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jeudi 13 août 2020
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Thomas Cook en Tunisie : 3 opérateurs sévèrement touchés, mais pas tout le secteur. R. Trabelsi dit tout

C’est désormais un fait. Le plus vieux voyagiste du monde est dans la tourmente. Thomas Cook (TC) est en faillite et a donc immédiatement cessé toute activité. Les cabinets «AlixPartners» et «KPMG» auraient été nommés administrateurs judiciaires des différentes filiales du groupe, selon des sources de presse française, en attendant la liquidation de l’entreprise.

Il ne fait aucun doute que la Tunisie est loin d’être le pays le plus touché. En effet, selon les données communiquées par les autorités de différents pays, et rapportées par la presse française, ils seraient 4.500 touristes britanniques à devoir être rapatriés de Tunisie, 50.000 clients de Thomas Cook sont en Grèce (dont 22.000 en Crète, 3000 à Corfou et 4000 sur l’île de Zakynthos) et 21.033 en Turquie. On comprendra alors que la Tunisie, même si plus économiquement vulnérable, aura finalement été la moins touchée des destinations partenaires avec le TO britannique.

Sur les 7 millions de touristes enregistrés depuis le début de l’année et même un peu dépassés, Thomas Cook n’y avait que 107 mille, c’est-à-dire une part de marché du trafic de 3,5 %. Il est vrai à quelque 65 % en provenance du marché anglais. Ces chiffres, officiels, sont ainsi de nature à beaucoup relativiser l’importance de TO anglais pour la Tunisie, et partant, de l’importance des dégâts que pourrait occasionner sa faillite sur le tourisme tunisien en général.

Thomas Cook a certes arrêté toute activité, mais le ministre du Tourisme assure que «même les touristes à venir, qui ont déjà réservé sur TC pour le reste de l’année en Tunisie, seront en grande partie répartis entre d’autres TO anglais concurrents, par les assurances ».

  • Les trois plus gros touchés, TTS, Driss et Khéchine

A Tunis, on fait encore les comptes des dégâts, actuels et à venir. On en était d’abord à entre 190 et 200 MDT de dettes, facturées par les Tunisiens et impayées par TC (Angleterre, Allemagne, France et la Belgique, dont 100 MDT pour le seul marché anglais).

On se rend compte, désormais, que ces chiffres seraient relatifs à tous les marchés clients de TC pour la Tunisie, et non pas uniquement le marché anglais. C’est ce que disait en tout cas, mercredi 25 septembre 2019, le ministre tunisien du Tourisme René Trabelsi à Africanmanager, sur la foi des chiffres, à lui fournis par les professionnels.

La même source assure que le nombre des unités hôtelières tunisiennes qui seraient touchées, varierait entre 38 et 40, et pas au même niveau de dégâts. Les opérateurs touristiques tunisiens les plus touchés, restent l’agence TTS de Karim Miled, réceptif officiel de TC et qui reste silencieux, avec des impayés de l’ordre de 12 MDT (entre Bus, Nouvelair et hôtels). TTS aura ensuite à redéployer tous ses hôtels sur d’autres TO, ce qui est loin d’être chose facile. En attendant, il devra pourvoir aux salaires des agents des hôtels sous marque TC, soit à travers le Réceptif ou le fonds de garantie anglais. «Ceci sera fait et les Anglais y tiennent», rassure le ministre.

Sur la question des dettes auprès de Thomas Cook, il est suivi par le groupe Khéchine à Hammamet avec une somme entre 11 et 12 MDT, et enfin le groupe Driss de Sousse qui enregistrerait des impayés de l’ordre de 10 MDT. Loin derrière, il y aurait le One-Resorts des Daoud à Monastir (avec + ou- 2 MDT) et la chaîne «Santido-Le Sultan» à Hammamet. Tous ces chiffres restent jusqu’ici, non définitifs, et les réunions se déroulaient, jusqu’à hier soir, au siège du ministère du Tourisme, en la présence même de la BCT (Banque Centrale de Tunisie). Tunisair assure avoir été, jusqu’à dimanche dernier, payé pour tous les billets émis. Ce qui reste relèverait plus de la facturette que de la grosse facture, nous assure la direction de la compagnie.

  • Qui paiera, quoi, quand et comment ?

Pour la question du recouvrement par les opérateurs tunisiens de leurs dettes, le ministère tunisien du Tourisme aurait déjà trouvé un début de solution. «Le gouvernement britannique s’est engagé par écrit et a déjà envoyé aux hôteliers concernés les documents nécessaires à remplir, pour prendre en charge tous les clients anglais qui se trouvent en Tunisie, auprès des hôteliers tunisiens. Pour le reste des factures impayées, c’est auprès des administrateurs judiciaires qu’il faudra s’adresser et adresser les factures, mais ne pourra payer les factures qu’une fois évalués tous les actifs de TC. L’affaire pourrait ainsi durer de 1 à 3 années, et pour l’instant, l’argent n’est pas perdu, mais juste impayé». C’est ce qu’a précisé René Trabelsi, qui reste positif, à Africanmanager.

Et celui qui fait, à tort il faut le dire, depuis quelques jours, l’objet d’une cabale médiatique, de confirmer que «nous ne tomberons pas à genoux, il nous faudra vite nous relever et aller chercher de nouveaux touristes et essayer de trouver les solutions d’aides provisoires et d’assistance aux hôteliers, le temps qu’ils récupèrent leur argent». Et lorsque nous lui demandons d’être un peu plus explicite et détaillé à ce propos, René Trabelsi évoque «la possibilité de leur accorder des crédits relais, ou encore de geler le remboursement de leurs crédits en attendant les recouvrements». Un CIM exceptionnel devrait ainsi se tenir dans les prochains jours, pour faire les arbitrages entre propositions des professionnels et capacités du gouvernement. Ce CIM devrait aussi, à notre sens, se pencher sur la mise au point d’une nouvelle stratégie pour autre chose que le tout-balnéaire, le tourisme du All-Inclusive, et même la stratégie marketing, actuellement en cours, des contrats d’allotement où l’hôtelier assume encore seul, sans assurance aucune, le risque du TO.

  • René Trabelsi accuse Imed Daïmi de mensonge et de diffamation

La crise ne semble en tout cas pas avoir entamé la conviction du ministre Trabelsi de terminer l’exercice 2019 avec 9 millions de touristes. «C’est un objectif que je maintiens, car je suis un gagnant. Si on y arrive, c’est bien, sinon on ne sera pas loin», corrige quand même René Trabelsi, en mettant en exergue les 7 millions ou plus réalisés jusqu’ici, et avant 100 jours de la clôture de la saison touristique en Tunisie.

Le ministre ne finira pas sans nous faire remarquer que «la réunion tenue, le 15 mai dernier, avec la délégation de Thomas Cook, n’avait vu la signature d’aucun contrat, ni le paraphe d’aucun accord. C’était simplement une rencontre pour passer en revue la stratégie de TC pour les 3 années à venir, et qui était basée sur de nouvelles techniques de commercialisation et de formation linguistique qu’offrait le TO, sans plus». Et en réponse aux déclarations d’Imed Daïmi, René Trabelsi oppose un démenti total, et l’accuse même de mensonge et de diffamation à son encontre.

Le ministre assure, par ailleurs, que la cellule de veille de l’ONTT et tout le monde était au courant que TC passait par des difficultés, mais sans être pourtant inquiétés, d’autant qu’ils avaient été payés pour les factures de juin 2019 et que les prochains paiements étaient prévus pour le 27 septembre.

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