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Tunisie-Terrorisme : La Tunisie endeuillée et sous le choc

La Tunisie est sous le choc, endeuillée par la mort de six de ses Gardes nationaux ce dimanche dans une embuscade tendue par un groupe terroriste à une patrouille de la Garde nationale dans la région d’Ain Soltane (Gouvernorat de Jendouba) près de la frontière avec l’Algérie. Plus qu’un attentat, il faut y voir un acte de guerre eu égard aux armes utilisées, des missiles, et à la technique mise en œuvre ayant permis aux terroristes de s’emparer d’un véhicule de la patrouille et des armes et munitions qui se trouvaient à bord avant de disparaître en gagnant, très vraisemblablement, le territoire algérien.

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Tous les ingrédients d’un drame national sont là pour interpeller les Tunisiens qui ont compris, sans doute à tort, que la cause était entendue pour les terroristes, tantôt présentés comme décimés, plus souvent comme neutralisés, comme en témoigne d’ailleurs l’absence d’actes terroristes d’envergure depuis 2015, faisant croire au mythe de l’inviolabilité du territoire tunisien. Il n’en est pas moins vrai que le gouvernement, tout en affirmant que « la situation sécuritaire s’est stabilisée », prenait régulièrement soin d’avertir que la menace terroriste n’a pas totalement disparu et qu’il importe d’être constamment sur ses gardes. Car enfin on a affaire à un terrorisme, par essence et vocation, imprévisible et volatile, qui frappe aléatoirement et toujours avec violence, ce qui conduit à la terreur dont il se nourrit pour gagner en puissance.

Un bilan pourtant rassurant !

Pourtant, le bilan de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes avait de quoi être rassurant. Les ministères de l’Intérieur et de la Défense livraient des chiffres qui donnaient à penser que c’était effectivement le cas. Des centaines cellules terroristes, de réseaux d’envoi de terroristes aux zones de conflits, de réseaux armés et cellules d’embrigadement démantelés, alors que des dizaines de milliers de personnes ont été interdits de voyager. Des équipements sécuritaires et militaires dernier cri meublaient les arsenaux et des partenariats et bien des formes de coopération avec de nombreux Etats étaient régulièrement noués et mis en place. Mais si le danger terroriste à partir de la Libye a cessé d’avoir les moyens d’être présent dans le Sud après l’attaque de Ben Guerdane et l’effondrement de Daech en Libye, la situation était autre sur les régions occidentales de la Tunisie où il arrivait aux groupes terroristes de se manifester, certes à une cadence moindre, mais parfois en faisant des victimes.

Une configuration généralement contrôlable mais qui portait en elle les germes d’une menace qui pourrait être suivie d’actes à n’importe quel moment. Et c’est ce qui vient de se produire à Jendouba, une région pourtant rayée récemment de la liste des zones déconseillées par le Foreign Office aux ressortissants britanniques, même si on avait le pressentiment que quelque chose allait arriver, et ce depuis trois mois, conduisant à la fermeture du centre de camping à Ain Soltane près du lieu de l’attaque suite à des informations sur la présence d’un groupe de terroristes, dans les environs, et la découverte d’un berger tué dans la zone de Bayadha. Au regard de ces faits, les forces de sécurité ont indiscutablement pris les mesures dictées par semblable contexte, et il est inimaginable qu’ils n’aient pas agi autrement. Pour le reste, il faudra attendre ce que diront les investigations sur les tenants et les aboutissants de l’embuscade.

« Les terroristes seront poursuivis dans leurs retranchements »

En attendant, les informations sont rares qui puissent permettre d’avoir une idée bien précise de ce qui est en train de se produire dans la zone où a été tendue l’embuscade, sauf que d’intenses opérations de ratissage y ont été lancées à la recherche des terroristes que le ministre de l’Intérieur par intérim Ghazi Jribi a promis de « poursuivre dans leurs derniers retranchements et de venger les martyrs ». On ignore encore l’identité du groupe terroriste qui a perpétré l’attentat, mais on sait que les deux principaux groupes qui y sont implantés sont la phalange Okba ibn Nafaa, branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et Jund al Khalifa, affilié à Daech.

Les terroristes auraient-ils tiré parti des changements à la tête du ministère de l’Intérieur pour commettre leur forfait ? D’aucuns ont soulevé la question alors que de nouvelles nominations sont en train d’être opérées au niveau des cadres de l’appareil de la sécurité après avoir été longtemps mises en veilleuse. D’ailleurs, on a appris que le chef de l’unité de la Garde nationale de l’avant- poste frontalier d’Esraya venait tout juste (ce dimanche) de prendre ses nouvelles fonctions. On s’interroge aussi sur les raisons qui empêchent encore la nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur après l’éviction de Lotfi Brahem en se contentant d’un successeur par intérim qui cumule le portefeuille de la Justice. Une transition qui pourrait faire accroire aux terroristes qu’il y aurait des « remous », donc une certaine instabilité dont ils pourraient profiter. En tout cas, le ministère de l’Intérieur a affirmé le plus officiellement du monde dans un communiqué, ce dimanche après-midi, que « l’institution sécuritaire ne doit pas être entraînée dans des conflits quelle qu’en soit la nature et pouvant avoir des conséquences négatives sur la sécurité et la stabilité du pays ».

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