AccueilLa UNETunisie-Gouvernement d’union nationale : Mystère et boule de gomme !

Tunisie-Gouvernement d’union nationale : Mystère et boule de gomme !

C’est sans doute la première fois qu’un chef du gouvernement ou ci-devant Premier ministre tunisien met en jeu son poste en posant la question de confiance au Parlement. Habib Essid se prépare à le faire , samedi 30 juillet, en demandant à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de renouveler la confiance à son gouvernement  pour probablement laisser la place à un autre dit d’union nationale tel que préconisé par l’initiative lancée voici quelques semaines par le président de  la République, Béji Caïd Essebsi.

Alors que les consultations ont pratiquement commencé pour la formation du prochain cabinet sans attendre le sort qui sera réservé solennellement à l’actuel locataire de la Kasbah, bien que celui-ci ne semble pas taraudé par les doutes sur son départ, l’on  assiste à une sorte de jeu de massacre comme il s’en fait dans les fêtes foraines ou dans la pièce de théâtre du même nom d’Eugène Ionesco, dont la partie apparente est paradoxalement la question à mille dinars de savoir qui va « ramasser » le poste.

L’appétit venant en mangeant, voilà que l’on se bouscule au portillon, de la Kasbah, bien sûr, mais, et pas subsidiairement celui des autres ministères. Il y a ceux qui sont saisis de la fièvre de rempiler, et ceux qui brûlent de s’offrir un maroquin. Sans s’en cacher, du reste.  C’est à comprendre que le gouvernement d’union nationale est réduit à un jeu de chaises musicales où les postes sont attribués au détriment de l’essentiel ainsi logé ailleurs que dans les programmes et les mécanismes qu’il va falloir impérativement mettre en place pour mettre fin, et pour toujours, à la délétère situation dans laquelle s’enfonce le pays sur pratiquement tous les plans.

Un constat des plus unanimes, mais nul n’a de recette lucide et opérante pour s’en sortir. Même le « document de Carthage » n’a pas vocation à servir de plateforme pouvant mener le pays à bon port ou même dans le voisinage, étant un ramassis de professions de foi, de généralités, voire de banalités débitées pour contenter dans le monde dans un consensus dont on voit mal la suite pratique. « Je n’entends pas par mon initiative que soit formé ni un gouvernement de syndicat, ni un gouvernement de patronat, mais un gouvernement de Tunisiens », a affirmé Béji Caïd Essebsi mercredi, lors de sa rencontre avec la presse. On ne peut pas y voir autre chose qu’un vœu pieu alors que le gouvernement projeté doit nécessairement ressortir à la logique des quotas pour que son chef puisse obtenir la confiance du Parlement. Il n’en demeure pas moins que BCE a convenu que cette logique « a été imposée à Essid qui n’avait pas d’autre choix », tout en reconnaissant que nous « sommes dans une démocratie puérile ». Le mot est lâché !

Ennahdha dément sans convaincre !

Quel serait alors le profil de l’oiseau rare qui dirigera le prochain gouvernement ? Le président de la République en veut un qui soit « audacieux pour prendre les décisions qu’il faut », ajoutant que celui-ci « ne sera pas nécessairement issu des rangs de Nidaâ Tounès, mais aura probablement des affinités avec le parti ». En existerait-il sur le marché ? Autre lancinante interrogation qui renseigne sur l’inanité d’un processus d’autant plus enchevêtré que le mouvement d’Ennahdha, du moins certains de ses dirigeants les plus en vue revendiquent le poste, non en termes voilés, mais assez explicitement pour signifier que telle est l’idée ambiante au sein du parti. Peut-on y voir des ballons d’essai lancés pour tester les réactions de l’opinion publique et de l’establishment politique à l’idée d’un chef du gouvernement nahdhaoui ? En tout cas, le mouvement, certainement à l’instigation de son tout-puissant leader Rached Ghannouchi, a été très prompt à se fendre d’un communiqué « foudroyant » où il affirme que les déclarations et les positions de ses deux dirigeants, en l’occurrence Zied Laadhari, frais émoulu secrétaire général, et Karim Harouni, président du conseil de la Choura, « ne l’engagent en rien ». Il rappelle au demeurant que « les négociations sur le gouvernement d’union nationale n’ont pas encore commencé «  et que « aucun nom ne lui a été officiellement proposé pour la présidence du gouvernement », sans omettre d’affirmer que « Ennahdha est déterminé à s’inscrire sérieusement dans ces négociations à l’enseigne de  l’intérêt supérieur du pays, de la stabilité et de l’efficacité des institutions de l’Etat ».

C’est faire montre d’ingénuité que de penser que ces deux dirigeants majeurs se sont exprimés de leur propre chef et sans l’aval du patriarche Ghannouchi sur une question aussi sensible que celle du gouvernement d’union nationale. A quel jeu se livrerait alors le chef suprême du mouvement ? Irait-il de l’avant dans le marché tenu à ce jour secret qu’il a passé à Paris avec Béji Caïd Essebsi ? S’emploierait-il à tirer en coulisses les ficelles du jeu en attendant que les choses s’éclaircissent ? Mystère et boule de gomme !

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