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jeudi 22 octobre 2020
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Saied ramasse la mise. Ennahdha trinque !

Sans avoir à brûler la politesse au mouvement Ennahdha, mis hors course par la démission volontaire du chef du gouvernement Elyès Fakhfakh, le président de la République, Kais Saied, n’a pas mis beaucoup de temps pour lancer le processus de consultations en vue de « charger la personnalité la mieux à même d’y parvenir de former un Gouvernement » comme le lui commandent les dispositions de l’article 89 de la Constitution.

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Dès mercredi soir , il a adressé une correspondance au président du Parlement l’exhortant à lui remettre la liste des partis, des coalitions et des blocs parlementaires dans la perspective de concertations pour choisir le prochain chef du gouvernement. Le chef de l’Etat en avait adressé une autre l’après-midi du même jour au même destinataire pour l’informer qu’il avait reçu et accepté la lettre de démission du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh.
Hier soir, le président de la République a adressé aux présidents des partis politiques, coalitions et groupes parlementaires des correspondances les invitant à présenter des propositions sur la personnalité qui présidera le gouvernement, conformément à l’article 89 de la Constitution. Dans une déclaration vendredi à l’agence TAP, un responsable à la présidence de la République a assuré que jeudi 23 juillet est la date limite de réception des propositions.

Exit alors le mouvement Ennahdha qui s’affairait à orienter la crise vers le mécanisme de la motion de censure, l’habilitant à obtenir le retrait de la confiance au gouvernement à la majorité absolue des membres de l’Assemblée, ce qui était pratiquement à sa portée, mais surtout lui conférant la latitude de présenter « un candidat en remplacement du Chef du Gouvernement dont la candidature doit être approuvée lors du même vote et que le Président de la République charge de former un Gouvernement, conformément aux dispositions de l’article 89 ».

Le parti islamiste, cependant, ne semble pas avoir complètement digéré la déconfiture de ne plus avoir droit au chapitre dans le choix du prochain locataire de la Kasbah. Il n’en a pas moins changé le fusil d’épaule. Son porte-parole officiel a souligné, ce vendredi, qu’il engagera un dialogue avec tous les groupes parlementaires sur la base des résultats des élections de 2019, et s’efforcera d’éviter les écueils du passé, citant notamment le « véto à l’origine de la formation d’un gouvernement désaccordé et dissonant ». Il a tout de même assuré qu’Ennahdha s’interdit de s’engager dans des sentiers meublés par l’interprétation de la Constitution à l’ère post-Fakhfakh, ajoutant que le mouvement Ennahdha déférera à tout ce qu’aura décidé la présidence de la République à ce sujet.

Une « surenchère politique »

Ce qui est, toutefois, nettement établi tient au fait que la question de la motion de confiance est bel est bien révolue, comme le constate le professeur de droit constitutionnel, Abderrazek Mokhtar qui a indiqué, vendredi, que la motion de censure déposée par les députés contre le chef du gouvernement est devenue nulle à partir du moment où ce dernier a présenté sa démission, qu’elle a été acceptée et qu’elle n’a pas fait l’objet d’un vote en séance plénière.

« Cette motion est tout à fait insensée, car elle vise à mettre un terme à l’action du gouvernement qui se contenterait désormais de gérer les affaires courantes », a fait valoir le constitutionnaliste dans une déclaration à l’agence TAP.
« La démission du chef du gouvernement produit un effet immédiat dès qu’elle est acceptée par le président de la République », a-t-il expliqué, citant le premier paragraphe de l’article 98 de la Constitution. Ledit article stipule que « La démission du Chef du gouvernement est considérée comme étant celle du gouvernement entier. La démission est présentée par écrit au Président de la République qui en informe le Président de l’Assemblée des représentants du peuple ».

Pour lui, la persistance de plusieurs groupes parlementaires à vouloir faire passer la motion de retrait de confiance au chef du gouvernement démissionnaire Elyes Fakhfakh pour un vote en séance plénière « n’est autre que de la surenchère politique ».

Le mot de la fin a été pertinemment dit. C’est au niveau du président de la République, Kais Saied que le choix du prochain chef du gouvernement successeur d’Elyès Fakhfakh, sera opéré en premier et dernier ressort. Et c’est la démission du chef du gouvernement sortant qui a rendu possible cette option ; l’autre, celle que chérissait Ennahdha, a été ostensiblement soldée.

1 COMMENTAIRE

  1. Le pays a sombré à cause de l’amateurisme politique et des mauvaises préventions. Nous souffrons. Nous souffrons. Tout le sommet de la pyramide nécessite une bonne restauration et une sérieuse mise à niveau, mentale, relationnelle, intellectuelle et corporelle. Abir ne peut pas être la solution complète car il faut penser à la reconstruction juste après la destruction. Zaba et son système ont été abattus sans préparer les véritables solutions de reconstructions. Nous sommes en danger à cause de l’insouciance, de l’incompétence et de l’ego des marionnettes bébés politiciens.

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