AccueilLa UNETunisie : Grévistes, payés pour le faire et fiers d’être frondeurs !

Tunisie : Grévistes, payés pour le faire et fiers d’être frondeurs !

Deux informations et des commentaires. D’abord, le fait que les agents et agences de Tunisie Télécom, continuent leur grève de manière ostentatire, malgré l’appel du premier ministre. L’UGTT, la centrale syndicale ouvrière à laquelle appartient le syndicat frondeur, continue ainsi de défier le gouvernement.

Ensuite cette décision de TT toujours, de ne pas couper les lignes Fixe, Mobile et Internet de ses abonnés qui n’ont pas payé leurs factures. L’explication de ce moratoire est dite, quoique de manière indirecte, dans le communiqué de Tunisie Télécom. Ce dernier précise en effet que ce moratoire prendra fin, lorsque «l’entreprise reprendra normalement ses activités». La vraie cause est que les agences sont fermées pour cause de grève qui dure depuis des mois.

A ces deux informations, il faut ajouter une troisième et la plus importante. Les employés de Tunisie Télécom, continuent de percevoir leurs salaires et auront certainement des notes de rendement de 20 sur 20 pour pouvoir recevoir, complètes et sans un millime de moins, leurs primes de fin d’année. Tout cela, appelle plus d’un commentaire.

D’abord sur le caractère antirévolutionnaire de cette grève qui se poursuit, sans que personne ne s’en soucie et même lorsque cela se fait, c’est avec des mots qui prennent soin de ne pas heurter les grévistes. La grève a déjà fait perdre plus de 10 MDT à l’entreprise, sans compter ses parts de marché dans le mobile, l’Internet et le Fixe s’il n’y avait eu l’INT qui a refusé la voix sur IP à Orange qui y avait complètement droit.

Ensuite et comme l’a à signalé plusieurs reprises EIT, cette grève donne la plus mauvaise image d’une Tunisie qui repart à la recherche des IDE, celle d’un pays socialement instable et qui ne maîtrise plus rien, celle d’employés prêts à détruire leur entreprise pour des revendications purement matérielles et celle d’une entreprise qui ne respecte pas les engagements pris avec un partenaire. La TIV est à nos portes et on risque que cette manifestation soit téléphoniquement coupée !

Nul ne peut ne pas reconnaitre le droit à la grève en tant que mode de protestation contre une situation bien donnée dans une entreprise quelconque. Il est cependant, internationalement reconnu, tout comme le droit de grève, que bien que la grève soit légale (cela suppose l’accord de l’UGTT et cela met la centrale syndicale en situation de complice dans ce qui se passe), l’entreprise qui subit la grève n’a pas à supporter le salaire du gréviste et c’est lui ou son syndicat qui le supporte. L’exemple français, car c’est l’un des pays où l’on fait aussi grève comme on boirait de l’eau, est là pour confirmer nos dires. En continuant à verser les salaires des grévistes, comme si tout allait bien, l’entreprise Tunisie Télécom donne ainsi la preuve qu’elle soutient ses grévistes. Contre qui ? Contre l’Etat ? Contre son partenaire stratégique EIT ? Pourquoi ? Car il revendique son droit à être consulté sur les décisions prises et qui engagent financièrement l’entreprise où il possède 35 % ? Et qui dit qu’il n’aurait pas été d’accord s’il avait été préalablement consulté ?

Et si le gouvernement, l’entreprise étant nationale, décidait de «couper les vivres » aux grévistes ? Le droit, son droit, lui donne raison ! Les employés crieront certainement au scandale et cela sera certainement un autre motif de grève. Ont-ils crié au scandale lorsque leur syndicat a décidé de mettre l’entreprise à genoux, ou les consciences deviendraient-elles plus permissives, lorsqu’il s’agit de l’argent public ? Il n’y aurait ainsi que peu de différence entre la bande des Trabelsi qui prenaient l’argent public pour le leur et certains employés de TT qui n’ont aucun scrupule à priver leur entreprise d’un argent qu’ils se permettent pour eux-mêmes !

Et si les clients de Tunisie Télécom décidaient, eux aussi, de faire grève de paiement de leurs factures, pour services non rendus ? Toute vente de marchandise appelle service après vente. Ce dernier n’existe plus chez Tunisie Télécom, ses agences étant fermés ? Qu’en diraient alors ces grévistes ? Ce qui est bon pour les employés, l’est-il moins pour les clients, tout aussi citoyens que les grévistes ?

Il est temps, selon nous, de savoir raison garder d’arrêter les bras de fer qui ne mènent qu’aux tensions qui créent elles-mêmes l’instabilité. Il est temps pour le syndicat et derrière lui l’UGTT de faire preuve de nationalisme et de désir, sincère, de participer à la réussite de la Révolution tunisienne.

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