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lundi 25 janvier 2021
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Un confinement « soft » ! Ni l’un ni l’autre

On est toujours en peine  de saisir les ressorts qui gouvernent le confinement qu’il soit total, ciblé, orienté, allégé et encore plus la philosophie qui a présidé à sa conception en amont  et à la succession  des ajustements introduits à ce jour. Les confinés, pour une large part, désinvoltes, ont vite fait de s’offrir des pratiques dérogatoires que rien n’est venu arrêter, et surtout pas les arsenaux de rigoureuses mesures  répressives jumelées à un discours aux accents jupitériens.

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Les bilans presque quotidiens  faisant état de dizaines de milliers de saisies de permis de conduire  de cartes grises ainsi que de verbalisations et de placements en garde à vue  ne semblent pas avoir eu raison des contrevenants, réels et potentiels..Les campagnes de sensibilisation, non plus. On a pu en relever quelques échantillons,  ce lundi 4 mai, qui marque l’entrée en application  du dé-confinement ciblé ou orienté (c‘est selon) où les moyens de transports ont été littéralement pris d’assaut, au mépris des consignes contraignantes de précaution, notamment celles relatives au port des bavettes et  à la distanciation sociale.

C’est à se demander d’ores et déjà s’il va falloir revenir au statu quo ante, ne serait-ce que pour limiter les dégâts ou au moins préserver les acquis réalisés de haute lutte en matière d’atténuation et de limitations  des contagions et des décès dus à la propagation du coronavirus. Serait-ce le prix à payer et le pendant d’un défaut de dé-confinement dicté par et l’indiscipline et la désinvolture? En desserrant l’étau de cette quarantaine qui, finalement, n’en serait pas une, le gouvernement penserait-il sincèrement et en son âme et conscience que les choses vont aller mieux ? Devra-t-on s’attendre à des dividendes économiques qui placeraient le pays aux antipodes de la situation qui est actuellement la sienne  et qui l’affecte  durement ?  Un peu d’arithmétique pour comprendre que même le secteur informel, tant décrié, pâtit du confinement et fait souffrir beaucoup de gens. D’autant qu’il représente près de 40 % du PIB et 32,2 % de l’emploi total ;  il  a enregistré une baisse de 60 % en raison des restrictions de voyage et de l’interdiction des marchés locaux.  S’y ajoutent les  flux mensuels de recettes touristiques qui ont chuté de 30 %, passant de 93 millions d’euros en 2019 à 65 millions en mars 2020.  Début avril déjà,  95 % des hôtels, restaurants, cafés et autres établissements accueillant des touristes avaient fermé leurs portes. L’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies estime que l’activité touristique diminuera de 30 à 40 % en 2020 et que l’activité touristique normale ne reprendra pas avant 2022 au plus tôt.

La chômage amplifié

Le secteur industriel, qui compte environ 5300 entreprises et emploie quelque 527 000 personnes, est également soumis à de fortes pressions. Les exportations tunisiennes ont chuté de 26,4 % entre février et mars 2020, principalement en raison de la forte baisse de la demande européenne et internationale ainsi que de la fermeture de zones industrielles en réponse à l’épidémie de COVID-19. La perturbation des activités de la plupart de ces entreprises entraînera des licenciements à court terme. 80 % des employés du secteur privé occupant des emplois industriels sont déjà sans emploi à cause de COVID-19. En outre, depuis le début de la pandémie, les Tunisiens ont déposé un nombre record de demandes  pour chômage partiel. Le Centre tunisien de recherches économiques et sociales estime à 1,092 million le nombre de travailleurs informels, résidant principalement dans les régions rurales de l’ouest et du sud où le taux de pauvreté est élevé, et qui sont vulnérables à la perte d’emploi. Les secteurs du tourisme et de l’industrie sont principalement concentrés dans les régions côtières de la Tunisie où des centaines de milliers de travailleurs sont vulnérables aux licenciements de courte durée.

Des régions diversement ravagées

Surtout et comme le constate le think tank Carnegie, les niveaux d’emploi et d’investissement en Tunisie sont affectés par les disparités régionales, en particulier entre le littoral bien développé et l’intérieur plus pauvre et marginalisé. La pression économique causée par le coronavirus affectera de manière disproportionnée ces régions marginalisées qui ont été confrontées à des défis économiques importants au fil des ans malgré les efforts de développement du gouvernement.  Ce phénomène prolongé s’explique notamment par les effets externes de la concurrence locale, de la spécialisation et de la diversité de l’activité industrielle dans une région ou une localité.

 Un examen des industries tunisiennes entre 2000 et 2009 montre que le secteur industriel tunisien manque de diversification, tant sur le plan géographique que sur le plan des étapes de production. Les régions côtières représentent 90 % de l’emploi global et 85 % des entreprises opérant dans tous les secteurs, dont environ la moitié sont spécialisées dans la production de biens destinés à l’exportation. La plupart de ces emplois sont concentrés dans l’industrie du textile et de l’habillement (35,6 %) et dans l’industrie mécanique et électronique (13,3 %). Les grappes de petites entreprises le long de la côte ont alimenté une croissance qui ne s’est pas étendue à l’intérieur du pays.

Malgré sa diversification économique relativement faible, la Tunisie a réalisé une croissance annuelle moyenne d’environ 5 % entre 2003 et 2010 grâce à une meilleure efficacité des facteurs de production, une augmentation de la demande extérieure et une demande intérieure stable. Les investissements en Tunisie, qui représentaient près de 22 % du PIB en 2013, ne pouvaient pas créer une dynamique économique régionale. En outre, malgré les réformes économiques des années 1980 visant à améliorer l’attractivité régionale pour les entreprises, les investissements privés locaux et les investissements directs étrangers restent faibles et n’ont pas dépassé 14 % du PIB au cours des deux dernières décennies.

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