Tunisie : le Mondial c’est cuit mais pas le business…

Tunisie : le Mondial c’est cuit mais pas le business…

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Il faut être naïf pour croire qu’on ne fait que du football en Russie en ce moment. La grand-messe du football mondial, depuis des décennies, dépasse largement les frontières du sport. Foot et business, business et foot, on ne sait même plus dans quel ordre il faut présenter ce duo, mais une chose est sûre : Ces deux-là sont inséparables et leurs liens se raffermissent au fil du temps. S’y sont greffés des enjeux géostratégiques qui ont définitivement fait du football un sport à part. S’il ne s’agissait que de sport, le Maroc n’aurait jamais perdu l’organisation de la Coupe du Monde de 2026, pour la 4e fois et malgré un dossier béton que beaucoup d’experts ont encensé. Mais voilà, il y avait le bulldozer Donald Trump. Qu’a fait, dit et promis le président américain pour convaincre les plus sceptiques de la FIFA de confier au trio USA-Canada-Mexique le Mondial de 2026 ? Mystère pour le moment. Mais ce qu’on sait c’est que le président russe, Vladimir Poutine, sans doute un des adversaires les plus coriaces de Trump, tient tout autant au Mondial 2018, “son” Mondial. Et face aux Etats-Unis, devant qui il affiche clairement sa volonté de disputer le leadership mondial, économique et politique, Poutine cherche des soutiens, et sait se monter généreux avec ses amis. La Tunisie l’a compris et profite du rendez-vous sportif pour se positionner sur certaines niches. La gloire sportive c’est rappé peut-être, mais pas les marchés dans cette Russie conquérante à qui la remontée des cours du brut fait le plus grand bien.

Les Tunisiens n’ont pas perdu leur temps !

Le représentant de l’Office national du Tourisme tunisien (ONTT) à Moscou, Neji Gouider, a souligné l’importance de tirer profit du Mondial pour faire connaitre davantage la destination Tunisie sur le marché russe.

Une stratégie promotionnelle globale a été mise en place pour faire découvrir aux Russes les spécificités du tourisme tunisien, le riche patrimoine civilisationnel et culturel et les paysages naturels de la Tunisie, a-t-il indiqué dans une déclaration à l’envoyé de l’Agence TAP à Moscou.
Il ajouté qu’une série de réunions a été tenue avec la participation des acteurs du tourisme en Russie en vue de profiter de cette manifestation footballistique mondiale pour promouvoir le tourisme tunisien et renforcer sa position sur le marché russe.

Des partenariats avec plusieurs agences de voyage russes ont, ainsi, été conclus, a-t-il dit, ce qui a contribué à augmenter de 50 pc le nombre de touristes russes qui ont choisi de passer un séjour en Tunisie, en comparaison avec les chiffres enregistrés, l’année dernière, au cours de la même période.

Gouider a ajouté que la Tunisie a pris part à un grand nombre de foires et de salons. “Nous avons, également, établi des contacts avec des” amis de la Tunisie “et des acteurs majeurs du tourisme en Russie en vue d’attirer les touristes russes“.

Pour vanter les atouts touristiques de la Tunisie, a-t-il noté, des spots publicitaires ont été diffusés sur les ondes radiophoniques, des dépliants ont été distribués, des affiches ont été collées dans les principales artères, les places publiques, les hôtels et les aéroports russes.
La publicité par voie électronique a, également, été de la partie. Ainsi, des pages ont été créées sur les réseaux sociaux, tels Instagram, Facebook et Twitter, et des films documentaires diffusés sur You Tube.

Un voyage en Tunisie au profit de 500 tours opérateurs russes a, aussi, été organisé pour leur faire découvrir les particularités du tourisme tunisien, a-t-il relevé.
Le représentant de l’ONTT à Moscou a dit espérer voir le nombre de touristes russes atteindre les 750 mille visiteurs à la fin de décembre 2018 et 1 million en 2020.
Toutefois il a insisté sur la nécessité d’ouvrir une ligne aérienne régulière entre Tunis et Moscou et de programmer des vols non réguliers tout au long de l’année vers les aéroports d’Enfidha, de Monastir et de Djerba.

Une partie de l’opinion publique sénégalaise a critiqué le président Macky Sall pour son long séjour en Russie, une quinzaine de jours, pour officiellement supporter l’équipe nationale. Beaucoup lui ont reproché d’avoir plaqué les affaires nationales urgentes pour s’offrir une escapade chez Poutine. Là aussi il faut être naïf pour croire qu’un chef d’Etat digne de ce nom peut passer tout ce temps à faire la navette entre sa résidence et les loges des stades juste pour s’extasier devant les exploits de ses joueurs. Macky Sall, exactement comme les Tunisiens, n’est évidemment pas là-bas que pour les joies du ballon rond. La Russie, comme la Chine, fait partie des endroits où il faut être. Le président français, Emmanuel Macron, l’a lui aussi bien compris. Cette fréquentation donne des boutons à Donald Trump, mais tant pis…

S.L.

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