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mardi 20 octobre 2020
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Tarek Haddad, l’homme qui défie l’Etat et lui pose problème

Le 24 juin 2020, le Procureur général de Tunis ordonnait la libération de Tarek Haddad, porte-parole du sit-in d’El-Kamour après une grève de la faim. Haddad a été arrêté dimanche avec 11 autres protestataires lors de la dispersion par les forces de sécurité tunisiennes d’un sit-in organisé par des jeunes du gouvernorat de Tataouine, sous le nom de « Harak El-Kamour ». Les manifestants ont fermé la route devant les camions citernes pour empêcher leur passage vers le désert. On ne sait pas s’il a été, depuis, traduit en justice.

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Ce qui est sûr, c’est que ce que fait ledit « Coordinateur » du Sit-In d’El Kamour, en prise en otage organisée d’une ressource importante de l’Etat, sur un terrain classé territoire militaire, et avec des dizaines de personnes en guise de parapluie contre toute action sécuritaire, est nettement plus justiciable que le simple fait de participer à une manifestation. Et pourtant, ni le Parquet, ni le gouvernement ne semblent désireux d’appliquer la loi. Le Code pénal regorge d’articles punissant l’atteinte aux biens publics et d’autrui et au droit de travail.

  • Les Kamouristes larbinisent les négociateurs

Entretemps, cet homme dont on ne sait de quoi il vit, et à qui les mauvaises langues attribuent la propriété de plusieurs kiosques de vente de tabac au moins, est devenu une sorte de leader de la région de Tataouine, et une personnalité publique, recherchée par les médias. Encouragé par le silence des autorités, et les égards qu’elles lui témoignent peut-être par crainte d’une insurrection populaire, l’intouchable agitateur de tout le Sud tunisien ne se contente plus de discuter avec des larbins, comme il les avait traités lors des dernières séances de négociation, au cours desquelles une altercation verbale « avec des mots » proférés en présence du Délégué et entendus par certains officiels, après que les négociateurs d’El Kamour ont refusé d’enfiler leurs masques, nous disent des sources qui ont requis l’anonymat. Une altercation, qui aurait poussé les deux représentants du ministère des Finances, de quitter les lieux à tout berzingue.

Ses cartes désormais brûlées avec des négociateurs, qui n’avaient manifestement pas de délégation de pouvoirs illimités, en ce qui concerne notamment la question des 1.500 emplois dans le secteur pétrolier privé et étranger installé à Tataouine, le trublion de Tataouine, qui aurait obtenu gain de cause sur les 80 MDT et le doublement de l’aide au club de football de la région par le biais d’une entreprise publique très endettée qui est l’Etap, déplace désormais le point focal de toute cette négociation, sous le thème de « décision, politique et de souveraineté ».

Tarek Haddad demande au chef du gouvernement d’obliger les entreprises pétrolières étrangères de la région d’accepter le recrutement de 1.500 employés, sous couvert de la souveraineté de la Tunisie sur ses ressources pétrolières. Et lui fixe, pour ce faire, le délai de 24 heures, pour faire « pression, non sur le peuple, mais sur les entreprises pétrolières », ajoutant que « nous ne cèderons pas, et nous n’ouvrirons pas la vanne, jusqu’à ce que toutes les demandes de Tataouine soient satisfaites ».

  • Un bras de fer où l’Etat sera toujours perdant

Ce bras de fer à propos de l’emploi dans les entreprises privées pétrolières, est le second de toute l’histoire de la Tunisie. Le 1er avait été gagné par les insurgés de Kerkennah contre la société étrangère Kufpec. Comme pour les entreprises étrangères de Tataouine, Kufpec ne pouvait accepter des recrutements, d’abord, en surnombre et ensuite, de personnel non qualifié. Et cela avait dégénéré en une situation bâtarde, où les salaires des recrutés sous la pression de la rue à Kerkennah, sont octroyés au nom d’une entreprise qui n’a aucune existence officielle. Une situation de bâtardise juridique, qui avait créé une jurisprudence dans laquelle s’engouffrent désormais les Kamouristes, et qui aboutira aux mêmes demandes de régularisation de situation » .

Au Sud tunisien, les pétroliers de la région avaient déjà signifié leur refus des desiderata des Kamouristes, et officiellement menacé de plier bagage et de porter plainte contre la Tunisie. Plier sous la pression des révoltés du Kamour, poussera le gouvernement tunisien dans un Capharnaüm juridique international, au bout duquel il pourrait se retrouver croulant sous des amendes semblables au cas BFT. Mais aussi et surtout, encourager d’autres insurgés à prendre en otage d’autres infrastructures dans d’autres régions de la Tunisie où passent des pipelines de pétrole ou de gaz. Une malheureuse éventualité, qui n’est plus improbable, qui pourrait internationaliser le différend. Résister aux pressions du Kamour pourrait pousser le gouvernement Mechichi le cédant, vers un mouvement de protestation sociale plus large. Hichem Mechichi, chef de gouvernement très fragile, sans soutien politique ou financier et qui fait face à une plus violente vague du Covid-19, a manifestement de douloureux arbitrages à faire … « يمشيشي المشيشي?

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