Tunisie : Les bureaux de la douane deviendraient-ils inflammables ?

Tunisie : Les bureaux de la douane deviendraient-ils inflammables ?

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Photo Mosaïque fm

Un incendie s’est déclaré à l’aube du 21 février 2018 vers 4 heures 30 dans un bureau des frontières et de stockage appartenant à la douane à Rades, il a causé la destruction d’appareils électroniques et électriques. N’étant pas le premier du genre, on se demanderait presque si, comme les Tunisiens eux-mêmes, les bureaux de la Douane ne seraient pas devenus inflammables !

Une source bien informée auprès de la Douane tunisienne a déclaré le mercredi 21 février 2018 à Africanmanager que l’incendie dans ce qui ne serait qu’un simple bureau de la Douane est d’origine accidentelle, précisant que seuls des appareils électroniques et électriques ont été endommagés.

Notre interlocuteur, qui a préféré de garder l’anonymat, nous a cependant affirmé que l’entrepôt sous douane au port de Rades qui a été ravagé par les flammes, lors de la visite de Youssef Chahed, est d’origine pour le moins douteuse.

Nous rappelons que l’entrepôt en question, contenait des pneus interdits à l’importation, ainsi que du matériel électroménager et des vêtements de luxe. Cet entrepôt, en fait un magasin-cale, est généralement destiné à alléger l’encombrement des marchandises dans le port et soumis à la gestion douanière. Il appartient à une société de transit tuniso-française installée dans la région.

La même source nous a confié que l’incendie qui avait par contre touché en 2015 un dépôt de la douane au port commercial de Sousse était un moyen pour camoufler certaines opérations suspectes, ajoutant qu’aucune enquête n’a été engagée par les autorités concernées, jusqu’à présent. Et notre source d’affirmer que «d’énormes pertes financières ont été recensées et estimées à des milliards de dinars».

Ces trois derniers incendies ne sont cependant pas les premiers incidents. Un autre entrepôt de la Douane avait déjà cambriolé en juillet 2017. Ces actes de vandalisme, non fortuits, pourraient aussi ne pas être les derniers. Selon nos sources, ce serait en fait une dizaine d’incendies qui se seraient déclarés chez différents bureaux de la Douane, depuis la révolution. Il ne serait pas impossible, selon des experts, que le feu ait été toujours utilisé soit pour détruire des preuves, soit pour passer des marchandises confisquées chez des contrebandiers pour perte et profit, alors qu’elles étaient déjà récupérées par les mêmes contrebandiers.

Cette pratique consistant à incendier des locaux publics n’est pas nouvelle. Pendant les troubles de 2011, 45 recettes des finances avaient été incendiées et pillées. Pas moins de 750 de kilos d’or et 704 kilos d’argent, déposés par des particuliers en hypothèque de microcrédits, ont été ainsi volés. L’instruction serait toujours, depuis 2012, en cours… !

Des postes de police et de la Garde Nationale ont été aussi plusieurs fois incendiés. Pendant la révolution, un tribunal a connu le même sort. Les causes restent toujours inconnues et les malfaiteurs parfois relaxés. Il n’est pas exclu, selon les experts, que cette pratique de la terre brûlée fréquemment pratiquée contre des institutions de l’Etat serve d’alibi pour faire disparaitre des preuves, d’enquêtes policières ou des dossiers de justice. Juste avant la révolution, en août 2010, les équipements de la Douane à Ras-Jdir ont été incendiés et pillés, en contestation d’une taxe de passage de 150 DT par véhicule en transit. Selon une étude de l’ITES, pas moins de 51 kilos d’or, des devises et des marchandises d’une valeur de 4 MDT ont été volés

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