce matin, Nidaa Tounes aura tenu à continuer sa course folle vers l’abîme. Ils ont refusé de marcher sur les pas du président de la République, Béji Caïd Essebsi (BCE), qui leur avait pourtant tendu la perche en déclarant haut et fort qu’il ne veut pas être ce grain de sable dans la machine de Chahed. Pourtant s’il y a quelqu’un qui était directement concerné par la bravade du chef du gouvernement, c’est bien BCE, lui le fondateur du parti, lui qui a sorti Chahed de l’ombre du secrétariat d’Etat à l’Agriculture pour en faire ce ténor qui a fini par lui tordre le bras, dans les règles de l’art. En dépit de tout cela le chef de l’Etat s’est effacé, faisant bon coeur contre mauvaise fortune. Savoir accompagner, adouber et même applaudir celui qui est favorisé par les rapports de force du moment et que rien ne peut stopper est de la realpolitik, du pragmatisme, et c’est aussi un gage de survie dans un  microcosme où tous les coups, ou presque, sont permis. Le comité directeur de Nidaa Tounes, auquel manifestement l’arrivée de Slim Riahi ne fait pas du bien, a refusé l’inflexion que dicte la lecture de la situation politique actuelle. Mauvaise pioche.

Une responsabilité historique

Pourtant BCE leur avait mâché le travail et la pirouette était toute trouvée : Il fallait se concerter rapidement dans la foulée de la conférence de presse du chef de l’Etat pour pondre un communiqué sommaire entérinant l’enterrement de la hache de guerre, souhaitant bon vent à Chahed, levant l’hypothèque sur le vote de confiance et tout le toutim. Et le tour était joué! En politique il suffit parfois d’un simple affichage, d’une simple posture, même factice, pour se retrouver au centre du jeu, dans le camp de ceux qui font et défont. Nidaa Tounes, jusqu’au bout, a défié toutes les lois de la politique et s’est obstiné à livrer un combat d’arrière-garde, un combat perdu d’avance et a préféré se mettre sur la touche pour regarder le train passer. Jusqu’à ce matin, il pouvait encore limiter la casse en optant au moins pour l’abstention, ce qui lui aurait laissé une porte de sortie vers la réconciliation avec Chahed. L’affaire serait d’autant plus simple que le chef du gouvernement est un fils du parti, et tout ce qui a été dit et fait par les deux parties en conflit aurait pu être effacé d’un trait. Mais voilà, c’était sans compter sur les égos surdimensionnés, sur l’absence totale de la moindre jugeote politique, ceux-là même qui ont valu au parti son érosion au Parlement, à peine 51 députés, contre 86 en 2014.

Nidaa Tounes devra expliquer à ses électeurs comment il a combattu, jusqu’au bout, avec une rare débauche d’énergie, celui qui était sans doute le mieux placé pour éviter une victoire totale d’Ennahdha aux prochaines élections. Mais les dirigeants actuels ne seront pas les seuls à porter cette responsabilité historique, le chef de l’Etat également, pour ne pas avoir freiné à aucun moment son fils malgré la pléthore d’alertes et plaintes, devra payer le prix de son mutisme. Il aura échoué là où Habib Bourguiba avait réussi, et le Tribunal de l’Histoire ne le lui pardonnera pas. Il a peut-être réussi à se dégager de la bataille politico-constitutionnelle qui allait l’opposer à son ex-poulain, mais il ne parviendra pas à se défaire aussi facilement des dégâts que Essebsi junior a provoqués.

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Comme le gouverneur romain Ponce Pilate le fit avec les autorités juives de la Judée qui voulurent crucifier le prophète Insa, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE), s’est lavé les mains du gouvernement proposé par Youssef Chahed. Il ne faudra pas compter sur lui pour tenter de lui barrer la route, même s’il ne bénit cette affaire que du bout des lèvres. Il a dit, publiquement, qu’il en sera ainsi, il ne pourra pas se dédire, même si à l’occasion il décochera quelque coup de patte en direction de Chahed, avec le ressentiment de celui que son ex-protégé a broyé pour imposer sa volonté. Mais il n’oubliera pas la postérité, ce qu’il laissera aux générations futures, ce qu’il veut qu’on raconte sur lui une fois qu’il aura disparu. A 92 ans, le président de la République y pense certainement. Essebsi aimerait qu’on dise de lui ce qu’il a dit de Habib Bourguiba hier dans sa conférence de presse. Et mettre des bâtons dans les roues du chef du gouvernement qu’il a lui même “fabriqué“, comme il aime à le répéter, n’est certainement pas la meilleure façon de bâtir une légende. Alors il fait un repli très stratégique, et laisse passer.Son fils, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi (HCE) et ses acolytes ont tenté de l’embarquer dans un combatdont il n’avait pas les moyens constitutionnels, il s’est laissé aller à quelques saillies, mais c’était surtout un baroud d’honneur, le dernier rugissement du vieux lion, histoire de montrer qu’il en a encore sous le pied. C’est tout. Savoir jusqu’où ne pas aller trop loin, dans un contexte politique aussi délétère et une situation économique aussi mauvaise, c’est aussi une marque de sagesse. HCE, Slim Riahi et compagnie ne peuvent pas en dire autant.

Il tire le tapis sous leurs pieds

BCE s’est subrepticement sorti de cet imbroglio, avec la dextérité qu’on lui connait et plutôt du panache. Les dizaines d’années de fréquentation des arcanes du pouvoir ont au moins servi à ça. Mais pendant qu’il se dégageait de ce bourbier, tout le monde a oublié celui par qui toute cette affaire est arrivée, celui qui contre toute logique a poussé dans les cordes le chef du gouvernement, un des leurs, le forçant à sortir le Machiavel qui était enfoui, jusqu’au “meurtre du père” – BCE -, avec ce gouvernement qu’il a concocté dans son dos. Tout le monde a oublié HCE. Même son cher papa l’avait oublié, pendant qu’il discourait et prenait un certain plaisir à épater la galerie, la presse. Pourtant s’il y a un grand perdant dans cette histoire, c’est bien Essebsi junior. Si son père, dans la position qui est la sienne, a pu retomber sur ses pieds en se contentant de dire que c’est lui qui a sorti Chahed de son chapeau et qu’il ne le lâchera jamais, la chose est beaucoup moins simple pour le directeur exécutif de Nidaa Tounes. Et il ne peut même pas compter sur son père pour assumer une part de cette cabale folle pour faire chuter le mieux placé d’entre eux pour présider aux destinées de la famille dite progressiste, Chahed. En réalité BCE et son fils se sont inter-stimulés pour atomiser le chef du gouvernement, mais le chef de l’Etat ne l’assumera jamais publiquement. Lui a au moins le privilège de faire ce qu’il veut dans l’ombre et d’afficher autre chose publiquement. Son fils ne peut pas en dire et faire autant.

Le dérapage, jusqu’au crash

Jusqu’à hier Nidaa Tounes était braqué dans son combat, traquant ses ministres pour qu’ils quittent le gouvernement, sous peine d’exclusion. Certains n’ont pas attendu la disgrâce et ont préféré quitter un navire en plein naufrage, leur parti, pour s’embarquer dans un bateau dont on ne sait pas où il accostera en 2019 (Chahed ira-t-il aux élections de 2019? Si oui sous quelles couleurs? Montera-t-il son propre parti politique? Disparaitra-t-il dans la nature – quelque part dans une organisation internationale – après ce qu’il aura considéré comme de bons et loyaux services?…). Nidaa Tounes en est là : il n’inspire confiance à personne, même pas à ses propres enfants, qui préfèrent les incertitudes de leur compagnonnage avec Chahed à la certitude de sombrer avec un parti qui a perdu la boussole. Peut-être que le Congrès électif annoncé pour janvier 2019 mettra un terme au massacre du parti, par le fils du président de la République, mais rien n’est moins sûr, le terrain étant déjà miné par la dernière fausse bonne idée, la fusion avec l’UPL et le parachutage de Slim Riahi au poste de secrétaire général. De tout cela le chef de l’Etat ne parlera pas, ni hier, ni demain. Trop compromettant, trop dangereux, trop explosif pour l’image qu’il est en train de forger pour la postérité.

Chahed fera face aux députés ce lundi 12 novembre 2018, pour solliciter leur confiance. La fenêtre de tir se réduit pour Nidaa Tounes. Il a déjà beaucoup perdu dans cette affaire, beaucoup trop. Il reste peu de temps pour limiter la casse et s’éviter une déroute au Parlement en tentant de stopper Chahed, comme on tenterait de stopper un train avec son corps. Les nidaïstes pourront toujours, d’ici ce week-end, choisir la voie de la raison en infléchissant leur position, en s’abstenant pendant le vote, à défaut de pouvoir voter pour par souci de cohérence. BCE leur a ouvert la brèche, à eux de s’y engouffrer.

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Il a bassiné son monde, dès le début et tout au long de toute son intervention, qu’il est «le seul qui soit élu», suivez son regard et qu’il n’a «aucun problème avec Youssef Chahed». Pour la 1ère, comme pour la 2ème assertion, le chef du gouvernement était pourtant l’absent-présent de la conférence de presse, tenue ce jeudi 8 novembre 2018 par le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi (BCE), au palais de Carthage. Tout au long de cette conférence où il était entouré de tout son staff, politique et médiatique, on sentirait presque l’odeur de soufre du torchon qui brûle toujours entre BCE et son chef de gouvernement, dont il ne nie pas les qualités tout en mettant en doute sans le dire ses résultats à la pratique.

La répétition tout au long des 58 minutes des deux assertions, concernant son statut et ses relations avec le chef du gouvernement, en deviendrait presque compulsive, comme si le chef de l’Etat en doutait lui-même ou qu’il voulait affirmer des choses, dont il sait que personne ne croit.

  • L’officiel et l’officieux de la conférence de presse

Officiellement, la conférence de presse a été tenue pour éclairer l’opinion publique sur les tenants et les aboutissants de la polémique, née sous césarienne, du dernier remaniement fait dans le gouvernement par Youssef Chahed. Il faut rappeler que si le chef de l’Etat s’est aujourd’hui simplement déclaré pas d’accord sur la manière dont il a été fait et le non-respect de certaines procédures qui l’aurait entaché, BCE avait toujours montré son refus, depuis la dernière réunion du conclave de «Carthage 2», de l’idée même d’un remaniement partiel et voulait un changement de gouvernement qui valide ou invalide politique et résultats du chef du nouveau gouvernement qu’il présenterait. Le tout, sur fond de dispute entre Youssef Chahed et Hafedh, le fils de BCE.

Le président commence par s’énerver contre un journal de la place qui le comparait à un Postier. Il ne le nommera pas, mais nommera un de ses plus grands journalistes, Feu Hédi Laabidi, pour que tout le monde reconnaisse la cible de son ire. Il se fera ensuite adepte de la théorie du complot, en voyant de ce qui s’était dit sur l’un des plateaux TV comme des préparatifs pour le destituer, en l’accusant de faute grave s’il ne recevait pas les nouveaux nommés par Youssef Chahed pour le serment, si l’ARP les adoubait. Le chef de l’Etat parlait manifestement de faiseurs d’opinion et non de journalistes.

  • Séance de lavage du linge sale, en dehors de la famille

Il précisera ensuite ce qu’a dit sa porte-parole, en affirmant qu’il n’était pas d’accord sur la procédure suivie dans l’annonce du remaniement. Il indiquera ainsi avoir reçu le chef du gouvernement, à propos du remaniement, que Youssef Chahed lui a donné une première liste et qu’ils s’étaient séparés sur l’espoir d’étudier la question à son retour de Nouakchott. Et dans ce qui apparaitrait comme une séance de lavage du linge sale, hors de la famille, BCE fera ensuite le récit détaillé de ce qui s’est passé entre lui et le chef du gouvernement. «Le même jour vers 17 heures, il m’appelle pour m’annoncer sa décision de rendre public le remaniement. Comment ? Il y a péril en la demeure ou quoi, lui ai-je répondu. Il m’a dit que c’est comme ça. Je lui ai alors répondu que non, je ne marche pas. Je ne suis pas un bouton sur lequel on appuie pour que je m’exécute. Je dois voir cette question. Il s’est dit décidé et je lui ai demandé de m’envoyer la liste des nouveaux ministres. Je l’ai lue, c’est des gens que je ne connais pas, sauf 5 et 5 autres d’Ennahdha, car il ne suffit pas d’être barbu pour être d’Ennahdha et les autres, je ne les connais pas. Je lui ai redit qu’on en parlera à son retour de Mauritanie. Que ne fut grande ma surprise de le voir à la télévision, annoncer son remaniement en disant j’ai décidé cela. Je lui ai alors dit que je ne suis pas d’accord. Est-ce que je n’ai pas le droit de ne pas être d’accord ? Je voulais dire que je n’étais pas d’accord sur la démarche. Ils ont ensuite, contrairement à ce qui se fait d’habitude, envoyé la liste directement à l’ARP, sans passer par le chef de l’Etat et ça ne m’a pas plu». Un vrai film de «realpolitik».

Le chef de l’Etat relève ensuite [Ndlr : Il disait ça, il ne dit rien], en s’adossant à ce qu’auraient déballé des députés de Nidaa Tounes, sur l’erreur qui aurait été faite par Youssef Chahed, de ne pas étudier la question de la recréation du ministère de la Fonction publique en Conseil des ministres, avant de l’annoncer [Ndlr : Premier tiret de l’article 92 de la Constitution]. Il citera aussi le 5ème tiret du même article 94 qui indique que «le Chef du Gouvernement informe le Président de la République des décisions prises dans le cadre de ses compétences précitées». Informer, voudrait-il alors dire prendre son avis? Les lectures divergent!

Parsemant sa déclaration d’accusations, indirectes contre Chahed, de non-respect de la Constitution et de manque du sens de l’Etat, il démentira ensuite avoir envoyé une lettre à l’ARP qui porterait contestation du remaniement. «Ce qui s’est passé, c’est des gens qui s’y étaient opposés, comme il est de leur droit à l’ARP. Ils ont demandé la lettre qui m’avait été envoyée [Ndlr : Par Youssef Chahed] à ce propos et l’administration [Ndlr : de la présidence de la République] leur a envoyé cette lettre. Ça ne fait pas partie de mes fonctions, car je suis au-dessus de tout le monde», en faisant remarquer au passage que «ça, ce n’est pas bien, car le gouvernement de gestion des affaires courantes, qu’est devenu le gouvernement encore en place, ne saurait le faire». Manifestement donc, l’Administration de BCE, fait des choses dont il ne serait pas au courant. Mais ça, c’est du «Bajbouj» pur jus et ça passe !

  • BCE rétropédale intelligemment, avec hauteur et laisse faire le jeune loup de la politique

Nonobstant le Vaudeville du tragi-comique, raconté ce matin par le chef de l’Etat, sans en évoquer l’origine première, force est de constater que BCE aura in fine bien su s’en tirer. Certains diront que le mentor aurait fini par céder devant le passage en force de son ex-poulain. D’autres diront que le chef de l’Etat se serait enfin ressaisi et aurait su sauver la face de la jeune démocratie tunisienne qui s’écharpait depuis 4 ans, sans vergogne en se payant le luxe de polémiquer sur le sexe des anges ou l’origine du pouvoir, dans un pays qui s’endette pour continuer à vivre sous perfusion des institutions financières internationales.

En effet, déjà à la 18ème minute de son speech devant presse, le chef de l’Etat tunisien annonçait que «ce n’est pas parce que je n’étais pas d’accord, car je n’étais pas en condition de le faire, que si l’ARP donnait son accord pour le nouveau gouvernement il ne prêtera pas serment devant moi ou je ne signerai pas leur décret. Je suis un chef d’Etat qui a des devoirs. J’ai le sens de l’Etat et les citoyens doivent savoir que l’Etat est là (…). Je suis au-dessus des partis et je suis là pour veiller au respect de la Constitution. Je n’accepterai pas que des choses me soient mises sur le dos, même en théorie, car je mets l’intérêt national au-dessus de tout. Rien de grave ne s’est passé en fait. Le chef du gouvernement, ou le gouvernement de l’ombre qui existe [Ndlr : Et Vlan !], veut changer le gouvernement. C’est normal et je ne peux que les aider. J’ai le sens de l’Etat et je n’entrerai pas dans les dédales des procédures, comme j’aurais pu le faire lorsqu’ils ont enlevé le ministère de l’Energie, c’est de la responsabilité de l’ARP. Et s’il lui donne sa confiance malgré moi, qu’il fasse son gouvernement», finit ainsi par dire Béji Caïed Essebssi, comme pour clore cette polémique politicienne et couper l’herbe sous les pieds de ceux qui attendraient qu’il monte plus au créneau contre Youssef Chahed.

Sa rancœur restera pourtant vivace contre lui, comme lorsqu’il dit que «il y a l’art et la manière de faire de la politique (…). Je n’ai pas de problème avec le chef du gouvernement», avant de se rebeller de tout son corps et de l’expression de son visage, pour ajouter que «en réalité, on n’est pas égaux et on n’a pas la même stature. Mais je veux l’aider et aider tous ceux qui lui succéderont».

On comprendra donc que, même s’il n’est pas d’accord, il ne s’opposera pas au nouveau gouvernement de Youssef Chahed. Ce dernier n’en aura donc plus qu’avec l’ARP et BCE ne s’y serait pas opposé. Il avale difficilement la pilule et recevra les nouveaux ministres et leur fera prêter serment et toute cette affaire se terminera !

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La Fédération Tunisienne des Directeurs de Journaux (FTDJ) s’est dite étonnée des pratiques des services en charge des médias et de la communication relevant de la présidence de la République, qui auraient exclu plusieurs journaux et sites électroniques de la conférence de presse tenue ce jeudi 8 novembre 2018 par le chef de l’Etat, Béji Caied Essebsi (BCE), au Palais de Carthage.

Dans un communiqué, la fédération estime que c’est une attitude inacceptable, basée sur le principe de l’appartenance partisane et qu’il s’agit d’une violation claire du droit de la liberté d’expression et du droit des citoyens à accéder à l’information.

La fédération a, sur un autre volet, exprimé son indignation, appelant ainsi les autorités concernées par cette affaire à éviter ce genre de dépassement à l’égard des médias.

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Tout le monde voulait connaitre les dessous de ce communiqué émis par le cabinet du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi et qui lui fait dire qu’il n’était associé en rien au remaniement opéré par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Le président de la République a convoqué la presse ce jeudi 8 novembre 2018, au palais de Carthage, pour, entre autres, relater le déroulement de cette affaire et exposer les raisons de sa petite colère…

Il a déclaré que Chahed lui a au préalable annoncé qu’il allait remanier son équipe. Les deux hommes se sont vus lundi dernier et la décision a été prise de prolonger l’état d’urgence, a confié BCE, qui ajoute que son “rôle est de faciliter le travail du gouvernement“. Il a affirmé que la question du remaniement a été mise sur la table et qu’il a alors dit à Chahed qu’ils allaient plancher sur cette affaire “à son retour de Mauritanie. Mais par la suite, il m’a rappelé pour m’informer qu’il annoncera le remaniement le soir. J’ai manifesté mon désaccord. Pour moi il n’y avait pas urgence et les noms qui ont été transmis doivent être étudiés minutieusement“, a dit le chef de l’Etat.

La méthode adoptée n’est pas la bonne et il faut avoir de la considération pour la présidence de la République et son rôle. Le chef du gouvernement est tenu d’informer le chef de l’Etat. Je n’ai pas eu le temps de me pencher sur les noms et je n’ai pas reçu leurs Curricula Vitae. Je ne connais pas tous les ministres désignés et il fallait prendre plus de temps“, a conclu Essebsi…

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Lors d’une conférence de presse qui se tient actuellement au palais de Carthage, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a affirmé : «Je ne veux pas parler de moi-même malgré le fait que j’aie une expérience, j’appartiens à l’époque des grands leaders, j’ai même vécu l’ère de Habib Bourguiba, mon grand  intérêt c’est la Tunisie et les gens qui se sont sacrifiés pour la Tunisie».

Et d’ajouter : «J’exerce toutes mes responsabilités en tant que chef de l’Etat et je ne serai jamais soumis aux différentes altercations ou autres, le gouvernement a bénéficié de la confiance des députés de l’ARP (…), j’ai choisi le chef du gouvernement et j’assume mon choix, c’est vrai que je n’ai pas le même niveau de responsabilité que Chahed mais je suis là pour le soutenir…

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a fait savoir ce jeudi 8 novembre 2018 lors une conférence de presse qui se tient actuellement au palais de Carthage qu’il n’a aucun problème ni conflit avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed. «Chahed a été nommé par le président de la République et je n’ai aucun conflit avec le chef du gouvernement», a-t-il affirmé.

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La polémique constitutionnelle, née en césarienne du dernier remaniement ministériel fait lundi dernier par le chef du gouvernement, fait encore plus polémique. Après avoir fait déclarer par sa porte-parole que le chef de l’Etat refusait ledit remaniement et entamé une campagne médias et réseaux sociaux contre ce remaniement, le chef de l’Etat tunisien tiendra ce mercredi à midi dans son palais, une conférence de presse. Elle devrait être sa 3ème, depuis son entrée à Carthage, et elle devrait lui permettre de s’expliquer sur cette polémique qui enfle

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Son parti, Nidaa Tounes, lui a tendu la perche de la rupture, de l’affrontement le chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’a saisie, en se drapant avec les outils que lui donne la Constitution. A plusieurs reprises, en entamant la présentation de sa nouvelle équipe, lundi 5 novembre 2018 à 20h, l’heure de la grand-messe des JT dans les grandes démocraties, Chahed a invoqué le texte fondamental pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui allaient inéluctablement lui reprocher d’avoir évincé le chef de l’Etat, Béji Caïd Essesbsi (BCE), tout au long de sa tambouille pour former son gouvernement. C’est l’épilogue d’un bras de fer épique qu’a déclenché le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi (HCE), avec l’assentiment de son papa, le président de la République et dont d’ailleurs ce dernier se cachait de moins en moins. D’aucuns disaient que Chahed allait différer son remaniement jusqu’à son retour de la Mauritanie, où il était attendu hier pour une visite de deux jours, il a choisi le combat, tout de suite, sûr de son coup. C’est un chef du gouvernement éjecté de son parti, rappelons-le, qui s’est présenté hier devant les citoyens, affranchi du devoir d’allégeance envers son mentor, BCE, qui l’avait sorti de son chapeau pour relayer Habib Essid qu’il venait d’immoler. Donc, théoriquement, Chahed, viré – ils ont dit suspendu – par les siens, ne leur devait plus rien. Il a usé – abusé diront certains – de sa liberté. Toute la classe politique le bassinait avec le remaniement, et bien il le leur a servi, mais comme lui l’a voulu et en prenant de gros risques politiques, mais des risques calculés aussi.

Des coups, très politiques

On est entré hier, de plainpied, dans une configuration politique inédite depuis 2014. Jusqu’ici c’est BCE, vainqueur des dernières élections générales, qui dirigeait l’orchestre, même avec les pouvoirs limités que lui confère la Constitution (la politique étrangère, et donc le choix du ministre en charge de ce dossier et la Défense, avec la même prérogative). Jusqu’ici les remaniements se faisaient avec le chef de l’Etat, avec le chef du gouvernement qui notait, sur le coin d’une table, les désidératas du “patron” ou à tout le moins venait le voir pour valider ses choix avant d’aller devant le Parlement. Et bien toute cette tradition a volé en éclats hier, BCE a été royalement enjambé par son ex-poulain qui a fait sa petite cuisine dans son petit coin. D’où d’ailleurs la réaction outrée du palais de Carthage, avec un communiqué qui cache mal les mots aigres-doux, voire pire, qui ont dû être débités par le président de la République dont on connait les emportements. Mais à part les vociférations, que peut bien faire BCE pour stopper le locataire du palais de la Kasbah? Et bien pas grand chose…

D’abord constitutionnellement, il a les mains liées. Chahed le sait, BCE aussi le sait, ce qui a dû accentuer son ire. Et puis il y a le contexte, très favorable à Chahed. Et là aussi Essebsi, au fond de lui, doit apprécier à leur juste valeur les coups de l’élève Chahed, son élève à lui, devenu maître en un rien de temps dans l’art de jouer avec les cartes que la situation met dans ses mains. Que va faire en face le président de la République? Rien. Le chef du gouvernement a contourné le problème BCE en gardant les ministres, ceux des Affaires étrangères et de la Défense, dont les noms avaient été validés par le chef de l’Etat lui-même. Il pourra toujours, par dépit, parce que Chahed l’a zappé, exiger de ces deux ministres, sur qui la Constitution lui donne tous les droits, qu’ils démissionnent. Mais ça c’est la théorie, dans la pratique le président de la République ne prendra pas le risque de provoquer une crise politique de cette ampleur en bloquant les institutions, dans la situation dans laquelle est le pays. Une dangereuse aventure qui pourrait lui retirer le peu de crédit qui lui reste, après les dégâts qu’a provoqués son fils dans la machine de guerre qu’il a bâtie, Nidaa Tounes. Selon toute vraisemblance, BCE n’aura d’autre choix que d’avaler son chapeau et de laisser le bullzoser lui passer sur le corps.

Un risque calculé

En cooptant le ténor Kamel Morjane, des éléments de Machrouu Tounes et en gardant Samir Taieb dans son giron, il s’offre un bouclier politique pour baliser sa route vers le vote de confiance à l’ARP où la Coalition nationale, acquise à sa cause, lui a déjà mâché le travail. Sans parler de l’armada Ennahdha, qui sera encore plus “chahedophile” depuis qu’il a eu la bonne idée d’abord de garder les ministres d’obédience islamiste, en dépit des réserves sur leur rendement. Quant à Nidaa Tounes, maintenant de fait dans l’opposition, Chahed a accentué son trouble et ses déboires, qui n’étaient pas peu, en gardant ses ministres, d’ailleurs des poids lourds dans le gouvernement, ce qui permet au chef du gouvernement de garder les grands équilibres de son équipe, et donc du pays. C’est important pour ne pas heurter le processus d’élaboration de la Loi de finances 2019 et les pourparlers autour avec les parlementaires. C’est aussi important pour la continuité des liens avec les institutions financières internationales, en premier le FMI avec lequel la Tunisie a mis sur les rails des chantiers qu’il ne faut surtout pas perturber.

Le fait pour les ministres étiquetés Nidaa de choisir de rester aux côtés de Chahed, contre la volonté de HCE, au motif de servir l’intérêt général, ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de soutien au sein de Nidaa Tounes. Il est même possible qu’on assiste à des scénarios ubuesques, du genre des députés qui se rebiffent et ignorent superbement les consignes de l’état-major, et donc votent en faveur de Chahed. A moins que le comité directeur de Nidaa choisisse la voie de la raison en adoubant, même du bout des lèvres, celui qui fut un des leurs. Ou à tout le moins donne la consigne de l’abstention, pour ne pas étaler davantage le piteux et navrant spectacle de la division. En attendant que la roue politique tourne, d’ici 2019. 

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi a décidé de prolonger l’état d’urgence sur tout le territoire du pays pour une durée d’un mois du 7 novembre 2018 au 6 décembre 2018, et ce pour des raisons en rapport avec la sécurité du pays, indique un communiqué.

Cette décision a été prise après des concertations avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Mohamed Ennaceur.

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Nous apprenons, de source généralement bien informée, qu’une correspondance a été envoyée, ce matin du mardi 6 novembre 2018, par les services du chef du gouvernement à la présidence de l’ARP accompagnée par la liste officielle des nouveaux membres du gouvernement. La correspondance demande à l’ARP de fixer la date pour le vote de confiance pour les nouveaux membres et non pour tout le gouvernement. Il faudra alors attendre que le bureau de l’ARP se réunisse et fixe la date de cette séance extraordinaire de l’ARP.

Si vote de confiance il y a, ce qui ne semble pas être un problème, le chef de l’Etat devant aisément avoir les 109 voix indispensables au vu de la composition politique du nouveau gouvernement, il faudra attendre la réaction du chef de l’Etat. Constitutionnellement, Béji Caïed Essebssi se doit de les recevoir en cérémonie officielle de prestation de serment. Or, le chef de l’Etat, qui semble pourtant avoir reçu la liste des nouveaux ministres depuis le lundi 5 novembre à 15h30 par courrier officiel et n’y aurait formulé aucune critique selon nos sources, avait fait déclarer par la voix de sa porte-parole son refus de ce remaniement. Si BCE maintint cette position et refuse de recevoir les nouveaux ministres après le vote confiance, cela pourrait poser un sérieux problème constitutionnel…

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Tout le monde se demandait ce que le conseil de la Choura du mouvement  Ennahdha allait bien pouvoir pondre en réponse à la situation politique très trouble du pays, voire inextricable : Un président de République qui s’est brouillé avec son poulain qu’il a installé à la Kasbah et qui ne sait plus comment s’en débarrasser, un chef du gouvernement que son éviction de fait de son parti arrange plutôt mais qui hésite à en tirer les conséquences en sonnant le rassemblement autour de lui (monter sa propre formation), un parti sorti majoritaire des élections de 2014 qui est laminé et désespéré au point de s’allier avec le leader politique le plus sulfureux et le plus énigmatique de la place, etc. Ennahdha se devait d’avoir de la ressource pour sortir quelque chose qui soit à la hauteur du contexte politique, incroyablement compliqué. A l’arrivée le conseil de la Choura n’est pas allé chercher bien loin, il a puisé dans ses veilles recettes pour dire son mot mais finalement le moins possible pour ne fâcher personne, parfois une chose et son contraire pour ménager la chèvre et le chou, un subtile équilibre – certains diraient duplicité, double langage… – dans lequel les islamiste excellent. Mais pourquoi changer une potion qui fait gagner, qui a permis au mouvement de rester au centre du jeu politique et même la première force du Parlement alors qu’il était censé jouer les seconds rôles après sa défaite au scrutin de 2014?

Samir Dilou, dirigeant d’Ennahdha, avait carrément fermé la porte aux intentions prêtées au chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, de faire usage de l’article 99 de la Constitution pour éjecter le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Le ton de Dilou était sans appel : BCE ne pourra pas compter sur les islamistes pour faire déguerpir le locataire du palais de la Kasbah. Il avait dit ça le 17 octobre 2018, le mouvement a redit à peu près la même chose le 20 octobre 2018 : Pas question de bousiller la stabilité gouvernement et de provoquer une crise politique majeure dans une période aussi délicate. Mais Ennahdha a ajouté autre chose qui tempère, adoucit le caractère un peu abrupt des propos de Dilou à la radio : Elle a mandaté le président du mouvement, Rached Ghannouchi, pour mener des pourparlers avec le président de la République et le chef du gouvernement ainsi qu’avec toutes les personnalités, partis et organisations pour faire émerger un consensus – un label tunisien décidément ! – pour venir à bout de la crise qui sévit le pays, a fait savoir le président du conseil Abdelkarim Harouni, repris par la TAP.

Pourquoi Ghannouchi et les siens ont éprouvé le besoin de dépasser leur statut de spectateur dans l’empoignade entre Carthage et la Kasbah et de jouer les entremetteurs? Pour les mêmes raisons que quand ils ont réaffirmé fidélité à leur compagnon, le président de la République, même quand celui-ci a crié sur les toits que l’entente cordiale était morte et que son fils, directeur exécutif de Nidaa Tounes, s’est empressé de clouer le cercueil du consensus pour s’autoriser à chasser dans le camp dit moderniste, ce qu’il s’est empressé de faire en avalant l’UPL. Ennahdha en reste à sa stratégie, devenue sa marque de fabrique : Ratisser large, le plus possible, ne jamais mettre tous les oeufs dans le même panier. En l’occurrence dans le contexte actuel, l’équilibre est encore plus délicat, entre un BCE qui n’est pas au meilleur de sa forme niveau popularité, à en croire les sondages, sans parler de son grand âge (91 ans) mais qui est tenté par le rendez-vous de 2019 et un Chahed mieux loti dans les enquêtes d’opinions mais sur qui il est impossible de faire le moindre pronostic pour le prochain scrutin (partira, partira pas?). Dans cette configuration, même le plus chevronné des analystes ne peut s’avancer sur la figure qui va émerger aux prochaines élections. Alors Ennahdha, prudemment, joue sur tous les tableaux.

Une autre illustration de cette stratégie : Le conseil de la Choura a invité “le gouvernement à ouvrir la porte aux revendications des travailleurs, des fonctionnaires et des chômeurs et à dialoguer avec la centrale syndicale afin de s’accorder sur des décisions tenant compte en même temps des revendications et des moyens du pays“. Le mouvement se garde bien de dire comment, concrètement, le chef du gouvernement va s’y prendre pour satisfaire les doléances de l’UGTT avec l’état des finances publiques, avec le déficit qu’il se coltine et avec le marquage très serré du principal bailleur, le FMI. Mais ça Ennahdha s’en moque, l’essentiel pour lui est ailleurs : Il est dans cet affichage, cette posture qui fait de lui le seul mouvement qui parle encore, même de manière feinte ou intéressée, de la nécessité de préserver la paix sociale, la stabilité gouvernementale et d’éviter une crise politique qui compliquerait davantage la situation du pays. Les autres partis, Nidaa Tounes en tête, ont d’autres chats à fouetter, englués dans des calculs et initiatives désespérés pour retrouver une magie qui n’opère plus auprès des militants. Ennahdha certes ne pourra pas duper les analystes, experts et fin observateurs, mais face à des électeurs dont la culture politique est à faire, cette petite musique dissonante, aux relents d’intérêt général, pourrait faire recette.

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Une délégation du Sénat américain a récemment visité la Tunisie. Peu d’informations ont filtré à propos des objets et objectifs de cette visite. La visite a pourtant beaucoup fait parler d’elle sur les réseaux sociaux. Non pas par les déclarations ou les déplacements faits par cette délégation, mais par LA visite qui n’a pas été faite au siège d’Ennahdha, devenu pourtant, depuis 2014, la Mecque des ambassadeurs étrangers et des délégations de tous pays. Une non-visite qui a été traduite par un froid dans les relations d’Ennahdha avec les USA et la possibilité que ce froid diplomatique se traduise par un gel pure et simple et pourquoi pas de la mise du parti islamiste sur la liste des organisations terroristes, étant une branche de la confrérie des «frères Musulmans», à la faveur de la nouvelle politique américaine de l’ère Trump.

Ce froid, si une telle signification de la non-rencontre de la délégation américaine avec Rached Ghannouchi se confirmait, a relancé le débat interne et local, sur la guerre froide entre les deux parties de l’Exécutif tunisien, la Présidence de la République et la présidence du gouvernement. Le président français vient en tous cas de jeter une nouvelle pierre dans la mare.

A Erevan, en Arménie, où il présidait l’ouverture des travaux du sommet de la Francophonie, en plus de la journaliste tunisienne qui l’apostrophait d’un «tu as bien parlé», c’est cet instant où le chef de l’Etat français s’adressait à son homologue tunisien, Béji Caïed Essebssi, qui a le plus fait parler la blogosphère tunisienne.

«Je veux ici souligner le courage du président Essebssi, qui, alors que nous vivions la montée des obscurantismes et de celles et ceux qui voudraient enfermer tout un continent dans une lecture déformée d’une religion, s’est dressé et avec courage, et a pris encore ces dernières semaines des textes fondamentaux pour le droit d’être libre, les droits des femmes, le droit dans le mariage, le droit dans l’héritage… Alors que tous les autres avaient peur, alors que les obscurantistes disaient de ne pas le faire, le président Essebssi l’a fait et nous devons le soutenir dans ce combat. Nous serons là, Président. Ne cédez rien, ne cédez rien dans ce combat. Vous venez d’un pays où l’indépendance a été faite par un grand Président, qui a éduqué les femmes et les hommes, les petites filles et les garçons. Vous venez d’un pays qui a été un exemple dans la francophonie et dans la conquête de l’Afrique. Vous venez d’un pays qui nous rend fiers et nous a rendu fiers. Alors nous continuons à être là !». Ainsi parlait, ce matin en Arménie, Emmanuel Macron, l’initiateur du «Macronisme» et dont beaucoup en Tunisie prêtent l’intention de cloner l’actuel chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed.

Et si les 176 mots de Macron étaient plus qu’un hommage à de simples intentions, force est de remarquer que la France soutiendrait alors un chef d’Etat qui ne détient presqu’aucun pouvoir et que beaucoup des idées par lesquelles il s’était illustré n’ont jusque-là pas dépassé le niveau des propositions. Car les propositions de la Colibe, tout comme celles de l’amendement de la loi sur l’héritage, restent du domaine du chef du gouvernement. Mais peut-être que la France, ne saisissant pas encore les réelles intentions politiques futures de Youssef Chahed, aurait décidé d’appuyer BCE qui cache mal son désir de rempiler pour les prochaines présidentielles, face à un Ghannouchi représentant des obscurantistes que citait Macron selon les Tunisiens et qui s’est déjà déclaré.

Politisés jusqu’à la moelle, lisant même entre les mots et pas seulement entre les lignes et croyant être au centre des intérêts du monde, beaucoup de Tunisiens ont tout de même interprété ce passage élogieux à l’endroit du chef de l’Etat tunisien, dans son discours d’Erevan, comme un appui politique direct à Béji Caïed Essebssi.

Si cela était le cas, la position française aurait fait un virage à 360 degrés, par rapport à tous ses ambassadeurs en Tunisie, depuis 2011. Mais peut-être aussi qu’ils finissent par prêter attention à tout ce qui se dit sur une probable implication d’Ennahdha dans les assassinats politiques de Belaid et de Brahmi.

En politique, tous les gestes comptent. On oublierait alors l’accolade du même Macron à Youssef Chahed, lors de sa dernière visite en Tunisie et ce «Je veux que tu réussisses» qu’il lui aurait lancé en le quittant. Mais «la politique est aussi l’art de mentir à propos», disait Voltaire depuis bien des siècles.

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Mariem Aouiti Bourguiba, petite-fille du leader historique Habib Bourguiba et cadre à Afek Tounes, s’en est prise au chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi. Elle a déclaré dans un entretien avec le journal Hakaek online, publié vendredi 5 octobre 2018, que Essebsi avait surfé sur le nom de Bourguiba durant sa campagne électorale pour conquérir le pouvoir mais que son projet politique n’a rien à voir avec le bourguibisme, d’après elle.
Elle a cogné sur l’alliance entre Nidaa Tounes et Ennahdha, qu’elle a qualifié de «mascarade» vu qu’il n’y a aucune communauté de vues entre les deux formations. La dirigeante d’Afek Tounes a ajouté que le parti islamiste est aux antipodes des principes bourguibistes, ce qui est un danger pour les fondements du modèle social que Habib Bourguiba voulait mettre en place.

Enfin, puisque c’est aussi une affaire éminemment politique et qu’il s’agit principalement de canarder l’offre de la concurrence tout en valorisant la sienne, Mariem Aouiti Bourguiba a affirmé que Afek Tounes est lui au coeur valeurs bourguibistes et que c’est un parti «libéral qui croit à l’importance de la liberté, du rôle de l’éducation dans les avancées de la société et de la santé gratuite».

A la décharge de BCE, c’est tout de même lui qui a aboli la circulaire interdisant le mariage entre une Tunisienne et un non-musulman et c’est encore lui qui a ouvert la porte de l’égalité homme-femme dans l’héritage, un vrai risque politique. Et Bourguiba n’aurait sans doute pas renié ces deux mini révolutions, qui pour le coup n’ont rien d’islamiste, s’il avait été dans les mêmes circonstances que Essebsi. Mais ça Mariem Aouiti s’est gardée de le dire…

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Il y a plus grave que ce qu'il a fait à la Sotetel

Son parcours de rescapé de l’ère Ben Ali s’est arrêté mardi 02 octobre 2018 dans la soirée, stoppé net par la brigade de police de la station Tunis marine. Le sémillant, virevoltant et très flamboyant Borhene Bsaies, qui a pu passer entre les gouttes des règlements de compte ayant suivi le départ précipité du dictateur est derrière les barreaux, pour 2 ans au plus, rattrapé justement par les casseroles du passé. La justice, sur ce coup et sur d’autres, a pris tout son temps pour faire tomber celui qui était censé relever Nidaa Tounes, en sa qualité de chargé des affaires politiques et dont on connait le brillant bilan à ce poste. Après une traque de 7 ans – l’instruction du dossier a commencé en 2011 -, sa condamnation a été confirmée, pour une affaire d’emplois fictifs à la SOTETEL (Société tunisienne d’entreprises de télécommunications). La chose est grave, certes, mais c’est sans commune mesure avec les dégâts que Bsaies a causés dans le parti sorti vainqueur des élections de 2014, rappelons-le, Nidaa Tounes, avec les dégâts qu’il a causés dans le pays…

Les rendez-vous manqués

Quand Bsaies a débarqué, ou plutôt a été recruté (passons sur les bruits sur les coûts exorbitants de cette cooptation, que le principal intéressé a toujours démentis), en mars 2017, Nidaa Tounes filait déjà du mauvais coton et était même en état de déliquescence avancée par rapport au bel héritage laissé par le fondateur, le chef de l’Etat, Beji Caïd Essebsi. La nouvel recrue était censée réorganiser la boutique, ravaler la façade, fourguer une marchandise qui soit comestible pour des militants déboussolés et que le retrait de BCE a laissé orphelins. Mais il était censé surtout mettre en musique le Congrès électif, le tout premier, car la capacité de nuisance du fils du président de la République et directeur exécutif du parti, Hafedh Caïd Essesbsi, était déjà presque unanimement reconnue. Et qu’a fait Bsaies de son cahier de charges ? Qu’a-t-il fait tout ce temps ? Rien. A part pérorer sur les plateaux de télévision et de radio où sa verve et sa faconde inouïe font mouche à chaque fois face à des journalistes et des contradicteurs qui n’ont pas la même aisance que lui, le désormais ex-chargé des affaires politique n’a rien fait. Ou plutôt si : il a aidé HCE dans son entreprise de démolition de Nidaa ; il a même osé lâcher sur El Hiwar Ettounsi, chez Samir Wafi, devant une assistance ébahie, qu’il serait fidèle à Essebsi junior comme il l’a été avec Ben Ali, jusqu’au bout…

Résultat des courses : à force de cacher ce qui ne devait pas l’être et de taire ce qui ne devait pas l’être, Bsaies a participé à détraquer la machine de guerre de BCE, laquelle a amorcé une course folle vers l’abîme que rien ni personne ne semblent pouvoir stopper… à part peut-être Chahed, mais comme ils n’en veulent pas…

Bsaies n’est pas le seul !

Mais dans les rangs de ceux qui regardent mourir le parti il n’y pas que Bsaies, il y a aussi le très bavard député Abdelaziz Kotti (qui a d’ailleurs été l’un des rares cadres de Nidaa à défendre publiquement Bsaies, il y aussi Mongi Harbaoui… Mais vous l’avez constaté vous-même : ils ne bousculent pas !). Kotti qui avait bruyamment claqué la porté, pour cause de coups tordus au sein du parti et qui aimait déverser sa bile dans les émissions TV et radiophoniques. Et qu’a-t-il fait depuis son retour ? Rien. Alors qu’il jurait ses grands dieux qu’il était justement revenu pour corriger la trajectoire mortifère du parti. Même chose pour Ridha Belhaj. Lui aussi était parti, pour les mêmes raisons – les manoeuvres de Essebsi fils – et est revenu. Bon, il a été moins prétentieux que Kotti pour son retour, on peut le lui reconnaitre, mais au niveau de la capacité de nuisance il les bat tous ! C’est lui qui a ranimé le front anti-Chahed à Nidaa quand il montrait des signes de faiblesse et a conforté HCE dans la traque du chef du gouvernement. Avec le résultat que l’on sait : un groupe parlementaire déplumé d’à peine 41 députés, contre 86 en 2014, au 3ème rang des forces à l’ARP et à laquelle il faudra soustraire 4 autres élus qui s’apprêteraient à filer. Voilà l’oeuvre de Kotti, Belhaj. Mais ils ne sont pas les seuls, il y aussi Néji Jalloul, Faouzi Elloumi, Sofiene Toubel, etc. Tous coupables au moins par leur silence. Nidaa Tounes se meurt, dans l’indifférence générale, celle de ses dirigeants mais celle aussi de sa poignée de militants qui ne commentent même plus les mauvaises nouvelles.

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