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Tunisie : Les prix au son de la curée !

A l’avenant du cours des choses dans bien des compartiments du vécu des Tunisiens, le coût de la vie est en train de s’emballer nourri par une flambée des prix dont on peut noter qu’elle épargne de moins en moins de produits et de services. Elle est d’autant plus toxique qu’elle est incontrôlable soit parce qu’elle est le fait de facteurs exogènes tels que les cours mondiaux du pétrole, soit parce que les circuits de distribution dysfonctionnent, soit encore parce que la spéculation et le secteur parallèle sont passés par là.

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Au sortir du mois de Ramadan où cet exercice acquiert toutes ses « lettres de noblesse », on s’est pris à croire que le pire était déjà derrière nous et que la mercuriale allait revenir à son statu quo ante, pourtant peu accommodant pour le portefeuille du consommateur. Ce fut peine perdue, puisque, d’autres produits, plus est indispensables, ont été gagnés par cette espèce d’ignition, devenue récurrente et face à laquelle le gouvernement dit ne rien y pouvoir. Il s’agit des prix des carburants qu’il a été décidé d’augmenter pour la troisième fois cette année, entre autres, plutôt surtout, parce que le Fonds monétaire international le veut et l’exige sans s’embarrasser des conséquences que cela produira sur l’inflation, celle-là même où , paradoxalement, il fait au gouvernement injonction de faire montre d’esprit de suite en la combattant sans relâche et en priorité. D’ailleurs, sur ce registre, la Tunisie est au milieu du gué, car d’autres augmentations sont dans le pipe, au moins jusqu’à la fin de l’année cours. Le gouvernement, le couteau sous la gorge, est tenu d’y déférer sous peine de voir la prochaine tranche du prêt du FMI s’exposer à des mesures coercitives, au mieux, différé le temps que les pouvoirs publics se résolvent à faire ce qui leur est demandé de faire.

Une inflation de 12%, ce n’est pas une vue de l’esprit !

On ne s’étendra pas davantage sur cette augmentation des prix des carburants sauf pour souligner que cette mesure rejaillira sur bon nombre d’autres produits et services énergétivores ou pas, tels que le transport, l’immobilier, la production industrielle, et par-dessus tout, l’électricité, le gaz dont la Steg a donné le la en annonçant que leurs prix vont s’inscrire à la hausse. Une autre tuile pour les ménages dont le budget est déjà fortement mis à mal par une spirale dont ils sont en peine de voir la fin avec une inflation qui gravite autour des 7,7% et dont maints analystes disent qu’elle devra filer vers un taux à deux chiffres, aux environs de 12%.

Et voilà que se prépare à s’y greffer le prix du lait. Non seulement parce que le gouvernement veut en raboter la compensation, mais parce que les éleveurs et les producteurs exigent qu’il soit majoré pour qu’ils puissent rentrer dans leurs frais, invoquant des charges qui s’envolent au point que certains d’entre eux, au motif qu’ils sont au bord de la faillite, ont commencé déjà à vendre leurs vaches laitières. Ils réclament mordicus une augmentation de pas moins de 300 millimes le litre. De quoi tourmenter encore plus le consommateur lambda qui peine déjà à trouver ce breuvage essentiel au prix où il avait l’habitude de l’acheter. Sans parler du sucre dont le prix a grimpé d’environ la moitié au prétexte qu’il n’est plus proposé en vrac, mais sous emballage.

La liste est longue qui ajoute à l’exaspération du Tunisien qui ne sait plus à quel saint se vouer pour répondre aux besoins primaires des siens alors même que les portes de l’endettement lui sont verrouillées avec un taux directeur qui s’emballe et des banques qui sont à l’avenant pour ce qui de leur propre taux d’intérêt, là encore dans le droit fil des « recommandations » du Fonds monétaire international qui préconisent la rationalisation, en fait l’arrêt des crédits à la consommation.

La spéculation, autre carburant de l’inflation

Inflation importée, mais aussi inflation domestique, gérée d’une « main de maître », par les bonnets de la spéculation et de la contrebande, mettant le feu à la mercuriale grâce aux ententes qu’ils ont scellées et aux pratiques monopolistiques auxquelles ils se livrent dans l’impunité presque totale au vu et au su de tout le monde et d’abord de ceux qui ont vocation à les combattre, même si , de tems en temps, il est fait état de quelques saisies et de quelques prises, lesquelles toutes confondues, ne représenteraient qu’une goutte d’eau dans l’océan.

C’est à craindre que les choses n’empirent pour le pouvoir d’achat du citoyen dont la préservation est le crédo récurrent d’organisations telle que l’UGTT qui , pas plus tard que ce samedi a dénoncé avec la dernière énergie la dernière hausse des prix du carburant mettant en garde contre les conséquences d’une éventuelle augmentation des prix des produits de base y compris les produits subventionnés, les médicaments ou même les services sociaux comme le transport. Sans s’empêcher d’étriller, dans la foulée, « l’absence d’une vision stratégique et une mauvaise gestion de la crise », et surtout focaliser sur « l’urgence de changer la composition du gouvernement actuel pour pouvoir sortir de cette crise ».

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