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Tunisie : Les retombées du mode de scrutin, vues par Mahfoudh et Dimassi

« L’électeur devrait choisir son chef de gouvernement dans la mesure où c’est bien lui qui choisit son équipe gouvernementale et trace la politique du pays », a estimé jeudi 15 mars 2018 l’universitaire Amine Mahfoudh.
« Le dernier mot devrait revenir au peuple le jour du scrutin », a-t-il affirmé lors d’une conférence sur le thème « le mode de scrutin et la crise de la gouvernance en Tunisie » qui est venue faire état des insuffisances de la Constitution de 2014 et des conséquences de l’adoption par la Tunisie d’un mode de scrutin proportionnel.
« Le recours par la Tunisie au mode de scrutin proportionnel lors des dernières élections législatives a conduit à une situation de non-gouvernance », a-t-il souligné.
« Cette situation a nui à la classe politique, terni la réputation des partis et affaibli à la fois la coalition au pouvoir et l’opposition », a-t-il ajouté.
« Pour remédier à cette situation, il faut avoir l’audace d’amender rapidement la loi électorale et le règlement intérieur du parlement avant de s’attaquer au texte de la Constitution », a-t-il estimé.

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Selon l’ancien ministre des Finances Houcine Dimassi, l’actuel régime politique a coûté à la Tunisie au cours de sept dernières années (de 2011 à 2017) 15 milliards de dinars selon le prix courant, en raison du ralentissement du rythme de la croissance.
Il également amplifié le déficit annuel des paiements extérieurs qui a atteint 3147 millions euros au cours de la même période contre un déficit annuel de 785 millions euros avant 2011, a-t-il ajouté.
Pour Dimassi, « la crise en Tunisie n’est ni financière ni économique. Elle est en fait une crise politique, compte tenu de l’absence d’une majoritaire au pouvoir capable de conduire les réformes nécessaires et de réparer les torts causés ».

Présent à cette conférence, l’expert en droit Sadok Belaïd a plaidé en faveur de l’adoption du scrutin uninominal majoritaire à deux tours qui, a-t-il dit, est à la fois un vote simple et facile.
« Ce mode de scrutin porte à l’électeur la responsabilité de ses choix contrairement au mode de scrutin par liste qui s’apparente à un simulacre de démocratie », a souligné Belaïd.
« Le scrutin uninominal permet l’obtention d’une majorité forte et durable au sein du parlement qui conduit systématiquement à la formation d’un gouvernement solide », a-t-il expliqué.
« La révision du mode de scrutin en vigueur ne signifie point l’amendement de certains articles de la loi électorale, mais plutôt la mise en place d’un nouveau système électoral de A à Z », a-t-il ajouté.

Quant à l’universitaire Haykel Ben Mahfoudh, il s’est prononcé en faveur de l’adoption d’un mode de scrutin mixte qui marie entre le mode de scrutin majoritaire et le mode de scrutin proportionnel.
Selon lui, la révision du système électoral en vigueur doit s’appuyer sur le troisième alinéa du préambule de la Constitution de 2014 qui préconise la mise en place d’un régime républicain démocratique et participatif.
Il a également jugé indispensable de réviser la carte électorale et d’opter pour un nouveau découpage électoral.
Organisée par le collectif « Soumoud », cette conférence doit aboutir à un ensemble de recommandations qui devront ouvrir la voie à un débat sur le régime électoral et la crise de gouvernance en Tunisie.
Composé de plusieurs associations et personnalités nationales indépendantes, le collectif Soumoud va élaborer un projet de loi électorale qui sera annoncé à l’issue des prochaines élections municipales et présenté aux trois présidents, aux partis politiques et aux organisations nationales dans l’espoir qu’il soit adopté lors des prochaines élections de 2019.

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