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dimanche 7 mars 2021
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Tunisie : Le «Nifak»*, politique, des ministres d’Afek

Il faut être Tunisien pour pouvoir faire ce que les ministres du parti Afek de Yassine Brahim ont fait : inventer un nouvel artifice qui leur permettrait de ménager le chou et la chèvre. Mais le «génie» tunisien n’en est pas à sa première. Les Tunisiens avaient en effet déjà fait une Constitution, comme un patchwork de toutes pièces, et avaient appelé cela la «meilleure constitution du monde». Ils n’en appliqueront cependant même pas la nouvelle devise et les nouvelles armoiries.

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Il y a quelques jours, pour des raisons et selon une procédure sur lesquelles on ne reviendra pas, le parti Afek Tounes avait décidé de quitter le gouvernement d’union nationale présidé par Youssef Chahed. Branle-bas de combat alors, chez les quatre ministres et SE de ce parti, à savoir Abdelkadous Saâdaoui, Riadh Mouakhar, Faouzi Ben Abderrahmane et Hichem Ben Ahmed. Le premier annonce sa démission du parti, le second y gèle ses activités, le 3ème se mure dans le silence et le 4ème quitte le parti à son tour, en le disant de manière détournée. Sur une radio privée il y a un jour, Hichem Ben Ahmed déclarait vouloir rester au gouvernement.

Tenaillés entre l’allégeance au parti, qui devait les pousser à présenter leur démission, et la loyauté envers le chef du gouvernement qui représente le vrai pouvoir, quoique précaire mais qui offre des postes bons à mettre sur un CV, ils finissent par trouver une solution de génie.

Ensemble, ils se présentent donc devant le chef du gouvernement, mais pas pour lui présenter les fameuses démissions, comme le leur en a fait injonction le parti. Devant Youssef Chahed, ils demandent que ce dernier les décharge de leurs fonctions. L’entourloupe consistait à essayer de se faire démissionner, sans en faire la demande, ce qui ménagerait le chou de Yassine Brahim et la chèvre de Youssef Chahed, d’où l’hypocrisie (*Nifak en langue arabe) politique que nous évoquions dans le titre.

En effet, à l’issue de leur rencontre avec le chef du gouvernement, le communiqué officiel dit au début qu’ils étaient venus «remettre leur demande de démission ». Un communiqué de la Tap confirmera notre analyse et dira que «les ministres d’Afek ont demandé lundi au chef du gouvernement qu’il les décharge de leurs fonctions». Or, la différence est grande entre remettre une démission et demander une démission ou demander à être démis par le chef du gouvernement «à l’insu de son plein gré», comme dirait le célèbre guignol du cycliste français Richard Virenque.

On pourrait ainsi imaginer que l’entourloupette était un fait de groupe, dont le chef du gouvernement, qui les soustrait ainsi en quelque sorte à l’autorité de leur propre parti et contredit même toute la classe politique tunisienne en affirmant que «le gouvernement (…) n’a pas été formé sur la base des quotas partisans».

Lundi dernier devant les caméras de la Primature, seul Abdelkadous Saâdaoui annoncera sa démission du parti et dira que les trois autres ont simplement gelé leur adhésion à Afek. Mais voilà que ce parti persiste et signe et les somme de quitter le gouvernement sous 48 heures.

Un proverbe tunisien disait : «il lui demande de reculer, il lui répond que le dos de l’âne est terminé» ! Ils devront désormais s’inscrire sur la liste d’une agence de «tourisme politique» !

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