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Tunisie : Une basse-cour et des députés orduriers … l’autre image de la «révolution du jasmin»

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Vendredi dernier, toute la blogosphère tunisienne s’enflammait contre un député qui proférait des mots à connotation sexuelle, sans équivoque car il ne pouvait en ignorer le sens ni l’architecture dialectale tunisienne à laquelle ils sont généralement rattachés, contre le chef du gouvernement tunisien. Un Youssef Chahed, qui s’était certes distingué par la hauteur de son niveau et de son éducation par rapport à la bassesse de ce qu’il entendait stoïquement, mais qui souriait certainement jaune devant une Assemblée qui n’a pas bronché face à un tel comportement grossier. Un parlement qui se prend pour le nombril du monde et se permet un langage ordurier. Un parlement qui fait vomir, tant le langage utilisé par au moins deux de ses membres, est ordurier avec des deputes qui profitent de leur statut et de l’impunité dont ils bénéficient pour insulter les représentants de tout un État en mettant le grappin sur les mots les plus scabreux et les plus orduriers et qui accusent les représentants de tout un Etat de tout et de rien.

On s’attendait certes que les députés se livrent à leur sport favori de dénigrement du gouvernement de Youssef Chahed, tant on était habitué aux joutes verbales du même genre d’un certain nombre de leur pairs qui n’avaient rien à envier aux pitrerie et clowneries d’un certain Brahim Gassas et qui l’ont de beaucoup dépassé en basses et viles remarques. Mais nul ne s’attendait à ce qu’il débite de tels mots, qui plus est après avoir brandi des sucettes comme un godemichet. A peine passés les mots de ce député qui disait au chef du gouvernement qu’il était incapable de conduire un âne, voici ceux, orduriers d’un autre qui menaçait de lui soulever les jambes !

Une sorte de langage, depuis quelques années, en cours à l’ARP, où l’opposition a toujours choisi de prendre pour cible le gouvernement quel qu’il soit au travers de termes parfois les plus vils, et qui en dit long sur le niveau du discours politique en Tunisie. Un discours plus dénigrant de l’autre que constructeur avec et pour l’autre. Un discours destructeur de l’actuel modèle sociétal, démobilisateur et démoralisant, économiquement nihiliste et socialement propagandiste. Un discours, celui de certains députés, qui s’inscrit volontiers dans la violence verbale et fait pour cela appel, sans vergogne et prenant cela pour du courage, à un langage bordélique et ordurier qui reflète l’image d’un cirque au bardo, avec quelques clowns de la démocratie pour amuser une galerie de faux héros de la politique. C’est cela, depuis 2011, la démocratie à la tunisienne de la révolution du jasmin

Des mots qui suscitent en tout cas la honte d’avoir une telle Assemblée, censée représenter le peuple, mais qui finit par l’en éloigner un peu plus chaque jour. Un sentiment que renforceront, dès le lendemain, les images retransmises en direct d’une Assemblée où des politiciens en viennent aux presqu’aux mains et aux mêmes altercations verbales, dans une indescriptible gabegie et où on entendait même un député, qui se dit terroriste et menace d’exploser l’ARP. Un aveu, qui pourrait bien lui valoir une interdiction de visa chez les ambassades occidentales !

«Encore une fois, Youssef Chahed et les membres de son gouvernement sont obligés de déserter leurs lieux de travail pour écouter, toute une journée durant, des “députés” dont l’impertinence le dispute à la suffisance et la médiocrité… Il est vrai que «Time Is Money» est une expression anglaise», commentait sobrement un internaute sur les réseaux sociaux. «A l’instant, et après avoir entendu l’intervention d’un député Miskin, je ne peux pas penser à un politicien, élu ou nommé, ou syndicaliste, que je recommanderais aux jeunes Tunisiens comme un modèle à suivre. Ils n’ont ni valeurs ni morale», commente, désemparé, un autre.

 

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