Rien ne va plus dans le transport. Chahed aux abonnés absents. Et...

Rien ne va plus dans le transport. Chahed aux abonnés absents. Et Ayara?

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Le secteur du transport, tous modes confondus, va chaque jour plus mal, financièrement et socialement, et les compagnies nationales qui le gèrent partent en vrille. Bref décryptage:

  • Un secteur cloué au sol, à la dérive ou qui ne roule plus, ni sur les rails ni sur le macadam

Les retards de vols deviennent la véritable plaie encore ouverte chez Tunisair qui a fini par enlever cet important ratio du communiqué mensuel qu’elle envoie à la presse. La compagnie traîne, depuis bientôt huit années, un plan de redressement qu’aucun PDG ni aucun ministre du transport n’a pu ou voulu concrétiser et ses déficits cumulent et rendent son redressement financier de plus en plus difficile. A La Kasbah, aucun CIM n’a daigné se pencher sur la situation du transporteur aérien national, qui périclite au vu et au su de tous et du ministre Ayara depuis quelques années. L’actuel PDG Elyes Mnakbi aura beau tout déballer. Mais ministère et gouvernement restent aux abonnés absents.

Les bus de la Transtu ne partent jamais et n’arrivent jamais à l’heure. L’entreprise est plus que hautement déficitaire et ses revenus ne couvrent même plus ses charges salariales. Son parc est déjà plus que vieux et devient déglinguant. De l’état financier des sociétés régionales de transport, on pourrait parler sans gêne, tellement elles sont déficitaires et mal gérées, d’abord par l’autorité de tutelle qui ne sait plus quoi faire ni où arrêter l’hémorragie des subventions et des salaires, tant pour les employés que pour les dirigeants.

A la SCNCFT, les déraillements se suivent et se ressemblent. Ils traduisent, selon les observateurs, la situation de toute l’entreprise qui est catastrophique. Des charges salariales de 117,7 MDT pour un chiffre d’affaires de 124 MDT de revenus. 1150 intérimaires intégrés en 2011. 71,5 MDT de pertes en 2016. Une différence de 131,35 % entre les coûts des facteurs et le prix du ticket. 13 % de resquilleurs sur la banlieue et 3 % sur les grandes lignes, soit 1,3 MDT de manque à gagner. 502 voyages supprimés sur les lignes long-trajet et 1,6 MDT de pertes sur le phosphate. 5 MDT de pertes sur le transport du coke de charbon à Gabès. Un âge moyen de 33 ans pour les locomotives, de 38 ans pour les marchandises. Une dette en expansion envers la SNDP et la CNRPS. Le train a sifflé plus d’une fois, mais au ministère du Transport et à La Kasbah, on dort toujours !

A la CTN, le ministre du Transport n’a entendu la sirène que lorsqu’un des bateaux du pavillon a éperonné en pleine mer un porte-conteneurs étranger. S’il était vraiment au gouvernail du secteur, le ministre pouvait-il ignorer tout ce que cet avocat tunisien à Marseille à déballé à propos du trafic de cigarettes dans les bateaux et le directeur qui avait payé l’avocat en euros ?

Et toujours dans le maritime, la situation de la Stam n’est pas «à plaindre» où rien que pour les heures supplémentaires, l’entreprise perd 19,7 MDT par an alors que tous les opérateurs du port se plaignent du très mauvais rendement et services de l’entreprise. La direction de l’entreprise affirme y avoir fait des améliorations et en prend à témoin le chef du gouvernement C’était sans compter avec le SG de l’UGTT, Noureddine Taboubi et ce qu’il a dit sur ce que la direction de la Stam dit avoir fait. Face à toutes ces dérives, force est de se demander : «Y a-t-il un pilote dans l’avion » ? Y a-t-il un ministre pour veiller à ce que toutes les entreprises sous sa tutelle soient bien gérées et les secteurs dont elles ont la charge fonctionnent au mieux des intérêts, et de l’Etat et des contribuables qui paient les salaires de tous les employés et cadres de ces entreprises ?

  • «Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin y’a plus d’eau»

Force est aussi de constater que tout le secteur du transport marche à la «va-comme-je-te-pousse», sans stratégie bien définie et sans directives, ni balises et règlements qui supposent aussi la contrepartie en sanction. Les sanctions, on en voit de plus en plus avec le bal des PDG qui viennent et s’en vont par la seule décision du ministre. Et pourtant, rien ne marche toujours pas, car «tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise», comme dirait un proverbe connu. Plus expressifs, Coluche le parodiait en disant que, «tant va la cruche à l’eau qu’à la fin y’a plus d’eau» et Naheulbeuk disait que «tant va la cruche au nain qu’à la fin il vomit».

A qui en reviendrait la responsabilité ? Il n’y certes rien dans la Constitution de 2014 qui définisse le rôle et les obligations d’un ministre dans un gouvernement. C’est ainsi qu’à la fin, la responsabilité est assumée par son chef. Ce dernier voit que le ministre ne fait que déverser sa colère sur ses cadres, sans arriver lui-même à redresser la barre. Il voit aussi, et y consent par son silence, que le ministre fait le vide autour de lui et met ses aides au donjon. Pourtant c’est sous la direction de l’un d’eux que Tunisair a connu ses plus beaux jours et a fait son tout premier plan de restructuration.

Ce qui nous semble sûr, c’est que la cabale du ministre de Nidaa Tounes contre sa secrétaire d’Etat, se poursuit. Un ministre qui a pris désormais l’habitude de se laver les mains des problèmes du secteur dont il a la charge, sur ses collaborateurs. Il est vrai qu’avec certains, le ministre leur a enlevé toute prérogative, pour pouvoir les démissionner prenant prétexte d’un quelconque incident ou accident. Bien avant l’actuel, l’ancien ministre, tout aussi Nidaïste, du transport avait fini par avoir la peau de l’un d’eux et la sortir de Tunisair, après qu’il a refusé un sur-classement dans l’un des vols de la compagnie pour un gros ponte du parti en question.

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