Tunisie : L’ARP exige l’activation du fonds antiterroriste

Tunisie : L’ARP exige l’activation du fonds antiterroriste

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La mobilisation de la classe politique est sans précédent au lendemain de l’attaque de Ben Guerdane qui  fait une cinquantaine de morts dont 35 terroristes. L’attaque a été perpétrée  par des djihadistes soupçonnés d’appartenir à l’organisation terroriste Etat Islamique (Daech) qui cherchaient à  troubler la sécurité dans le pays, mais également à établir un émirat de Daech dans cette ville, d’après le chef du gouvernement Habib Essid.

Une réelle menace qui a fait l’effet d’un choc parmi  le peuple tunisien et poussé la classe politique à réagir en exigeant l’activation du fonds de lutte contre le terrorisme.

Ce fonds avait  été adopté par le gouvernement d’Essid I en novembre dernier. Pourtant, rien n’a été fait bien que le gouvernement par la voix de son ministre des Finances Slim Chaker ait  assuré que «  5 millions de dinars seront injectés dans ce fonds censé aider l’Etat à combattre le terrorisme et des indemnisations seront versées aux  familles des martyrs des institutions sécuritaires et militaires »…

C’est une obligation…

La majorité des députés présents ce mardi 8 mars, à la séance plénière de l’ARP a estimé que le moment est venu de mettre en place  les mécanismes nécessaires pour éradiquer le terrorisme, considéré comme une épidémie destructrice qui s’attaque aux  appareils centraux  du pays, notamment  la sécurité nationale,  l’économie et  la société.

«  La mise en place des mesures rigoureuses est une obligation pour pouvoir relever ce défi », a affirmé la députée Bochra Belhaj Hmida dans une déclaration à Aficanmanager,  expliquant que « les moyens actuels des ministères de l’Intérieur et de la Défense restent en deçà  des défis confrontés et ce, en dépit de l’amélioration des budgets de ces deux départements.

Pour elle, la réalisation de cet objectif ne pourra se faire que dans le cadre d’une stratégie nationale anti-terroriste allant de la prévention au traitement sécuritaire, mais aussi en passant par  la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale.

Deux facteurs déterminants, selon ses dires, pour disposer d’assez de ressources permettant au  gouvernement de gérer le  fonds de lutte contre le terrorisme.

Un avis  partagé par Ennahdha par la voix de son représentant Houcine Jaziri. Celui-ci a fait savoir qu’ « on  ne peut pas lutter contre le terrorisme qui dispose de  moyens et de financements énormes alors que le gouvernement vit un déficit financier».

Il a jugé nécessaire  d’assurer une gestion rapide du fonds anti-terrorisme qui sera capable de réagir aux  moments de crise en apportant les financements nécessaires..

De son côté, Imed Daimi n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes concernant le  retard affiché au niveau gouvernemental en ce qui concerne le traitement de cette question. « La lutte contre le terrorisme a été politisée de façon considérable,  et ce, en dépit des lois spécifiques promulguées d’autant plus on n’a rien vu en termes d’application. », a encore enchaîné Daimi qualifiant d’illogique cette politique menée par les autorités en place surtout que « les récentes attaques de Ben Gherdane ont marqué un tournant dans la violence abjecte qu’utilisent les terroristes et elles ont démontré aussi que les lois promulguées sont loin de notre réalité ».

C’est pour cette raison qu’il exige l’adoption d’une approche plus profonde qui ne se limite pas à la condamnation des personnes impliquées dans des affaires terroristes, mais porte sur le  suivi et  aux poursuites contre les lobbies  sont impliqués dans le blanchiment d’argent. Une approche qui doit aussi être associée  à d’autres mesures exceptionnelles touchant principalement les zones frontalières, surtout la ville de Ben Gherdane qui demeure plus que jamais menacée par le terrorisme, a , pour sa part recommandé Mongi Rahoui.

« Le gouvernement doit se mobiliser en engageant  les préparatif logistiques pour remédier à cette situation assez délicate sans oublier la mise en place d’autres mécanismes plus profonds à long terme pour mieux résoudre les problèmes sociaux qui sont à l’origine de la prolifération du terrorisme », a-t-il noté.

D’autres mesures sont suggérées par les représentants du peuple. Iyed Dahmani appelle à la création d’une agence nationale de renseignement.

Une qui mesure revêt une grande importance étant donné que « cet organisme sera chargé de fournir les informations nécessaires à toutes les institutions sécuritaires et militaires pour pouvoir accomplir leurs missions en matière de lutte contre le terrorisme», a-t-il précisé.

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