Tunisie : La décentralisation prendra 27 ans… si tout va bien !

Tunisie : La décentralisation prendra 27 ans… si tout va bien !

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La Tunisie a-t-il les moyens de ses ambitions en matière de décentralisation, un virage qu’on claironne sur les toits depuis un moment ? C’est toute la question. Il est vrai que si on y va à marche forcée, comme ce fut la cas avec cette Constitution très avant-gardiste au niveau des libertés individuelles et ce régime parlementaire que le pays s’est payés sans en avoir les moyens (le niveau de la citoyenneté et celui de la classe politique requis surtout), alors on est mal barré ! La décentralisation, encore un os dur que la Tunisie veut attaquer, alors que certains pays avancés ne l’ont pas complètement digérée et que d’autres qui ont voulu croquer ce gros morceau s’y sont cassé les dents. Mais la Tunisie post-révolutionnaire est ainsi faite : Plein d’étoiles dans les yeux et plein de rêves dans la tête, au risque de se brûler les ailes très souvent. Mais après toutes les grandes réalisations ont commencé ainsi : Par des projets et idées un peu fous. Le train de la décentralisation est sur les rails, une nouvelle aventure donc pour cette Tunisie tourmentée à bien des égards. Si les localités sont dotées de suffisamment de ressources financières pour aller au bout, si elles ne ratent pas leur coup, toute la nation sera tirée vers le haut. Mais il y a du boulot avant le jackpot !

Le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, a estimé que “la réussite du processus de décentralisation réside dans le développement des ressources humaines des collectivités locales dont le taux d’encadrement ne dépasse pas actuellement les 11%“.

Dans son intervention, lundi 22 janvier 2018, lors d’une journée d’étude parlementaire organisée par l’Assemblée des Représentants du peuple (ARP) au siège de l’Académie parlementaire au Bardo, le ministre a déclaré “nous avons rencontré des difficultés lors de la généralisation du système municipal et nous sommes parvenus à les surmonter”.

Selon lui, la décentralisation ne se résume pas dans le code des collectivités locales. “Il s’agit d’un processus politique par excellence“, a-t-il ajouté.

Une feuille de route est en cours d’élaboration pour faire de ce processus un outil de développement efficace, a-t-il soutenu.

Le ministre a rappelé que le processus de décentralisation sera installé de manière progressive, sur 3 étapes et que chaque étape s’étalera sur 9 ans.

De son côté, le secrétaire d’Etat aux Affaires locales, Chokri Ben Hassan, a indiqué que bientôt les textes d’application du code des collectivités locales seront prêts, rappelant que ce code a été révisé 17 fois.
Toutes les conditions de l’organisation des élections municipales sont aujourd’hui réunies“, a-t-il assuré.
Pour sa part, le président de l’ARP, Mohamed Encaqueur, a déclaré que “l’Assemblée prend le temps nécessaire pour examiner ce projet de loi qui changera la nature de la relation entre les collectivités locales et l’Etat“. Il répondait aux critiques adressées au Parlement sur le retard pris dans l’adoption de cette loi.

Quant à Naceur Jbira, président de la Commission parlementaire d’organisation de l’administration, il a affirmé que le code des collectivités locales est “le fruit de la participation de plusieurs intervenants“, estimant que le projet va jeter les bases d’une citoyenneté nouvelle et active.

La commission d’organisation de l’administration et des affaires des forces armées avait adopté, vendredi dernier, les articles 189 à 208 du code des collectivités locales. Certains articles ont été adoptés dans leur version originale tandis que d’autres dans leur version amendée. Le vote de l’article 193 a, quant à lui, été reporté.

La journée d’étude parlementaire a été organisée sur le thème “Projet du code des collectivités locales“, en présence de députés des différents blocs parlementaires, de représentants de la société civile, d’universitaires et d’experts.

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