Le gouvernement actuel refuse encore de démissionner et l’Assemblée nationale constituante (ANC) de se dissoudre, sous prétexte que cela ne mènera nulle part et n’apportera rien au pays, a indiqué en substance le chef du gouvernement, Ali Laârayedh, lors d’une conférence de presse, tenue ce mardi, 27 août 2013, à la Kasbah. Une décision qui n’a pas plu à l’opposition qui tente depuis plus d’un mois d’obtenir la dissolution de l’ANC et le remplacement du gouvernement actuel par un autre « plus compétent et plus expérimenté » dans la gestion des affaires du pays. Rappelons que quelques heures après le meurtre de Mohamed Brahmi, des élus, principalement ceux de l’opposition se sont mis au ban de l’ANC et ont choisi d’occuper la place de Bardo pour appeler à la dissolution de l’ANC et du gouvernement.
Dans une déclaration à Africanmanager, le député de Nidaa Tounes, Chokri Yaïche a qualifié les déclarations d’Ali Laârayedh de manœuvres pour gagner du temps dans les esprits des Tunisiens qui sont, selon lui, en train d’abdiquer devant les réalités imposées par le parti d’Ennahdha.
Il a affirmé, en outre, qu’Ali Laârayedh a fait preuve d’incompétence , lui et son gouvernement ainsi que les partis politiques au pouvoir, dans la gestion de la situation qui devient, selon lui, de plus en plus sombre : « Le pays est au bord de la faillite avec 5 milliards de dinars de déficit budgétaire », a affirmé Chokri Yaïch, soulignant que le gouvernement va annuler le budget alloué au développement pour couvrir une partie de ce déficit.
Le député à l’ANC nous a précisé, également, que la décision du gouvernement actuel, aujourd’hui, de classer le mouvement Ansar Al-Charia, affilié au réseau Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), comme une organisation terroriste n’a pas d’utilité, rappelant qu’auparavant, ce gouvernant considérait ce mouvement comme la jeunesse du pays », a-t-il dit.
Il s’est interrogé, en outre, sur l’intérêt de poursuivre les travaux de l’ANC et du gouvernement pour une période de deux mois seulement si les partis de la troïka ont la volonté et la détermination de céder le pouvoir le 23 octobre.
Au sujet du sit-in Arrahil, le député de Nidaa Tounès nous a indiqué que le sit-in est devenu l’espoir de la grande majorité du peuple tunisien : « Le peuple aspire au changement et veut tourner la page du cauchemar. Nous devons répondre à l’appel de notre peuple et participer à l’édification d’une vraie démocratie à travers des élections libres, transparentes et non truquées », a-t-il ajouté.
Nadiaa Chaâbane, la députée à l’ANC qui fait partie des élus retirés de l’Assemblée constituante depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi, a signalé sur sa page officielle Facebook, que le sit-in Errahil continuera jusqu’à la chute du gouvernement.
Elle a insisté sur le fait d’occuper la rue d’une manière pacifiste et démocratique et surtout responsable face au désastre que vit la Tunisie, à la crise sécuritaire et économique, à l’incompétence dans la gestion du pays, au démantèlement des institutions ainsi qu’au déficit de confiance.
Elle a reproché au gouvernement de s’obstiner à admettre son échec, qualifiant cela d’irresponsabilité, de l’autisme et de l’obstination qui priorise l’intérêt du parti à celle de la patrie.
Mahmoud Baroudi, député à l’ANC nous a confirmé, également, la poursuite du sit-in Errahil jusqu’à la démission du gouvernement : « On va maintenir la pression jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement », a-t-il précisé.
Kh.T








