AccueilAfriqueSomalie : La levée des sanctions internationales n'est pas pour demain

Somalie : La levée des sanctions internationales n’est pas pour demain

Le Président du Comité créé en vertu des résolutions 751 (1992) et 1907 (2009) concernant la Somalie et l’Érythrée a fait le point aujourd’hui au Conseil de sécurité sur les travaux de ces quatre derniers mois et, notamment, sur la visite qu’il a effectuée en mai dernier, dans la Corne de l’Afrique où souffle un vent favorable depuis le rapprochement entre l’Érythrée et l’Éthiopie.  M. Kairat Umarov, qui n’a pu rencontrer les autorités érythréennes, a par ailleurs appuyé le maintien des sanctions en Somalie.

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Le Président du Comité s’est d’emblée félicité de la Déclaration conjointe de paix et d’amitié, du 9 juillet dernier, signée par les Présidents de l’Érythrée et de l’Éthiopie, ainsi que de la visite, le 28 juillet, du Président somalien dans la capitale érythréenne.  Il a salué l’engagement de toutes les parties à « ouvrir un nouveau chapitre de la coopération et du partenariat ».

M. Umarov, qui est revenu sur les visites qu’il a effectuées au mois de mai à Djibouti, en Éthiopie et en Somalie, soit la première de ce type depuis 2010, a regretté que l’Érythrée n’ait pas invité sa délégation, ratant ainsi l’occasion de défendre son point de vue, y compris sur l’application des sanctions.  Le représentant érythréen a été clair aujourd’hui au Conseil de sécurité.  Après avoir décrit une situation de « proportion historique » avec la mesure « audacieuse » que son pays a prise avec l’Éthiopie et attiré l’attention sur la Déclaration conjointe signée avec la Somalie, le représentant a dit: « tout le monde sait que le souci de la paix et de la sécurité internationales ne peut justifier les sanctions », à savoir l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs.

La mesure la plus appropriée serait de les lever et, ce faisant, d’exprimer sans équivoque l’appui à l’évolution positive de la situation, a insisté le représentant qui a jugé tout à fait « inacceptable » que quelques membres du Conseil continuent de poser des conditions préalables et de changer les critères pour des raisons « étrangères » à la paix internationale.  Le rapprochement « historique » entre Addis-Abeba et Asmara ne peut qu’avoir un impact sur le régime de sanctions, a aussi estimé le représentant de l’Éthiopie.

Mais, a contré celui de Djibouti, l’Érythrée occupe toujours le territoire djiboutien, les prisonniers de guerre sont toujours portés disparus, la menace de recourir à la force, toujours proférée et les risques de confrontation violente, toujours élevés.  L’Érythrée, a-t-il affirmé, continue de recruter, de former et d’équiper les rebelles djiboutiens dans le camp d’entrainement d’Anda’ali à partir duquel des raids violents ont été menés contre les villages et les forces de sécurité djiboutiens.  Le Conseil de sécurité doit maintenir ses sanctions contre l’Érythrée, a martelé le représentant qui a dessiné la voie à suivre et fixé un calendrier « raisonnable », maintenant que le Secrétaire général de l’ONU est en train de lancer des consultations.

Il a d’ailleurs appelé ce dernier à convoquer une réunion d’urgence des principales parties afin de faciliter un accord sur des moyens « mutuellement acceptables » de résoudre le différend.  Le Secrétaire général pourrait ainsi faire des recommandations dans les 120 jours et demander l’accord de l’Érythrée et de Djibouti et, au cas où l’un des deux refuserait, renvoyer le différend à la Cour internationale de Justice (CIJ) pour « un jugement final et contraignant ».

Tout est désormais mis en œuvre pour faciliter le règlement du différend entre l’Érythrée et Djibouti, a assuré le représentant de l’Éthiopie, qui a ajouté que son gouvernement est prêt à apporter son concours à la normalisation des relations entre ces deux pays.

Le Président du Comité des sanctions s’est aussi attardé sur la Somalie.  M. Umarov a dit avoir bien compris que le Gouvernement somalien s’efforce de peindre la nouvelle administration sous la lumière des réformes et de la volonté d’assumer la responsabilité de sa propre sécurité et de son avenir.  Mais il a jugé qu’il serait prématuré de lever l’embargo sur les armes tant que le pays n’aura pas entrepris les réformes politiques et de la sécurité et créé des institutions fortes capables de sécuriser la gestion des armes et des munitions.  La Somalie d’aujourd’hui n’est pas la Somalie de l’époque où les sanctions ont été imposées, a argué le représentant somalien.

Les Chabab sont toujours une menace mais la Somalie a fait des progrès énormes et ces progrès doivent se refléter dans le mandat du Groupe de contrôle.  Le Gouvernement travaille d’ailleurs à des procédures pour parvenir à un système global de gestion des armes et des munitions et à une commission qui serait chargée de lutter contre la prolifération des armes légères et de petit calibre et de sécuriser les stocks avec un personnel bien formé.  Pour bloquer l’accès des Chabab aux ressources naturelles, le Conseil de sécurité national a, le 5 juin dernier, conclu un accord sur la propriété, la gestion et le partage de ces ressources, a encore indiqué le représentant qui a demandé l’amendement des dispositions de la résolution pertinente du Conseil de sécurité qui autorise les flux d’armes vers les forces de sécurité somaliennes et à des partenaires stratégiques de l’AMISOM « non définis », sans en notifier son gouvernement.

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