Lors d’une première historique, les gouverneurs de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est ont rencontré à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le président de l’institution Akinwumi Adesina et les membres de sa haute direction pour échanger sur les défis économiques, les opportunités et les succès enregistrés sur le continent.

Les discussions ont à cette occasion porté, notamment, sur le déficit de financement d’infrastructures estimé à près de 170 milliards de dollars à travers le continent, la croissance démographique avec en particulier les défis posés par l’emploi des jeunes, un enjeu important pour la paix, la sécurité et la stabilité.

Le président Adesina a assuré lors de la réunion que la Banque avait l’intention de faire de ces consultations régionales stratégiques un événement annuel afin de permettre un dialogue plus ouvert, des retours constructifs et l’accélération des réformes en matière de développement.

« Il nous reste douze ans pour les ODD. Cette échéance est une alerte : si l’Afrique n’atteint pas les ODD, le reste du monde ne les atteindra pas. La Banque africaine de développement accélère le développement à travers la mise en œuvre de ces cinq priorités stratégiques dites High 5 », a-t-il souligné.

« Nous mobilisons, a ajouté le président de la Banque, toujours plus de ressources pour le développement de l’Afrique et nous sommes heureux de constater que l’impact de nos interventions se fait sentir. »

Les gouverneurs — principalement les ministres des finances et les ministres de la planification économique représentant le Burundi, les Comores, Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, le Rwanda, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan et la Tanzanie — ont abondé dans le même sens.

« Les High 5 sont, de toute évidence, les priorités du moment pour l’Afrique », a déclaré Henry Rotich, ministre kenyan des Finances.

« La Banque a financé l’une de nos interventions clés, le projet Last Mile, grâce auquel 70 % des Kenyans ont désormais accès à la terre dans les zones rurales. Savez-vous ce que cela signifie ? Grâce à cette réforme, plus de gens peuvent travailler, récolter, étudier et créer des emplois. Si nous mettons en œuvre les High 5 avec succès, nous pouvons relever certains des principaux défis auxquels nous sommes confrontés. »

Le ministre des Finances et de la planification de la Tanzanie, Isdor Mpango, a noté quant à lui que son pays a aligné ses propres priorités de développement avec sur les High 5 de la Banque.

« Nous voulons être un pays à revenu intermédiaire en 2015, a-t-il déclaré. Comment y parvenir ? Les High 5 sont précisément les cinq points sur lesquels vous devez travailler. »

Le ministre somalien des Finances, Abdirahman Beileh, a décrit le rôle unique que la Banque a joué dans la transition de son pays.

« Avec le soutien de la Banque, la Somalie est passée d’un Etat défaillant à un Etat fragile, a-t-il déclaré. La Banque africaine de développement a toujours été présente à nos côtés. »

Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, a souligné certaines des réalisations de la Banque au cours des sept dernières années. Environ 27 millions d’Africains ont bénéficié de connexion à l’électricité, et 49 millions ont bénéficié d’améliorations dans l’agriculture. Quelque 35 millions de personnes ont bénéficié d’un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement, et près d’un million de petites entreprises ont bénéficié de services financiers. Au cours de la même période, 23 millions de femmes ont bénéficié des améliorations dans l’agriculture et 10 millions ont pu profiter de projets d’investissement.

Les prêts aux pays à faible revenu ont été multipliés par 17, passant de 434 millions de dollars en 2010 à 7,5 milliards de dollars en 2016. Les prêts aux pays à revenu intermédiaire ont doublé. Le portefeuille actif de projets du secteur privé de la Banque est passé de 15 milliards de dollars en 2010 à 30 milliards de dollars en 2016.

Adesina a relevé que la Banque avait levé l’année dernière 9,73 milliards de dollars auprès des marchés financiers pour les pays africains et qu’elle avait ainsi atteint le plus haut niveau de décaissement annuel de son histoire, soit 7,67 milliards de dollars.

Le ministre djiboutien des Finances, Hmadou Ibrahim, a demandé à la Banque de veiller à ce que les projets d’infrastructure financés dans les pays voisins soient étendus à son pays, soulignant l’importance de l’intégration régionale par le rail et les routes.

« Pour un pays comme le mien, l’intégration régionale est un problème de survie, a-t-il déclaré. Sans intégration régionale, Djibouti, ce lien entre l’Afrique et l’Asie, n’existerait pas. En conséquence, tous nos investissements portent la marque de l’intégration régionale dans notre environnement. »

Hassatou N’Sele, trésorière de la Banque et vice-présidente en charge des finances par intérim, a souligné l’excellent portefeuille du secteur privé de la Banque dans les pays à faible revenu avec près de 2,4 milliards de dollars en 2017. Plus de 458 entreprises ont été financées par la Banque dans ces pays.

Une augmentation de capital substantielle permettra à la Banque africaine de développement de réaliser son solide pipeline d’opérations (15 milliards en 2018 seulement). Les perspectives pour 2018-2020 sont brillantes : 50,3 millions de personnes devraient bénéficier d’un meilleur accès aux transports contre 14 millions en 2017. Plus de 35 millions de personnes auront accès à l’électricité, contre 4,4 millions en 2017.

Matia Kasaijja, ministre des Finances et de la planification économique de l’Ouganda et gouverneur de la Banque pour son pays, a exprimé son ferme soutien à une augmentation générale du capital pour permettre à la Banque d’accélérer le développement social et économique de l’Afrique. Il a noté que la Banque a conservé sa notation AAA malgré un contexte économique difficile ayant entrainé le déclassement de plusieurs pays et institutions.

Le ministre soudanais des Finances et de la planification économique, Mohammed Osman Al-Rikabi, a déclaré : « La plupart de nos partenaires se sont concentrés sur le soutien humanitaire, mais la Banque africaine de développement travaille main dans la main avec le gouvernement pour résoudre les problèmes macroéconomiques. Nous apprécions à sa juste mesure le soutien que la Banque africaine de développement nous apporte dans notre lutte pour le redressement de notre économie. »

Le président Adesina a remercié les gouverneurs pour leur appréciation du travail de la Banque dans leurs pays respectifs.

« Votre soutien et votre confiance en la Banque sont encourageants, ils signifient beaucoup pour nous, leur a-t-il dit. Vous êtes le vent dans nos voiles. »

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