Tout comme l’année dernière, les experts redoutent une décélération de la croissance en 2016. Ils redoutent aussi une volatilité et une année 2016 très difficile. Les indicateurs économiques actuels clignotent au rouge. Aucun signe de reprise à l’horizon. La croissance est restée molle ! L’investissement est absent ! Le déficit budgétaire s’enfonce ! L’endettement s’envole et la crise sociale s’approfondit ! Des indices qui ne peuvent faire de l’année 2016 qu’une année de crise par excellence notamment devant l’absence de réformes et de plan de développement au moins pour les 5 prochaines années. Plusieurs sont ceux qui prévoient une année 2016 difficile à toutes les échelles notamment dans un pays plongé dans le chômage et la pauvreté. Moez Labidi est un parmi les experts économiques qui ont annoncé une année 2016 très difficile.
Dans une déclaration ce mercredi 27 janvier à Africanmanager, Moez Labidi a indiqué que l’année 2016 le sera compte tenu du caractère anémique de la croissance et des besoins croissants d’endettement (surtout externe). Selon lui, l’action gouvernementale s’avère aujourd’hui un exercice de haute voltige : « Comment peut-on augmenter les ressources budgétaires sans combattre sérieusement l’évasion fiscale ? Peut-on limiter les dépenses publiques dans une économie criblée par le clientélisme, la fièvre revendicative et le gonflement du service de la dette (effet volume, effet taux, effet change) ? », s’est interrogé Labidi avant d’expliquer que dans les deux cas, la facture sociale serait coûteuse. Et il est très délicat pour un gouvernement issu d’une coalition gouvernementale dont la pièce maîtresse est en dégénérescence d’engager des réformes sérieuses.
L’expert économique a, dans le même ordre d’idées, affirmé que la Tunisie est en train de payer la facture salée de l’amateurisme, du manque d’audace de ses gouvernements successifs et de la fièvre revendicative qui a frappé le mouvement syndical et qui l’empêche de braquer ses projecteurs sur le monde du chômage.
Le pays est aussi en train « de payer très cher la facture du manque d’imagination d’une classe politique aux yeux rivés plus sur les prochaines échéances électorales et les résultats des sondages que sur le quotidien des Tunisiens », a-t-il souligné.
Interrogé sur les défis auxquels la Tunisie fait face, Moez Labidi a fait remarquer que la Tunisie a besoin d’un gouvernement qui possède une vision et disposant d’une feuille de route claire. « Un gouvernement qui ose réformer, mais qui ose rendre son tablier lorsque les forces de blocage s’érigent contre cette dynamique de réforme », a-t-il dit.
Il a, dans le même contexte, indiqué que l’année 2016 sera une autre année de bricolage et de mesures cosmétiques et les réformes en profondeur seront encore une fois renvoyées aux calendes grecques, tant que la vision n’est pas au rendez-vous. « Restons optimistes : L’année 2016 sera l’année de la prise de conscience du coût de la non réforme », a-t-il dit.
Un point de vue partagé par l’expert et l’ancien ministre de Finances, Houcine Dimassi. Dans une déclaration récente à Africanmanager, il a souligné qu’il est très difficile de réaliser un taux de croissance de 2,5% en 2016.
Selon lui, le taux de croissance de 2,5% fixé dans le cadre de la loi de finances 2016 est très peu susceptible d’être réalisé pour plusieurs raisons, dont principalement la baisse des investissements, facteur déterminant dans l’évolution de la croissance pour les prochaines années.
Cela est dùu également, selon lui, à la baisse de l’activité économique, notamment dans les secteurs des mines, phosphate et dérivés, de l’énergie, du tourisme et du transport. L’instabilité politique est aussi parmi les facteurs ayant retardé la reprise économique dans le pays et bloqué le développement économique.








