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Tunisie : Le PIB à son plus haut niveau depuis 2016. Croisons les doigts et touchons du bois

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Les résultats préliminaires du 2ème trimestre de 2018, en matière de croissance économique, confirment une reprise, et on pourrait bien terminer l’année 2018 avec les 3% promis par le gouvernement en dépit des chiffres du FMI et de la Banque Mondiale. Le second trimestre 2018 s’est ainsi achevé avec un PIB en hausse de 2,8% en glissement annuel ou en comparaison avec le 2ème trimestre de 2017. Par rapport au 1er trimestre de l’actuel exercice 2018, la croissance semble confirmer son trend haussier, en évoluant de 0,6 %. Selon l’INS, l’économie tunisienne aura ainsi enregistré une croissance de 2,6 % au terme des 6 premiers mois de l’année 2018, contre une croissance de seulement 1,9 % pour le 1er semestre de 2017, ce qui donne une idée du saut de 0,7 point réalisé en une seule année

Deux remarques préliminaires à faire. D’abord, le fait que c’est la première fois, depuis 2016, que la Tunisie réalise une hausse aussi visible de croissance, signe d’une reprise économique qui semble réellement redémarrer. Ensuite, presque tous les secteurs ont contribué dans cette hausse, qui n’est plus tirée par un seul secteur, comme elle l’était par l’agriculture essentiellement au 1er trimestre 2018. Ça en bouchera en tout cas plus d’un coin à plus d’une partie et plus d’un parti.

La croissance, on la trouve dans la hausse de 0,8 % de la valeur ajoutée (VA) du secteur des industries manufacturières. Ce sont d’abord les industries agroalimentaires avec +2,4 %, le textile et habillement ensuite avec une croissance de sa VA de 2,6 % et les industries chimiques avec +4,9 % après une baisse de 23,9 % au cours du même trimestre de 2017. Petit bémol, la baisse de 0,6 % de la VA du secteur des industries mécaniques et électriques, à la surprise générale pour la première fois depuis 2015 après les années fastes d’’une croissance qui dépassait les 5 % et constituait un sérieux soutien au PIB, et la chute de 2,3 % pour l’industrie des matériaux de construction.

Hausse aussi de 1,3 % dans la VA du secteur des industries non manufacturières. Une hausse qu’explique, entre autres, la timide reprise du secteur des phosphates qui ne baissait que de 0,3 % et la toute aussi timide reprise du secteur pétrolier qui revenait d’une baisse de 14 % à un petit repli de 1,4 %.

Hausse toujours, de 3,6 %, de la VA du secteur des services marchands, essentiellement tirée par les 11,5 % du secteur du tourisme qui a boosté la restauration et le transport. Cela, sans parler des +3,2 % du sous-secteur des communications et des +5,5 de la VA du secteur financier. C’est dire deux choses. D’abord le poids du tourisme dans l’économie tunisienne. Ensuite, l’impact immédiat de la reprise touristique sur la croissance économique de tout le pays. L’agriculture y a certes pris part, comme toujours, mais de seulement 0,9 % pour le 2ème trimestre de cette année, selon les données du ministère concerné.

Mais ils diront encore que l’INS se trompe ou trempe quelque part. Ce à quoi, à la demande d’Africanmanager, le DG de l’INS, Hédi Saïdi, répond sereinement et loin de toute polémique que «l’INS fait son travail sans se soucier de tout ce qui se dit. Ils parlent. Nous travaillons».

Reste, comme nous l’écrivions en titre, à croiser les doigts pour repousser, comme les Anglais qui sont à l’origine de l’expression, les mauvais esprits et relever les manches pour concrétiser et confirmer la reprise car c’est elle seule, par la valeur ajoutée et la richesse créées, qui baissera l’inflation et fera rebondir le Dinar.

Touchons donc du bois, autre que celui des têtes dures de certains «experts», ex-paires et autres X-files, et allons de l’avant dans le labeur et en-dehors des polémiques politiciennes et partisanes. Cette hausse n’est pas le fait des politiciens. Son mérite n’en revient qu’aux vraies forces vives du pays qui confirment que «Yes, We can … Just want it».

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