S. Battikh s’explique sur l’imbroglio Maersk qui lui donne des nuits blanches

S. Battikh s’explique sur l’imbroglio Maersk qui lui donne des nuits blanches

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L’entreprise danoise Møller-Mærsk, connue sous le simple nom de Maersk, première compagnie maritime et plus grand armateur de porte-conteneurs du monde, connaît quelques difficultés en Tunisie où elle est en bisbille avec l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP). La plus grande entreprise de transport maritime du Danemark n’arrive plus à disposer de sa concession au Port de la Goulette à Tunis. Il faut noter que Maersk, c’est environ 20% des activités de containers de port de Radès et 50% celui de Sfax et le transporteur maritime numéro 1 en Tunisie.

«Maersk était représenté par la filiale Maersk Tunisie qui est pilotée par Fathi Jabnoun. Elle avait deux concessions à proximité du Port de Radès. Deux terrains au nom de Maersk Tunisie où elle faisait des activités logistiques (magasins cale, gestionnaire de conteneurs vides, dépotage empotage. Tout cela a été fait sur les deux terrains qui ont été donnés en concession par l’OMMP à Maersk Tunisie », indique le PDG de l’OMMP Sami Battikh pour Africanmanager. Et Battikh d’expliquer ensuite l’origine de cette bisbille en précisant que «le problème est que Maersk Tunisie est arrivée via la maison-mère Maersk, qui a annoncé officiellement qu’elle veut quitter la Tunisie et qu’elle sera représentée en Tunisie par Star Container». Du coup, les deux terrains, qui lui étaient donnés en concession, se retrouvent sur le tapis. «Depuis octobre 2018, c’est désormais la société Star Container, filiale de Maersk en association avec le groupe El Bader de Abdessalem Ben Ayed, qui représente officiellement Maersk et non plus Maersk Tunisie». Fethi Jabnoun se retrouve ainsi évincé de l’affaire au profit d’Abdessalem Ben Ayed».

  • Entre Jabnoun et Ben Ayed, Maersk a choisi. Pas l’OMMP

La nouvelle société Star Container est pilotée par Alexander Cours. Il est un fonctionnaire de Maersk international, avec des partenaires tunisiens du groupe d’Abdessalem Ben Ayed. On comprendrait alors que Maersk aurait simplement voulu changer de partenaire en Tunisie. Et Sami Battikh de préciser à ce stade que, «n’importe quel transporteur maritime a le droit de choisir son représentant. Il n’y pas de souci pour cela. Le problème, c’est que ces deux terrains ont été donnés en concession par contrat en bonne et due forme à Maersk. La loi ne permet cependant pas de transférer la concession de Maersk Tunisie à Star Container». L’OMMP se retrouve alors dans un imbroglio juridique. Soit considérer que Maersk veut quitter la Tunisie et proposer ses deux anciens terrains à nouvelle concession, soit lui redonner ses concessions en transgressant la loi tunisienne sur les concessions, d’où l’embarras du PDG de l’OMMP. «Si je ne donne pas ces deux concession à Star Container, c’est comme si j’ai demandé à Maersk de quitter la Tunisie. Et sans les deux terrains, elle ne peut pas travailler. L’OMMP est ainsi dans un embarras d’ordre juridique». Et Sami Battikh d’avouer que «aujourd’hui je n’ai pas la solution, mais nous sommes en train de résoudre cette affaire et il y a plusieurs alternatives».

  • Battikh entre l’enclume de la loi et le marteau de Maersk

Et lorsque nous lui posons la question de savoir si dans l’état actuel des choses, Maersk est toujours opérationnelle, le PDG de l’Office admet qu’elle reste active, malgré l’existence de cet imbroglio juridique qui semble inextricable qui l’oblige, pour l’instant, à appliquer la loi et lui intime l’ordre de quitter les deux concessions sur lesquelles travaillait son ancien partenaire Fathi Jabnoun qui aurait ses entrées à l’ARP. «Nous avons commencé toutes les procédures et nous lui avons adressé l’ordre de quitter le terrain, par huissier notaire. C’est la loi», dit Battikh, qui reste toutefois conscient de l’impact d’une telle décision, tant sur l’image de la Tunisie que sur l’impact d’une telle décision sur les opérateurs tunisiens en relation commerciale avec Maersk. Et d’exprimer son désarroi en indiquant à Africanmanager que, «si le plus fort transporteur maritime de la Tunisie quitte le pays, il y aura des problèmes pour les importateurs et les exportateurs tunisiens. Ceux-ci comptent beaucoup sur cette société maritime». Et d’assurer que «je répète encore une fois que je ne peux pas forcer un géant du transport maritime international de quitter la Tunisie, d’où la série de réunions que nous allons tenir avec l’unité des concessions relevant de la présidence du gouvernement pour trouver des solutions et pourquoi pas présenter ce dossier devant un conseil ministériel».

Interrogé sur la position de Maersk dans ce casse-tête juridique, Battikh répond que «ils ne sont pas compréhensifs, parce qu’ils n’ont pas une idée sur les lois tunisiennes. Ils pensent qu’ils sont visés et que nous exigeons leur départ de la Tunisie», ce qui n’a pas l’air d’être vrai à le croire.

Reste donc à savoir, alors que Maersk continue à travailler en Tunisie, via un autre représentant, si l’OMMP va aller jusqu’au bout de la procédure juridique et proposer les deux terrains à nouvelle concession, procédure qui ne durerait pas moins d’un an selon l’OMMP, ou si le Conseil des ministres trouvera une autre solution qui satisferait, et Maersk International qui avait déjà fait par de ses bonnes intention à l’égard de la Tunisie, son ancien et son nouvel agent en Tunisie. De quoi donner des nuits blanches à Sami Battikh et au ministre du Transport Hichem Ben Ahmed !

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