Tunisie : Il est tout ce qu’on veut… Et pourtant !

Tunisie : Il est tout ce qu’on veut… Et pourtant !

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une simple conférence de presse, ni pour une quelconque visite sur terrain du chef du gouvernement, et encore moins à un de ses déplacements à l’étranger. Nous faisons plutôt partie de ceux qui ont toujours critiqué Youssef Chahed et maintes fois dénoncé les travers, les erreurs et les malfaçons redondantes de la politique de communication du chef du gouvernement, et son attaché de presse nous le rend «bien». Et pourtant !

Comme beaucoup de Tunisiens et contrairement à beaucoup de ces politiciens qui pensent déjà au prochain, nous croyons en la nécessité impérieuse, après 3 présidents de la République, 7 chefs de gouvernement, 10 gouvernements, 286 ministres, 195 secrétaires d’État et 218 conseillers, d’un minimum de stabilité politique. Le pays en a fortement besoin, pour terminer ses réformes

Non que Youssef Chahed soit le meilleur, mais parce qu’à force de chaises musicales, on finit par avoir le tournis et perdre l’équilibre. Non que l’actuel chef de gouvernement, avec des conseillers qui font jaser et un gouvernement encore loin d’appliquer le dicton «l’homme qu’il faut à la place qu’il faut» et encore loin, lui-même, de pouvoir se construire l’espace politique et social qui lui donnerait les coudées franches dans son action à la tête du gouvernement, soit sans défauts. Mais parce qu’à force de changer de gouvernement, on finit simplement par changer de bord en épuisant un peuple, qui commence déjà à trouver le temps long pour voir arriver le changement voulu par la révolution.

Qui plus est, si ce jeune chef de gouvernement, qui a fait l’objet d’un consensus de la part des signataires du Pacte de Carthage, commence à réaliser ce dont ses parrains l’ont chargé.

Force est en effet de remarquer que le secteur touristique se relève malgré les douloureux coups de bélier du terrorisme. Touristes, européens et de toutes nationalités, reviennent. TO et grandes marques internationales de l’hôtellerie reprennent la route de la destination Tunisie. Les chiffres et les intentions d’investir le prouvent.

  • Youssef connaitra-t-il le sort de Joseph ?

Touchons du bois, mais la Tunisie n’a plus connu, depuis le Bardo, de nouvelles attaques terroristes et le nombre de projets d’attentats, avortés par les efforts des différentes forces de l’ordre, le prouve. Le pays connait, malgré tout, une certaine stabilité sécuritaire, malgré l’explosion des chiffres de la criminalité que le nouveau ministre de l’Intérieur réfute.

Les devises étrangères rentrent dans les caisses, malgré le peu de satisfaction des bailleurs de fonds des conditions de déroulement des réformes pour lesquelles ils ont accordé les crédits à la Tunisie. Tous les ratios financiers du pays ne sont pas encore au beau-fixe, loin s’en faut, mais l’économie tient encore la route et les investisseurs étrangers n’arrivent toujours pas à bouder la destination Tunisie.

La masse salariale a augmenté comme jamais durant les dix dernières années et il n’arrive toujours pas à maîtriser les prix, mais il fait de la croissance, même si certains experts estiment que 1,9 % réalisé sur les 9 mois de 2017 reste une croissance anémique (Cf Walid Ben Salah).

Après les 1,9 % du premier trimestre 2017, il en est déjà à 2,1 %. Au regard de ces chiffres, c’est manifestement une nouvelle trajectoire qui se dessine, comme nous l’écrivions. Et elle devra certainement être vigoureusement soutenue sans coup férir, c’est-à-dire par moins de troubles sociaux, davantage d’efforts et de travail, une stabilité politique et fiscale qui draine les investissements, qu’ils soient domestiques et étrangers, et surtout un retour massif au travail. Dans un récent article, Pierre le Jeune d’Allegeershecque, qui est analyste chez le cabinet conseil en intelligence économique «Alaco» basé à Londres, estime que «il y a des indications que la tendance économique [Ndlr : de la Tunisie)] tourne. La Banque mondiale s’attend à une reprise de la croissance cette année alors que la situation politique et sécuritaire se stabilise et que les investissements étrangers commencent à revenir», rapporte le «Financial Times».

  • Youssef et la guerre contre la corruption, en guise de chemise !

Force est aussi de constater que l’homme est enfin entré en guerre contre le phénomène endémique que tout un pays dénonce, celui de la corruption, de la prévarication et les trafics de tous genres. Sa guerre n’est pas encore totale et «oublie» encore quelques autres facettes de ce fléau, mais il avance même si c’est dans les contraintes, politiques et partisanes.

C’est, peut-être, tout cela qui lui vaudra d’être remercié, d’ici la fin de l’année disent certains, ou avant la fin de sa mission disent d’autres. Ce qui est sûr, c’est que toute l’arrière scène politique tunisienne bruisse depuis peu d’informations prêtant au chef de l’Etat l’intention d’infliger à Youssef Chahed le même sort que son prédécesseur, Habib Essid.

Si cela se vérifiait, Béji Caïed Essebssi aura rendu le pire service à la Tunisie dont il s’était érigé protecteur, en l’introduisant de nouveau dans la tourmente de l’instabilité politique !

Mais peut-être que les «faux-frères» politiques de Youssef prendront-il sa guerre contre la corruption en prétexte tacite pour lui faire subir le même sort que Joseph et l’incident de la chemise avec la femme de Putiphar !

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