La BAD plus optimiste que le FMI et la BM sur la...

La BAD plus optimiste que le FMI et la BM sur la croissance en Afrique

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Deux conventions

Une fois n’est pas coutume, le rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur les perspectives économiques pour l’Afrique en 2016 et 2017 est beaucoup plus optimiste que les conclusions du Fonds monétaires international (FMI) publiées au début de ce mois. Là où le FMI demande aux nations d’Afrique, notamment ceux du Sud du Sahara, de “changer de cap en urgence” pour échapper aux turbulences, la BAD elle salue la bonne tenue des Etats africains dans un  contexte international compliqué. La banque panafricaine parle même d’une croissance meilleure que prévu…

Le rapport de la BAD, sorti hier lundi 23 mai, à la veille des 51e assemblées générales annuelles, en Zambie, évoque une croissance économique en Afrique qui devrait être de l’ordre de +3,7% en 2016 et +4,5% en 2017. Certes les prévisions pour 2016 sont en nette baisse par rapport aux +5% prédits l’an dernier à la même date à Abidjan, mais tout de même c’est mieux que le chiffre annoncé dernièrement par le FMI et la Banque mondiale (une croissance moyenne d’à peu près +3% pour le continent).

Le 2ème taux de croissance le plus costaud dans le monde

La BAD a élaboré ses prévisions de croissance en collaboration avec l’OCDE et le Pnud, précise le communiqué de publication du rapport Perspectives Economiques en Afrique en 2016 – 15e édition. Ce qu’on retient par ailleurs dans ce document, c’est que l’Afrique a la deuxième croissance la plus soutenue à l’échelle de la planète, derrière l’Asie orientale. Raison pour laquelle ces 51e assemblées générales annuelles de la BAD devraient avoir des accents assez positifs.

Certes si on regarde le verre à moitié plein, on dira que la croissance du continent est à son plus bas niveau depuis 15 ans en ce moment, qu’elle s’est tassée en 2015, avec +3,5%, contre un peu plus de 5% en 2014, Mais “il ne faut pas oublier que la situation économique est difficile partout, en Amérique, en Europe ou même en Asie. Lorsque vous avez un continent qui croît de près de 4% contre 1,9% pour l’Europe par exemple, cela veut dire qu’il continue de progresser malgré tout (…). D’autant que certaines régions du continent comme l’Afrique de l’Est affiche encore un taux croissance moyen de 6,3%”, souligne le patron de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, dans Jeune Afrique.

On est loin de la tonalité du dernier rapport du FMI, qui a préféré mettre le curseur sur les aspects moins reluisants, et recommande aux pays africain de « reconstituer des amortisseurs très amoindris » et de se protéger des « vulnérabilités » que pourrait causer une « nouvelle dégradation des conditions extérieures ».

Plaidoyers pour la transparence, la diversification et l’investissement

Le président de la BAD invite la presse africaine et internationale à ne pas cesser de “dire ce qui se passe véritablement” en Afrique et à continuer “à raconter une histoire positive” du continent. “Les États notamment qui sont frappés de plein fouet par la chute du cours des matières premières doivent continuer à apporter de la valeur ajoutée à leurs ressources naturelles, à diversifier leurs économies, à poursuivre leur industrialisation et à accélérer l’intégration régionale”, a-t-il déclaré.

Il a également appelé les décideurs politiques à faire de la transparence dans la gestion des finances publiques une règle. Par ailleurs il a soutenu que les nations africaines doivent maintenir le rythme des investissements pour faire repartir la croissance en puisant les capitaux en Afrique.

Abebe Shimeles, le directeur de la recherche en développement par intérim de la BAD, a dit ceci dans le communiqué  : « les pays africains, parmi lesquels figurent des champions de la croissance mondiale, ont fait preuve d’une résilience exceptionnelle face à l’adversité économique internationale. Transformer cette résilience durable en une amélioration des conditions de vie des Africains nécessite une intervention dynamique des pouvoirs publics, visant à promouvoir une croissance plus rapide et plus inclusive ».

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