15.7 C
Tunisie
samedi 28 novembre 2020
Accueil La UNE Tunisie : Il faudra cueillir la rose, avec ses épines...

Tunisie : Il faudra cueillir la rose, avec ses épines…

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a accueilli ce lundi 14 mai 2018 à son siège à Tunis le premier sommet africain « Africa Blockchain Summit« . Ayant pour thème « La technologie des registres distribués (Blockchain) et les perspectives qu’elle offre dans les domaines bancaire et financier », ce sommet a vu la participation d’un bon nombre de financiers, banquiers, académiciens et chercheurs ainsi que des gouverneurs des banques centrales africaines, des institutions internationales et des acteurs de la finance du continent.

- Publicité-

Dans son discours d’ouverture, le gouverneur de la BCT, Marouane El Abassi, a tenu à préciser que le Blockchain constitue une nouvelle source de croissance pour la Tunisie ainsi que pour l’Afrique. « Notre continent est indéniablement celui qui pourrait le plus bénéficier de cette technologie« , a précisé le gouverneur de la BCT, soulignant toutefois que les pays africains et arabes font face à des challenges communs dont une inclusion financière durable, un secteur informel trop volumineux et un taux de chômage élevé. Ajoutons à cela l’insuffisance des garanties de prêts en général, un déficit en infrastructure et une expansion démographique fulgurante.

Il par ailleurs indiqué que la technologie Blockchain pourrait aider nos pays à accélérer leur émancipation économique et pérenniser leur économie : « Au-delà de l’aspect monétaire, cette technologie peut ouvrir les portes aux entrepreneurs, en proposant d’innombrables opportunités bâties sur un protocole fiable, sécurisé et transparent« , a-t-il dit.

Selon lui, plusieurs projets et start-ups spécialisés dans le Blockchain sont en train de proliférer sur le continent afin de résoudre des problématiques pressantes tells que la gestion de l’identité, du tirage des terres, de l’octroi de micro-prêts et du développement de l’énergie verte, un meilleur accès à la santé ou encore une meilleure gestion de l’eau.

Le gouverneur de la BCT a toutefois relevé plusieurs défis entravant le développement de cette technologie, citant un faible taux de connectivité en Afrique, des obstacles d’intégration, les politiques publiques. « Imposer et faire appliquer des lois pour permettre aux entrepreneurs d’opérer à l’échelle mondialeIl faut mettre en place une réglementation adaptée comme catalyseur de l’innovation, comme ce fut le cas de la Tunisie à travers l’adoption en avril dernier de la start-up Act, qui devrait faciliter la naissance et l’épanouissement de start-up innovantes« , a-t-il soutenu.

Al Abassi a aussi évoqué comme défi la mobilité des ressources humaines et notamment la fuite des cerveaux. « L’Afrique est en proie à un exode des cerveaux, sa jeunesse formée localement quitte le continent pour la poursuite de meilleures opportunités ailleurs… Nous devons fournir un environnement propice à l’épanouissement des jeunes qui devraient être capables de trouver les mêmes conditions et les mêmes opportunités pour développer des projets capables de créer des emplois à haute valeur ajoutée et de conquérir le marché régional et global en utilisant les ressources humaines les plus appropriées« , a-t-il déclaré.

Abdurahman Al Hamidy, Directeur général du Fonds monétaire arabe (FMA), a souligné l’importance de parler du Blockchain dynamique, réitérant les efforts de la BCT pour soutenir cette technologie en raison de sa forte contribution dans l’économie nationale, notamment en matière de réduction du chômage et de création de richesses, selon ses dires. Al Hamidy a également souligné l’intérêt que représente cette nouvelle technologie à l’échelle mondiale, pour en faire l’outil qui pourra contribuer à hauteur de 10% au PIB mondial à l’horizon 2025. Il a affiché son espoir de voir cette technologie toucher d’autres secteurs comme les services gouvernementaux, et pas seulement financiers et bancaires. Cela permettra aussi d’offrir des opportunités sur l’offre et la demande , la réduction des dépenses, l’amélioration de l’efficacité des services financiers et bancaires et le développement de la rentabilité des institutions financières.

Pour sa part, le secrétaire général de Paris Europlace, Alain Pithon, s’est félicité de l’organisation d’un tel événement en Tunisie  : « Il s’agit certes d’un moment privilégié pour parler de cette technologie aussi puissante, appelant toutefois a être vigilant face à cette technologie et c’est le rôle, selon lui, des banques centrales« . Il a par ailleurs annoncé l’élaboration prochaine d’un livre blanc sur le Blockchain dont les principaux axes de travail seront portés sur les enjeux de cette technologie, la mise en place d’un cadre réglementaire et l’animation de l’écosystème, tout en invitant les acteurs publics maîtrisant les nouvelles technologies à s’impliquer davantage dans ce travail : « La Tunisie a une formidable chance pour s’engager la-dessus« , a-t-il soutenu.

Cette technologie va, selon lui, faciliter le financement des entreprises, notamment des PME tout en accélérant les affaires et le financement des marchés.

Un constat partagé par Mehdi Houas, co-fondateur du groupe Talan, qui a fait remarquer que l’Afrique a besoin aujourd’hui de nouvelles technologies pour pouvoir se développer et se transformer : « Le Blockchain est une technologie à deux faces, face utile et l’autre néfaste… mais il reste quand même un outil formidable et un levier technologique pour faire évoluer les affaires dans le monde arabe en général« , a-t-il expliqué.

Houas a par ailleurs indiqué que cette nouvelle technologie permettra à son détenteur de se développer, de gérer des ressources et de mieux s’organiser. « L’Afrique a des bases formidables pour mettre en place cette technologie dont elle a besoin pour sauter un pas, comme c’est le cas de la téléphonie mobile« , a affirmé Houas avant d’ajouter qu’aujourd’hui « nous avons besoin de créer un futur plus humain et plus inclusif pour le développement du continent africain (…). Le Blockchain peut nous aider à engager les réformes avec le moindre coût et sans toucher aux investissements« , a-t-il dit.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

104,725FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,373SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles